lundi 26 mars 2018

Fédération syndicale unitaire - F.S.U.


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Fédération syndicale unitaire
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique
Confédération syndicale
Zone d’influence

Fondation
Fondation

Identité
Siège
104 rue Romain Rolland 93260 Les Lilas
Secrétaire général
Membres
165 000 revendiqués
La Fédération syndicale unitaire (FSU) est la première fédération syndicale en France de l'enseignement. Son champ de syndicalisation est restreint à la Fonction publique (essentiellement la Fonction publique d’État et la Fonction publique Territoriale) et à quelques secteurs « mixtes » (Caisse des dépôts et consignations, Pôle emploi, secteurs associatifs…). Depuis les élections professionnelles d'octobre et novembre 2011, la FSU est la deuxième organisation syndicale de la fonction publique d'État, derrière Force ouvrière.
La FSU compte 165 000 adhérents, dont 83 % d'enseignants, ce qui en fait le 5e syndicat français derrière la CGT, la CFDT, FO et l'Unsa.
Elle œuvre à l'unité syndicale, d'où son nom qui marquait originellement un refus de l'exclusion-scission de la FEN de 1992. Aujourd'hui, plus précisément, elle travaille à la recomposition syndicale et au rassemblement organique de ce qu'elle nomme le « syndicalisme de lutte et de transformation sociale » en entendant « poursuivre et accentuer son travail avec la CGT et Solidaires, sans mettre a priori de limites sur les forces qui pourront participer à cette construction »1.
Son fonctionnement, qui associe les syndicats nationaux, les sections départementales et les tendances, est repris de la FEN dont elle est issue.
Sa secrétaire générale est Bernadette Groison.
Elle ne doit pas être confondue avec la Fédération Syndicale Unifiée qui a désigné de 1960 à 1974 un regroupement de quatre syndicats au sein de la RTF puis de l'ORTF2.

Sommaire

Origine et rapide historique

On peut trouver les fondements de la FSU dans la Charte de Clermont-Ferrand proposée lors du Congrès de 1991 de la Fédération de l'Éducation nationale par l'ensemble des minoritaires (syndicats, tendances et sections départementales) de la fédération.
Cette charte proposait un nouveau fédéralisme, contestant celui pratiqué par la direction de la FEN. Le rassemblement opéré à cette occasion était relativement inédit : rappelons qu'en 1967, lorsque la tendance jusque-là majoritaire fut mise en minorité dans le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES), elle put s'appuyer sur l'École Emancipée pour conserver provisoirement la direction de ce syndicat. Vingt-cinq ans plus tard, la géographie interne avait donc profondément changé.
En 1992, au moment de l'exclusion de la FEN du SNES et du SNEP (Syndicat national de l'éducation physique), qui refusaient de se dissoudre dans un Syndicat des Enseignants, l'ensemble des signataires de la Charte de Clermont-Ferrand décident de garder contact. Ils créent alors des Comité de Liaison Unitaire (CLU), qui vont dans bien des départements comme au niveau national, être le lieu de débat sur l'avenir de la FEN, puis sur la forme de la future fédération.
Après une bataille juridique qui voit confirmer, par un congrès extraordinaire, l'exclusion des syndicats du second degré, le pas est franchi, et la Fédération syndicale unitaire (FSU) est créée en 1993. Elle rassemble alors des structures anciennes (les syndicats nationaux exclus ou ayant décidé de quitter la fédération, une trentaine de sections départementales de la FEN, dirigée soit par Unité et Action, soit par l'École Emancipée), des structures nouvelles (comme le syndicat du premier degré, le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp), et l'essentiel des sections départementales), ainsi que les tendances minoritaires, organisations assez informelles.
À la surprise générale, en décembre 1993, lors des élections professionnelles chez les enseignants, la FSU, qui ne dispose encore que de statuts provisoires et qui, dans nombre de départements, n'a pas de moyens militants très conséquents, devient la première fédération de l'éducation nationale, passant devant la FEN.
Le congrès fondateur, qui a lieu à Mâcon en mars 1994, se tient donc dans des conditions optimales, ce qui n'empêche pas les débats d'être assez vifs entre des composantes qui n'ont pas forcément la même conception du rôle d'une structure fédérale. Lors de ce congrès est annoncé le retrait du Contrat d'insertion professionnelle (CIP), ancêtre du Contrat première embauche (CPE), que la FSU avait condamné et contre lequel elle avait combattu.
Le souci principal, dans cette période, est d'éviter que ce qui avait été considéré comme l'hégémonisme d'un syndicat (le SNI, Syndicat national des instituteurs) et d'une tendance (UID) dans la FEN se reproduise dans la FSU. Outre le fait que le secrétaire général de la fédération est choisi parmi les représentants du syndicat de l'enseignement agricole, des dispositions statutaires (comme le vote à 70 % de toutes les décisions) limitent l'influence d'Unité et Action, la tendance largement majoritaire.
À partir de 1995, cependant, des tensions internes vont se faire jour entre la direction du SNETAA et le reste de la fédération. La FSU gagne en effet à la fin de cette année une reconnaissance certaine de sa place dans le syndicalisme français en participant de façon très active à la mobilisation contre le « plan Juppé » de réforme des retraites et de la protection sociale. Mais le SNETAA estime que la fédération dérive vers une forme de syndicalisme contestataire et politisé, et devrait se cantonner dans la défense du personnel qu'elle représente.
Cette divergence va se transformer en crise interne, lorsque la direction du SNETAA décide de ne plus payer ses cotisations fédérales, de ne pas siéger dans les instances et de ne pas participer aux congrès fédéraux. Cette crise va pourrir la situation interne jusqu'en 2001, année où les instances nationales constatent que le refus du SNETAA de payer ses cotisations constitue une démission de la fédération. C'est, à cette heure, la seule désaffiliation qui ait touché la fédération.
La période est aussi marquée par une crise de direction. Michel Deschamps démissionne brutalement de son poste de secrétaire général en 1999, pour figurer sur la liste du Parti communiste français aux élections européennes. Un duo, constitué des secrétaires généraux des deux principaux syndicats, Monique Vuaillat (SNES) et Daniel Le Bret (SNUipp) est alors mis en place. Cette direction dont la composition est surtout liée à des équilibres internes difficiles à trouver, ne fonctionne pas vraiment. L'année suivante, Daniel Le Bret quitte toutes ses responsabilités syndicales pour fonder la société de soutien scolaire Paraschool. Il est remplacé, aux côtés de Monique Vuaillat, par Pierre Duharcourt (SNESUP), un professeur des universités respecté, connu pour la qualité de son travail intellectuel et pour ses engagements militants de longue date (il a été, notamment, secrétaire général du SNESUP de 1977 à 1983). Lorsque Monique Vuaillat part en retraite, pour des raisons d'équilibre, Pierre Duharcourt quitte également sa responsabilité à la tête de la fédération. Un nouveau secrétaire général, unique, est alors élu : c'est Gérard Aschieri, issu du SNES, mais surtout connu pour son travail de négociateur et d'élaboration syndicale sur les questions corporatives.
Pour autant, la FSU, qui décide de créer un nouveau syndicat des lycées professionnels, le SNUEP, ne voit pas son développement s'arrêter. Grâce à la progression des « nouveaux syndicats », et notamment du SNUipp, qui passe devant le SE-FEN aux élections professionnelles, elle devient la première fédération de la fonction publique d'État.
Elle participe à de nombreuses mobilisations, directement ou par le biais de ses syndicats nationaux. En 2003, elle est un des principaux moteurs de l'action contre la Loi Fillon (retraites) et la décentralisation.
Parallèlement, la question de son avenir et de sa place dans le syndicalisme se pose de façon constante. Contrairement à l'UNSA, par exemple, la FSU ne théorise pas son autonomie et s'interroge en permanence sur la stratégie à adopter pour rassembler le syndicalisme. Après avoir décidé en 2001 d'élargir son champ de syndicalisation à toute la fonction publique d'État, elle franchit un nouveau pas en 2004, lors du Congrès de Perpignan, décidant d'accepter désormais des syndicats des trois fonctions publiques. Cette décision est prise après des débats assez serrés.
Mais, malgré l'adhésion de nouveaux syndicats, pour l'essentiel issus de l'opposition interne de la CFDT, l'implantation de la FSU en dehors de son champ historique de l'éducation, recherche et culture, reste assez faible. En 2007, le Congrès de Marseille décide de « relancer » cette implantation, tout en ouvrant le débat sur d'autres options pour l'avenir de la FSU.
Depuis 1999, la FSU s'est vue reconnaître le droit de siéger au Conseil économique, social et environnemental. Son premier représentant fut, de 1999 à 2010, Pierre Duharcourt, professeur des universités en économie, ancien secrétaire général du SNE-Sup, jusqu'à son décès. C'est actuellement Gérard Aschieri, ancien secrétaire général de la FSU et président de l'Institut de la FSU, qui la représente dans cette assemblée. Il siège, comme son prédécesseur, au sein du groupe des personnalités qualifiées, l'unique siège dont dispose la FSU ne lui permettant pas de constituer un groupe. .
En avril 2017, dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, la FSU critique la candidate du FN3.

