dimanche 6 janvier 2013

Inquiétude & Certitudes - dimanche 6 janvier 2013

Dimanche 6 Janvier 2013

Prier…[1] le généalogiste de Jésus, fils de David, se devait de nous raconter la visite des « rois mages », trois royautés. La plus précaire est celle d’Hérode, la plus ostentatoire est celle des mages, elle paraît du même ordre que la royauté d’Hérode, entre collègues on se visite… mais elle est déjà dans une autre ambiance, celle d’une recherche, d’une quête et celle de la foi. Ce sont des étrangers. Que leur importe le roi des Juifs ? l’évangile ne le suggère pas. Le legs des prophéties ne leur est pas donné. Hérode consulte d’une part et les reçoit d’autre part. La tradition chrétienne : l’or, l’encens et la myrrhe inspire la perspective autant d’une royauté d’un ordre à définir qu’une fin terrestre respectable mais une fin quand même. L’évangile est entièrement nocturne, dominé par le ciel étoilé, par le secret des consultations royales, par le retour clandestin des mages qui se sont défiés d’Hérode, lequel ne leur a été d’aucune utilité puisque Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Il ne nous est demandé qu’une certaine guette des signes et des circonstances, la suite est assurée, guidés d’un bout à l’autre de l’itinéraire. Quels seraient mes cadeaux ? sinon moi-même et avec autant de timidité que d’assurance, me faire accompagner de celles et ceux qui m’aiment. Ainsi ceux à qui j’adresse cette pensée-prière du matin, tandis que dorment encore, avant notre route vers les Alpes, ma femme et notre fille. La rencontre est muette, ce n’est plus la crèche, la Sainte Famille a un établissement pour les premiers jours de cette Incarnation. Joseph n’est pas là, sans doute en courses alimentaires et en préparation du voyage qui, improviste, ne se fera pas vers Nazareth. Marie ne dit mot. Elle n’est pas la source de Matthieu. Celui-ci a tenu à rappeler Michée, le prophète. Les mages s’étaient expliqués avec Hérode, ils ne disent rien à Marie, au moins quand ils entrent dans la maison. Devant Dieu, pas de texte, la mutuelle présence. Hérode ne doute pas du lieu, ce qu’il lui importe, c’est de connaître cet enfant, son âge. Il médite déjà l’assassinat et le massacre des Saints-Innocents. Le pouvoir politique ne veut pas de concurrence et se soutient par le renseignement… en défense et non pour le bien commun, cf. ces crises d’entreprises chez nous, les unes après les autres et qui semblent chaque fois prendre de court le pouvoir politique, manifestant ainsi qu’il n’est pas renseigné, n’a donc pas le contact ni avec les comités d’entreprises ni avec les patrons, site par site, non en macro-économie mais en vie située et locale. Probabilité aussi d’une non-exploitation du savoir des préfets, mobilisés sur les chiffres de sans-papiers et de chômeurs, et non sur la vie des gens, alors que c’est cela qui hante ces serviteurs, qui hante les maires. Hérode a fait des petits, c’est un archétype. En contre-point, Jésus avec pour adresse – à l’instar de Jean de la lune, dans le beau et vrai conte de Tomi UNGERER – une étoile… Relationnement de ce nouveau-né : les prophètes, sa mère. Tandis qu’Hérode… a peu de pédigree. Ce sera son successeur, neveu ? ou parent ? débauché et ivrogne qui, lui, verra ce Christ. Avec le même réflexe de curiosité et la même décision de mise à mort. Deux mondes… Notre monde, celui de notre immersion mais de notre responsabilité, et celui du possible, du souhaité : rêve et certitude de l’enfance, tâche de l’adulte quelle que soit sa position sociale, ses moyens de faire ou de crier, d’inventer ou de construire… que ces deux mondes se rencontrent et que le monde souhaitable devienne notre monde. L’or, l’encens, la myrrhe comme éléments : propspérité, considération mutuelle, mémoire et respect. Contraste très évocateur entre ces deux mondes : le réel ambiant, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui, et celui à venir et pour lequel nous devons travailler, il est déjà en nos cœurs, il est dans la confiance de nos enfants et de nos jeunes, même chenapans (c’est signe de vie et c’est la critique de ce que sont les adultes, les adultes et leur œuvre-fiasco ou lâcheté) : Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. Amen !

