jeudi 27 février 2014

Inquiétude &Certitudes - jeudi 27 février 2014




Jeudi 27 Février 2014

Couché à l’aveugle et en somnambule : chronique d’une sorte de fatigue m’abattant presque chaque début de nuit, je m‘endors assis devant ce clavier sans avoir rien produit, une nouvelle journée. Bilan de mes inactions et d’une sorte de paralysie intime, me bloquant tous azimuts. A ma chère femme, je récapitule ces petotes choses et davantage que je ne parviens pas à faire et dont beaucoup, la plupart nous sont nécessaires en gestion de nous trois pour la vie de chaque jour. Délibérer ensemble mes projets, initiatives et autres m’est indispensable à peine de me fourvoyer. Je le constate chaque fois que spontanément (mon travers), je m’aventure en initiative, réponse ou projet. Je lis le billet de Jacques MYARD sur le chômage : il ne voit qu’un remède, la fin de la monnaie unique. Je ne suis pas de cet avis et veux résolument davantage d’Europe à commencer par une tête pour l’Europe, et le lui courielle [1]. Coincidence avec ce que je ressens et tente d’écrire – débilitant ? –, le mental, le psycho-somatisme ? Je m’étrangle comme jamais, sensation d’étouffement irrépressible, quelque chose s’enfonçant dans ma gorge et qui s’enfonce d’autant plus solidement que j’essaie d’aspirer. En un instant, l’épouvante, la mort n’est plus de loin, elle n’a plus de théologie, elle n’est pas accompagnée, elle est soudaine, physique, forcée, en pleine conscience. Provoquée et appelée ? par le paysage mental et les quadratures de cercle dont je sais pourtant l’issue : prière, espérance, rebond aidé par grâce… Et puis cela a cessé…
Prier… notre pays, mes aimées, celles et ceux avec qui je partage ce moment et ces lignes… il pleuviote, la nuit est encore là… et je ne suis pas parvenu à ranimer notre poêle.  Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne cesrez pas jugés. [2] Détresse hier après-midi et soir de notre fille : personne ne l’appelant, elle veut désactiver le « skype » sur son ordinateur, nous obtempérons, mais pourquoi n’appelle-t-elle pas celles dont elle attend l’appel ? Le réactiver pour les vacances, installer une messagerie « outlook » plus maniable que ce qu’elle a. Connecter sa tablette. Que ses outils lui soient dociles. Nous ne sommes qu’à cela et y demeurerons. Les « circuits sociaux », non. Défi pas tant en périls encourus et nous arrivant, pouvant lui arriver de l’extérieur. Elle gère très bien et exploite intelligemment les ressources qu’elle trouve, et les partage avec nous. Le défi est intime, je le vis d’ailleurs avec mon encombrement en messagerie et fichiers, en relationnements et dispersions… il est l’organisation de notre temps personnel, la dépense précise de notre énergie, l’application de notre mental. Notre époque, généreuse en technique, appelle les générations présentées à une conscience et à une maîtrise de soi qui n’a jamais eu auparavant à répondre de tels paramètres… Lui en parler ce matin pendant ce moment que j’aime, les conduites et retours, son école, mais notre nouvelle voiture lui offre un habitacle particulier à l’arrière, rendant la conversation plus distante, moins physique. De même que la télévision isole plus mentalement que physiquement sauf à la regarder ensemble : le mental rééquilibré par le physique. Inventer, approcher, vivre… école d’ingéniosité pratique et de permanente espérance. D’amour. Il n’est qu’un registre où lire et écrire nos vies. Qu’une seule recette, sauf vocation extraordinaire dont j’ai souhaité recevoir l’affirmation, mais celle-ci ne m’a pas été donnée car sans doute sur le tard, ce que je vis aujourd’hui dans l’équilibre du bonheur malgré les mouvances des paysages mentaux et les moutonnements des multiples soucis qui ne sont particuliers à personne, m’était promis et réservé. J’y suis.
 Vous avez entendu dire comment Job a tenu bon, et vous avez vu ce qu’à la fin le Seigneur a fait pour lui, car le Seigneur est tendre et miséricordieux. Qu’il en soit surtout ainsi pour celles/ceux que j’aime et qui me sont confiés, pour celels/ceux rencontrés, pour notre pays, pour notre Europe nécessaire autant au monde qu’à elle-même… Rigueur du couple, condition de ce qu’il apporte à chacun et à la société. Dialogue de Jésus avec ses adversaires. C’est en raison de votre endurcissement que Moïse a formulé cette loi (les procédures et latitudes du divorce). Mais… ce que Dieu a uni, que l’homme ne le séoare pas ! Grâce vécue quasi-physiquement, du sacrement de mariage, à l’échange de nos « consentements ». Le mot, en l’espèce, n’est pas assez fort. Plus que nos promesses ou déterminations, la grâce ! Supplément d’exhortation pour les disciples : les uns mariés mais qu’est devenu leur foyer ? pendant le ministère public de Jésus et leurs pérégrinations à sa suite, puis plus tard leur vie d’apostolat, les voyages et astreintes ? les autres célibataires, du fait de leur jeunesse. Les textes ne permettent d’induire que la vie conjugale de Pierre, en tout cas une belle-mère aux petits soins pour toute une troupe entrant et sortant de la maison de Capharnaüm. Rapport à Dieu permettant toutes nos relations humaines : le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour (introduction rituelle et vécue du musulmane pour chacune de ses prières, et à l’ouverture de chacune des sourates de son saint Coran). Il n’est pas toujours en procès, ne maintient pas sans fin ses reproches. Les deux couples de notre constance de vie : celui formé par Dieu avec chacun de nous, celui qu’Il nous donne de former avec l’épouse/l’époux. Il en vient alors la famille, la société et le travail pour le bien commun. Prier et travailler. Le travail, béni de Dieu, me ramenant constamment à Lui, et en action de grâces. Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits !


matin


Le drapeau russe hissé sur les bâtiments publics de  Crimée. Des individus armés, semble-t-il peu nombreux, auraient fait irruption à l’aube au siège du gouvernement local. Manque de prudence à Kiev. Communiqué du président déchu, toujours introuvable et assurant qu’il reste en fonctions, seul légitime. Manifestement, l’Ukraine actualise la question d’Europe. Aucun communiqué à la suite de la visite sur place d’Ashton. Rien de nouveau non plus côté Poutine sinon une inspection valant mise en étant d’alerte des forces frontalières et de la flotte, qui précisément est à l’ancre en Crimée. 1856 à aujourd’hui : le point névralgique. Les photos de la flotte que j’avais reçues d’un anonyme apeuré en embarquant de Moscou vers Paris à l’automne de 1992.




Deux erreurs : Bartolone, qui se croit déjà à Matignon, s’exprime en politique étrangère et évoque la guerre froide, pour bien entendu ne pas la souhaiter. Même genre que le communiqué américain de dimanche sur le refus d’une partition.

soir

Commentaires de Marguerite dans la salle du conseil municipal : les portraits présidentiels. VGE et des dents de lapin, FM fait semblant de lire, JC se présente en propriétaire du château et NS des deux drapeaux et de la bibliothèque (l’actuel comte de Paris, né comte de Clermont, avait vu un présage dans la reliure du livre de plus central : les trois lys). GP s’en croit, seul de Gaulle, sans que je l’ai suggéré, a grâce. Quant à FH les mains oisives et embarrassées…

Jean-François Copé accusé par Le Point d’avoir favorisé l’entreprise de deux de ses anciens collaborateurs en leur donnant l’organisation des rassemblements de campagne en 2012 et en leur permettant de sur-facturer : cadeau de huit millions. Il porte plainte pour diffamation, ce qui lui fait risquer la confirmation judiciaire de l’information.
 



[1] - COMMUNIQUE DE PRESSE de Jacques MYARD - Député de la Nation . Maire de Maisons-Laffitte . Président du Cercle Nation et République - Le 26 FÉVRIER 2014

A/S : CHÔMAGE : DE CHARYBDE EN SCYLLA

La nouvelle montée du chômage est malheureusement l'illustration de la lente mais inéluctable descente aux enfers de l'économie française victime expiatoire de la politique de déflation imposée dans la zone euro !

Alors que partout en Europe et surtout en Allemagne le débat s'intensifie sur la pertinence de la monnaie unique , la question est en France taboue iconoclaste et synonyme d'extrémisme , c'est à dire impossible !

Mais les doctes ministres et commentateurs avisés à l'écoute servile de Berlin qui clame dans toute l'Europe " serrer votre hère et votre discipline " , glosent sur les économies impossibles de 50 milliards dont la mise en oeuvre ne feraient qu'accélérer la récession !

Il n'y a aucune solution pour retrouver une croissance dans le cadre macro monétaire imposée par les dogmes des traités ; certes la BCE pourrait violer les règles et agir comme la FED américaine on la banque d'Angleterre en aidant directement les Etats ( quantitative easing ) mais pour cela il faudrait que les flammes de la Pentecôte descendent sur la Bundesbank et la Chancelière ......

Nous irons donc de Charybde en Scylla jusqu'au jour où le peuple jettera le bébé avec l'eau du bain , alors les bons esprits comprendront trop tard que l'euro a tué leurs belles utopies !

----- Original Message -----
Sent: Thursday, February 27, 2014 6:17 AM
Subject: Re: Communiqué : CHÔMAGE : DE CHARYBDE EN SCYLLA

Des propositions d'Attali sous NS aux propositions Gallois sous FH + un cabinet américain pour désigner 34 projets... plus le pacte de croissance européen "obtenu" par FH, 160 milliards qui n'ont pu dégager un centime pour Florange ou Peugeot. La mendicité françaises pour les investissements. NS incapable d'un livre-blan de ses cinq ans, VGE racontant des amours africains, au lieu d'écrire et vulgariser, faire débattre une synthèse des réussites et échecs économiques de la Cinquième et d'un diagnostic sur le que faire en France et en Europe aujourd'hui...