Syndicats affiliés

La FSU est essentiellement une fédération de syndicats relevant du champ Éducation, Jeunesse et Sport, Recherche, Culture, Justice qui était celui de l'ancienne FEN. Toutefois quelques syndicats « hors Éducation nationale » l'ont rejointe, notamment après le conflit sur les retraites du printemps 2003. Il s'agit le plus souvent de militants ou de syndicats appartenant au courant oppositionnel de la CFDT et qui ont rompu avec leur confédération d'origine.
L'un de ses syndicats fondateurs, le SNETAA, majoritaire dans les lycées professionnels, a quitté la FSU en 2001 et créé sa propre fédération, Efficacité indépendance laïcité. Aux élections professionnelles de décembre 2005, le SNUEP, syndicat créé par la FSU dans les lycées professionnels, a toutefois été confirmé comme troisième syndicat dans ce secteur.
En 2004, lors du Congrès de Perpignan, la FSU a décidé d'élargir son champ de syndicalisation à l'ensemble des trois fonctions publiques (d'État, territoriale et hospitalière), sans pour autant réussir, depuis, son implantation en dehors de ses secteurs traditionnels.

Fonction publique d'État

Éducation nationale, recherche

  • le SNASUB, Syndicat national de l'administration scolaire et universitaire et des bibliothèques.
  • le SNCS, Syndicat national des chercheurs scientifiques.
  • le SNEP, Syndicat national de l'éducation physique et sportive.
  • le SNES, Syndicat national des enseignements de second degré.
  • le SNESup, Syndicat national de l'enseignement supérieur.
  • le SNETAP, Syndicat national de l'enseignement technique agricole public.
  • le SNICS [archive], Syndicat national des infirmier(e)s et conseiller(e)s de santé.
  • le SNPI [archive], Syndicat national des personnels d'inspection (de l'Éducation nationale).
  • le SNUEP [archive], Syndicat national unitaire de l'enseignement professionnel.
  • le SNUipp, Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC.
  • le SNUPDEN [archive], Syndicat national unitaire des personnels de direction de l'Éducation nationale.
Voir aussi ci-dessous le SNUTER, Syndicat national unitaire de la territoriale, qui regroupe notamment des personnels de service travaillant dans l'enseignement primaire et secondaire.

Jeunesse, sports et cohésion sociale

  • EPA [archive] le Syndicat unitaire de l’éducation populaire, de l'action sociale, socioculturelle et sportive.

Culture

  • le SNAC [archive], le Syndicat national des affaires culturelles.

Justice

  • le SNEPAP [archive], Syndicat national de l'ensemble des personnels de l'administration pénitentiaire.
  • le SNPES-PJJ [archive], Syndicat national des personnels de l'éducation et du social - protection judiciaire de la jeunesse.

Écologie, développement durable, transports et logement

  • le SNE, Syndicat national de l'environnement.
  • le SNUITAM, Syndicat national unitaire interministériel des territoires, de l’agriculture et de la mer (issu de la fusion en 2012 du SUP-Equip', du SNAMER et de SYGMA).

Agriculture

  • le SNETAP, Syndicat national de l'enseignement technique agricole public.
  • le SNUITAM, Syndicat national unitaire interministériel des territoires, de l’agriculture et de la mer (issu de la fusion en 2012 du SUP-Equip', du SNAMER et de SYGMA).

