mardi 22 février 2011

Inquiétude & Certitudes - mardi 22 février 2011

Mardi 22 Février 2011

Prier…
[1] fondation formelle de l’Eglise, argument de l’Eglise catholique romaine pour la primauté de Pierre, à prendre davantage comme un engagement et une responsabilité de fidélité (trahis plusieurs fois ou mal compris par Pierre lui-même puis par l’Eglise catholique romaine à travers son histoire de génération en génération), que comme une prérogative de commandement : tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. A rapprocher le texte des récits de miracles, je suis saisi par l’analogie et par ce que celle-ci explique. Le miracle qu’est la fondation de l’Eglise est une réponse à l’acte de foi, à la profession de Pierre, exactement comme la plupart des miraculés voient leur foi entendue, récompensée par sa propre efficacité. Et la guérison opérée est immense : elle est explicitement la revanche de la Genèse. Eve et à sa suite Adam sont promis à la mort, l’Eglise ne sera pas vaincue par la mort. L’évangélisation est simple : Et vous ? qui dites-vous que je suis ? … Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Assertion et conviction des apôtres : quand se manifestera le berger suprême, la couronne de gloire qui ne se flétrira pas. L’évangile est à la fois le récit, la preuve de l’incarnation du Fils de Dieu, la description, en termes humains et donc compréhensibles par nous, de l’identité du Fils et doinc de Dieu, de sa nature-même, révélation de la Trinité, et il est prophétie du retour du Christ. Le prophète et l’évangéliste, par excellence, sont ce Jésus, fils de Joseph et donc de David, en généalogie d’adoption (de même que nous sommes enfants de Dieu par adoption, parfaite symétrie), que les disciples, par la voix de Pierre, reconnaissent comme le Messie, le Fils du Dieu vivant ! Rien que cette profession de foi atteste d’ailleurs la Trinité et la transcendance du Christ et de notre vie spirituelle par Celui-ci : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.


matin

D’un familier de la Tunisie :
Quelques réflexions que m'inspirent Boris Boillon... Bien amicalement
Le nouveau résident de France en Tunisie
Nommé au débotté, le nouvel ambassadeur de l’Elysée s’est installé au Dar Al-kamila, près de Tunis.Pour sa première sortie, il a rabroué des journalistes comme un pas poli. La séquence a fait le tour du net. Choqués, un millier de manifestants ont réclamé son expulsion. Devant la chancellerie, près de la Porte qui porte encore provisoirement le nom de la France, ils ont brandi des banderoles « dégage ! casse-toi ! »… du miel pour les dépêches et le prochain papier de Claude Angeli. Dans l’histoire de la diplomatie française, c’est du jamais vu. Au Quai d’Orsay et dans les 163 ambassades à travers le monde, c’est la consternation. Le nom du plénipotentiaire est entré dans le langage courant. A Tunis, il se conjugue désormais à tous les temps en français comme en arabe.
Le protégé du chef de l’Etat, en charge de faire disparaitre les traces du commando de MAM en Tunisie, est un produit Sciences po qui a appris l’arabe aux Langues O. Il le parle correctement ce qui force l’admiration de son Président pour qui cette langue est du chinois. Mais on ne parle jamais la langue du Coran de façon désinvolte. La manière est essentielle et en toutes circonstances : un ton doux, un sourire bienveillant et une posture sereine sont de rigueur. Il n’y a que les singes qui gesticulent et font des grimaces.
A Tunis où tout le monde est bilingue, entendre un ambassadeur de France baragouiner la langue d’Ibn Khaldoun, est hautement surréaliste !
D’autant que les Tunisiens sont fiers de leur langue nationale, subtile cousine de l’arabe littéraire. En Tunisie, jusqu’au 14 janvier dernier, l’usage de l’arabe classique était réservé aux débats théologiques, à la poésie, à l’injustice, rarement à la politique. En cette période révolutionnaire, l’arabe est devenu synonyme de langue de bois. Chacun se souvient de Ben Ali lisant ses discours sur un prompteur et débitant d’un air important des phrases emberlificotées de mots savants que personne, ni lui-même, ne comprenait vraiment. Sans doute privé de son scribe l’ex-président lança son dernier appel en langue tunisienne. Alors il fut parfaitement compris de tous et il prit la fuite.
Monsieur l’ambassadeur, je vous imagine sur une bergère du grand salon du Palais de La Marsa où peut-être l’écho de ces lignes vous parviendra.
Sachez que la langue tunisienne est celle de l’intelligence et de la raison. Elle est d’un apprentissage difficile car elle traduit l’éducation et la naissance. Pour vous en faire une idée, écoutez les discours de Bourguiba sur Youtube. Mieux, allez flâner autour de la résidence ou de la chancellerie…Les quelques marchands de livres sont d’authentiques résistants survivants de la censure, de vrais libraires. Ils vous conseilleront des ouvrages écrits dans un français admirable. Par exemple, les romans historiques d’Alia Mabrouk qui révèlent le courage ancestral des tunisiens ou bien le dernier livre de lella Rabâa Ben Achour-Abdelkefi sur la dignité et le raffinement des Tunisois. Entre un bain de mer et une séance de musculation, vous pourriez inviter pour le thé ces deux dames de qualité qui accepteront, peut-être, de vous enseigner quelques rudiments de l’art de se comporter en hôte provisoire de Dar Al-kamila, la maison de la perfection.

Le désaveu le plus précis pour Michèle Alliot-Marie, la « mission » Lagarde-Wauquiez aller-retour avion dans la journée pour tenter l’impossible en Tunisie. Evidemment, l’ambassadeur, le nouveau… dans un tel contexte…

après-midi

Tout a changé une nouvelle fois de dimension. L’année 2011 programmée pour être « pépère », des conférences valorisant quelques-uns dont Sarkozy, président de ces conférences, sans qu’il ait été pensé trop que DSK pourrait ravir la vedette au lieu d’être un faire-valoir… est devenue en quelques semaines un nouveau « printemps des peuples » comme 1789, 1848, 1989 : des régimes s’effondrent, il n’y a pas encore d’apparition de nouveaux chefs, peut-être même cette dominance de la foule, du peuple plus encore que la messagerie internet caractériserait-elle le mouvement. Différent dans chacun des pays arabes, mais avec des analogies. Un même peuple réagit partout en révolte mais les sytèmes contre lesquels il se révolte diffèrent d’un passage de frontière à l’autre, et d’un Etat à l’autre. En tcout cas pendant six semaines, on était allé d’une révolte faisant tomber un régime ce qui parut immense en soi, à une autre mettant en cause des enjeux stratégiques pratiquement considérables : l’obsession israëlienne. 1° Un dénotateur tunisien au sens d’un exemple du possible, 2° la sécurité d’Israël version Etats-Unis.Egypte.France avec passage aujourd’hui par le canal de Suez de deux bateaux de guerre iraniens, ce qui semble tout à fait inédit, et maintenant 3° avec le bain de sang en Libye, la question du pétrole, le débat en Conseil de sécurité, la « flambée des cours ». Ce qui était imprévisible il y a deux mois est maintenant une possibilité : la chute des monarchies pétrolières comme à Bahrein, puis de la famille royale saoudienne. Bien entendu, le débat de 2011 qui devait – en France – être le repositionnement de Sarkozy et en relations inernationales l’attelage de la Chine à un système tenant compte d’elle ou au contraire un conflit entre Occident et Chine, tourne tout autrement : la Méditerranée, le pétrole redeviennent centraux comme pendant la Seconde guerre mondiale, comme en 1956 et X fois depuis. Bien évidemment, c’est un clou de plus sur le cercueil d’une espérance de l’Europe « troisième grand »…

D’un ancien chef d’Etat arabe – un démocrate, renversé par l’armée :
Tous ces derniers jours, je n'ai pratiquement rien fait que suivre l'évolution de la situation en Li bye, sur AL-JAZEERA. Je pense que je suis dans l'état de quelqu'un dont on dit qu'il est "groggy".C'est quoi la réalité du monde aujourd'hui? Sûrement bien différente de celle que nous sommes invités par ceux qui se sont érigés en maîtres de ce monde.. Que de réflexion et de lutte notre monde a-t-il encore besoin.

Du « black-out » libyen, on ne sait ce soir que des déductions. Si Kahdafi affirme « contrôler » Tripoli, c’est qu’il a perdu le pouvoir ailleurs, mais qui l’exerce ? Il a déjà vécu une alerte semblable, quand – avant les drones – les Américains avaient tenté de l’avoir directement par des missiles sur les lieux supposés de son séjour, il y a quinze ou vingt ans. – Bahrein, cela semble « cuit » pour une dynastie deux cent ans qui aura perdu la mise parce que ne pratiquant pas l’obédience religieuse de sa population. – Maroc et Algérie, pas de commentaires. – Egypte, il apparaît que Moubarak ne sera pas diabolisé.

[1] - 1ère lettre de Pierre V 1 à 4 ; psaume XXIII ;évangile selon saint Matthieu XVI 13 à 19

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