vendredi 17 juin 2016

courriel à l'Elysée - honte et inquiétude


Cher ami, Monsieur le Secrétaire général,

un pays dont l'économie dépend de ses ventes d'armes ... et qui mendie...
un pays dont la Chine achète des terres agricoles et des vignobles et des fromages et de la laiterie, des vitrines surtout (Club Méditerranée) et notre directeur du Trésor embauché par un fonds chinois...
. . .
J'ai honte et je suis inquiet. Le pays est démâté parce qu'il est devenu impossible, même avec la meilleure volonté du monde, de discerner l'inspiration générale et l'orientation de ce quinquennat : pis que la défiance, la sensation du caché, de l'occulte. Et puis même si les sondages etc... vivre avec une "popularité" de 16%, c'est-à-dire qu'au mieux les Français sont indifférents, complètement hors du coup. Si c'était voulu, c'est réussi.

Syndrome grec : tristesse des lucides, truquage des statistiques (notre dette dite extérieure), trahison de ce qui avait été entendu comme des engagements.

Pensées que je ne sais qualifier. Et ce dédain : ma demande d'être reçu d'une manière ou d'une autre, depuis Octobre 2011... la réponse présidentielle à la manifestation de mardi : "même pas peur", a-t-on fait répandre... et cette boîte à idées, rien ne semble lié à rien, les initiatives, les projets, les gestes surgissent - soudains sans vrais jalons à comprendre rétrospectivement : après quatre ans de mandat et toute une vie politique très conséquente déjà, le Président se rend à Colombey... il est vrai que la qualification du Général lors de l'inauguration de ce mandat n'était pas mauvaise (il a mis son prestige etc... au service de...) quoiqu'un peu du genre pétainiste.

Je vous crois sincère parce qu'intelligent. J'avais été frappé, quand vous étiez encore secrétaire d'Etat du prédécesseur, par la finesse de votre analyse sur ce qui pouvait constituer la légitimité de Nicolas Sarkozy : une façon de compenser les absences de referendum sur les grandes questions. Comment ressentez-vous ce dont vous êtes quotidiennement le témoin ? A la suite des conférences de presse, c'est presque bras dessus bras dessous, qu'avec vous seul, le Président remonte à l'étage des bureaux. Macron repartira - un cran au-dessus - dans une banque plus forte encore que Rothschild, ce ne peut être que Goldman... quant à Valls, un avenir à sa taille... et l'impression de ses deux discours au Palais-Bourbon : Charlie et le Bataclan suffira-t-elle à en faire l'homme de l'union nationale... Plus personne n'est grand, des personnalités de qualité comme Ségolène Royal et Michel Sapin rendues médiocres par leur participation... explicitement, bien des Français cherchent l'homme (ou la femme d'exception) ? dilemme : son existence ? ou l'empêchement de son existence et de son émergence s'il/si elle existe.

Bonne décompression.

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