dimanche 30 septembre 2012

pour mémoire - une note à François Hollande, le 2 Mai 2012


le mouvement social

Les grands changements dans l’histoire de la France se sont faits par une volonté populaire clairement exprimée, soit – plus ou moins organisée par le pouvoir ou par ses opposants – en manifestations de rue, toujours pacifiques (en 1789, ce qui décide n’est pas la prise de la Bastille mais la journée d’Octobre, la marche à Versailles et le retour du roi à Paris… le retour de l’île d’Elbe n’est pas militaire… le 30 Mai 1968 pour le général de Gaulle alors que les cortèges de gauche en Mai 1958 ou Charléty provoquent le contraire de ce qui était recherché), soit par consultation référendaire : Octobre 1945 et Octobre 1962, voire Avril 1969 et Mai 2005. Mouvement populaire ? ou mouvement social ? Bataille pour des idées ou très concrète revendication ou défense d’intérêts vitaux ? Il n’y a que les intellectuels ou les « professionnels » de la politique (élites naguères aristocratiques ou élus pour plusieurs décennies depuis 1815) pour faire la distinction. Le mouvement social et politique est d’abord une révolte, une décision apparemment de masse mais fondée sur une vive conscience individuelle que la solidarité est à l’instant immédiatement nécessaire. Alors, les mots d’ordre, l’organisation sont reçus.

Les partis de la gauche, parti communiste compris alors même qu’il était électoralement puissant, n’ont jamais su provoquer le mouvement, sauf en Février 1934 pour réagir en contre-manifestation face à l’extrême-droite et aux anciens combattants. Ils ont craint le mouvement suscité par la victoire du Front populaire en Juin 1936, ils ne se sont impliqués dans les « événements de Mai 68 » qu’à partir du 29 Mai, la proposition des élections les a désarmés ou dédouanés… et Novembre-Décembre 1995 s’est fait et s’est vécu sans eux. Les syndicats eux-mêmes n’ont suscité ni Juin 1936, ni Mai 1968, ni Novembre-Décembre 1995 : ils ont accompagné. Ils n’ont pas voulu exprimer à fond les refus populaires à l’été 2010 : grève générale, blocus des communications, seule manière de faire reculer un pouvoir qui gérait mal et dont il se révélait que les principaux représentants étaient personnellement corrompus. Seuls, les personnels des raffineries ont entrepris de changer le rapport des forces, ils n’ont été ni imités ni légitimés.

La situation dans les entreprises – bien ressentie par le candidat socialiste : la vague de licenciements préparée pour l’après-6 Mai est une édition nouvelle de l’habituel fuite des capitaux : Novembre 1968 et Mai 1981 – et les « luttes sur le terrain » montrent que, site par site, la conscience de classe qui a été si émolliente pendant une vingtaine d’années en coincidence avec le triomphe idéologique du « libéralisme » et du mondialisme et avec la dénationalisation de nos élites et de la part la plus favorisée socialement et familialement de notre jeunesse, est en train de revenir. Elle ne se vérifie sans doute pas encore au plan national. Elle existe, de pair avec une conscience de solidarité régionale dans certains de nos territoires : villes ou régions « sinistrées » économiquement.

Un président de gauche, le gouvernement de la gauche ne pourra s’imposer, quotidiennement, face au chantage à la fermeture des entreprises et aux délocalisations s’il n’est soutenu explicitement et massivement par le mouvement social. Celui-ci – vg. toutes les manifestations étudiantes et lycéennes depuis 1968 ont toujours été hostiles au pouvoir qu’il soit de droite ou de gauche – se retournera contre un président et son gouvernement qui décevraient : cela se jouera, le cas échéant, dès l’automne. Mais pendant les six premiers mois, la partie se joue sur le plan des institutions : gagner les législatives, être audacieux législativement (quoique ce ne soit pas lr programme mais c’est l’évidente nécessité qui se vérifiera vite par le sabotage des premières mesures gouvernementales : nationalisation des banques, le temps des réformes, la durée de la législature), l’emporter en Europe par la refonte des institutions bien davantage que quelques protocoles ou déclarations du Conseil européen à propos de la croissance (les incantations ne suffiront pas). Donc, des manifestations civiques de soutien. Sans doute le referendum : la moralisation de la vie publique peut-être, les nouvelles règles économiques dont l’aménagement du territoire, la « planification souple à la française », la nationalisation ad hoc e temporaire des banques. Mais la rue comme acquiescement et comme processus de défense. C’est à inventer, il n’y a pas de précédent dans les cent ans écoulés.

Sinon, ce sera la droite qui trouvera le prétexte et qui mettra alors du monde dans la rue, vg. les manifestations sur l’enseignement en Juin-Juillet 1984.

Cette brève note n’est que l’appel à réfléchir. La droite a deux armes si elle perd le 6 Mai ou si, ayant gagné sur le fil, elle perd les législatives car les Français prendront massivement conscience du risque d’un second quinquennat outré par cette victoire et sa thématique de ces semaines-ci. Mais un gouvernement de gauche en cohabitation sera pris entre l’Elysée, le capital et la rue de droite. Celle-ci a donc pour elle la bourse tant que les outils de la nationalisation et la révision européenne ne sont pas acquis, et elle peut avoir la rue si la gauche n’est qu’une autre version de l’austérité et déçoit tout autant que la droite version 2007.

Ce mouvement populaire est à motiver par le péril social. Les lois et la gestion sage, prudente et juste – que peut incarner un candidat manifestement maître de ses nerfs et sûr de sa destinée, de sa préparation personnelle – ne va pas suffire. Le redressement économique, l’épuration démocratique des désastreuses confusions institutionnelles de ces dix dernières années, l’équité sociale, le sauvetage d’entreprises et grandes par des initiatives publiques aux niveaux national et régional ne s’obtiendront pas par la simple détermination et la seule intelligence du président de la République nouveau et de son gouvernement à gauche. Il faut le soutien explicite, constant des Français. Il ne peut se susciter que si demeure la conscience d’un grave danger : la dogmatique libérale qui n’a pas encore eu à affronter une contre-idéologie organisée et d’expérience, la tenue de la plupart des manettes économiques et financières par les ennemis acharnés du changement. Maintenant et dans les mois qui viennent.

Bien entendu, cette manière de faire – le peuple avec le gouvernement pour le soutenir – va être exemplaire en Europe dont beaucoup de gouvernements sont à renouveler dans les mois à venir, au plus tard dans l’année calendaire. C’est cela qui donnera la main à la France pour imposer le social et le démocratique aux fonctionnements de l’Union européenne. C’est possible, mais c’est sans précédent, que nos grandes propagations des années 1790, de 1830 et de 1848. La gauche y trouvera des lettres de noblesse, désormais indiscutables, périmant et apauvrissant tous les arguments de gestion ou d’archaïsme. La France y gagnera. Notre fierté nationale n’est pas l’identité ou le frémissement du drapeau, elle est de contribuer décisivement au progrès du genre humain. Je l’écris « un peu pompier » mais notre Histoire et les enjeux de tout de suite, se lisent ainsi, me semble-t-il .

Les élections donnent un outil, mais l’élan et surtout sa persistance viennent d’ailleurs./.


.                                                          Bertrand Fessard de Foucault
n° 4 – vendredi 27 Avril . mercredi 2 Mai 2012

tentative d'approfondissement - prêcher le combat ou d'exemple ?





Prêcher le combat ? ou l’exemple ?


tentative de synthèse des pétitions qui assaillent et des intuitions qui nous traversent



Sur deux thèmes d’actualité qui peuvent s’exprimer et se dialoguer en de multiples registres politiques, moraux, philosophiques, spirituels, sociaux – certains, se réclamant d’ailleurs du christianisme et plus précisément de leur appartenance à l’Eglise catholique, optent pour le combat. Leur argument est la vérité. Il s’agit de l’Islam vu et entendu comme une supercherie historique et comme un danger mortel pour un Occident émollient, peu vigilant, capitulard. Il s’agit de législations en projets jugés menaçant le début et la fin de la vie humaine ainsi que le couple et la fondation familiale, au point que c’est – aussi – une question de pérennité pour notre civilisation.