Plusieurs fonctions publiques (FPE, FPT, FPH) ou syndicats mixtes

  • le SNUAS-FP [archive], Syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique (syndicat originellement limité au ministère de l'Éducation nationale et qui a étendu son champ d'intervention aux trois fonctions publiques : État, hospitalière, territoriale).
  • le SNUP-CDC [archive], Syndicat national unitaire des personnels du groupe de la Caisse des dépôts et consignations, qui rassemble les personnels de l’Établissement public et du groupe CDC que leur statut soit public ou privé,
  • le SNUTEFI [archive], Syndicat national unitaire – Travail emploi formation insertion, qui comprend :
    • le SNU-Pôle Emploi, Syndicat national unitaire de Pôle Emploi,
    • le SNU-TEF, Syndicat national unitaire Travail emploi formation4,
    • le SNU-Insertion.
  • le SNUTER, Syndicat national unitaire de la territoriale (issu de la fusion en 2015 du SNUCLIAS et du SNUACTE, Syndicat national unitaire des agents des collectivités territoriales et de l'État, nom adopté en 2013 par l'UNATOS).

Groupes internes

Tendances nationales

La FSU pratique le droit de tendance, c'est-à-dire à l'occasion des congrès le droit de soumettre aux votes des syndiqués différents textes nationaux avec des listes de candidats et d'assurer une représentativité à la proportionnelle de ces tendances, dans l'ensemble des instances de la fédération. Ces tendances peuvent se maintenir dans le temps. C'est d'ailleurs le cas pour les deux principales qui codirigent la fédération, Unité et Action et l'École Émancipée, dont l'existence est même antérieure à la FSU. Elles en sont membres fondateurs au même titre que certains syndicats nationaux.
Ce droit de tendance est une originalité dans le paysage syndical français. La seule autre organisation syndicale française fonctionnant de cette manière est l'Union nationale des étudiants de France.
Les tendances nationales de la FSU sont actuellement au nombre de cinq :
  • Unité et Action (U&A) : tendance dominante de la FSU. Elle dirige la fédération et les principaux syndicats (SNES depuis sa conquête en 1967 par André Drubay et Étienne Camy-Peyret, SNUipp, SNESup, SNASUB…). Lors du 4e congrès de 2003 elle a recueilli 71,5 % des voix des militants exprimés, 72,3 % au 7e congrès en 2013, 71 % en 2015. Elle est souvent présentée comme proche du PCF, mais si les militants communistes s'y retrouvent, elle n'est plus l'émanation de ce parti comme dans les années cinquante. Elle rassemble donc actuellement des militants du PCF mais aussi de la Gauche unitaire, du PS ou d'EELV ;
  • Émancipation - tendance intersyndicale : tendance anarcho-syndicaliste et syndicaliste-révolutionnaire issue d'une scission de la tendance EE, par opposition à la participation aux exécutifs décidée par cette dernière lors du congrès de La Rochelle en 2001. Elle édite une revue mensuelle et est inter-syndicale: outre la FSU, une partie de ses militants sont à SUD Éducation, à la CNT ou à la CGT. Elle a recueilli 3 % des voix des militants exprimés lors du 4e congrès, 4,5 % lors du 5e congrès, 3,6 % lors du 7e congrès ; 4,1 % lors du congrès du Mans.
  • Unité, Revendications, Indépendance syndicale (URIS), nouvelle appellation à l'occasion du 7e congrès du courant Pour la reconquête d'un syndicalisme indépendant (PRSI) : tendance proche du Parti ouvrier indépendant. Lors du 5e congrès elle a recueilli 4,4 % des voix des militants exprimés, 4,0 % lors du 7e congrès; 2,7 % en 2015. Participe avec les majoritaires à la direction du SNASUB ;
  • Autrement : cette tendance a disparu avec le départ du SNETAA en 2001. Cofondatrice de la FSU, cette tendance avait été lancée par Michel Charpentier dans les dernières années de la FEN contre le projet de syndicat des enseignants. Elle représentait 5,6 % des voix en 2000 (13,5 % si les voix du SNETAA n'avaient pas été invalidées).
Il existe au sein de la FSU une plus grande homogénéité syndicale, sans « carcan bureaucratique » comme à l'époque de la FEN. Celle-ci rassemblait dans la même organisation syndicale l'ensemble des militants de gauche, ce qui a indéniablement permis aux enseignants de maintenir un syndicalisme de masse dans leur secteur. Mais dans le contexte particulier de la guerre froide, le « prix à payer » par la FEN pour le maintien de l'unité syndicale après la scission CGT - FO, outre son autonomisation dans le seul champ de l’Éducation nationale, a aussi été paradoxalement son extrême cartellisation et un fonctionnement de tendance particulièrement rigidifié.
Si la FSU (contrairement à l'UNSA, héritiers de la direction Unité indépendance et démocratie de l'ex-FEN) a maintenu le droit de tendance et même les tendances « exclues » telles qu'elles étaient issues de la FEN, une nouvelle génération qui n'a pas connu cette période ni même la scission de la FEN en 1992 arrive actuellement aux responsabilités à la FSU. Les décisions doivent statutairement rassembler au moins 70 % d'avis favorables pour être adoptées ce qui motive la recherche de « synthèse », démarche seule à même de rassembler largement. Cette démarche est portée par les deux courants présents dans les exécutifs de la fédération, Unité et Action et École Émancipée. Outre le fait que la FSU comportait au départ de nombreux militants se définissant « sans tendance », le droit de tendance est une notion nouvelle dans les syndicats de la FSU qui ne sont pas issus de l'ex-FEN, notamment ceux issus des scissions de la CFDT (SNU-Clias, SNUTEFI). L'ensemble de ces raisons permet donc à la FSU d'avoir un fonctionnement en tendances plus souple et plus sain qu'à la FEN, avec des tendances syndicales se définissant sur l'orientation et les enjeux du moment plutôt que sur l'appartenance politique.

Autres groupes internes

D'autres groupes ont émergé à l'occasion d'un congrès de la FSU, sans se maintenir au-delà :
  • En 2004, dans le cadre du débat d'orientation proposé par le congrès de Perpignan, des militants se sont constitués en réseau intitulé « Réunification syndicale ». Ils œuvrent à la réunification autour de la CGT et estiment terminée la période de la fédération autonome. Ce « réseau » est notamment basé sur la section départementale de la Manche de la FSU5. Il semble surtout s'agir d'un groupe de pression interne à Unité et action ;
  • Se disant en dehors des tendances nationales, un Collectif Unitaire pour un Front Syndical de Classe s'est formé en 2006 « à l'initiative de divers groupes opposés au syndicalisme rassemblé de la direction nationale de la FSU » ;
  • Le Comité pour un courant intersyndical lutte de classe et anti-bureaucratique, proche du Groupe CRI6. Ce petit groupe a intégré la tendance Émancipation.
Il y a eu aussi deux tendances nationales mais non fédérales :
  • Il a existé de 2001 à 2008 un courant indépendant propre au seul SNUipp, Ensemble qui menait parfois des campagnes fédérales (signes religieux à l'école, contre l'entrée des syndicats de l'enseignement privé dans la FSU ou contre l'adhésion de la FSU à la CES…) et lançait des appels à candidatures avant les congrès fédéraux. Il a souffert des divisions dans le camp laïque et s'est finalement dispersé ;
  • Le courant « Pour un Syndicalisme de Lutte » - PSL - est apparu au sein du SNASUB à la veille de son congrès de 2006. Il souhaitait rassembler les syndiqués « attachés à la lutte de classe ainsi qu'à une pratique rigoureuse de la démocratie ouvrière ». À l'occasion du congrès de 2009, il s'est associé à la tendance « École émancipée » dans le cadre de la liste « Résister et construire tous ensemble ».
En novembre 2006, ces deux minorités non fédérales (Ensemble/SNUipp et PSL/SNASUB) s'étaient associées et avaient lancé un blog commun7. Elles avaient participé aux Congrès de Marseille de la FSU en 2007 aux côtés de la tendance fédérale Émancipation.

