mercredi 16 avril 2008

Inquiétude & Certitudes - mercredi 16 avril 2008

Mercredi 16 Avril 2008

Gallois et Spinetta - Fillon et Sarkozy - comparaison

Ceux qui demandent des sacrifices rien qu'aux autres

Benoit XVI et l'Amérique

Les parlementaires U.M.P. et l'expérience du pouvoir actuel



Prier… [1] l’insistance d’un prophète sur l’authenticité de sa mission est logique, donc d’affirmation banale, mais faire de soi le centre de tout, et d’abord du salut individuel et du comportement souhaitable de ses auditeurs est unique. Et qu’en même temps, ce prophète et prédicateur assure ne valoir que par celui qui l’envoie, n’a pas non plus d’équivalent. Moi qui suis la lumière… celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé… ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit… celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé. Relationnement à la fois mystérieux et simple entre les personnes de la Trinité, seuls les mots nous manquent, puisque la réalité les dépasse et est au-dessus de nos intelligences, mais embrasser le msytère est-il utile ? nous sommes nous-mêms plongés dedans, malgré nos limites de nature et de personne, ou peut-être à cause d’elles. Et l’essentiel est d’être ainsi sauvés par avance, valorisés par avance. Assurés de tout. Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais le sauver. Ces dialectiques ne sont pas non plus dans l’éther, la manière dont nous les avons reçues est datée, elle est factuelle, la révélation est passée par les hommes et ans leur histoire, nous avons les noms, les dates, les lieux. Les évangiles sont traversés par l’affirmation du salut, qui consiste en la vie éternelle, c’est-à-dire dans un aboutissement complet de notre nature humaine – que l’incarnation de Dieu en la personne de son Fils nous garantit, nous montre déjà, nous fait voir et prier. Le récit des débuts de la primitive Eglise, lui, déploie l’Esprit-Saint, sa manière, sa présence, son inspiration sont constantes, la référence multiple, incessante. Vie éternelle, Esprit-Saint. Le chrétien est subjugué. Ici et ailleurs, maintenant et au-delà, brûlé d’assurance. Restent les manques et orgueils, imprudences et dispersions de chaque jour. Nous ne sommes pas contagieux, même pour nous-mêmes, à longueur de nos vies intermittentes.

On ne parle toujours pas de ce comité de réflexion sur le préambule de la Constitution…

Louis Gallois l’an dernier, Jean-Cyril Spinetta ce printemps sauvent l’honneur. En tenant bon dans l’offre de reprise d’Alitalia, notre homme va finir par séduire Silvio Berlusconi. Tout simplement parce que ce dernier n’a pas de rechange et que ce n’est plus qu’une question de face à ménager. Voire d’intéressement, au point où l’on en est… mais le mariage intra-américain dans le groupe d’alliances dont fait partie Air-France.KLM n’est, pendant ce temps-là, pas assez observé : ne va-t-on pas y perdre nous-mêmes, en tout cas en poids relatif ?

Bataille entre François Fillon, désormais référence avouée des parlementaires U.M.P., et Nicolas Sarkozy qui va devoir se rabattre sur une « stature européenne » grâce au hasard de dates : la présidence de l’Union, mais dans la mauvaise aison, parce que le semestre du fait des vacances de juillet-août sera très écourté. L’ajustement des prestations familiales pour le troisième enfant à tel âge en une fois, au lieu de deux fois à des âges plus jeune et plus avancé maintenant, est incompréhensible pour le grand public qui le traduit par une… suppression des allocations familiales, bobard du genre de la suppression des retraites complémentaires par François Mitterrand, si, en 1981, il devait gagner… donc de la com. et quelqu’un vient d’être engagé pour cela ! délégué interministériel dépendant de qui ? du Premier ministre, du président de la République, car le fond, c’est que le gouvernement n’est pas dirigé, qu’il n’y a pas de collégialité, que les dossiers ne sont pas mûris entre ministres et sous-ministres, chacun raconte ou déballe, qu’il soit compétent ou pas, informé ou pas. La carte de famille nombreuse, le remboursement des lunettes – Roseline Bachelot assure maintenant qu’au contraire elle voulait une extension de la couverture et des remboursements, et nullement leur restriction – l’aide à l’éducation aux enfants, il n’y a pas de ligne gouvenementale, donc pas de communication possible, simplement parce que tout depuis dix mois est de la boîte à idées, du fond de tiroir où retrouver de la monnaie, sans que rien ne soit pris en ensemble. Belle résurrection d’un ministère de la Famille ! Les familles intéressées ont déjà eu leur calcul : perte de six cent euros au total. Gain pour le gouvernement – pour l’équilibre des comptes publics, pas 200 millions d’euros : la paye annuelle cumulée de deux P.D.G. français, si Gérard Mestrallet est l’un d’eux est largement supérieure. Pas moins cynique, le président de la République – avec le consentement de ses parlementaires chacun perdant le sens aussi bien de l’Etat que de l’opinion publique – a triplé ses émoluments personnels, par rapport à ce que percevaient ses prédécesseurs, à quoi s’ajoutent très lourdement les rétributions d’effectifs de conseillers à la présidence de la République, peut-être décuples de ceux autant de de Gaulle. Epoque à laquelle une plume présidentielle ou un conseiller spécial étaient inimaginables ! Ceux à qui des sacrifices sont demandés et ceux qui les demandent sans y consentir pour eux-mêmes, sans même se poser la question d’une certaine proportionnalité de gêne poour revenir au bien commun… sans compter le gaspillage d’un déplacement du ministre de la Défense rien que pour voir cmment se larguent les amarres du Ponant à Djibouti. Le buffet censé accompagner le discours-affiche pour la politique de la ville dans un « quartier » de l’agglmération lyonnaise, où ne vint finalement pas le président, était évalué à 150.000 euros : combien de fois les 23 euros pour chaque enfant atteignant onze ans !