Cette option – grandiloquente et insistante, éventuellement proposée en plate-forme à des formations politiques en quête de textes approfondis – présente trois inconvénients. La couvrir du drapeau chrétien sinon de la référence pontificale romaine schématise le magistère de l’Eglise et n’en projette pour l’opinion publique en France et pour les tiers dans le monde qu’une image très réductrice. L’accessoire ou le conséquent est ressassé comme primordial. L’option fait donc oublier ou passer à l’arrière-plan des vérités positives ou des objets de discussion et d’études, aujourd’hui non abouties, auxquelles pourraient d’ailleurs ou participer d’autres que des chrétiens étiquetés ; elle prive donc le combat-même de renfort et d’expressions plus acceptables, aux références plus diversifiées. Enfin, cette option manichéenne suppose que si le mal est en face, le bien est quelque part ailleurs et le militant se targue de l’incarner surtout devant ceux qui prêchent la tierce voie de la tolérance et du dialogue. Les indifférents au combat ou les attentifs à l’adversaire ainsi désigné sont d’ailleurs les véritables ennemis de ces zélateurs de la vérité, du droit naturel, du dogme.

Ces deux thèmes d’actualité sont surtout traités en termes simplistes, sans véritables études quoique les dénonciateurs fondent l’objectivité à laquelle ils prétendent convertir sur des bases scientifiques. Ils importent moins que la distraction et le déplacement de l’attention collective qu’ils opèrent, surtout depuis quelques mois parallèlement à la campagne présidentielle et aux condamnations déjà prononcées contre le nouveau cours politique en France (ou le simple réagencement des rapports de forces politiques).
Je ne reviens pas – ici – sur l’islamophobie sinon pour relever que toute âme priante est avide de communion et d’un salut universels, qu’elle est heureuse de trouver ailleurs que chez ses éventuelles compagnes de confession ou d’enfance dans la foi religieuse, des attitudes, des références et des attentes vis-à-vis de Dieu qu’elle-même vit, parle et dialogue. Elle en est même confortée. Plutôt que discuter vérité, histoire, dogme, texte et contenu, le plus nourrissant est de rencontrer ce qu’il y a de commun, d’humain, d’humble devant les circonstances et la réalité, notamment de notre époque puisque c’est dans la vie et dans l’histoire qui se fait que se rencontrent les hommes et les femmes. Alors s’affinent les différences, divergences et analogies et peuvent se poser les choix de marcher ensemble tout en respectant le jardin secret de l’autre. Cela suppose une sérénité intérieure, et certainement une conscience du vrai et du définitif telle que comprendre l’autre et aller vers lui n’est ni une tolérance, ni du prosélytisme, encore moins du synchrétisme mais la simple affection de cœur, la vraie curiosité d’intelligence, la demande en fait que l’autre se dise davantage, plus profondément et que se découvre donc la vraie racine de toute âme croyante. Peu importent alors l’expression, l’obédience : chacun a les siennes. Ce qui compte, c’est l’échange et le partage de l’expérience spirituelle, du ressenti historique. Dans un monde compartimenté et dans des périodes historiques où la mixité des civilisations n’était accessible qu’à quelques-uns ou du fait des entrelacis politiques et militaires, notamment les grands va-et-vient autour de la Méditerranée, cette recherche de l’échange et du partage est une transmission, et peut constituer un enrichissement mutuel. Cela a été souvent entrepris et réalisé entre chrétiens, musulmans, juifs. Cela a été dramatiquement manqué entre le libéralisme et le communisme – pendant le sicèle dernier – en sorte que chacune des deux dogmatiques économiques a suivi, isolément de l’autre, son chemin, a déterminé des totalitarismes analogues et inhumains. Le système soviétique en est mort le premier, le monde crève de l’autre système – manifestement mortifère aujourd’hui – mais dont la mort n’est pas prévisible car la chute du communisme a coincidé avec un dépérissement de l’Etat tout autre que celui prophétisé par Marx.

L’option de combat empêche donc la connaissance de l’autre et l’amélioration de soi.

Je l’applique ici aux questions de société impliquant un jugement moral, voire des convictions religieuse, qui sont actuellement en débat. Elles le sont parce qu’il est question de légiférer à leur propos, différemment d’antan, alors que les évolutions en profondeur de nos sociétés depuis un demi-siècle au moins qui appellent ces retouches ou ces mûes législatives n’ont guère été débattues et que leurs conséquences psychologiques, voire économiques et politiques semblent découvertes au moment où des législations les consacreraient.
Un préalable dans l’exposé de ma réflexion. La compétence de l’Etat et la nature de la loi. La pénalisation de l’avortement – la loi de 1920 – est une décision de circonstance : après la victoire obtenue miraculeusement et avec la perspective de renforts extérieurs ininterrompus mais que la paix a taris, il est vital pour la France qu’elle se redresse démographiquement. Son déclin, alors qu’elle était la première population d’Europe, Russie comprise, jusqu’aux guerres napoléoniennes, l’a mise en position difficile face à son principal voisin territorial, l’Allemagne. Encore aujourd’hui le rétablissement français est plus en projections d’avenir qu’en acquis statistique. Une loi appelle une autre pour toute modification, « libéralisation » et nous sommes donc de fait dans une reconnaissance de la compétence de l’Etat pour un domaine que d’aucuns pourraient juger exclusivement privé. Aussitôt pour l’avortement comme pour l’euthanasie apparaissent les éléments et les procédures de bon sens mais qui ne peuvent, précisément constituer des normes : aucun cas n’est assimilable à un autre, la loi ne peut régler des situations aussi diverses et un système jurisprudentiel serait certainement plus adapté. Ce n’est pas la tradition française que de régler ainsi des questions par analogie. Nous sommes friands de premiers commencements. Avortement et euthanasie impliquent le respect de la vie d’autrui, naissent de l’impossibilité pour le sujet de s’exprimer, mettent en cause l’entourage et aussi le corps médical. Les solutions devraient se trouver – cas par cas – par la délibération à plusieurs et se fonder sur la compassion pour qui vit, consciemment ou inconsciemment le drame de la souffrance et de l’amoindrissement incurables, irréversibles, le drame de l’immaturité ou du dénuement empêchant d’accueillir l’enfant. Il ne peut s’agir de convenance ni de confort, ni même de convictions mais d’urgence. Accompagnement psychologique, affectif, social pour la mère souhaitant avorter et ne se voyant aucune autre issue, pour le couple possible mais imprévoyant. Délibération éclairée entre médecins et proches d’amitié ou de sang pour répondre à la volonté du mourant explicite ou à ce qu’imposent les circonstances. Rien de cela ne peut se légiférer, c’est la généralisation qui pose l’énigme et le risque des limites mais chaque cas particulier a sa solution que la loi ne doit pas compliquer quand tous les protagonistes sont éclairés et de bonne foi et s’il est certain qu’il faut tout tenter pour éviter le drame, pis la pérennisation du drame.   

L’objection philosophique n’est pas recevable dans le système juridique français depuis Rousseau et sa proposition – triomphante en théorie – que la loi est l’expression de la volonté générale. En sociologie politique, l’axiome est d’application douteuse tant les mécanismes constitutionnels et le fonctionnement des partis aboutissent souvent à une loi votée contre le gré du grand nombre. Mais dire que la destination d’une loi serait de servir le bien commun, suppose la définition de celui-ci. L’histoire contemporaine de la France montre que le consensus n’est possible que lorsqu’il porte évidemment sur l’essentiel et le vital. L’élan de la Résistance et de la Libération a permis les plus grandes réformes économiques et sociales parce qu’il y avait consensus sur notre résurrection. L’artifice et le vide du texte politique aujourd’hui, les clivages et les jeux de rôle discréditant jusqu’au processus électif tiennent à ce que ne sont plus traitées que des questions contingentes de gestion et de circonstances. Le paradoxe étant que rien ne sépare au fond les protagonistes que leur succession et leur pérennité aux gouvernes.

L’outil manque donc et celui pour l’usage duquel les uns combattent et les autres revendiquent, deux minorités tâchant de mobiliser l’opinion publique pour forcer la décision de valeur législative, n’est pas le bon. L’option de combat manque de méthode, se trompe d’outil et n’éclaire pas l’immense tiers-parti ou bien indifférent ou bien totalement démuni quand les questions débattues, soudainement, se posent à lui intimement, du fait simple et absolu de la vie.

La décision ou la lâcheté de l’avortement, je l’ai vécue – aussi seul que celle à qui je les infligeais et celle-ci les a intérinées par urgence nullement par projet de vie. Le péché n’est pas un manquement à de l’enseignement, à un ordre reçu, il est notre détresse ou notre légèreté quand les circonstances nous révèlent à nous-mêmes sans références propres.

La vie n’est la vie que par les vivants. Elle n’est pas une idée à révérer pour elle-même, elle est un fait, elle est nous, elle est l’autre analogue à nous. La foi religieuse et la plupart des spiritualités ajoutent que nous recevons la vie, nous la transmettons selon la nature autant que selon la providence. En ce sens, personne n’en sait plus que les autres, personne ne peut se mettre à la place de l’autre sinon par empathie et amour, ce qui n’est pas automatiquement la certitude du point de vue de l’autre. Et l’autre, analogue à nous, n’est pas non plus forcément éclairé sur son orientation propre. Est-ce la liberté, est-ce l’émergence de la personne ? je n’en sais rien. La conscience de soi est-elle la vie ? la vie dont, sauf exception, nous n’avons d’expérience que dans sa version limitée, contingente fragile en psychisme et en physiologie, sa version terrestre. Mortelle précisément. Car le débat porte sur la mort administrée d’un semblable à l’autre, et pas sur la vie. Le débat sur la vie devrait porter sur l’égalité sociale, le respect de la dignité humaine, le devoir d’exemplarité bien plus que celui d’ingérence ; c’est la compassion qui fait tout imaginer y compris les deux drames de l’avortement et de l’euthanasie. Pas l’application du droit, pas la déduction d’une conviction religieuse.

Notre société – au moins en France – ne se décompose pas du fait des lois, celles qui réglementent le divorce, l’avortement, l’euthanasie, le mariage, l’adoption et les textes à venir quels qu’ils soient n’accélèreront ni ne ralentiront les évolutions. Ils sont d’ailleurs discutés, défendus ou combattus par bien des personnes qui en sont peu dignes dans leur vie personnelle : divorcés, remariés ou plus souvent concubins, ou qui sont directement intéressés à de nouveaux droits civiques : la dépénalisation de l’homosexualité dont on ne s’étonne pas assez, rétrospectivement, qu’elle ait pu être réprimée par des textes jusqu’au 24 Juillet 1882.

La réalité de nos comportements se prête cependant à des études qui pourraient nous éclairer. Ainsi la marchandisation de la procréation médicale assistée et surtout du don d’ovocytes et de l’adoption d’enfants. Ainsi l’impact sur une psychologie en devenir du foyer monoparental ou du couple parental homosexuel ou du couple en mésentente criante. La stérilité, la fécondité sont encore étudiées en statistiques, en accompagnement de la vitalité économique ou du poids politique d’un pays mais fort peu pour ce qu’elles déterminent en équilibre ou en pathologie des individus, hommes autant que femmes, et par conséquent en optimisme ou en dépressivité d’une société entière. Tandis que la France, en bientôt trente ans de dogmatique libérale quel que soit le coloris affiché du gouvernement, a perdu sa substance et ses emplois industriels, ont proliféré les métiers parasites d’aide à la recherche de l’emploi, à la formation tardive, à la conduite de la vie personnelle, à l’accès aux divers paradis que les addictions répertoriées en tant que telles ne procurent pas. L’amateurisme de ceux qui prétendent diriger le pays (leur savoir principal est dans la campagne électorale) et les entreprises (leur science est dans l’invocation du dogme et leur mérite tient à leur cooptation) a trouvé son pendant dans de fausses disciplines pour la connaissance de soi et de l’autre (vénalité de la consolation) : l’une et l’autre improvisation signifient le même manque de repères dépassant mais respectant l’individu, la personne. Le rapport de l’un à tous. Or nous naissons chacun grâce aux autres et nous souhaitons mourir accompagnés jusqu’à l’instant où l’on lâche prise et (peut-être) rend enfin grâce. Le dernier souffle est pour l’extérieur, un prêté pour un rendu. Du cri au soupir.

Aucune modification substantielle de nos dérives mentales, de nos suivismes, de nos recherches de recettes généralisables ne s’opèrera en continuant comme nous avons insensiblement commencé. Les générations qui nous ont précédé dataient aisément les bouleversements qui les avaient transormées par rapport à leurs devancières : les guerres, les grandes découvertes, les endémies. L’historiographie – elle-même à la recherche de ses fins et de beaucoup de ses moyens, aujourd’hui – repèrera sans doute les dates et événements qui nous forment et déforment : Mai 68, pillule et sida, mur de Berlin, 11-Septembre, printemps arabes… peut-être… La mise au pinacle de l’argent accumulé par la spéculation, celle-ci servie par toutes les disciplines de l’ingéniosité, de l’inventivité et des filières de carrière qui se consacraient à autre chose auparavant, est sans doute dénoncée, moralement condamnée mais rien ne se cherche pour l’éradiquer aussi mécaniquement qu’elle est née dans la finance et dans les esprits.

Prendre les questions de bioéthique et de constitution sociale dans ce contexte fait au moins approcher que le matérialisme, le paganisme et l’intégrisme sont aussi réducteurs les uns que les autres. Cela ne les résoud pas en tant que telles mais ouvre un chemin. La source du collectif est en nous. Le relationnel commence en nous et par nous. Et c’est le relationnel qui peut faire décider – non pour autrui – mais pour chacun de nous ce qu’il faut défendre ou conquérir : notre liberté, notre stabilité les plus intimes. L’exemple, pas le prêche, est contagieux. La loi vaut par l’esprit qui l’a inspiré, par ce dont elle est le résultat. Elan ? résignation ? perception d’une dimension nouvelle, multipliante, ouvrante ?

Toutes ensembles, ces questions de foi religieuse, de comportement sexuel, de fondation de quoi que ce soit avec autrui ou à plusieurs, de la famille à l’entreprise, à la société locale ou nationale, signifient que nous arrivons – en ce moment – à maturité, que beaucoup de nos institutions sont décalées, vécues schématiquement et distraitement et que nous en avons conscience. Nos questionnements qui – contrairement à ce que les adeptes du combat et de l’anathème assurent – ne sont pas des peurs mais des éveils.

L’accompagnement mutuel, le partage de l’expérience, de la réflexion – pas des récitations mais une inspiration commune trouvée dans le moment de vie ensemble (la prière de l’Eglise originelle, des journées de consensus dans la vie de certaaines démocraties renaissantes, pas seulement en Europe, des pacifications pour aller à plus difficile mais plus vrai que les premiers énoncés) – supposent tous le respect, l’attente les uns des autres. Nos personnalités sont étouffées à mesure que nous sommes censés « devenir adultes » par la mécanisation et la mutilation de la plupart de nos capacités, de nos souhaits. Contradiction fondamentale entre le prêche économique et social, véhiculé par des politiques qui ne vivent ni l’économique ni le social et font de l’adaptation la loi animale pour l’homme du XXIème siècle,  et le prêche qui n’est pas adverse et tente dans l’espace public résiduel de contraindre tout autant ce qui naguère était l’intimité, l’amour, la foi. En commun, ces deux prêches ont une conception de l’homme objet de réglementation, d’incarcération, de coercition mentales.

La voie d’une perception plus fine des enjeux et de la réalité économique, politique et sociale dont résultent les lois, est certainement une conscience, un comportement, une vitalité, une responsabilité de chacun de nous, non pour lui-même mais parce que nous contribuons tous au devenir du monde, de notre époque, de notre pays dans une mesure que nous ne savons pas s’agissant de nous mais dont nous nous rendons compte dans certaines circonstances face à d’autres – lumineux ou indignes, puérils ou nobles. Rameuter n’est pas responsable, répondre d’exemple tels que nous sommes et tâchons d’être, forts de notre enthousiasme et de nos souhaits à nos débuts ou recommencements de vie, forts de notre expérience et d’un discernement reçu de la vie et de la rencontre d’autrui quand nous vieillissons (j’y suis pour ma part après avoir été longtemps de la première séquence… et avec quelle pétulance qui en agaça beaucoup et me mit au garage là où la vue change plus que l’existence…), répondre par soi-même, sans argument ni accompagnement, nu, limité, accueillant, finalement heureux, c’est cela qui permet d’exiger de notre temps et de nos faiseurs moins de bêtise et plus d’audace.

Il n’y a pas d’appel – sauf pour nos vocations et nos amours quand nous recevons la grâce d’y consentir et de, rétrospectivement, les discerner – il y a des réponses. Nous répondons aux autres et à notre créateur – ce sont eux qui nous appellent. Non à les combattre mais à les accueillir. L’existence des autres est un appel, ce peut être notre nourriture, c’est notre chance. Je le vis. Dans mon passé, ce fut souvent douloureux, décevant autant que je déçus. Aujourd’hui, c’est heureux.

Je crois donc que

1° les appels à respecter l’intimité des décisions d’avortement et d’euthanasie doivent être entendus en terme d’accompagnement, de présence active : responsable au sens littéral du mot réponse ; ils ne sont ni assassins ni mortifères ; ils exigent une mutation sociale pour répondre aux débuts et fin de vie quand la personne isolée semble vaincue ;

2° les pressions pour que la pluralité des orientations ou des circonstances sexuelles soit admise dans l’unisson des recherches et des fondations d’amour, de paternité, de maternité doivent être socialement reçues comme un élément, ayant pu d’abord dérouter, de stabilisation de la cellule promordiale de notre société ; l’air libre pour les mariages homosexuels et les adoptions qui iront avec, éprouvera le fondement du mariage ; les sept jours de la Genèse, correctement lus et priés au besoin, confortent spirituellement pour notre époque les acquis scientifiques en histoire du vivant et de l’évolution, de même l’humain semblable à Dieu parce qu’homme et femme, intimement pluriel d’âmes mais indissolublement liés de chair, peut fort bien exister en masculin et féminin dans une seule apparence sexuelle. Bien plus fort que des penchants ou des « orientations », il y a le sexe de l’âme et l’indifférenciation de Dieu ; l’identité anatomique en dit fort peu ;

3° les nouveaux venus dans la société et les nouveaux adhérents à la nation française relayent, à tous points de vue : façons de voir, façons d’être, façon de pratiquer et enrichir notre langue, ses vocabulaires ses accents, façon de constituer la société quotidienne et le commerce le plus pratique entre nous tous… les lâchages et les émigrations de ceux qui avaient beaucoup pour demeurer nos élites et nous ont trahi. Ces sangs nouveaux ont reçu de notre image ou de notre emprise coloniale ou d’accueils par l’un ou l’autre de nous le goût de nous rejoindre au moment où des nantis et des cooptés commençaient de nous mépriser et voulaient nous convaincre de notre obsolescence collective ;

4° les saints sont nécessaires dans la société et l’histoire humaines. Le vivant nous a été donné par le Créateur ; la dialectique qui nous gouverne n’est pas la mort mais la miséricorde, le rachat, la multiplicité des chances, le retour à tout ; l’expérience de la vieillesse – telle que je la vis – est de retrouver intactes les pulsions et les certitudes de l’adolescence quand les compromis et compromissions de l’âge dit adulte n’avaient pas embrumés la solidité des origines de notre personnalité. Alors l’unité d’une existence, d’un parcours – peu importe sa notoriété ou son poids en numéraire à léguer – saute au visage, tout devient précieux, miraculeux, gratuit, surabondant ; d’autrui le mot, le sourire, la rencontre résulte une sorte de luminescence intérieure qu’on lui doit ; enfin, comme si déjà le « jugement dernier » arrivait après la probation de quelque « jugement particulier », je suis, nous sommes reconnus. Tous saints, potentiellement, le reste nous sera ôtés en bout de route ;

5° la novation des organisations de notre planète humaine est écrite et souhaitée par tous, mais n’est osée, dite par aucun dirigeant. Le lien sera fait plutôt tôt que tard parce que ce qui se souhaite et s’imagine collectivement a toujours été une anticipation de la réalité. Ce qui – malheureusement – ne s’économise ni même se dénombre, ce sont les victimes de nos retards, notre planète en tant que tel comme tout le vivant qu’elle porte et nourrit ;

6° la haine, la peur, la cécité – elles se secrètent l’une l’autre – sont une seule et même entrave à l’intelligence et à la véritable action, celle de la fécondité, en quelque domaine que ce soit.


Bertrand Fessard de Foucault – lundi 24 & dimanche 30 Septembre 2012

Inquiétude & Certitudes - dimanche 30 septembre 2012

Dimanche 30 Septembre 2012 

Mon chien en peluche, celui de mes deux ans, dévoré sauf une joue et les pattes arrière par un de nos chiens… je n’ai pas encore de sentiments, sinon qu’il avait vécu soixante-huit ans mais que je le délaissais, à preuve… tandis que nos quatre-pattes ont une espérance de vie incertaine, pour les plus jeunes, du fait de notre environnement. Les textes de la messe, déjà entendus et prêchés à la messe anticipée hier soir à Penerf, crient le décalage entre l’actuel magistère social de l’Eglise et l’Evangile… s’il y a combat des chrétiens, ce n’est pas contre l’homosexualité ou contre l’Islam qu’il faut se mobiliser mais pour l’exemple : l’exigence de justice sociale, qui est tout simplement l’obsession de l’égalité de valeur, de considération, de respect, et l’exemple à donner de la fidélité, de la stabilité conjugale, de la tolérance mutuelle… et là, cela dépend de nous, et il y a à faire, sans pétition mais tranquillement et amoureusement minute par minute. Les saints n’ont jamais rien remontré à personne, leur vie disait tout et mettait en porte-à-faux ce qui doit l’être… Prier… [1] l’ensemble des textes est limpide. D’abord, le thème du Magnificat ou du cantique d’Anne, la condamnation des repus, des gras et des autistes, le cri social au point que Paul, dans beaucoup d’écrits marxistes, fut revendiqué comme le premier prêcheur du communisme (sans son adjuvent soviétique, celui de la dictature), mais tous les Actes des Apôtres le disent aussi bien. Des travailleurs ont moissoné vos terres, et vous ne les avez pas payés ; leur salaire crie vengeance, et les revendications des moissonneurs sont arrivés aux oreilles du Seigneur de l’univers. Vous avez recherché sur terre le plaisir et le luxe, et vous avez fait boimbance pendant qu’on massacrait des gens. Péché principal rassemblant tous les autres car le Christ « paye » pour chacun de nous et pour notre « civilisation », notre « culture », l’inversion totale de nos « échelles de valeurs » : vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous résiste. Le second thème est donné par l’analogie entre Moïse et Jésus, priés chacun de donner une exclusive à leur propre ministère et surtout à leurs propres disciples : un jeune homme courit annoncer à Moïse, « Eldad er Médad prophétisent dans le camp ! ». Josué, fils de Noun, serviteur de Moïse depuis sa jeunesse, prit la parole : « Moïse, mon maître, arrête-les ! » … Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un chasser des esprts mauvais en ton nom : nous avons voulu l’en empêcher, car il n’est pas de ceux qui nous suivent ». Réponse de l’un et de l’autre : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux, pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! ». Et le Christ continue, lui aussi … « Ne l’empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous ». Je le prends pour moi… car jamais, de nous-mêmes, nous ne serons complètement au Christ et à sa mission, c’est Lui qui nous tolère, nous accueille, nous forme, nous prend enfin tels qu’Il veut que nous devenions et selon les souhaits les plus intimes qu’Il nous inspire. Nos vocations au jour le jour plus encore qu’en « état de vie » sont entre Ses mains, au souffle de Son Esprit. Accessoire : ces auto-mutilations que Jésus donne à s’administrer si nous discernons nos occasions de chute et il faut les lire, je pense, pour l’ensemble de nos activités et addictions… ou propensions, peuvent aussi résonner comme un écho de la charia. Mais selon l’évangile, c’est le pécheur lui-même qui se corrige et au besoin s’agresse. Non une collectivité. Quoique les évangiles aussi suggèrent les procédures de remontrance faites en privé puis collectivement au récalcitrant. Ne prier que directement ce qui est proposé : la loi du Seineur est parfaite qui redonne vie (c’est le critère pour la reconnaître et l’aimer) : la charte du Seigneur est sûre qui rend sage les simples.

A Paris, 80.000 personnes viennent de manifester contre le projet de pacte budgétaire européen à l’appel du Front de gauche et du Parti communiste : ils ont raison, cette soi-disant discipline ne sera pas plus respectée que les critères de Maastricht ratifiés il y a vingt ans et si elle est respectée, elle ne sera pas efficace car la solution est la croissance que précisément elle ne produira pas. C’est évidemment une promesse de campaagne non tenue : le texte n’a pas été modifié et la tirelire soi-disant obtenue par François Hollande est une addition virtuelle ne fonds non mobilisés dont la Commission avait publié la disponibilité et l’inventaire il y a déjà un an. Au vrai, la revendication de la gauche intégrale est de procédure : le referendum. Bruno Lemaire a le triomphe modeste pour un des oracles de la droite du futur (avec Wauquiez). Le voudrait-on qu’on n’a pas le temps du referendum ! C’est faux car le texte date du 2 Mars, il a donc déjà sept mois de date et de critiques…Nous sommes en démocraatie représentative, du moment que les parlementaires votent le texte, il est acquis au nom du peuple. Cela n’a rien de gaullien, ce n’est pas l’esprit de la Cinquième République. Le vote est à l’ordre du jour à partir de mardi, que de contorsions pour le gouvernement.. Il y aura des voix qui manqueront dans la majorité précisément pour souligner le manquement, et à l’U.M.P. pour ne pas se mêler aux voix dites de gauche. Cela ne va pas être brillant.

L’argent… corruption spectaculaire au Tour de France, Lance Armstrong septuple vainqueur, convaincu de dopage. Les champions olympiques de handball qui offrent une cagnotte à leurs maîtresses respectives, faute de se faire autant de blé que les foot-balleurs. Le « coup de boule » de Zeidane a été pardonné, mais les paris truqués ? on verra d’ailleurs qu’en 1998, il n’est pas sûr que des matches n’aient pas été achetés, j’en ai eu aussitôt la conviction.

Mes circulaires pendant la campagne présidentielle à plus de 20.000 communes me donnent des relations à travers toute la France. Ainsi, ce soir m’arrive d’Ardèche :

RESF mobilisation urgente, pour le changement, maintenant !RESF Privas vous invite à participer à une réunion de réflexion, d'échange, en vue d'organiser une mobilisation départementale d'envergure en riposte aux trop nombreuses situations de demandes d'asile non réglées, et qui plongent nombre d'enfants dans des conditions de scolarisation inacceptables.
Mardi 2 octobre à 18h , salle de réunion
Maison des syndicats 25 avenue de la gare à Privas.

RESF créé le 26 juin 2004 à Paris, le 19 juin 2006 à Privas ... à l'initiative des enseignants, des personnels de l’Education nationale, des parents d’élèves, des éducateurs, des collectifs, des syndicats et des organisations attachées à la défense des droits de l’homme préoccupés par la situation des sans-papiers scolarisés.

RESF en appelle à la mobilisation de tous, associations, parents d'élèves, syndicats, partis politiques pour que des solutions véritables, c’est-à-dire humaines, respectueuses de la dignité, de la réalité de vie, des choix de chacun et des valeurs fondamentales défendues par la gauche, soient apportées aux situations des sans papiers et des Roms, questions délibérément surinfectées par la droite et l’extrême-droite.

Bien plus que matérielle, la difficulté est politique : il faut trouver le courage de reconnaître publiquement que ce qui était odieux sous Sarkozy ne doit pas être accepté sous Hollande.
RESF Ardèche souhaite que toutes les organisations fondatrices, et les autres, participent à ce rendez-vous déterminant pour l'avenir du réseau.

Les ratonnades sous prétextes religieux sont maintenant monnaie courante en Afrique depuis deux ans : Nigeria, Kenya, Somalie. Les voici qui reprennent dans la péninsule indienne.

L’Eglise orthodoxe… les "pussy riots" qu’elle a fait mettre en taule pour cajoler Poutine… le parti quelle prend en Géorgie contre l’intégration euro-atlantique, seule chance pourtant du pays d’échapper aux menées néo-soviétiques …

La fusion anglo-européenne dans l’aéronautique et les industries de défense va échouer fauted ‘accord sur les influences respectives des Etats concernés. Mais est-ce le seul clivage, n’y at-il pas aussi le débat sur l’intégration atlantique ou un mouvement d’émanicpation européenne. Enfin, les questions de site et d’emploi, si vives il y a un an, sont-elles résolues ? Je ne le crois pas.

Je reviens au Front de gauche et à Jean-Luc Mélenchon… en regard, il est clair que le Front national ne peut jamais afficher ses troupes (ses votants) dans la rue. Trois-quatre mille personnes du côté de l’Opéra ou de la rue des Pyramides, mais jamais la place de la Concorde du 6 Août 1934 ni la manifestation d’aujourd’hui. L’U.M.P. n’a pas non plus démontré qu’elle pouvait exister dans la rue : la dernière démonstration était celle du R.P.R. puisant dans le fonds intégriste – celui de l’école dite libre – en 1984 et qu’on tente de remettre en perce à propos des projets d’éthique médicale.


[1] - Nombres XI 25 à 29 ; psaume XIX ; lettre de saint Jacques V 1 à 6 ; évangile selon saint Marc IX 38 à 48

samedi 29 septembre 2012

ouvrir une ambassade dans l'ancienne Union soviétique - journal au Kazakhstan . septembre 1992

en ligne d'ici peu, ainsi que le journal du mois d'Août 1992

Inquiétude & Certitudes - samedi 29 septembre 2012


Samedi 29 Septembre 2012 

La mort de mon éminent ami – comme celle naguère de Maurice COUVE de MURVILLE – me rappelle mon inorganisation et mes retards constants au point que ce devient de l’inertie quand il s’agit de travaux valant dettes d’honeur envers ceux qui se confient à moi. Deux séjours de travail à Aïn Selama, inoubliables plus initiatiques à l’essentiel qu’une retraite monastique ou ignatienne, à apprendre d’un patriote, d’un érudit, d’un homme totalement libre ce qu’est un pays, ce que sont des populations au point de devenir une possible nation, ce qu’est l’homme selon une biographie riche, accidentée, curieuse et copieuse d’absolument tout, mais dite sobrement, en complicité et aboutissant à la sagesse du partage, de l’amitié, du travail, d’une responsabilité familiale. Tout cela dans un dénuement matériel à laquelle les lieux et l’homme rendent insensible. Le proche parent du président-fondateur de ma chère Mauritanie, l’un de ses compagnons de totale confiance me paraît ce matin de la même trempe d’intelligence, d’âme, de tranquille patriotisme, de vérité nue que le grand ministre des Affaires Etrangères du général de GAULLE. Paix à eux et que leur rayonnement nous enlève à notre crainte de n’être que nous-mêmes, simplement. Prier… [1]. Ces morts, nos morts, les nôtres morts ou vivants qui sont nos « anges gardiens »… je l’ai souvent ressenti. Les anges eux-mêmes – point commun du dogme avec l’Islam, et si Gabriel pour le chrétien est spécialement celui qui annonce l’Incarnation, il est celui de la Révélation à Mahomet. Nous n’y croyons plus guère aujourd’hui. Charmante bande dessinée des années 50… livre de prière de ma petite enfance, sur la table de chevet maintenant de notre fille, le petit ange et le petit diable. Notre débat intérieur seulement, ou une veille tutélaire et intime, des êtres surnaturels… la doctrine paulinienne sur le corps spirituel… beaucoup à étudier, comprendre puis prier. Nous sommes alors bien au-delà de la mort et de son chemin. Piété qui est une ouverture au surnaturel car Jésus évoque « l’échelle de Jacob » [2]à propos d’un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir, Nathanaël. .Celui-ci est tellement limpide qu’il s’étonne d’être ainsi vu par le Seigneur. Des choses plus grandes encore… des exploits, le renversement de l’Histoire ? non, cette vision du Patriarche que Jésus promet à son nouveau disciple. Mais dans la chronologie des professions de foi, Nathanaël est le tout premier, bien avant Pierre : Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! c’est toi le roi d’Israël. Le Seigneur réplique calmement, à la manière de Jean de la Croix bien plus tard, ce n’est qu’un commencement… Dépassant l’amour d’eux-mêmes, ils sont allés jusqu’à la mort. Ciel, sois donc dans la joie, ainsi que vous tous qui demeurez aux cieux. Les combats de l’ange ont leur version humaine : les martyres. L’ange déchu, le mal, est présenté par l’Apôtre Jean comme l’accusateur de nos frères, l’être de la division. Dans la vision de Daniel, les anges – donnés simplement comme des millions d’êtres, des centaines de millions – ne se définissent que par leur nombre, leur fonction de servir, leur présence devant Dieu. – Ce n’est pas si mystérieux. L’ensemble des textes proposés aujourd’hui répètent une destinée d’appelés qui aboutissent à la communion divine. Les visions concordent en ce que rien n’est statique et que le Christ : Fils d’homme ou Fils de l’homme est central, décisif.

matin

Même si la chronologie et les thèmes des premiers mois des quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande se ressemblent – sauf la déferlante des licenciements sociaux ou boursiers – il y a deux différences importantes. La première est que Nicolas Sarkozy fut en perpétuelle campagne électorale pour sa réélection, pour son emprise sur l’opinion pendant tout son quinquennat. François Hollande maintient un cap rébarbatif sans aucune vignette colorée d’annonces et de promesses du beau temps : action principale, la remise en ordre des comptes publics moyennant un souci de justice fiscale et le ménagement de quelques priorités d’avenir (éducation et recherche). La seconde est l’articulation à trouver entre le salut français et l’outil européen. La marge d’invention pour le gouvernement actuel n’est pas dans les remèdes économiques et sociaux pour lesquels l’Etat est aujourd’hui presque sans moyens depuis qu’il s’est progressivement dévêtu depuis 1986-1988 (la cohabitation de François Mitterrand avec Jacques Chirac et son principal inspirateur et ministre d’alors, puis rival ensuite : Edouard Balladur), elle est dans le registre européen qu’a bâclé Nicolas Sarkozy à Lisbonne, d’entrée de jeu pour très tardivement (comme pour la TVA sociale) tenter de reprendre la main (une main peu libre d’ailleurs, du fait allemand). La démocratie directe pour faire fonctionner l’Union, le protectionnisme européen avec ses corollaires de grandes zones analogues dans le reste du monde selon des critères de cohésion sociale, fiscale et technologique, les échanges et délocalisations se limitant à ce qui est réellement du commerce et non pas du dumping ou de la spéculation.

soir

J’entends Valls… au congrès des sapeurs-pompiers. Pour la première fois, une diction de préau, les coupes à contre-temps et trop fréquentes.  Le début de portrait – très flatté – dans Le Monde pour le comparer, au choix à Sarkozy ou à Clemenceau semble avoir été inspiré par son service de presse : il y revient, premier flic de France la semaine dernière, premier sapue-rpompier de France cet après-midi, l’auditoire est sensible à l’assimilation, à l’honneur qui lui est fait. Moi j’entends : premier. On a prêté à Montebourg l’ambition d’être Premier ministre avant la fin du quinquennat et le succeseur désigné d’Hollande tant il marierait toutes les gauches, cela a duré jusqu’à l’aplatissement devant Varin et à la phrase terrible, quoique banale : je limite la casse. Il ne s’agissait que d’Aulnay… Voici Valls, comme Chevènement, comme Pasqua… la place Beauvau formate l’homme et non le contraire.
Je préfère cette présidente de l’AFIP : association française d’insertion professionnelle qui analyse tranquillement en quoi, dans tous les pays du monde, la différence d’origine est un handicap sur le marché du travail, et qui cherche comment y remédier. Elle est elle-même – d’accent – allogène ou d’outre-mer. Dans l’état de notre pays déserté d’âme par les élites d’antan et dirigée par des gens très limités dès qu’on sort de l’exercice électoral, ce sont ces nouveaux-venus ou la deuxième génération de ces intégrés qui va sauver la France, la réexprimer. Ce sera dépaysant pour les gens dits de souche, mais ce peut être rafraichissant et convivial. La demande est réciproque. Besoin de remplacer les partants et les défaillants, les faillis, les traîtres-mêmes, c’est le mien… besoin d‘être estimé, accueilli, revêtu de cette citoyenneté que tant d’image a véhiculé depuis un siècle et demi de par le monde et dans nos ex-colonies, c’est celui des nouveaux venus : nous sommes en transfusion sanguine, mais notre âme est intacte, elle s’enrichit et se vérifie.
 

[1] - Apocalypse de Jean XII 7 à 12 ; Daniel VII 9 à 14 ; psaume CXXXVIII ; évangile selon saint Jean I 47 à 51

[2] - Genèse XXVIII 12

vendredi 28 septembre 2012

Inquiétude & Certitudes - vendredi 28 septembre 2012

Vendredi 28 Septembre 2012 

… le départ en classe de notre fille. Celle-ci tout à fait avisée et capable. Me voyant la presser et me presser : c’est bon, Papa, tu ne vas pas accoucher tout de même ! – Miracle de la marguerite… tige longue et forte, mais les pétales blancs retournés et le cœur offert sur le plat-bord de la voiture avec l’aération chaude et deséchante hier matin, notre fille sans doute l’avait cueillie pour nous l’offrir. Dans l’eau, les pétales se sont redéployés dans l’heure et ils sont ce matin joyeux et vifs.
Prier… une nouvelle fois, je me suis trompé dans les lectures en anticipant hier la messe d’aujourd’hui, je prends donc ceux que j’ai laissés passer [1]. Luc rapporte l’interrogation générale sur l’identité véritable du Christ, passage introduisant la « profession de foi » de Pierre. Certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts… d’autres encore : c’est un prophète d’aurefois qui est ressuscité. Attente également d’Elie, telle qu’elle fera la confusion – difficile à comprendre sans exégèse – entre le cri : pourquoi m’as-tu abandonné et il appelle Elie… Le point commun est le passéisme, mais aussi la résurrection des morts à laquelle il est donc cru dans les milieux contemporains du Christ, contrairement à la culture gréco-romaine. Or Jésus répondra à Pierre par le futur mais aussi par la confirmation qu’il s’agira bien de résurrection. Hérode ressemble, par anticipation, à RENAN : le personnage de Jésus, tel quel, l’intéresse. Par sa notoriété. Qui est positive alors que la sienne est mauvaise. Attitude aussi du premier Hérode qui se fait finalement tromper par les « rois » mages. – Dans l’Ecclésiaste, bel épigraphe pour l’entretien du Premier ministre hier… Tout discours est fatiguant, on ne peut jamais tout dire… ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Cette dernière maxime, sujet de composition quand j’étais en classe de philosophie. J’ai argumenté – évidemment – le contraire. Sous le répétitif, l’événement. L’œil n’a jamais fini de voir, ni l’oreille d’entendre. Certes, mais le Christ appelle : celui qui a des oreilles, qu’il entende. Nous n’entendons pas. Prière alors : quotidienne. Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains. Ainsi soit-il !

matin

Je suis revenu encore sur la « prestation » dhier soir de Jean-Marc Ayrault. Il faut distinguer absolument ce genre de passage à la télévision, comme un banal homme poltiique et qui est un signe d’humilité, et la communication gouvernementale qui ne devrait pas être gouvernée par des interrogateurs dont le fil directeur ne correspond ni au bien public ni à la politique générale du gouvernement.Et il y a d’autre part le terrible héritage de Sarkozy qui a habitué les médias sinon les Français aux effets d’annonce.

Dexia, SFR, Britanny-ferries… à leur tour. Reportages dans le Doubs où l’on s’accroche encore à Peugeot, mais de décennies en décennies, l’évidence que le désert se fait. Le désert français n’est plus le fait de l’urbanisation, il est celui de la désindustrialisation… Dans tout le mouvement de pensée et de négociation qui tourne prsqu’uniquement autour de la fiscalité et de la dépense publique, l’oubli majeur est l’économie réelle, qui n’est pas commandée par le coût du travail mais par l’absence de marchés pour deux raisons : nous ne savons généralement pas vendre ni prospecter, sauf héros isolés, et notre marché intérieur, c’est-à-dire le marché commun européen est ouvert à tous vents et principalement aux tricheurs. La renaissance européenne par la démocratrie directe doit s’accompagner d’une proposition au monde : le protectionnisme par grandes zones de cohérence fiscale, sociale, économique et culturelle, sinon c’est une véritable guerre, et l’Europe la perd.


[1] - Ecclésiaste I 2 à 11 ; psaume XC ; évangile selon saint Luc IX 7 à 9

retour sur l'entretien avec le Premier ministre et les commentaires de ce matin

 
----- Original Message -----
Sent: Friday, September 28, 2012 10:13 AM
Subject: observations et réflexions sur l'entretien avec le Premier ministre hier - à propos des commentaires notamment

Je me permets de revenir sur hier soir et de continuer les réflexions que je vous ai prié de faire connaître au Premier ministre.
 
1° la forme
 
les journalistes, qu'ils soient sur le plateau ou qu'ils gambergent ce matin, ou encore rédigent des éditoriaux, ne veulent entendre et voir que ce qu'a priori ils ont décidé d'attendre. Ils sont manifestement pris par une conception de leur métier qui les domine : le scoop, l'annonce. Il faut à tout peix qu'il y ait du secret et du nouveau si possible inattendu, que la concurrence n'a pas. Réflexe - qui me paraît une grave déviation du journalisme et du commentaire, puisque c'est trravailler des questions de gouvernement et de bien public, uniquement par rapport à l'égo du journaliste - auquel Nicolas Sarkozy a cru pouvoir donner constamment, répétitivement de la pâture. Sans cesse, annoncer. Au détriment du faire. Et le discernement de ce faire manque actuellement aussi bien aux commentayeurs qu'à vos adversaires. Les choix n'ont pas besoin d'être qualifiés en termes correspondants aux grilles des journalistes. La crise... il était reprocher aux prédécesseurs de s'en faire le paravent, il est reproché maintenant de ne pas l'évoquer dans les mots. C'est le dire évangélique des gamins sur la place publique, nous avons joué de la flûte etc...
 
L'inculture - des mêmes - est telle que la brèche est ouverte pour déclencher toute nouvelle forme d'analyse. Et des rumeurs... Ainsi Schroeder et sa période. L'homme, comme Blair, a été un prestidigitateur aussi bien en Basse-Saxe, son Land, qu'à la Chancellerie. Il s'est rétrispectivement disqualifié en passant au service rétribué des Russes et de leur privé, et en contestant - à l'écran et à la stupéfaction d'Angela Merkel - sa défaite au point qu'on attendait l'élection partielle ou un résultat tardif à Dresde je crois pour décider de la victoire ou pas de la CDU. Depuis hier soir, on commente et on se passionne sur la social-démocratie et sur un épisode jusques là pas étudié de l'histoire économique et politique d'un voisin. Peu d'étude encore aujourd'hui sur le quinquennat législatif de Lionel Jospin, sur les trois ans de Rocard et les trois de Mauroy, deux versions intéressantes de la gauche au pouvoir et de la relation Premier ministre/Président. Quant à la politique économique allemande, elle n'est pas connue : il y a deux accords fondamentaux, la lutte contre l'inflation (référence 1929 et montée de Hitler), le social articulé très fort avec une philosophie religieuse (l'ordolibéralisme de Roepke mis à exécution par Erhard) et très peu avec le laisser-faire, avec une morale de l'entreprise et de ce qui se fait ou ne se fait pas. Rigueur intime que n'ont pas tous nos dirigeants de grandes entreprises. A petits mots, le PDG de Renault nous avertit qu'il va "devoir" prendre les mêmes décisions que son homologue de Peugeot : la crise.
 
La plaie - que selon le Canard déplore à juste titre le Premier ministre - ce sont les indiscrétions, les fausses nouvelles, les dires d'initiés, et qui toutes portent, non sur la manière de ceux qui nous gouvernent, mais sur la fiscalité. Elles font dépenser de l'énergie en démentis ou explications. Peut-être marquer fortement que le gouvernement ne communique pas par des biais mais directement et selon documents qu'il publie : budget notamment.
 
2° le fond
 
La droite comme les commentateurs de ce matin - chacun géant dans l'art de la politique (que de Gaulle définissait en termes d'appui du peuple explicite à l'exercice du pouvoir) - appellent à "violenter le corps social" tant qu'il en est temps, parce que la campagne électorale a mo,tré au pays l'état dans lequel il se trouve. Or, cet état n'est mesuré que quantitativement et statistiquement. Alors que ce qui importe pour le restaurer, c'est le qualitatif. Le corps social - précisément - est violenté par le mondialisme et par la crise, cela depuis une vingtaine d'années maintenant, et Nicolas Sarkozy par son remue-ménage y a encore ajouté. Le choix du pouvoir incarné par le Président et exercé, dans les faits, et dans l'animation gouvernementale, par le Premier ministre, qui a - à plusieurs reprises - sans que cela soit relevé (malheureusement) défini sa fonction autant par rapport au Parlement qu'envers ses ministres et vis-à-vis du chef de l'Etat , le choix est fait de ne pas faire violence et de gagner la partie par le calme, la durée, la ténacité. Le budget essentiellement, la concertation.
 
Il manque un outil qu'il serait de la compétence du Premier ministre de redinner à l'Etat puisque - malheureusement - c'est Lionel Jospin qui l'a laissé tomber. Réinventer et réinstituer la planification dite souple à la française. Lieu de mise en commun et de concertation entre tous les acteurs sociaux et économiques. La lisibilité qu'il est reproché au gouvernement de ne pas donner aux Français se trouverait accessible et être le fait de tous. Le plan pourrait coincider avec la législature. Le commissariat général confié à Louis Gallois est une animation et une centralisation des données, il n'est pas un outil de concertation. La planification correspond aux grandes années de redressement français et de paix sociale. Y venir à nouveau marquerait une vue globale de nos situations, un appel à tous, et donnerait de la prospective autre que macro-économique puisque les projets et les réformes s'y inscriraient.
 
La compétivité française n'est pas - principalement - affaire de charges sociales ou de fiscalisation des bénéfices, elle est - chez nous - affaire d'investissement des profits dans le productif et - sur les marchés étrangers - question de savoir vendre, de savoir comprendre les besoins à venir de ces marchés, d'anticiper la demande et d'y adapter l'offre. C'est élémentaire, ce n'est pratiquement jamais dit dans le discours sur notre commerce extérieur (ce qui a été mon métier dans nos ambassades pendant une trentaine d'années).
 
3° l'identité
 
J'ai été frappé de la phrase presque mezzo voce prononcée par le Premier ministre à propos du SPD et de son tournant de 1959 : la valeur du marxisme comme outil intellectuel et de compréhension du monde. Cela n'a pas été relevé. Il se trouve aussi que cela a fait suite à la manière dont Arnaud Montebourg - apparemment absent du "plateau" hier soir, ce qui n'a pas été relevé non plus - a parlé à Florange. En syndicaliste et en prenant la tête du combat et de la revendication contre un patronat étranger à notre pays, à nos régions et au salariat. 
 
Les photos et vues pendant ces émissions sont très révélatrices. Ainsi Valls et Taubira que les commentateurs veulent opposer étaient plus que complices car ce n'était pas de la tactique ou de l'arrangement, mais du réflexe et du sursaut tandis que parlait Kosciuzsko-Morizet. Et ils l'étaient sur la manière dont argumentait NKM à faux doublement (inexactitude des faits et décisions reprochés, tour d'esprit peu social).
 
Le modèle de gouvernement est en nous, dans notre histoire, dans nos réalités géographiques, démographiques, psychologiques. Les modèles et comparaisons avec l'étranger sont des papiers de journalistes ou des boîtes à idées pour annonce (période Villepin sur la flexibilité du marché du travail à la danoise ou à l'autrichienne).
 
Conclusion
 
la proximité est à chercher avec le réel et avec les Français, pas avec les communicants. Beaucoup de rencontres, de dialogues, d'écoute, mais le moins de discours et de "pédagogie" possible - le son rendu est paternaliste, relation de maître à élève. Sortir donc mais sans publicité. peut-être tirer ensuite les conclusions de ces sorties périodiquement : les causeries du samedi de Pierre Mendès France.
 
Le Parti socialiste n'est pas actuellement le relais qu'il faut au gouvernement. Les choses se jouent certes au Parlement, à certains moments, et le contrôle, le recul que peuvent produire les débats sont nécessaires. La décision cependant est dans la relation du pouvoir avec les Français. Il faut que les élus fassent en permanence campagne pour expliquer le gouvernement et pour rapporter au gouvernement ce qui est ressenti dans les campagnes, les villes, les quartiers, les salons... les partis sont beaucoup trop une machine pour conquérir le pouvoir électif et trop peu le relais entre le pays et les gouvernants.
 
Tout cela sous réserve de ce que je me permets de ressasser dans ce que je soumets au président de la République : la relance européenne par la démocratie (élection directe du président de l'Union, référendum européen dans les matières du traité, réécriture du traité par le prochain Parlement européen élu en 2014 avec compétence constituante) et de ce que je développerai dans ma lettre par la poste au Premier ministre : le Plan, l'emprunt citoyen au lieu du circuit avec les banques et selon les marchés.
 
Merci pour votre amical intermédiaire.
 
  

jeudi 27 septembre 2012

courriel à Matignon - évaluant le moment du Premier ministre


----- Original Message -----
To: Matignon
Sent: Friday, September 28, 2012 12:27 AM
Subject: l'entretien donné par le Premier ministre à beaucoup, ce soir
Pièces jointes: 18 Juin pour nous… pour moi 22 III 10 – publié par le Monde 30 III 72 Du oui au non – curriculum vitae erga omnes 2012

Cher Monsieur, je compte écrire à nouveau au Premier ministre à vos bons soins dans les jours qui viennent, mais peut-être lui sera-t-il utile  - pour le moment télévisé de ce soir - d'avoir les sentiments et l'évaluation d'un non-professionnel mais simplement ancien diplomate, séduit par de Gaulle à son adolescence, ayant vu en François Mitterrand le digne mais différent successeur, et nourrissant une grande admiration rétrospective pour Pierre Mendès France en amitié chaleureuse, intime avec Michel Jobert et Pierre Bérégovoy...

Pourriez-vous de la manière que vous jugerez la plus appropriée porter ce qui suit à sa connaissance ? je vous en remercie beaucoup par avance.

1° la performance

Le Premier ministre a beaucoup de souffle, et à mesure que dure l'effort il l'emporte de mieux en mieux et de plus en plus sur des contradicteurs qui le mettent en valeur à tant vouloir lui faire dire ce que - eux - cherchent à lui faire dire ou ont décidé de lui faire dire. Il a assez de force intérieure pour accepter l'adversaire, alors même que journalistes ou ancienne ministre et porte-parole d'un président défait prétendent se situer bien plus qu'à son niveau : au-dessus et pour le juger.

La clé de cette sublimation par la durée est probablement une maîtrise intérieure et une conscience de qui est le véritable interlocuteur : en l'occurence, les téléspectateurs et non les commentateurs ou l'opposante par hypothèse.

2° le point faible a été le début : le chômage, les licenciements, la liste des catastrophes sociales. C'est la question d'actualité à laquelle semble ne pas répondre la stratégie présidentielle d'une remise en ordre comptable du pays. Deux éléments auraient pu être davantage dits (étant entendu que les responsabilités en pas cinq mois d'exercice du pouvoir reste forcément celle des prédécesseurs pendant dix ans) : l'Etat a perdu ses pouvoirs et la plupart de ses leviers, à 'exception de la fiscalité. Lesquels retrouver et comment ? Pour ma part, je l'ai fréquemment écrit au Président qu'il soit candidat ou enfin à l'Elysée, c'est la nationalisation des entreprises qui se défaussent des erreurs de leurs dirigeants sur les salariés, la nationalisation des banques, deux mesures de circonstances, de quelques années, le temps de changer l'esprit des entreprises et de donner les manettes non à des cooptés ou des parachutés mais au deuxième ou troisième rang de chaque entrerise, des gens la connaissant et l'aimant depuis plusieurs décennies, connaissant le métier, le marché et l'outil, et non pas des experts de la direction en tant que telle, et c'est le recours à l'emprunt citoyen souscrit par les personnes physiques, et non par les institutionnels et les banques. Le second élément est le choix d'une stratégie de consensus et donc de paix mentale dans le pays. Le Premier ministre a reçu en début d'émission, comme les Français en début de ce quinquennat, le choc en pleine poitrine des licenciements et de l'impuissance.

Deuxième élément, il ne s'est pas trouvé - au contraire de la suite de l'entretien - à même de dire la novation qu'il incarne avec ses ministres et par sa relation - tout à fait neuve sous la Cinquième République dès après de Gaulle - avec le Président. Cette novation est de refuser les effets d'annonce, de refuser le nivellement par les questions de détail et notamment fiscales et d'aller au contraire à la politique qui est de travailler au consensus.

Mis en difficulté devant les déceptions actuelles causées par la temporisation du politique devant l'économique, le Premier ministre l'a été aussi sur la cohérence des positions politiques dans l'intérieur de sa majorité à propos des votes à émettre sur le pacte budgétaire et sur la loi organique. Il me semble que cela pouvait se résoudre - et aura peut-être à se résoudre si les votes hostiles se confirment - assez simplement en estimant très démocratique la liberté de vote. Particulièrement depuis dix ans, le pays souffre de la rigidité du couple excéutif-législatif pour cinq ans, sans modulation possible : on vote au canon quoiqu'on pense, quoique s'en révolte le pays. Il est probable que les Français ne croient pas à l'efficacité du pacte budgétaire qui sera violé à l'occasio, y compris par l'Allemagne, comme le furent les critères de Maastricht, y compris par l'Allemagne, et qu'un referendum même expurgé de toute référence au président régnant, serait négatif et de bonne foi. Qu'il y ait dans la majorité des voix qui se refusent, ne montrera pas la faiblesse du gouvernement lmais au contraire son respect des convictions. Si l'on veut l'apport des parlementaires - de la majorité comme de l'opposition - au travail gouvernemental, il faut la liberté d'opinion creuset de l'inventivité. En revanche, l'effort de conviction et la mise en évidence des responsabilités à ne pas fuir est du ressort du Premier ministre. le drame de 2005 n'est pas le résultat négatif, mais que ce résultat n'ait pas été porté à Bruxelles et chez nos partenaires - en compagnie notamment des Néerlandais - pour que l'on fasse un autre texte. Or, il va falloir en faire un. 

3° la dialectique a été généralement aussi bonne que perceptible, en quoi elle a été communicative .

L'opposante comme les journalistes ont chacun récité, jamais surpris par leurs questions ou leurs attaques ; ils n'ont pas apporté du neuf. Le Premier ministre au contraire... j'ai particulièrement noté le critère du recours au referendum : y a-t-il transfert de souveraineté... le critère de la fiscalité regardée depuis les bas revenus et non plus à partir du haut, dans le souci de ne pas aggraver les inégalités.

Le fait que le Premier ministre ait été souvent bridé dans un mouvement d'éloquence (chacun de ces mouvements a manifestement agacé les journalistes se mettant constamment en position de juge, d'enseignant, de porteur de la vérité tout en se vengeant de n'être pas eux-mêmes aux gouvernes) le met je crois en empathie avec les téléspectateurs qui, eux, rêvent (cf. le slogan présidentiel) d'être emportés.

La réplique sur les hauts salaires a été excellente en évoquant Gattaz, mais le Premier ministre aurait pu aller davantage que dans la statistique des comportements : des dirigeants comme d'humbles ouvriers aiment d'abord ce qu'ils font, et ensuite ce qu'ils gagnent. Le travail un épanouissement, une contrbution au bien commun et pas seulement le salaire. Dimension sociale, ouvrière, valable dans le rural, que n'ont pas nos élites de la finance et de la multinationale, surtout quand ce sont de hauts-fonctionnaires défroqués.  

4° le portrait n'a pas été dessiné par les questions ni par les questionneurs, mais par le Premier ministre lui-même.

Il y a évidemment la ressemblance parfois hallucinante avec François Mitterrand dans la façon d'avancer une idée ou un argument par le menton et en acquiesçant par un clignement des yeux. Il y a la diversité des jeux de mains, particulièrement dans la contradiction avec Kosciuzsko-Morizet, les doigts très crispés. Les mains sont belles. Le stylo assorti au costume et à la cravate. Pas de décoration ostensible.

Réserve : on a compris. Pas d'ouverture à la vie privée, le camping-car étant une moindre concession, les quelques secondes en piste de danse très convaincantes. Pas d'insistance sur les origines. Pas de virtuosité sur la pratique germanophone. Concentration sur la ténacité telle quelle sans justification philosophique ou références biographiques. On a rencontré une personnalité actuelle dont on sait plus le tempérament - les traits principaux ont été répétés et sans s'en rendre compte les journalistes ont fini par en être, eux aussi, des vecteurs - que l'emploi du temps ou les décisions lui devant tout ou au contraire rien. Il s'est donné à connaître comme agent du fonctionnement du pouvoir plutôt que comme son théoricien ou son bénéficiaire. 

Le souci, la hantise de faire partager et de rencontrer correspondent aux agenda : très souvent, m'a-t-il semblé depuis la fin des législatives, le Premier ministre " sort à deux " : Marseille avec Valls, Taubira ensuite, Duflot l'autre jour.

Conclusion spontanée : cet entretien a été un utile dépaysement, un dépassement d'une conjoncture particulièrement déprimante et de l'absence de radicalité qu'on peut actuellement reprocher à l'ensemble du nouveau cours français. Deux cohérences s'opposent nettement : celle des circonstances et celle d'une stratégie. Avant de décider chacun s'il faut une autre stratégie, les Français ont appris ce soir celle du gouvernement. Redite des propos du Président ? sans doute sur le fond, mais d'une tout autre manière et en montrant un autre tempérament. Ce binôme est probablement l'atout politique principal que s'est donné le pays le 6 Mai dernier. Hiérarchie peut-être étant donné la Constitution et sa pratique, mais entente et osmose de deux personnalités à la tête de notre système, c'est si nouveau !