mercredi 24 juin 2009

Inquiétude & Certitudes - mercredi 24 juin 2009


Mercredi 24 Juin 2009

Prier… [1] je vais faire de toi la lumière des nations. Toute l’Ecriture judéo-chrétienne n’est qu’annonce au futur proche, les saints, les circonstances, le Christ Lui-même (le Royaume de Dieu est proche) ne sont qu’annonce. Notre époque (l’actuelle) au contraire cherche partout « du sens », de l’autorité morale, des valeurs, des repères et des références. Les dirigeants conduisent à l’esbrouffe, en fait au rétroviseur. L’évangile clame la lumière, le discernement. La seule interrogation réside dans la sensation que nous avons ou n’avons pas de notre relation à Dieu et à l’Histoire : Il m’a dit : ‘Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai’. Et moi, je disais : ‘Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que jai usé mes forces’… Commémoration de la naissance de Jean Baptiste, avec tout le mystère, les apocryphes et jusqu’à l’ingénieux roman Da Vinci code l’entourant, selon notre confusion matérialiste : raccorder le spirituel à notre propre vue de l’histoire, selon nos écritures à nous, si partielles et constamment revues d’une génération à l’autre, repentances et dénégations, rarement action de grâce. Que sera donc cet enfant ? Jean Baptiste répondait lui-même à ses contemporains et Paul le rappelle. Nous et les événements, nous et les prophètes, nous incroyants et moi manquant de foi au jour le jour. Ce qui est abandonner même l’espérance et les constats les plus sûrs : Etonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait. M’incliner : le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de lui défaire ses sandales. Prier ainsi, les sandales, le voici

matin

France. Rien mieux que la mise bout à bout du discours de Versailles et du « remaniement » ministériel, montre que le président régnant n’a plus de semblant ou de subterfuge en réserve. Les mises en scène politiques ont toutes été essayées répétitivement. L’opposition en est au même point. Personne n’a de dialectique, personne n’a d’autorité charismatique parmi les Français, personne ne donne un système de références et il n’y a pas non plus de grande livre ou de grande école qui propose un diagnostic et des perspectives. Naguère, les deux hebdomadaires que nous avions, l’Obs. et l’Express, le club Jean Moulin, l’Etat et le citoyen, les collectifs : A la recherche de la France ou Pour nationaliser l’Etat. Sartre et Mauriac. L’homme du 18 Juin. Raymond Aron. Paix et guerre entre les nations. Chacun au fil de l’eau : une tempête qu’on ne voit pas, les cadavres qu’on dissimule en faisant croire à la banalité, naguère la vacuité du slogan : l’Europe, l’Europe, qui aujourd’hui a enfin son actualité et sa nécessité, mais qu’on dissimule – notre cavalier seul, en tout – sous couvert d’un mot encore plus creux : les réformes. Ce qui fut pendant deux siècles plutôt positif a retrouvé chez nous, son sens premier : mise à la casse (service public, indépendance et imagination diplomatiques, séparation des pouvoirs et des fonctions, etc…)

Mauritanie – Un ami commente : à propos de cet islamisme présumé prêté à Sidi, je vous donne une information émanant de deux deputés. Sidi – selon ces deux deputés – ne voulait pas reconnaitre un parti islamiste. C'est sur forte pression de Mohamed Ould Abdel Aziz qu'il a reconnu ce parti. Sidi a expliqué qu'il a compris plus tard que Aziz voulait utiliser cet argument de reconnaissance du parti islamiste pour obtenir le soutien des Français au coup d'Etat. Devant ces deux députés, Sidi a aussi confirmé qu'il avait bien expliqué aux ambassadeurs francais et américains à l’époque que le dossier de la sûreté et des forces armées est toujours entre les mains de Aziz et que celui-ci est seul, par conséquence, à devoir assumer toute la responsabilité du dérapage sécuritaire que nous avons connu.
Il ne fait aucun doute que le terrorisme présumé en Mauritanie est etonnant pour n'importe quel observateur averti. Il s'agit exclusivement d'opérations ponctuelles liées a des situations bien précises. A titre d'exemple l'attentat malheureux d'Aleg qui a coûté la vie à une paisible famille francaise avait eu lieu juste à la veille du processus de déstabilisation de Sidi qui devrait conduire au coup d'Etat apres une longue période de déstabilisation savamment orchestrée (fronde des députés, chute de deux gouvernements puis coup d'Etat)
L'attentat de Tourine 30 kms au nord de Zoueratt septembre dernier et qui a coûté la vie à 12 militaires était à un moment jugé crucial au plus fort des pressions internationales sur la junte.
Quel est ce genre terrorisme?
En tout cas, la télévision vient d'annoncer tout de suite le décret présidentiel de convoquation du collège électoral ce qui veut dire – sauf information contraire – que l'accord de Dakar est enterré vivant et que Aziz entame désormais son processus d'élections unilatérales.


Un autre sur la conduite du président empêché : La cause de Sidi est entendue, il a dit aux Mauritaniens : " réunissez-vous autour d'une table, tout ce que vous décidez m'engage, à condition qu'il soit conforme avec la Constitution ". Donc, tant au niveau du HCE qu'au niveau du déroulement de sa démission volontaire, toutes ses demandes constituent le "minimum syndical", en deçà duquel il sera considéré, devant l'histoire, comme le complice des putschistes. Il doit donc tenir bon, et tous les démocrates doivent le soutenir.

après-midi

Procès de Toulouse. Total n’est pas impliqué, AZF une somme de 250.000 euros et trois ans de prison avec sursis pour le président de Grande-Paroisse. Défenseur du pauvre et de l’orphelin, Jean Veil, fils de l’icône, et par ailleurs avocat de la Société générale. Plus de trente morts, on ne compte pas les blessés, ni les séquelles, ni l’ardoise de la reconstruction. Le code pénal, celui de la procédure pénale sont respectés. Tout va bien. Affaire du Mont-Saint-Odile, dix-sept ans de procédure pour aboutir à l’irresponsabilité de tous, sauf peut-être des morts…

Le remaniement ministériel, on le présente comme un « Fillon IV » pour un « Sarkozy II » (Le Monde notamment). Juridiquement, c’est faux. Le Premier ministre n’a pas présenté sa démission, il n’a pas été nommé à nouveau. On a fait le tri, on a joué la profession politique. Michèle Alliot-Marie, pas antipathique au public ni à moi, sauf sa voix et sa manie de se poser en femme de poids : j’ai décidé… je décide… une carrière de politicien, fille d’un maire de Biarritz, pilier du R P R, chiraquienne ne ralliant Nicolas Sarkozy qu’au dernier moment de la décence, ministre sans discontinuer depuis plus de sept ans après l’avoir été quelques mois en 1995, concurrente sur le papier pour la présidence dyu R P R du candidat de l’Elysée (Delevoye, au temps de Jacques Chirac). Sur le fond ? elle cautionne le virage atlantique, en connaissance de cause, elle avait le portefeuille avant 2007. De la Défense à l’Intérieur, où elle a dû contribuer à ce que la gendarmerie l’y suive. De l’Intérieur à la Justice pour quoi ? la répression plus nette ? ou bien l’expérience d’une gestion plus politique et plus parlementaire ? Frédéric Mitterrand a dû donner des gages pour Hadopi sinon Nicolas Sarkozy se dédirait et ferait de son projet celui de Christine Albanel ? la fille de Michaux-Chevry à l’Outre-Mer ? ou bien l’autonomie quasi-totale pour nos départements d’outre-mer ou bien une gestion qui ne soit pas tribale. Et l’Outre-Mer, ce n’est pas que les Antilles. Le risque pris en privant le portefeuille le plus névralgique, actuellement, l’Agriculture d’un homme de calme, de poids et d’expérience : Michel Barnier. Enfin, à contr-emploi total : Pierre Lellouche, atlantiste s’il en est, est enfin (pour lui) ministre. Les Affaires européennes…

Bien entendu, les électeurs du Parlement européen : équipes françaises, sont floués quand ils ont voté U.M.P. : Hortefeux, Dati, Barnier ne siègeront pas.

Rien de marquant, sinon que les mœurs – tenant principalement à l’élu de 2007 – ne changent pas. Comment alors prétendre imposer aux Français que ceux-ci changent ? âge de la retraite, consommation médicale, comportement fiscal, disciplines diverses en ville, en classe… Quant à l’« ouverture » redoutée par l’U.M.P., elle se limite au débauchage d’un MODEM et au patronyme du nouveau ministre de la Culture. Claude Allègre et Jack Lang, l’un faisant part à Pierre Moscovici de son entrée au gouvernement, il y a plusieurs semaines et Jack Lang la démentant depuis un an, sont une réserve pour le président régnant, ou un amusement ?

Mauritanie… l’hélicoptère transportant le général-candidat en campagne électorale aurait été contraint à un atterrissage forcé, on ne sait pas bien où : entre Tichitt et Oualata, plus de deux mille kilomètres à vol d’oiseau. Le président du Sénat, faisant inconstitutionnellement l’intérim du président de la République (le Sénat n’a pas été renouvelé au terme prévu par la Constitution, l’empêchement présidentiel n’a pas été reconnu selon les procédures et les saisines organisées par la Constitution) aurait été forcé par chantage à signer le décret de convocation des électeurs pour le 18 Juillet. S’il ne signait pas ce matin, il serait attaqué pour sa gestion douteuse des finances de son assemblée. Chantage juridiquement inexistant. Ou bien l’intérimaire est vraiment le président de la République et seule la Haute Cour peut le juger, ou bien il ne l’est pas, et il n’a donc pas qualité pour signer le décret électoral. Les candidats déclarés politiquement pour le scrutin du 18 Juillet ont déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, dont plusieurs membres sont mécontents de la décision extorquée à l’intérimaire.
Pendant ce temps, censément, les « facilitateurs » de Dakar se déplacent de Dakar à Nouakchott.

[1] - Isaïe XLIX 1 à 6 ; psaume CXXXIX ; Actes des Apôtres XIII 22 à 26 ; évangile selon saint Luc I 57 à 80 passim

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