Deux jeunes saisonniers, dix-sept ans et vingt ans brûlent vifs à la Clusaz dans leur camping-car, car on ne prévoit pas le logement alors que les résidences secondaires – là – pullulent.

La passion de parler, même un dimanche. Communication gouvernementale : Gilbert Cahuzac (où en est sa plainte contre Médiapart, le compte en Suisse, autrefois). Tandis que Depardieu exhibe dans une République russe inconnue : Moldovie ? le passeport que lui a donné Poutine, le ministre du Budget avertit ses émules possible, la fameuse tranche taxée à 75%, au lieu de valoir pour deux ans, pourrait rester en vigueur plusieurs années.

Echange en faisant la queue aux caisses d’un supermarché. Un homme sans âge, plutôt bel homme, nettement plus jeune que moi. Le mariage homo. ? je dis : des homosexuels, et me rends compte qu’il peut croire que je le drague… mais comme j’ai déjà complimenté « l’hôtesse de caisse », jolie petite blonde, un brillant à l’aile du nez… il dit être contre… ce qui m’étonne. Second test : Notre-Dame-des-Landes ? des aéroports, il y en a assez. Je venais d’entendre sur France-Infos. les échos des manifestations : la boue, ce devient un signe de reconnaissance entre participants, le distinguo entre nouveaux venants et vétérans du vendredi soir. Les Français de boue, le mot est bon. Je sens à ce nombre, à cette jeunesse, à cette décontraction que quelque chose peut se prendre. Mai 68 ? une contagion tranquille de jeunesse presque pour rire, mais irréductible. La première victime sera l’acteur inexpérimenté et calamiteux de la manœuvre qui à Florange a caractérisé la nouvelle équipe. Et comment l’affaire de Petit Couronne, dans la circonscription de Laurent Fabius, va-t-elle tourner alors même que le ministre des Affaires étrangères cornaquant avec droit d’aînesse Arnaud Montebourg, a cru avoir trouvé le repreneur, en Libye…

Plusieurs heures de voiture, le temps gris et triste, la montagne lentement par le Jura, puis très accidentés les premiers cercles des Alpes. De Gaulle était nécessaire, au moins dans la période algérienne. Aujourd’hui, les présidents successifs, au moins depuis 2007 sont des empêcheurs, ils ne sont pas nécessaires. Ces textes et ces agendas pour se justifier sans cesse d’être où ils sont, alors qu’ils n’apportent aucun remède à ce dont nous souffrons…


[1] - évangile selon saint Matthieu II 1 à 12

samedi 5 janvier 2013

Inquiétude & Certitudes - samedi 5 janvier 2013


Samedi 5 Janvier 2013

Prier [1]… Nathanaël est l’homme le plus simple du monde, voilà un homme qui ne sait pas mentir, voici un véritabe fils d’Israël, c’est Jésus qui l’assure… pourquoi ? sa répartie sans déguisement : de Nazareth, peut-il sortir de là quelque chose de bon ? Et cela continue du même tonneau : Maître, c’est toi le roi d’Israël. Le dicton d’ambiance, la foi d’intuition. Nathanaël se laisse toucher par le plus petit indice. Comment me connais-tu ? et Jésus ne répond pas à la question, il l’accentue au contraire : avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël s’est senti « pris », compris, saisi, reconnu en profondeur. Jésus le catéchise : tu verras des choses plus grandes encore, puis fait de lui l’occasion et le modèle pour tous, vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus Fils de l’homme. A Pierre est annoncée implicitement son rôle historique, à Nathanaël est donné le sens de l’histoire, est annoncée la parousie. Devant Dieu nous aurons le cœur en paix… nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui n’aime pas reste dans la mort.

