ASSEMBLÉE
NATIONALE
6
juillet 2022
(19
heures 40)
MOTION
DE CENSURE
présentée
par Mme Mathilde PANOT, MM. Boris
VALLAUD
et Julien BAYOU, Mme Cyrielle
CHATELAIN,
M. André CHASSAIGNE et 145 de leurs
collègues
(déposée
en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution)
À l’issue
des élections législatives des 12 et 19 juin dernier, le président
de la
République ne dispose pas au
sein de l’Assemblée nationale d’une
majorité absolue de
députés
soutenant le programme qu’il a défendu à
l’élection présidentielle.
Nommée
le 17 mai 2022 par le président de la République, la Première
ministre
Elisabeth Borne a été
confirmée dans ses fonctions au lendemain du
second tour des
élections
législatives et a remanié sans inflexion significative son
gouvernement le 4
juillet. Elle doit
prononcer son discours de politique générale ce mercredi 6 juillet
à 15h.
Mais contrairement à la
tradition républicaine appliquée depuis des décennies, et à
la
pratique ininterrompue depuis 30
ans, la Première ministre n’a pas
souhaité, en
application de
l’article 49-1
de la
Constitution, engager
la responsabilité
du
Gouvernement sur
cette déclaration.
Alors même que la
situation nouvelle voulue par les Français.es offre
une opportunité
inédite à
l’expression d’un
véritable parlementarisme, la Première ministre annonce
d’ores
et déjà son refus de solliciter ce vote de confiance. Elle constate
de fait qu’elle
n’est
soutenue que par la minorité présidentielle, insuffisante pour
approuver ce discours
de politique
générale, et ferme pourtant toute voie au débat parlementaire.
En
l’absence de vote de confiance, nous
n’avons d’autre
choix que de soumettre cette
motion de
défiance. Il en va du nécessaire respect du Parlement, encore plus
dans cette
période nouvelle qui doit
permettre de le voir jouer un rôle accru.
En
l’absence de vote de confiance, et sans
réaction des parlementaires, la minorité
présidentielle
ne manquerait pas d’invoquer une
confiance implicite du Parlement.
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