Organisation

Instances

Dans son fonctionnement, la FSU rassemble, notamment par leur représentation dans les instances délibératives8 :
  • les syndicats nationaux,
  • les sections départementales constituées, dans chaque département, par les membres des syndicats nationaux adhérents,
  • les tendances, dont le droit d’existence est garanti dans la Fédération.
Entre chaque congrès, la FSU est administrée par9 :
  • un Conseil délibératif fédéral national (CDFN) qui se réunit sauf exception tous les deux mois ;
  • un Bureau délibératif fédéral national (BDFN) qui se réunit sauf exception une fois par quinzaine.
Le CDFN compte une centaine de membres. La répartition des sièges est la suivante10 :
  • les syndicats nationaux disposent de la moitié des sièges ;
  • 30 % sont consacrés à la représentation des sections départementales ;
  • 20 % sont consacrés à la représentation des tendances.
Les sections départementales de la FSU sont administrées par11 :
  • un Conseil délibératif fédéral départemental (CDFD), composé pour moitié des représentants des syndicats affiliés existants dans le département et pour moitié de représentants désignés par le vote des syndiqués ;
  • un Bureau exécutif fédéral départemental (BEFD).
Bernadette Groison lors du congrès du SNE en 2014.

Congrès

  • 28-31 mars 1994 à Mâcon : congrès fondateur.
  • 8-12 décembre 1997 à Toulouse : 2e congrès
  • 22-26 janvier 2001 à La Rochelle : 3e congrès
  • 2-6 février 2004 à Perpignan : 4e congrès. La FSU s’ouvre aux trois fonctions publiques.
  • 29 janvier-2 février 2007 à Marseille : 5e congrès.
  • 1-5 février 2010 à Lille : 6e congrès.
  • 11-15 février 2013 à Poitiers : 7e congrès.
  • 1-5 février 2016 au Mans : 8e congrès.

Secrétaires généraux de la FSU

La FSU et ATTAC

Des manifestants d'ATTAC à Paris en 2005.
Ouverte aux questions de société comme l'était sa devancière la FEN, la FSU connaît une certaine proximité avec l'association ATTAC. Ses trois syndicats les plus emblématiques (SNUIPP, SNES, SNESup) appartiennent en effet au collège des personnes morales membres fondateurs d'ATTAC et l'un d'entre eux (donc indirectement la FSU) siège à son conseil d'administration et à son bureau. En outre, de nombreux militants des syndicats ou sections de la FSU se sont investis, à titre personnel, dans les comités locaux de l'association.

La réforme des retraites 2010

La FSU a formulé des propositions pour réformer le système de la retraite en France et participé aux cinq grandes journées de grèves contre la réforme française des retraites de 2010. Elle propose d'augmenter les financements12 et de les diversifier, pour ne pas peser sur le coût du travail mais au contraire décourager les opérations en capital, rendues omniprésentes par le développement de la spéculation à court terme. Elle demande aussi bien l'abrogation des mesures de la Réforme Balladur des retraites de 1993 que celles de la Loi Fillon de 2003. La FSU propose aussi un dispositif de « cessation progressive d’activité », reprenant « les aspects positifs de l’ancienne CPA, dont l'exercice à mi-temps rémunéré 80 %, avec un droit ouvert à partir 55 ans et 25 années de cotisation) ». La FSU a été avec la CGT, dont elle s'est rapprochée, particulièrement active contre la réforme 2010 des retraites en France.

Notes et références

  1. http://www.fsu.fr/Texte-des-differents-themes-votes.html [archive]
  2. Cette fédération rassemblait le Syndicat unifié des techniciens (SUT), le Syndicat unifié des administratifs (SUA), le Syndicat unifié des ouvriers (SUO) et le syndicat unifié des personnels artistiques (SUPA).
  3. Alexia Eychenne, « Hormis FO, les syndicats appellent à contrer le FN » [archive], liberation.fr, 25 avril 2017.
  4. Luc Béal-Rainaldy, son secrétaire national, a mis fin à ses jours le 4 mai 2011.
  5. . Réunification syndicale [archive] - Webzinemaker.com
  6. Site du Comité pour un Courant Intersyndical Lutte de classe et Antibureaucratique (CILCA) [archive]
  7. Blog commun - Ensemble/SNUipp et PSL/SNASUB [archive] - Inaccessible sans login
  8. Article 1 des statuts [archive]
  9. Article 16 des statuts [archive]
  10. Article 17 des statuts [archive]
  11. Article 12 des statuts [archive]
  12. http://www.fsu.fr/IMG/pdf/doc_reunion_100219_retraites_revendications.pdf [archive]

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources et bibliographie

  • Laurent Frajerman, Jean-François Chanet, Jacques Girault et Françoise Bosman (dir.), La Fédération de l'Éducation nationale (1928-1992) : histoire et archives en débat, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, janvier 2010, 351 p. (ISBN 978-2-75740063-0)
  • Laurent Frajerman, « L’identité du courant “unitaire” de la Fédération de l’Éducation Nationale entre 1944 et 1967 : copie conforme ou contre-modèle ? », Le Mouvement Social, no 223,‎ avril-juin 2008, p. 55-68
  • Raphaël Szajnfeld (préf. René Mouriaux), Histoire de la FSU, t. 1 : une percée flamboyante (1993-1997), Syllepse, 2010

Articles connexes

Liens externes

  • Site officiel [archive] (depuis le site de la FSU, on accède aux sites des syndicats et des sections départementales)
Sites de tendances :
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C.F.T.C.


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Confédération française des travailleurs chrétiens

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Zone d’influence

Fondation
Fondation
1919 (1re fondation)
1964 (2de fondation)
Fondateur

Identité
Siège
128, avenue Jean Jaurès
93500 Pantin
Président
Philippe Louis
Secrétaire général
Bernard Sagez
Affiliation européenne
Affiliation internationale
Membres
140 000 adhérents
Représentativité
La Vie à défendre
La Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) est un syndicat de salariés français se référant lors de sa fondation en 1919 à la doctrine sociale de l'Église. Depuis 1947, elle s'inspire de la morale sociale chrétienne. Le syndicat actuel est issu de la scission d'une minorité des membres de l'ancienne CFTC lors de sa transformation en CFDT en 1964.
La CFTC a été reconnue « représentative » par un décret interministériel de 1966, au même titre que la CFDT, la CFE-CGC, la CGT et la CGT-FO au titre de la présomption irréfragable. Après la fin de celle-ci (par la loi du 20 août 2008 qui a mis fin à cette situation en introduisant de nouveaux critères de représentativité syndicale), elle a conservé sa représentativité ayant rempli les nouveaux critères lors des élections professionnelles.
Avec la CFDT, l'UNSA et la CFE-CGC, elle constitue le « pôle réformiste » des centrales syndicales françaises1.

Sommaire

Histoire

19e siècle

Le syndicalisme chrétien naît sous la forme d'une « Association des jeunes ouvriers », fondée par Maurice Maignen en 1855, qui devient en 1865 le « Cercle des jeunes ouvriers », plus connu sous le nom de Cercle Montparnasse, sis au 126, boulevard du Montparnasse2. En 1871, après le drame de la Commune de Paris, le comte Albert de Mun s'appuie sur ce cercle pour créer une association nationale, l'Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers, appelée aussi les « cercles ouvriers », qui comptait 375 cercles en France en 1878.
Le 21 mars 1884, l'abrogation de la Loi Le Chapelier par la loi Waldeck-Rousseau légalise les syndicats, ce qui permet la création dès 1886 du Syndicat des journalistes français, sous le nom de "Corporation des publicistes chrétiens". Son fondateur est Victor de Marolles, directeur du journal de l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers. L'année suivante voit la naissance du Syndicat des employés du commerce et de l'industrie, uniquement masculin, regroupant 18 militants de l'Œuvre, le 13 septembre 1887. Présidé par Paul Baé, il s'installe rue des Petits Carreaux à Paris, où il ouvre un restaurant ouvrier3. Quatre plus tard, il lance son propre journal L'employé puis se structure en 1894 autour de 4 groupes : employés administratifs, tissus, employés aux écritures et bâtiment. Au même moment apparaissent, hors de la sphère chrétienne, la Fédération nationale des syndicats, ancêtre de la CGT, en 1886 et la Bourse du Travail de Paris en 1887.

La fondation

Après l'intense effort industriel de la Première Guerre mondiale, les syndicats chrétiens nés en 1886-1887 sont à l'initiative de la fondation de la CFTC les 1er et 2 novembre 19193. Elle regroupe 321 syndicats et se réclamant de l’encyclique Rerum Novarum. L'objectif est de contrer la toute-puissance de la CGT dans le milieu ouvrier. Le mot d'ordre de la nouvelle CFTC est « la paix sociale ».
Au début de l'année, il n'y a encore qu'un peu plus de 5 000 adhérents et trois fédérations : l'enseignement libre, les cheminots et les employés, ainsi que deux fédérations de syndicats exclusivement féminins4, dont l'Union des Syndicats libres féminins5. Mais rapidement, la "Fédération des Syndicats indépendants d'Alsace et de Lorraine", menée par le Mulhousien Camille Bilger (1879-1947), Léon Adolf et Jean Keppi prend une part prépondérante dans les débuts du nouveau syndicat, en apportant ses 21 000 membres, essentiellement dans le textile et les mines. Constituée en 1920, la CFTC regroupe désormais 578 syndicats et 156 000 membres, dont 43 000 employés, et 35 000 cheminots.[réf. nécessaire] En 1920 aussi, la CFTC contribue avec d’autres syndicats chrétiens européens à fonder la Confédération internationale des syndicats chrétiens. Créée en mai 19206, la Fédération de la métallurgie CFTC décide en 1922 la création d'une caisse fédérale de résistance, pour secourir les grévistes, malgré l'avis d'Henri Meck, qui souligne l'échec des caisses professionnelles, et rappelle le succès en Alsace des caisses interprofessionnelles6.

L'implantation dans les mines

Fils d’un dessinateur industriel de Saverne, Henri Meck adhère en 1929 à la "Fédération des syndicats chrétiens d'Alsace et de Lorraine" et devient en 1922 secrétaire général. Dans le Pas-de-Calais, Jules Pruvost et son collègue Jules Catoire fondent dans l'arrière-salle du café "L'Espérance", le "Syndicat libre des mineurs", qui se heurte aux pressions des houillères auprès de l'Evéché7. En décembre, Jules Pruvost en est élu secrétaire général7. Le SLM se rattache dès 1924 à la Fédération Française des Syndicats Professionnels des Mineurs, animée par Henri Meck, qui a travaillé à l'implantation de la CFTC au sein des houillères de Lorraine, puis est devenu secrétaire général de la Fédération CFTC des mineurs, rejoint par Louis Delaby8.
La CFTC est la première organisation nationale à proposer une autre voie syndicale que celle fondée sur les analyses marxistes ou anarcho-syndicalistes. Le fond idéologique du christianisme social lui procure une autonomie et une légitimité que d'autres organisations syndicales non socialistes, comme le syndicalisme jaune, ne peuvent acquérir. En 1937, la CFTC voit l'adhésion d'un premier syndicat laïque, le Syndicat général de l'éducation nationale.
Gaston Tessier est le premier secrétaire général de la CFTC, Jules Zirnheld en est le premier président, poste qu'il occupe jusqu'en 1940.

La Seconde Guerre mondiale et la Résistance

La CFTC, officiellement dissoute en novembre 1940, par le régime de Vichy. Jules Pruvost entre dans la résistance et s'occupe d'une filière qui prend en charge les aviateurs alliés9. Jules Catoire, aidé par Joseph Sauty, Louis Delaby et Joseph Martin, diffuse les Cahiers du Témoignage chrétien dans le département du Pas-de-Calais9, ainsi que le journal clandestin La voix du Nord. Louis Delaby prend position en faveur du pluralisme syndical10 et soutient Gaston Tessier dans sa lutte contre une tendance participationniste au sein de milieux catholiques. Ce dernier, fondateur du mouvement de résistance Libération-Nord, représente la CFTC au Conseil national de la Résistance et publie un article dans le quotidien L'Aube « Syndicalismes » pour insister sur la place qui doit revenir au fait syndical et souligner que la CFTC et la CGT ont « donné à la Résistance un concours extrêmement dévoué qui s'est accentué à la veille de l'insurrection nationale par l'ordre de grève générale lancé d'un commun accord par le comité d'entente ».
En raison de l'action de certains de ses membres dans la Résistance (elle est un membre actif du Conseil national de la Résistance), la CFTC est maintenue, à la Libération, comme organisation syndicale représentative malgré l'hostilité de la CGT, qui va jusqu'au Conseil d'État en vue de la faire interdire.

La déconfessionnalisation de 1964 et la CFTC "maintenue"

En 1964, c'est la déconfessionnalisation de la CFTC: une majorité de la CFTC menée par le groupe "Reconstruction" autour de Paul Vignaux, Albert Détraz, Jacques Delors11 décide la « déconfessionnalisation » tout en restant en retrait du choix de la lutte des classes12 pour donner naissance à la CFDT. Rapidement, la CFDT déclare placer son action dans le cadre de la lutte des classes. Elle se rapproche du socialisme et notamment du Parti socialiste unifié (PSU) mené par Michel Rocard, de 1966 à 1970, tandis qu'une minorité réformiste décide de maintenir une centrale chrétienne via une scission minoritaire (environ 10 %). Cette "CFTC maintenue" est dirigée par deux des organisateurs de la Grève des mineurs français de 1963, Joseph Sauty et Jean Bornard, soutenus dans l'Est par Henri Meck13, le premier ayant été identifié par la presse et les radios comme le père de cette grève victorieuse, non-politisée et très suivie14. Secrétaire général adjoint (1964), puis en titre (1970) de la centrale, Jean Bornard en est élu président en 1981 — fonction qu'il quitte en 199015.

Le syndicalisme réformiste

Entre-temps, en 1975, la CFTC est favorable au Rapport Sudreau sur la réforme de l'entreprise.
En 1988, elle soutient la création du RMI et se montre neutre lors de la création de la CSG, en 1990. Le syndicat est favorable aux 35 heures, aux emplois-jeunes, à l'élaboration de la loi de 1998 contre les exclusions et à la loi créant la CMU. En 2006, il présente son projet du statut du travailleur, lancé par un « rapport-programme » dès 1999 et concrétisé par un groupe de travail depuis 2003.
Entre 2001 et 2006, aux élections des comités d'entreprise, la CFTC est la seule confédération syndicale à progresser, avec 6,8 % en 2006, 6,7 % en 2003, 6 % en 2001, contre moins de 5 % quelques années plus tôt. Toutefois, avec la loi du 20 août 2008 « portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail », la CFTC n'est pas à l'abri de perdre, dans plusieurs entreprises et branches professionnelles, sa représentativité.
Le 1er mai 2008, la CFTC rassemble près de 6 000 personnes lors de son défilé unitaire à Paris autour du thème du pouvoir d'achat.
En 2010, la CFTC formule des propositions pour réformer le système des retraites et participe aux cinq grandes journées de manifestations. Elle dénonce la plupart des mesures prises par le ministre du travail Éric Woerth dans sa réforme. Le syndicat réclame une hausse des cotisations vieillesse et une taxation des nouveaux revenus du capital ; il propose, notamment, une taxe de 3 % sur les bénéfices non réinvestis et demande un élargissement de l’assiette des cotisations à certains revenus : stock-options, retraite-chapeau, participation, intéressement16. Il propose aussi une augmentation d’un point de la CSG, ce qui permettrait de générer onze milliards d’euros de ressources, et qu’une partie de la CSG soit « fléchée », avec un contrôle effectif de l’affectation des sommes versées à la branche vieillesse. La CFTC demande en plus que l’ensemble des allègements de cotisations sociales soit compensé au centime près par des impôts17.
En avril 2017, dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, la CFTC critique « le protectionnisme et les politiques économiques sans visibilité, tel le retour au franc », « l’auto-exclusion de la France de l’Union européenne » et « l’exclusion de l’étranger » prônés par le FN, qui selon le syndicat sont incompatibles avec ses « valeurs humanistes »18.

Valeurs et identité

La CFTC favorise la négociation, la discussion, jusqu'à la médiation avant toute action plus revendicative. Pour cette organisation, la grève n'est que l'ultime solution lorsque tous les autres moyens n'ont pas donné satisfaction. La CFTC est le syndicat constructif.
Parmi ses chevaux de bataille, la CFTC insiste sur le fait que la vie ne se limite pas au travail. Cette valeur est et a été à la base de nombreux combats, de la mise en place des allocations familiales par exemple jusqu'à la défense du repos dominical en tant que journée commune à la plupart des citoyens pour la vie de famille, les loisirs, le sport, l'engagement bénévole, etc. Pour la CFTC, la société ne doit pas se limiter à la consommation.
La CFTC veut mettre le travailleur au centre de sa vie, le rendant acteur au maximum de ses choix et de son avenir lorsque cela est possible. Pour ce faire, elle préconise que les parcours soient sécurisés pour que chacun puisse vraiment faire des choix, sans subir une situation ou un système. Dans le même ordre d'idées, l'organisation syndicale laisse une grande liberté aux syndicats qui la composent, conscients qu'ils sont plus au fait de la réalité pour défendre sur le terrain les travailleurs. C'est ce qu'elle appelle le principe de « subsidiarité ». Cela ne l'empêche pas de rappeler à l'ordre, voire de mettre sous tutelle certaines organisations.
La CFTC s'affirme indépendante de tout parti et de toute organisation. Pour elle, la référence au christianisme s'entend comme attachement à la doctrine sociale chrétienne (solidarité, fraternité, justice sociale…), pas comme une identité confessionnelle. Les adhérents ne sont pas forcément chrétiens mais se retrouvent dans les valeurs prônées par la CFTC.

