jeudi 1 janvier 2015

prière de la France



Vierge Marie, mère du divin Seigneur, Jésus Christ,  vous êtes un modèle de maternité pour chacune de ces entités qu’on appelle suivant les lieux et les époques : pays, nation, peuple, communauté, tribu. Une force, un principe d’unité, une référence de solidarité, un modèle d’attention aux autres. C’est particulièrement vrai pour  mes fils, les Françaises et les Français. Quoi donc les unit ? que moi la France et son drapeau, pas seulement de tissu et de couleurs : trois, qui signifie chacun morceau d’histoire et peut aussi  se considérer comme un rappel de nos devises et de ce qui fait leur cohérence.

La prière que je veux ce soir inspirer à mes filles et à mes fils, est une demande, ô Vierge Reine de toute femme, de tout homme. La demande, la prière des Françaises et des Français. Redevenir sensibles à notre vouloir et plus encore à notre aimer vivre ensemble.  Leur vouloir, leur aimer, leur volonté d’amour mutuel et d’amour de leur temps, de ce monde actuel mais selon moi : universelle de regard et si indépendante des puissances, des idéologies, comme je l’ai toujours été : hostile aux asservissements et aux hégémonies. Cela, depuis toujours. Regard sur moi, fierté de moi qui suis la France, c’est bien le plus fort élément d’union des Françaises et des Français entre eux.

La force d’un peuple, le ciment, la cohésion d’une nation, c’est une mutuelle estime de ses composantes, de ses membres, de ses citoyens, directement. La référence directe à ce qui les lie de naissance ou d’adoption à ce que je suis. Ne les laissons pas discuter sur les racines, les origines ou sur ce que je dois être – moi, la France. Venons-en simplement à ce que je leur offre et à ce qu’ils doivent maintenir de moi pour rester ensemble et – oui, vraiment – rester eux-mêmes, continuer d’être équilibrés, ni envieux, ni en défense, ni en peur.

Un examen de conscience et une action de grâce pour ce que les Français doivent à eux-mêmes, à leur histoire, à la géographie, à leur passé, à leur patrimoine. Ils savent être nus pour inventer ou pour se libérer : l’économie, la technologie, le patriotisme, un ressort. L’ont-ils autant qu’avant et surtout autant qu’il faut ?

De vous à moi, Vierge du vœu d’un roi et France que continuent de regarder tant d’autres peuples, malgré mes médiocrités et mes masques, ce qu’on m’inflige en trahissant beaucoup de moi, il faut que mes filles et mes fils se ressaisissent : aidons-les, sans distinguer entre leurs appellations de Dieu ou leur distraction, sans séparer les générations ni les origines. Apprenons-leur ensemble – vous Vierge du vœu, moi leur enseigne et leur bien commun – à s’aimer les uns les autres et à tendre leurs mains aux misères collectives et individuelles. Revenir aux solidarités, aux fiertés, à la générosité qui furent et demeurent leur identité. Un peuple libre sait reconnaître ce qu’il doit être, à chaque époque. En ce moment, ce ne lui est pas clair. Aidons les Françaises et les Français à voir.

Ceux qui prétendent les enseigner, les rassembler, les diriger en économie, en société, en politique et même en pratique religieuse et en vie spirituelle – prétendent à bon droit ou avec bonne volonté – ne les écoutent pas assez et leur infligent perspectives, bilans et manières qui ne sont pas forcément ni automatiquement les leurs. Ces soirs-ci, on les assomme d’exhortations à la confiance. On ne leur dit pourquoi qu’en termes si banaux, si pratiques et matériels ou selon des critères et statistiques comme si la France, ce sont des mensurations, moi que si souvent on a voulu représenter, seins nus, en très jolie femme, sereine et sûre d’elle-même. La confiance, c’est simplement l’accord avec soi-même, la conscience nette. Cela ne s’inculque pas d’autorité ou par pédagogie. C’est aussi placer sa référence plus haut et plus profond que soi. . Votre art de vivre et votre façon de plaire à Dieu, Vierge du vœu royal, Vierge de Lourdes et de beaucoup d’endroits, Vierge dans la prière intime de beaucoup de mes filles et de mes fils, étaient de Nazareth au Cénacle cette référence-là. Les martyrs et les hommes (femmes aussi) d’Etat et les citoyens ont su que je peux – moi la France, surtout quand je suis priante, c’est-à-dire attentive et sensible, disponible, donc lucide – être cette référence… aussi.

Aucun commentaire: