lundi 2 février 2015

Inquiétude & Certitudes - lundi 2 février 2015


Lundi 2 Février 2015

Prier…  chandeleur, lumière, obscurité, jour. L’Eglise joue sur du sensible  mais – comme dans l’évangile lu hier : un exorcisme, les esprits impurs – elle évoque celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable et un combat, pour évoquer aussi l’itinéraire du rédempteur, : nunc dimittis [1]. L’incarnation, fait majeur :puisque les enfants des humains ont en commun le sang et la chair, mais un fait dont l’inéluctable suite : la mort, transforme tout, et notamment cette suite et cette fin selon toute apparence : la mort. Jésus est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve, et surtout celle-là. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. La révélation, bien sûr, est celle de Dieu par Lui-même, mais elle est la révélation de ce que nous sommes, condition humaine, péchés, mort et tant d’insuffisances, révélation de nos attentes et aboutissement. Mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples. Certains d’entre nous prophètes pour tous : Anne, et surtout, plus explicitement : un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël (les termes d’Isaïe : consolez mon peuple) et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Un juste de notre temps, un témoin de son vécu qui a été celui de pluiseurs générations, ce que la France put faire et pourrait faire, Jean CHARBONNEL, un de mes plus éminents amis, et par excellence un « témoigneur », ce qu’il a vu et compris du général de GAULLE, d’une époque où les adolescents entraient dans la Résistance et où, ces temps-ci, les anciens avaient la jeunesse du discernement, ce que nous commémorons ces temps-ci n’a de sens que s’il en est témoigné et que si nous sommes appelés à la transposition. Son dernier livre, lumineux [2]: un homme qui méritait ce qu’il avait vu et fait, un chrétien aussi, un légitimiste en politique lisant notre histoire comme la continuité du possible. J’y pense ce matin tant l’attente et le témoignage vont de pair et puisque le hasard me faisant reprendre quelques-uns des articles de ce « dictionnaire » : les jeunes loups, Malraux, Mauriac, coincide avec une messe pour lui ce matin. Pour notre avenir en âme et en esprit à chacun, jamais trop de mémoire ni de témoignage, jamais assez de communion avec nos ascendants et nos prédécesseurs. La ferveur a besoin de vie. Nous donnons vie à celles et à ceux qui nous ont fait, et nous font encore. Habiter nous-mêmes notre temps et être habités de ce qui fut, manqué ou réussi, et de ce qui se fera : nos enfants. Syméon, Anne de la tribu de Phanuel et notre espérance incarnait : l’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

début d’après-midi

Grèce : erreur. Le ministre hellénique des Finances, nom que je ne retiens pas encore, est venu hier après-midi, cher nous, alors que je croyais notre ministre en vol aujourd’hui pour là-bas. Annulation de la dette, non. Renégociation ? pourquoi pas. C’est maigre. Si j’avais été Sapin, et sans rien traiter encore au fond, je serais allé à Athènes, on écoute et l’on comprend mieux les gens, chez eux. J’aurais rencontré aussi des journalistes, et puis, tout « bêtement », nos hommes d’affaires là-bas, les Conseillers du commerce extérieur, souvent dans le pays depuis des décennies, sinon de naissance, mais Français, donc bilingues mentalement… ce sont d’ailleurs écoute et compréhension qui seules peuvent faire imaginer quelque chose arrangeant tout le monde.

Il semblerait que le temps change sur plusieurs sujets et très fortement : le pétrole ré-augmente de prix, l’euro remonte, la croissance américaine dont on s’est gargarisé pendant un an décélère nettement. Refus de pourparlers par les séparatistes du Donbass : avant-hier. Ouverture de négociations, hier. Et une quinzaine de morts dès hier. Guerre de positions. Le New-York Times annonce l’intention d’Obama de livrer des armes à Kiev. Prise d’un otage jordanien : un officier de l’armée de l’air, et ouverture d’un débat à Amman, continuer avec la coalition anti-daèch ou quitter celle-ci. Deux otages sauvagement exécutés, un troisième encore retenu : le Japon va probablement se joindre aux actions militaires au Proche-Orient. Une première depuis Hiroshima et Nagasaki. – L’ensemble de ces mûes en cours a pour « toile de fond » un leadership américain d’autant moins assuré qu’on ne sait encore rien du possible occupant de la Maison blanche dans un an. Et curieusement, personne ne commente cette inconnue.

Notre diplomatie : la Grèce ? le monde ? réponse, Laurent Fabius prête ses salons au quai d’Orsay pour la proclamation des étoiles Michelin. Qui sera à Roissy (on ne dit plus CDG…) pour accueillir nos handballeurs, cinquième fois champion du monde mais la partie a été étonnamment rude avec les Qatari.

La bataille du Doubs. Le fait majeur est l’abstention : plus de 60%. L’intéressant est d’apprendre dimanche prochain quel est le tropisme des électeurs U.M.P.. je ne connais que le Haut-Doubs, farouchement endogamique. Je ne fais donc aucun pronostic. En revanche, il apparaît que Sarkozy n’a pas l’autorité morale qu’il se croyait au début de l’automne. La direction du parti est divisée, Juppé joue la démocratie interne et ne dit rien. Le Maire, comme fréquemment ces dernières semaines, se disqualifie pour la suite, penchant de plus en plus à droite, tandis que Kozsciusko-Morizet a presque chaque fois, un réflexe ou une position me plaisant : en l’espèce, elle soutient le Front républicain proposé par le PS.

soir

" L'Europe cherche à répondre à l'effet Tsipras " . On ne peut mieux écrire combien l'Europe n'existe plus, puisque dans sa forme institutionnelle actuelle, elle ne sait pas discerner une volonté populaire, puisqu'elle traite d'optique et cherche des annonces, de l'effet, elle surtout. Elle ne sait pas non plus rendre grâces aux peuples, notamment aux Grecs, et peut-être bientôt aux Espagnols et aux Portugais, que les jugements et réponses plébiscités par les peuples, contre ce qu'elle est devenue- âme perdue - ne soient pas ceux de l'extrême droite. Que la révolte contre la non-Europe ne soit pas celle des années 20 et 30 contre la paix de Versailles et la grande crise de 1929, mais qu'elle soit sociale, et porte en elle une gauche authentique, d'imagination et de solidarité. 

Sondage de Marianne (avec l'interrogation : comment en est-on arrivé là ?) : Marine Le Pen à 30% pour le premier tour de l'élection présidentielle si celle-ci avait lieu maintenant.




[1] - lettre aux Hébreux II 14 à 18 ; psaume XXIV ; évangile selon saint Luc II 22 à 40

[2] - Jean Charbonnel, Dictionnaire raisonné d’un gaulliste rebelle . préface de Robert Poujade (France-Empire . Octobre 2014 . 217 pages)

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