Rage et cafard. Cafard, cette détenue de 74 ans qui s’est immolée ce matin en mettant le feu à elle-même et à sa cellule. Rentrée juste la veille d’un hôpital psychiâtrique. Condamnée en 2011 à dix ans pour tentative d’assassinat. Rage, Hollande reçoit (à cinquante kilomètres de leur site, Petit-Couronne) les représentants des 470 salariés de Petroplus pour les assurer que l’Etat les soutiendra… seulement dans le choix d’un repreneur, pas question de nationaliser. L’élu du 7 Mai dernier met toutes ses forces à refuser ce qui fait consensus : la nationalisation ad hoc, des mesures radicales, donc à se dénaturer. S’il ne s’agissait que de la logique, la cohérence d’une étiquette et de ce que l’on est censé incarner comme espérance comme potentielle… mais à ne pas prendre ces mesures de la ligne droite, on perd le pays. Hollande et la gauche ne sont pas responsables de la situation du pays, mais ils sont et resteront à jamais responsables de n’avoir pas pris des moyens qui sont sans étiquette et que cette situation exige. Réduire l’Etat à un cabinet de consultant ou se substituer, comme pour Florange, à des syndicats autrement combatifs et informés que l’était le Premier ministre est lamentable et criminel. – Au même moment, une Esther Dufflot, titulaire d’une médaille Clark (récompensant un ou une économiste de moins de quarante ans), professeur au Collège de France et au M.I.T. de Boston, est nommée par Obama en personne pour rejoindre un conseil de neuf personnalités, actuellement en constitution, et qui devra lui inspirer une politique de développement global pour l’ensemble de la planète. – Entretien privé à Sotchi entre Gérard Depardieu et Poutine.


[1] - 1ère lettre de Jean III 11 à 21 ; psaume C ; évangile selon saint Jean I 43 à 51

vendredi 4 janvier 2013

réflexion sur la période Novembre-Décembre 2012


en cours de mise en ligne - éventuellement envoi sur demande à b.fdef@wanadoo.fr





Plusieurs tests ou préalables doivent cependant être mis au net par les « Occidentaux ». En politique économique et sociale intérieure, la « patrie des droits de l’homme » ne peut plus tolérer les licenciements d’opportunité, ne peut plus exercer les contrôles légaux de résidence d’étrangers sur son territoire selon des camps de rétention. Les Etats-Unis avec la pratique maintenue des exécutions capitales ou la criante anomalie de Guantanamo, lui-même enclavé en territoire non américain, ou même des sans-gênes de la C.I.A. se conduisant en souveraine quelle que soit son lieu d’exercice clandestin ou pas,  se logent à pire enseigne. En diplomatie, deux questions – les plus voyantes – ne peuvent plus être traitées par prétérition. La submersion du Tibet est tolérée depuis des décennies, l’occasion de faire perdre la face aux organisateurs des Jeux olympiques en 2008 a été lâchement perdue et la France a été pour beaucoup dans cette capitulation morale. La jeune génération tibétaine n’est pas dans la ligne de l’actuel Dalaï-Lama, elle en découdra avec l’occupant dès la mort du grand chef spirituel dont la succession est un enjeu mondial. Le morcellement en fragments d’Etat du peuple arabe de Palestine, la perpétuation qu’il y ait ou non un Etat proprement palestinien à statut international plein sont jusqu’à présent enveloppés d’un discours lénifiant : processus de paix, dialogue entre deux Etats. La solution pérenne pour l’écriture et la mise en place de laquelle Israël a encore l’initiative, donc avantage à la provoquer et même désirer, est celle d’un Etat unitaire et laïc de manière à ce que les diversités ethniques, sociales et religieuses soient protégées et reconnues en termes de civisme, de droit interne, au lieu du système de suzeraineté actuel et de garanties donnant en permanence au gouvernement sioniste la possibilité d’étrangler administration et population palestiniennes. Résoudre selon les droits de l’homme la question du Proche-Orient peut établir une jurisprudence internationale novatrice. Raisonner autrement, c’est-à-dire réciter un cours obsolète – la suite l’a montré – depuis l’assassinat d’Itsaak Rabin, est de la langue de bois, sans effet ni sur Israël, ni sur les Palestiniens, ni surtout dans la réalité. C’est un auto-portrait détestable pour qui voudrait s’appuyant sur les peuples dominés pour amemer à des normes plus humaines ces puissances innommées mais totalitaires en passe de gouverner le monde et d’effacer le libre-arbitre démocratique.