Combien de temps cela peut-il durer ?

Ecart surtout entre les médications pointillistes et ce qu’il y a à curer. La Cour des Comptes jugeant ceux des chemins de fer propose de remettre à la charge du budget de l’Etat la moitié de la dette (entière, elle est de 28 milliards d’euros) que l’on avait transféré de la SNCF à la société créée pour gérer le réseau matériellement. Chaque voyageur de TGV constate, surtout au sortir de Paris, que les voies ne sont plus entretenues : sans doute reste-t-on dans les normes de sécurité, mais à voir danser dans les couloirs les contrôleurs comme des ours sur la plaque chauffante de leurs montreurs médiévaux, l’évidence est que notre réseau ne correspond plus à sa réputation ancienne. Il y avait nos colonies, le plus grand réseau aérien du monde, le meilleur réseau routier du monde et le Normandie, mais nos institutions étaient déplorables. Aujourd’hui, le pouvoir a tous les pouvoirs mais il n’y a plus d’investissements publics, les prisons sont occupées à 150 ou 200%, les trouvailles d’un compagnon nominal de l’Abbé Pierre n’ont pas de financement (Martin Hirsch et le revenu de solidarité). Un président à poigne et un gouvernement de terrain – qu’on attendait à une direction précise de la macro-économie et à une intervention vigilante et équilibrée dans la vie de l’industrie et des services, presque tous en crise, chez nous, s’occupent à bricoler à tire-la-rigot des lois revenant sur toute la ligne de nos constructions et protections depuis la Libération… fermeté face aux lycéens et légèreté à Gandrange face à Mittal.

Benoît XVI aux Etats-Unis. Un homme de vraie bonté, d’approfondissement spirituel, de culture exceptionnelle profane et religieuse, un livre très vrai sur un sujet-bateau (pour un pape et pour tant) : Jésus de Nazareth, une première encyclique sur l’amour faisant une percée, traiter concrètement le caritatif, légitimer l’éros : élément de la dignité et de l’épanouissement humains, au lieu d’un attristant agapè qui lui était constamment substitué. Mais – autant que nos dirigeants vis-à-vis de nous – un manque de sens de l’opinion mondiale : un anniversaire intime célébré par l’Amérique nantie, les neuf mille invités de la Maison-Blanche, et surtout les Etats-Unis, présentés comme un modèle satisfaisant de « laïcité positive ». Déjà, la doctrine sociale de l’Eglise a été très infléchie par Jean Paul II dans le sens d’une complaisance qui réjouit tous les tenants des versions actuelles du libéralisme et du mondialisme, puisque les conditionnalités traditionnelles, la dignité humaine, la justice salariale, les conditions pratiques des contrats de travail et d’exercice des hiérarchies dans l’entreprise sont perdues de vue, pas seulement par les acteurs de l’économie, mais surtout par leur censeur que devraient être les successeurs des apôtres et deleurs diacres gérant le communisme de la primitive Eglise. Deux manques de tact, un de forme, un de fond, qui occultent des propos tenus dans l’avion transatlantique – excellents et rares, tels que « mieux vaut peu de prêtres mais des bons » quand Ratzinger doit bien évoquer pour les journalistes les scandales de la pédophilie dans l’Eglise des Etats-Unis. L’affichage avec le président le plus impopulaire dans le monde et sans doute maintenant chez lui, depuis plusieurs décennies, n’est pas adroit.

Notre hésitation – de gouvernement, de président surtout, mais non d’opinion publique – à propos de la Chine, vulnérable comme il est devenu rare qu’elle le soit, du fait des prochains Jeux, est payante. Nos produits sont boycottés, des investissements sont menacés. Pour écrire court, je n’ai jamais cru à ce genre de marché où nous ne pouvons prendre et encore moins faire jouer la moindre garantie réelle et où ce que nous installons et délocalisons pour vendre encore quelques équipements – centrales et avions – va simplement servir de modèle aux copies rendant sous peu inutiles les importations. Bien entendu, la manière dont nous nous conduisons là-bas – en solo – nous prive de la seule carte qui vaille : un jeu européen groupé et solidaire. Angela Merkel a déjà dit qu’elle n’ira pas à Pékin, le commerce allemand n’en souffre pas pour autant.

La novation est sans doute dans le dialogue – ou le rapport de forces – entre le groupe palementaire U.M.P. et le gouvernement. Pour la première fois sous la Cinquième République – depuis la fin de la guerre d’Algérie – il est envisageable que le pouvoir perde sa majorité à l’Assemblée nationale en cours de législature.


[1] - Actes XII 24 à XIII 5 ; psaume LXVII ; évangile selon saint Jean XII 44 à 50

Aucun commentaire: