samedi 4 février 2017

lettre à Benoît Hamon - aux bons soins du Parti socialiste






naturellement, j’ai voté pour vous aux deux tours de notre primaire. La proposition de revenu universel, d’ailleurs étudiée au siège du PC pour l’élection de 2002, avec notamment mon ami Jacques Nikonoff, a été la seule qui soit « sortie » depuis le début de toutes les campagnes en cours, soit depuis l’été. Imagination, réalisme, clivage : ce fut donc vous.

L’ambiance de nos primaires m’avait déjà convaincu que le vote – courage et espérance, sens du long terme  - était un vote de refondation d’un socialisme de gouvernement et intégral. Sans doute, l’élection présidentielle d’en ce moment, mais aussi l’avenir. Si Valls l’avait emporté, il n’y aurait plus existé pour longtemps de parti socialiste en France et l’acquis gouvernemental après Blum, retrouvé et tant amplifié avec Mitterrand qui m’a souvent fait l’honneur de me recevoir et de correspondre avec lui de 1977 à 1995, aurait été perdu. Vous êtes donc l’homme de la refondation.

Les circonstances sont telles que vous pouvez aussi être l’homme de la victoire. Depuis son investiture en Octobre 2011, j’ai correspondu acec François Hollande – en vain. Lui proposant un quart d’heure ensemble, dans la discrétion, hors organigramme, tous les quinze jours : faire-part mutuel, écoute du pays hors tous appareils et sondages, délibération des audaces. J’ai couriellé régulièrement à Lemas puis à Jouyet des suggestions dans ces sens. Le quinquennat pouvait gagner malgré des conjonctures difficiles. S’il s’est perdu, ce n’est pas la responsabilité des « frondeurs », ni de vous-même et de vos amis au gouvernement, c’est celle du Président à qui vous rappeliez le cap et l’âme de ce qu’il y a à faire pour notre pays, et dont seule la gauche a le cœur et le courage, avec un soutien populaire qui n’aurait pas fait défaut si l’identité du gouvernement ne s’était gaspillée puis perdue.

Votre site est bon et la biographie wikipédia est plus qu’excellente : en sus, elle vous correspond. J’en ai été ravi en la consultant – pour mémoire – avant de vous écrire, ce que j’avais résolu de faire dès le 29. J’y ai constaté que nous nous sommes croisés à Paris VIII que – limite d’âge alors que les universités sont soi-disant autonomes depuis Edgar Faure et la redondance ambigüe de Pécresse – j’ai dû quitter en 2008, vous y êtes arrivé en 2009. Nous nous sommes rencontrés sans vraiment parler pendant la campagne des législatives 1997 dans le Morbihan, autour de Le Drian. Avec mon ami Hervé Pellois, nous étions candidats à la candidature pour la circonscription de Vannes, mais Solférino réservait la réservait aux femmes, alors qu’elle était gagnable, nous aurions gagné quinze ans, et vous-même n’avez pas été favorisé à Auray. Etiez-vous aux journées de Niort en 1996 avec Mélenchon, Dray et Tricoche : je ne le crois pas. Mais nous étions alors dans la même mouvance : j’ai apprécié Marie-Noëlle Lieneman dès mon ambassade au Kazakhstan et comme elle j’ai pleuré Pierre Bérégovoy dont j’ai eu l’honneur d’être très proche à partir de 1983.

Donnez-moi le moyen de communiquer directement avec vous, si vous le voulez bien. Et je voudrais avoir avec vous, où que vous soyez à la fin de Mai prochain, la relation que m’a refusée François Hollande et que je crois utile pour le bien commun, et nos communes convictions.

A la présente, je me permets de joindre le sommaire d’un livre à paraître prochainement et son chapitre sur la question d’Europe. Telle que vous l’avez si bien développée, malgré l’artifice imposée aux débats de notre primaire par les journalistes faisant les émission, votre proposition présidentielle est parfaite en politique intérieure selon tous les registres nécessaires et habituels. Mais peut-être pourrez-vous être plus complet, et même percutant en politique extérieure, et surtout en une initiative européenne vraiment fondatrice. Ce chapitre la développe : élection au suffrage direct du président de l’Union par tous les citoyens européens en circonscription unique, et donc nouveau traité écrit par un Parlement européen constituant, prérogative référendaire du Président dans les matières du traité. Evidemment, péremption du brexit, si nous refaisons l’Europe, ses institutions, et y mettons ce qui lui a manqué : l’indépendance et la démocratie. Ciment : un esprit de défense ensemble par le service national militaire et civique (une partie défense et une partie développement notamment en Afrique) garçons et filles, obligatoire, et rendu, par notre initiative, contagieux pour toute l’Europe.

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