Organisation

La CFTC est divisée en 27 unions régionales et 106 unions départementales.
Elle compte 857 syndicats regroupés en 14 fédérations professionnelles (commerce-services-forces de vente, enseignement privé, métallurgie, collectivités territoriales, transports, télécoms, banques…).
Elle revendique 135 000 adhérents19.
La confédération est dirigée par un congrès et un conseil confédéral qui se réunit trois fois par an et qui est chargé de contrôler l'exécutif. L'exécutif est bicéphale, il est composé d'une commission exécutive et du bureau national. Son président actuel est Philippe Louis, élu au 51e congrès de Poitiers en novembre 2011. Bernard Sagez est secrétaire général depuis le congrès de 2015. Il y a plusieurs vice-présidents confédéraux: Joseph Thouvenel, Joseph Crespo...
La CFTC est membre de la Confédération syndicale internationale (CSI). Auparavant elle appartenait à la Confédération mondiale du travail (CMT).
Le siège de la CFTC se trouve à Pantin, au 128 avenue Jean-Jaurès.

Congrès confédéraux

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  • 1887 : Création du Syndicat des employés du commerce et de l'industrie
  • 1912 : Congrès de la Pentecôte, création de la Fédération des employés
  • 1919 : Fondation de la CFTC
  • 1920 : Premier congrès de la CFTC
  • 1921 : 2e Congrès
  • 1922 : 3e Congrès
  • 1923 : 4e Congrès
  • 1924 : 5e Congrès
  • 1925 : 6e Congrès
  • 1926 : 7e Congrès
  • 1927 : 8e Congrès
  • 1928 : 9e Congrès
  • 1929 : 10e Congrès
  • 1930 : 11e Congrès
  • 1931 : 12e Congrès
  • 1932 : 13e Congrès
  • 1933 : 14e Congrès
  • 1934 : 15e Congrès
  • 1935 : 16e Congrès
  • 1936 : Congrès de Mai 1936 (17e)
  • 1936 : 17e Congrès
  • 1937 : 18e Congrès
  • 1938 : 19e Congrès
  • 1939 : 20e Congrès
  • Entre 1940 et 1945 : la Confédération entre dans la clandestinité.
  • 1945 : 21e Congrès
  • 1946 : 22e Congrès
  • 1947 : 23e Congrès
  • 1948 : 24e Congrès
  • 1949 : 25e Congrès
  • 1951 : 26e Congrès
  • 1953 : Congrès d'Asnières (27e)
  • 1955 : 28e Congrès
  • 1957 : Congrès d'Asnières (29e)
  • 1959 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (30e)
  • 1961 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (31e)
  • 1963 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (32e)
  • 1964 : Congrès extraordinaire de Paris, scission entre la CFDT et la « CFTC maintenue »
  • 1965 : Congrès de Vincennes (33e)
  • 1967 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (34e)
  • 1969 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (35e)
  • 1971 : Congrès de Clichy (36e)
  • 1973 : Congrès de Clichy (37e)
  • 1975 : Congrès de Clichy (38e)
  • 1977 : Congrès de Versailles (39e)
  • 1979 : Congrès de Strasbourg (40e)
  • 1981 : Congrès de Lyon (41e)
  • 1984 : Congrès de Marseille (42e)
  • 1987 : Congrès de Versailles (43e)
  • 1991 : Congrès de Lille (44e)
  • 1993 : Congrès de Versailles (45e)
  • 1996 : Congrès de Nantes (46e)
  • 1999 : Congrès de Dijon (47e)
  • 2002 : Congrès de Toulouse (48e)
  • 2005 : Congrès de Bordeaux (49e)
  • 2008 : Congrès de Strasbourg (50e)
  • 2011 : Congrès de Poitiers (51e)
  • 2015 : Congrès de Vichy (52e)

Présidents

Secrétaires généraux

Fédérations professionnelles

  • Agents de l'État (fonctionnaires de l'État)21.
La Fédération des Agents de l’État se décompose en fédérations ministérielles.
La Fédération des Finances regroupe les adhérents CFTC agents des directions du ministère du Budget et des Comptes Publics (DGFIP, Douanes, DGCCRF, INSEE, Administration centrale).
Le syndicat CFTC Douanes22 a pour but la défense individuelle et collective des agents des douanes, il a obtenu 3,34 % des voix aux dernières élections professionnelles (décembre 2014). Lors de son dernier Congrès à Toulon (Var), tenu en septembre 2015, Christophe LAKOMY a été élu Président pour 4 ans et Isabelle REYJAL Secrétaire Générale.
  • Agriculture : mutualité, crédit, coopération, salariés agricoles, SICA, maisons familiales rurales, organismes divers.
  • Banques : établissements financiers, Crédit populaire, Crédit mutuel, bourse, Caisses d'épargne, banques AFB, CFF, Banque de France.
  • Bâti-Mat TP : bâtiment, travaux publics.
  • CMTE (chimie, mines, textile, énergie)23: industries chimiques et connexes, mines, carrières, régime minier de protection sociale, textile, cuirs, habillement et connexes, industries électriques et gazières, énergie.
  • FNACT (Fédération nationale des agents des collectivités territoriales - CFTC)24 : communaux, départementaux, HLM, sapeurs-pompiers.
  • CSFV (commerce, services et force de vente)25 : hôtellerie, cafés, restaurants, bars, restauration collective, commerce non alimentaire, commerce alimentaire, services, services tertiaires, agro-alimentaire, force de vente.
  • Communication graphique, écrite et audiovisuelle - spectacle : livre, édition, papier, carton, presse, publicité, parcs d'attraction.
  • Éducation :
    • FESEP (Fédération des syndicats de l'enseignement privé) regroupant le Syndicat national de l'enseignement chrétien (SNEC) et le Syndicat national de l'enseignement privé laïc (SNEPL).
    • CFTC Éducation pour l'Éducation nationale, avec le syndicat CFTC de l'Éducation nationale, de la Recherche et des Affaires culturelles (SCENRAC).
  • Fédération CFTC métallurgie26
  • Fédération CFTC Pôle-Emploi
  • Postes et télécommunications27.
  • Fédération PSE (Protection Sociale et Emploi)28 : Sécurité Sociale, travail emploi (Pôle Emploi), formation.
  • Fédération CFTC Santé-Sociaux 29, qui regroupe des syndicats des secteurs public (CFTC APHP), privé et des services à la personne.
  • Transports (Fédération générale des transports CFTC)30 : ferroviaire, aérien, maritime et fluvial, urbains, route, services aux transports.

Représentativité

La représentativité de la CFTC lui permet de participer aux négociations nationales interprofessionnelles et d'être représentée dans les organismes paritaires. Mais, depuis la loi « portant rénovation de la démocratie sociale » publiée au Journal officiel du 21 août 2008, les règles de représentativité syndicale ont changé. Désormais, ce sont les élections en entreprise qui la conditionnent, au niveau des entreprises de plus de 10 salariés dès l'entrée en vigueur de la loi de 2008, ainsi que dans les branches professionnelles et au niveau interprofessionnel.
Il faudra toutefois attendre le 1er janvier 2014, avec les conclusions de la direction générale du travail, qui effectue l'agrégation des résultats des élections professionnelles en entreprise, ainsi que le scrutin organisé dans les entreprises de moins de 10 salariés (TPE) fin 2012 et les élections du secteur agricole début 2013, pour déterminer la représentativité syndicale par branches professionnelles ainsi qu'au niveau national.
Selon les chiffres du Haut conseil du dialogue social publiés en mars 2017, la CFDT se hisse pour la première fois en tête des élections professionnelles tenues de 2013 à 2016 avec 26,37 % des voix (+ 0,37 par rapport à 2013) devant la CGT 24,85 % (- 1,92 point), FO 15,59 % (- 0,35), la CFE-CGC 10,67 % (+ 1,24 point), la CFTC 9,49 % (+ 0,19), l’UNSA 5,35 % (+ 1,09) et Solidaires 3,46 % (- 0,01). Le poids relatif (retenu pour les seules organisations représentatives au niveau national est de 30,32 % pour la CFDT, 28,57 % pour la CGT, 17,93 % pour FO, 12,27 % pour la CFE-CGC et 10,91 % pour la CFTC.31

Élections prud'homales

La CFTC réalise un score de 8,94 % aux élections prud'homales de décembre 2008, en diminution de 0,71 points par rapport à 2002 (9,65 %), mais au-dessus des 7,53 % de celles de 1997.
Lors de la campagne pour ces élections, elle innove avec le lancement d'une mini-série web, Dark Elevator32, qui met en scène plusieurs personnages coincés dans l'ascenseur social. Le slogan choisi pour la campagne prud'homale se veut une synthèse de la démarche de CFTC : « Pouvoir s'opposer, toujours proposer. »
1987
1992
1997
2002
2008
CFTC
8,30
8,58
7,53
9,65
8,94 %
Résultats 2008/2002 par collège33 :
  • Industrie : 7,8 / 8,3 %
  • Commerce : 9,1 / 10,0 %
  • Agriculture : 6,9 / 7,6 %
  • Activités diverses : 8,8 / 10,3 %
  • Encadrement : 10,6 / 11,4 %
  • Global : 8,9 / 9,6 %

Bibliographie

Notes et références

  1. Rémi Barroux, « L'UNSA veut construire un pôle syndical réformiste » [archive], Le Monde, le 27 novembre 2009
  2. Maurice Maignen et la contre-révolution, pensée et action d'un catholique social 1871-1890, Mémoire présenté sous la direction de Michèle Cointet, UFR Arts et sciences humaines Département d’Histoire Université de Tours 2004 [1] [archive]
  3. a et b Fort comme le collectif, libres comme l'individu, histoire de la Fédération des Services CFDT 1887-1990, Marguerite Bertrand, Rémy Jehan, tiré à part supplément au magazine Inform'Action no 213.
  4. « Les communistes et la CGT » dans la Revue communisme, p. 242.
  5. "Métiers, corporations, syndicalismes", p. 137, no 3 par Michelle Zancarini-Fournel.
  6. a et b "Soufflons nous-mêmes notre forge: une histoire de la Fédération de la métallurgie CFTC CFDT, 1920-1974", aux Éditions de l'Atelier, 1991 - page 25 [2] [archive]
  7. a et b "Des syndicalistes chrétiens en politique (1944-1962): De la libération à la Ve République", par Bruno Béthouart aux Presses Univ. Septentrion, 1999 [3] [archive]
  8. "Les laïcs dans l'Église de France: XIXe-XXe siècle", par Pierre Pierrard, page 184 [4] [archive]
  9. a et b "Démocrates chrétiens de la région du Nord dans la Résistance", par André Caudron, dans la Revue du Nord', tome 60, no 238, de juillet à septembre 1978 [5] [archive]
  10. "Un grand résistant du Pas-de-Calais : Jules Catoire", par Bruno Béthouart [6] [archive]
  11. Jacques Delors, un désir permanent d’améliorer la société [archive], entretien avec Jacques Delors, www.xn--cfdt-retraits-mhb.fr, 6 octobre 2008
  12. Article 1 des statuts de la CFDT de 1964 : « Sans poursuivre par principe un développement systématique des antagonismes existant dans la société, elle entend dans son action susciter chez les travailleurs une prise de conscience des conditions de leur émancipation. »
  13. "L'invention de la CFDT 1957-1970: syndicalisme, catholicisme et politique", par Frank Georgi, page 267 [7] [archive]
  14. Histoire de la CFTC [8] [archive]
  15. Michel Noblecourt, « Jean Bornard : un syndicaliste de la générosité » [archive], sur lemonde.fr, 21 août 1996.
  16. Article [archive] sur le site Webmanager Center.
  17. Sur le site de la CFTC [archive].
  18. Alexia Eychenne, « Hormis FO, les syndicats appellent à contrer le FN » [archive], liberation.fr, 25 avril 2017.
  19. http://www.cftc.fr/ewb_pages/c/cftc.php [archive]
  20. Concernant Jacques Tessier (1914-1997), fils de Gaston Tessier, secrétaire général de la Fédération internationale des syndicats chrétiens d’employés (1946-1969), cf. Jacques Tessier, La CFTC, comment fut maintenu le syndicalisme chrétien, Fayard, 1987 ; Marxisme ou doctrine sociale-chrétienne ? Trente années de confrontations en France, Fayard, 1992; Jean-Claude Delbreil, Marc Sangier : témoignages, Ed. Beauchesne, 1997 (entretien avec J. Tessier, p. 291-310)
  21. site de la Fédération CFTC FAE [archive]
  22. site du syndicat CFTC Douanes [archive]
  23. Site de la Fédération CFTC CMTE [archive]
  24. Site de la FNACT CFTC [archive]
  25. Site de la Fédération CSFV CFTC [archive]
  26. Site de la fédération CFTC métallurgie [archive].
  27. Site de la Fédération CFTC Postes et Télécommunications [archive]
  28. Site de la fédération CFTC PSE [archive]
  29. Site de la fédération santé-services sociaux [archive].
  30. Site de la Fédération des transports CFTC [archive]
  31. Michel Noblecourt, « Syndicalisme : la CFDT détrône la CGT de la première place » [archive], lemonde.fr, 31 mars 2017 (consulté le 1er avril 2017)
  32. « 10 Episodes Dark Elevator » [archive], Daily Motion, 2008
  33. UNSA Magazine, no 113, janvier 2009.
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