Pour l’heure, le président de la République n’a été que consentant aux rencontres de personnalités et de pays qui se sont offertes à lui. Aucune initiative n’a encore été de son fait. Il est vrai que ses principaux artenaires ou homologues en sont aussi avares. Chacun hésite, les diagnostics sont suspendus sur tous les sujets. L’incertitude du temps est surtout l’incertitude des dirigeants et leur faible capacité à qualifier les faits et à repérer l’essentiel. Laurent Fabius, son ministre des Affaires Etrangères – quoiqu’ancien Premier ministre comme Alain Juppé qui lui a passé le service – est encore moins que François Hollande parvenu à trancher sur les exercices précédents. Si le choix se fait de n’agir qu’en sous-main et même si l’on se prive du levier européen – la réforme des institutions et des politiques de l’Union européenne – une stratégie possible a été suggérée par Hubert Védrine [1]. Elle suppose de la vigilance, de la minutie et beaucoup de travail en multilatéral. Or, l’outil diplomatique français vaut plus par son réseau géographique que par ses veilles thématiques. Ses ajustements ont certes été thématiques, mais le personnel reste mieux préparé aux représentations d’une autorité devant une autre, aux inititaives d’Etat mais beaucoup mieux aux hors pistes, aux investigations, aux mobilisations du disparate et surtout à l’étude des structures de l’opinion locale. La France ne pratique plus le libre examen que le désastre de 1940 lui avait imposé plus efficacement que la victoire de 1918. Or, la fondation européenne en 1950,  la proposition atlantique de 1958, la critique de l’intervention américaine dans notre ancienne Indochine en 1963 et 1966, la dénonciation de la guerre dite des Six Jours en 1967, l’attestation pour le Québec libre en 1967, l’affirmation de l’anachronisme du second coup de Prague – tous d’expression française - sont chacune allées à l’encontre des idées reçues et plus encore de l’attente générale. Depuis 1969, la France n’a plus surpris que deux fois en plus de quarante ans… d’abord en la personne d’un exceptionnel ministre d’un président qui ne retrouva la dimension gaullienne ou presque que sur son lit de mort et grâce à ce collaborateur de dix : Michel Jobert relevant le défi lancé par Henry Kissinger à l’Europe en voie d’élargissement et caractérisant, seul contre tous ses homologues, l’offensive égyptienne d’Octobre 1973 (celle seule qui, rétablissant un rapport de forces moins défavorable psychologiquement aux Arabes, remit à terme les accords d’Oslo et la reconnaissance d’Israël par Le Caire) … ensuite mais dans des circonstances complexes où des tiers intervenants ont été beaucoup plus généreux que nous – le rapport des inspecteurs au Conseil de sécurité sur l’existence ou non en Irak d’armes de destruction massive – permirent à Dominique de Villepin de fermer le Conseil de sécurité au vœu des Etats-Unis.

François Hollande et Laurent Fabius, pourquoi pas en binôme ? et dans la mémoire de François Mitterrand – le discours de La Baule pour la démocratie en Afrique – n’appelleraient-ils pas nettement à réfléchir à un nouveau de type de relations internationales, non plus subies selon des imprévisibilités confortant très vite les penchants au manichéisme de la plupart des puissances établies ? mais voulues et organisées par un exécutif et un délibératif mondial, à compétence universelle, territorialement et matériellement ! Dans ce cadre s’intègreraient des organismes actuellement hors champ et de plus en plus contraires au bien commun, tel que l’Organisation mondiale du commerce ou se donneraient des garanties faute desquelles les Etats acceptant la juridiction pénale internationale, vident cependant celle-ci de tout ce qui les obligerait à une révision de vie…


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En un seul semestre, François Hollande, devenu président de la République, a fait passer le pays d’une exceptionnelle confiance pour son nouveau dirigeant à une évaluation très négative. Confiance pour la personne, déni factuel d’emprise sur la réalité. La contradiction dans un délai aussi court réside probablement dans une lacune ou une prudence : l’élu l’a été, pas de beaucoup, par rejet du sortant et beaucoup moins selon des mesures ou des promesses, pourtant énoncées avec précision et en nombre.

Le refus de continuer avec Nicolas Sarkozy aurait dû être interprêté par son successeur comme le souhait  vif d’un autre exercice du pouvoir, davantage même comme l’appel à ce qui manque de plus en plus aux Français et pas seulement à leur vie politique. Au contraire de l’éphémère du pouvoir, de l’illusion médiatique, de l’apparence élective, la solidité durable du sacré et de l’arbitral. Ce pouvait être le sens de la boutade vite devenue caractéristique : un président normal, car tout pouvoir est sacré, même s’il transgresse et habitue au sacrilège et un mandat incontrôlé sauf non-réélection ne peut être exécutif : il doit être arbitral, n’énoncer rien qui soit du ressort d’autres pouvoirs à compétence limitée et fonctionnelle. Une telle interprétation – et plus encore un exercice du pouvoir conforme à cette interprétation – suppose de l’analyse, de la synthèse, un don d’animation sans se substituer à d’autres, un discernement par maturité et autant dans l’instantané, des arguments d’intelligence, d’observation, de disponibilité sans a priori et non d’autorité. Ainsi se tranchent des conflits ou se résolvent des impuissances parce que saisis soit à leur racine soit dans leurs conséquences. La demande populaire de résultats à très court terme est faussement impérative, elle signifie seulement une docilité à ce qui passe pour l’expertise ou pour le voeu-même de l’impétrant, mais est-ce au peuple d’en rabattre ? Mais alors l’exigence de conformité entre promesses et actes devient celle de la sincérité. Passe encore qu’il y ait des retards et même des atermoiements, en revanche tout ce qui indique un changement de pensée et de façon de voir de la campagne à l’intronisation ne peut être ni compris ni accepté. Des mesures, ou promises et donc tenues, ou d’excellent impact, ne rachèteront pas la sensation ou le fait que n’ait pas été livrée la bataille attendue. Or, la conjoncture de 2012 par elle-même et compte tenu de ce dont les Français voulaient sortir a appelé à beaucoup de batailles pour des causes très convergentes.

Les éléments faisant revenir la paix sociale, la très bonne tenue des personnels de police et de l’éducation, la qualité et les résultats de négociations entre syndicats de salariés et patronat au niveau national tant pour les gestions tripartites des régimes de sécurité que pour la réduction de l’antagonisme sécurisation/flexibilité du travail sont peu considérés et encore moins rapportés à un ensemble, celui du nouveau cours. L’opinion et le pouvoir lui-même sont davantage sensibles soit au jour le jour pour lequel le gouvernement a peu de prérogatives, soit aux échecs dans ce qu’on croyait la spécialité et l’obsession de l’élu. Mon angoisse, c’est la disparition de notre patrimoine immatériel, l’obsolescence de nos écoles de cadres politiques et administratifs, le déclassement de nos écoles scientifiques et de nos organismes de recherche. L’embauche de quarante mille nouveaux enseignants, dûment budgétés, est impossible aujourd’hui faute de candidats… les vocations à la magistrature se sont taries aux trois quarts en moins de vingt ans… notre numerus clausus aboutit à la pénurie de médecins. Le roi se meurt ! il n’est pas le seul. C’est bien plus qu’une affaire de gouvernement, c’est un pays qu’on a vidé et qui s’effondre, que quitte ses jeunes lorsqu’ils le peuvent. Quant à l’Europe, elle n’est plus une perspective. Là est notre changement climatique.

Tous les enfants savent d’où viennent les bébés, mais d’où viennent les adultes ?
Jean de la lune – Tomi UNGERER . film d’animation dans les salles en Décembre 2012


Bertrand Fessard de Foucault
Dimanche 16 . Lundi 31 Décembre 2012 – Jeudi 3 Janvier 2013


sur demande b.fdef@wanadoo.fr, les deux jeux de notes sur l’élection présidentielle :
seize pour celle de 2007 et autant pour celle de 2012
à la manière des observation & réflexions (17 notes rédigées en 2007.2008 et 2009)
– avant la tenue d’un blog. Voir & Entendre http://bff-voirentendre.blogspot.com

nouvelle série maintenant en cours : constatations & attente

001 - 9 . 14 Mai 2012 - L’avent

002 - 16 Mai . 9 Juin 2012 - L’entre-deux

003 - 9 au 21 Juin 2012 - Choisir n’est pas décider
004 – 22 Juin au 6 Novembre 2012 - Impasse pour le pouvoir ? ou pour le pays ?


[1] - M. Hubert VEDRINE, ancien ministre, a remis le 14 novembre 2012 au Président de la République le rapport intitulé « Les conséquences du retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), l'avenir de la relation transatlantique et les perspectives de l'Europe de la défense ». Conformément à sa lettre de mission du 18 juillet 2012, M. Hubert VEDRINE a présenté une évaluation des conséquences du retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN et proposé des pistes pour renforcer l'influence de la France au sein de l'Alliance atlantique. Il a également examiné les moyens de relancer une dynamique positive pour l'Europe de la défense. – communiqué de l’Elysée

Inquiétude & Certitudes - vendredi 4 janvier 2013

Vendredi 4 Janvier 2013

Prier… [1] le temps, les circonstances sont école de la foi. Jésus ne la demande pas d’entrée de jeu, il se donne à questionner, à suivre, pas même à identifier, présenté par d’autres, il est attirant. Quoi de plus naturel. Les premiers recrutements sont le fait de Jean Baptiste : les deux disciples entendirent cette parole et ils suivirent Jésus… André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord son frère Simon… André amena son frère à Jésus. D’autres, dans nos vies, nous amènent à la foi, de même que nos parents nous ont amené à la vie. Chacun étant d’ailleurs en mission, en intermédiaire. Rien de compliqué ni d’intellectuel. Le dialogue qavec les deux premières recrues est cependant singulier : Que cherchez-vous ? Maître, où demeures-tu ? – Venez et vous verrez. Ils ne cherchent pas quelqu’un mais son genre de vie, son habitat, des repères, de quoi le situer, peut-être revenir après une rencontre à l’essai. Pourtant, ils sont déterminés : Nous avons trouvé le Messie, et cela sur l’indication de Jean le Précurseur. Posant son regard sur Jésus, qui allait et venait (comme plus tard au Temple), il dit : « Voici l’Agneau de Dieu ». La vue, organe primordial de la foi parce qu’elle donne le fait. La foi n’est pas un aboutissement de l’intelligence, elle est acceptation de la réalité telle qu’elle est nous est sensiblement – par tous nos sens, la vue les résumant – présentée, recommandée. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean, tu t’appelleras Pierre. Le regard qui est la totalité d’une appropriation ou plutôt d’une qualification : le Baptiste qualifie et reconnaît le Messie. Jésus qualifie et reconnaît l’élément qui sera fondement pour son Eglise. Pas de mission immédiate, mais déjà un début d’affectation.  L’événement est à notre portée : ils l’accompagnèrent, ils virent où il demeurait et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers quatre heures du soir. A le lire et à le vivre (presque), il me semble que c’est une sorte d’inversion, extrêmement douce, lumineuse, suave de ces venues des disciples au tombeau, ils cherchent où est le Christ, ils vont à son habitat supposé, ils voient… c’est le temps désormais de la foi, tandis que la vie était si simple. C’est pourtant celle-ci qui a la conclusion, ce recrutement, ce début sont notre aboutissement. Le regard nomme, il est prière.

Je n’ai pu « prendre » la radio depuis deux jours et n’ai pas regardé la télévision. Manqué donc une intervention du Premier ministre. Pour ceux qui ont regardé l’entretien – si c’en était un, comme il est probable – Jean-Marc Ayrault est apparu très pâle et inquiet. Aujourd’hui, en boucle, le dépôt de bilan de Virgin Megastore, une dizaine de magasins en France et plus de mille emplois.

En regard, le ridicule. Le cap fixé par le président de la République (les vœux si médiocrement et précipitamment débités et la grandiloquence d’une référence devant tout à la fonctcion et fort peu à la personne) et deux séminaires gouvernementaux dans cette seule journée, lamatinée à l’Elysée et l’après-midi à Matignon. Je ne vois pas ce que l’on peut s’y dire, et les caisses déjà si obérées, les subventions qu’on pourrait dégager et répartir entre nécessiteux.


[1] - 1ère lettre de Jean III 7 à 10 ; psaume XCVIII ; évangile selon saint Jean I 35 à 42

mardi 1 janvier 2013

Inquiétude & Certitudes - mardi 1er janvier 2013

Mardi 1er Janvier 2013

La messe tout à l’heure, le village médiéval et Renaissance de Noyal-Muzillac, mon vieil ami prêtre, des paroissiens anonymes, le grand tableau clair de Notre-Damed du Rpsaire avec la figuration des mystères, la crèche ofrant le village, figé en début de matinée, nos dévotions et notre joie, la vie trouvée, répandue, l’année qui peut se donner, le chantier de l’humanité. L’enseignement mosaïque de la salutation totale : Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! [1]  … Ainsi, tu n’es plus esclave, mais fils, et comme fils, tu es héritier par la grâce de Dieu. C’est la découverte des bergers, des mages, c’est la n^tre, et comme le fera plus tard quand l’Enfant sera retrouvé au Temple, à ses douze ans après sa « fugue » de trois jourz », Marie, médiatrice de toutes grâces, retenait tous ses évbénements et les méditait dans son cœur. Pour nous les hommes, pour nous la création, la projection et le vrai semblent à venir, pour la Mère de Dieu, l’essentiel est constant, immanent et chacun des événements en est le signe, sa prière est mémoire, sa mémoire est méditation, elle n’est qu’accueil. De Dieu. Dieu est un événement. Dieu est l’événement quand s’incarne son Fils. Alors, je réponds : Que ton visage s’illumine pour nous, et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. Comment qui que l’on soit adressxer à qui que ce soit des vœux, si l’on est soi-même sans autel intérieur, sans repères, si l’on ne reflète pas Ce visage divin. La lumière de l’année, en son orée, est un visage, Celui de Dieu, Celui du nouveau né couché dans une mangeoire. Les yeux clos, le visage n’offrant plus qu’une nuit pour que le jour l’éclaire sans fin, j’essaierai à chaque instant que cette année soit prière, et qu’elle le soit pour tous. Exaucés alors ? certainement. Respiration de mes aimées encore endormis, respiration de notre époque, possibilité de tout héroisme, celui de tant d’entre nous qui n’attendent pas l’espérance mais foncent à la rescousse et fondent une autre suite que celle de nos erreurs et de nos péchés d’orgueil et de démission.

matin

La presse écrite a le même diagnostic que celui que je portais dès hier soir sur la harangue porésidentielle : une tension manifeste, un début de mitraillette, une promesse dangereuse (inverser la courbe du chômage). Les médias manquent d’imagination : pourquoi ne pas repasser des extraits des vœux de fin d’année de chacun de nos présidents ? D’un recueil de « pensées » bouddhistes, une de mes plus chères correspondantes m’adresse ceci qui caractérise le médiocre texte d’hier soir : Les seuls mots valant la peine d'être pononcés doivent à la fois embrasser l'univers, courir après la vague et trancher l'ignorance. Le Président se serait ensuite rendu aux urgences de Lariboisière. Ces recherches du geste ne communiquent que l’embarras de celui qui s’y livre. Le juste, l’adéquat ne sont pas là.

Le Venezuela s’apprête à son deuil. Il faut le partager. Les tentatives de faire l’absolu (sans totalitarisme) en société, en politique doivent être salués.

Sur France-Infos. exposé d’un faiseur de sites électroniques sur l’économie de partage, la consommation collaboratiste : le co-voiturage, les achats groupés, les propositions dialoguées en ligne. Il observe que l’accumulation des biens matériels va le céder à la recherche du lien social, de l’expérience de la rencontre et de l’échange. C’est très bien vu et dit. Il se peut que les mouvements de foule, la pression de la rue soient dans l’avenir relayés – en tant que forme collective d’une exigence à laquelle ar force devraient se soumettre les « dirigeants », cf. la Chine populaire qui n’a que cela pour des dialectiques de masses – par les réseaux sociaux. Cela a déjà joué dans les déclenchements de « printemps arabes ». C’est pour le moment ludique, festif, encore personnel en Europe occidentale quoique j’expérimente par une inscription de hasard, une tout autre communication sur le fond de ce qu’il se passe en société, en événements concernant les dxroits de l’homme. Il se peut que la novation se fasse là… un là virtuel mais précis comme l’espérance. En regard, la fermeture, dans le Gers d’une épicerie ouverte sans interruption, que la nuit, depuis 1880 à Cazaux-Savès, tenue par trois filles ayant hérité du commerce de leurs parents, la cadette ayant maintenant quatre-vingt-quatorze ans. A la mort des parents, elles ont identifié la clientèle des tournées hors du village par le cheval la faisant de lui-même et s’arrêtant chez les clients. En camionnette, rien n’eput été donc possible. Meilleures en calcul mental (le rendu de monnaie) qu’à leur âge adulte. Notre pays se cherche et se trouvera.

Percée littéraire, un des quatre médaillés Field en 2010, le français Cédric Vilani, publie chez Grasset Le théorème vivant où voisinent et se succèdent des énoncés mathématiques non expurgés et des réfkexions ou aventures en tous genres, notamment sur la musique et les rencontres, y compris féminines.


[1] - Nombres VI 22 à 27 ; psaume LXVII ;  Paul aux Galates IV 4 à 7 ; évangile selon saint Luc II 16 à 21

voeux pour un pays, le nôtre plus encore que le mien

Vœux pour la France

Un pays en partage,

pas l’inverse,

pas un autre.


Le nôtre,

un pays à partager avec d’autres,

à chercher.


Un héritage,

un devoir,

un présent


Nos paysages sont notre langue,

nos âmes ont un accent,

notre territoire a assez de centre pour accueillir et se remplir davantage


L’histoire est notre étoile,

l’enfance s’apprend

le voyage commence à côté


La France ne se conte pas mais se rencontrer,

respirer fait sentir

nous n’avons à nous venger de rien

L’avenir que nous n’aurons pas fait est seul à regretter

notre chance est de garder les mêmes défauts

comme tous ceux dont nous venons,


Sans rite ni exorcisme

sans mémoire ni trophée

n’être cette année qu’au présent mais à fond