Bien entendu, les sécessions de l'euro puis de l'Europe n'avanceront rien, bien au contraire. Simplement, la FED a un politique, la BCE n'est que la caisse de nos propres banques lesquelles ne pretent qu'à elles-mêmes, jouant leurs fonds propres et ne soutenant ni les entreprises ni les particuliers. C'est de science commune et d'expérience courante. Deux pays sucent l'Europe, l'Angleterre pour rester le centre de la spéculation financière et la plaquie tournante des paradis fiscaux, l'Allemagne dont une grande part du commerce extérieur est de relayer la Chine (vg. les ampoules électriques).

Nous assistons à la mort de notre pays aux élites corrompues financièrement et mentalement - et à celle de l'Europe gérée par petits bouts et souvent à coups de textes mais pas d'investissements, toujours ni gouvernée en démocratie ni indépendante en défense, en expression, en existence. Incroyable mais vrai. Sans compter  l'humiliation nationale et toute une jeunesse laissée au poker et aux défis sur face-book. Combien au gouvernement ou à l'Assemblée sont-ils mariés et en stabilité de couple depuis leur mariage ? Total, aucune autorité morale en France ni en Europe. Le pape ne peut tout être ni tout faire. Ni vous ni moi, alors ?  Il n'y a pas de mesure isolée qui puisse faire choc. Il y a un ensemble, en France et en Europe. La machine à produire du gouvernement, de l'élite, de la qualité humaine est en ce moment en panne totale, non par manque de ressources humaines mais par manque de repères humains. 

J'espère cependant...

Cela posé, continuez d'exister, cher ami.

[2] - lettre de saint Jacques V 9 à 12 ; psaume CIII ; évangile selon saint Marc X 1 à 12

mercredi 26 février 2014

chômage ou ? - débat avec Jacques Myard, député UMP - maire de Maisons-Laffite



COMMUNIQUE DE PRESSE de Jacques MYARD - Député de la Nation . Maire de Maisons-Laffitte . Président du Cercle Nation et République - Le 26 FÉVRIER 2014

A/S : CHÔMAGE : DE CHARYBDE EN SCYLLA

La nouvelle montée du chômage est malheureusement l'illustration de la lente mais inéluctable descente aux enfers de l'économie française victime expiatoire de la politique de déflation imposée dans la zone euro !

Alors que partout en Europe et surtout en Allemagne le débat s'intensifie sur la pertinence de la monnaie unique , la question est en France taboue iconoclaste et synonyme d'extrémisme , c'est à dire impossible !

Mais les doctes ministres et commentateurs avisés à l'écoute servile de Berlin qui clame dans toute l'Europe " serrer votre hère et votre discipline " , glosent sur les économies impossibles de 50 milliards dont la mise en oeuvre ne feraient qu'accélérer la récession !

Il n'y a aucune solution pour retrouver une croissance dans le cadre macro monétaire imposée par les dogmes des traités ; certes la BCE pourrait violer les règles et agir comme la FED américaine on la banque d'Angleterre en aidant directement les Etats ( quantitative easing ) mais pour cela il faudrait que les flammes de la Pentecôte descendent sur la Bundesbank et la Chancelière ......

Nous irons donc de Charybde en Scylla jusqu'au jour où le peuple jettera le bébé avec l'eau du bain , alors les bons esprits comprendront trop tard que l'euro a tué leurs belles utopies !

----- Original Message -----
Sent: Thursday, February 27, 2014 6:17 AM
Subject: Re: Communiqué : CHÔMAGE : DE CHARYBDE EN SCYLLA

Des propositions d'Attali sous NS aux propositions Gallois sous FH + un cabinet américain pour désigner 34 projets... plus le pacte de croissance européen "obtenu" par FH, 160 milliards qui n'ont pu dégager un centime pour Florange ou Peugeot. La mendicité françaises pour les investissements. NS incapable d'un livre-blan de ses cinq ans, VGE racontant des amours africains, au lieu d'écrire et vulgariser, faire débattre une synthèse des réussites et échecs économiques de la Cinquième et d'un diagnostic sur le que faire en France et en Europe aujourd'hui...

Bien entendu, les sécessions de l'euro puis de l'Europe n'avanceront rien, bien au contraire. Simplement, la FED a un politique, la BCE n'est que la caisse de nos propres banques lesquelles ne pretent qu'à elles-mêmes, jouant leurs fonds propres et ne soutenant ni les entreprises ni les particuliers. C'est de science commune et d'expérience courante. Deux pays sucent l'Europe, l'Angleterre pour rester le centre de la spéculation financière et la plaquie tournante des paradis fiscaux, l'Allemagne dont une grande part du commerce extérieur est de relayer la Chine (vg. les ampoules électriques).

Nous assistons à la mort de notre pays aux élites corrompues financièrement et mentalement - et à celle de l'Europe gérée par petits bouts et souvent à coups de textes mais pas d'investissements, toujours ni gouvernée en démocratie ni indépendante en défense, en expression, en existence. Incroyable mais vrai. Sans compter  l'humiliation nationale et toute une jeunesse laissée au poker et aux défis sur face-book. Combien au gouvernement ou à l'Assemblée sont-ils mariés et en stabilité de couple depuis leur mariage ? Total, aucune autorité morale en France ni en Europe. Le pape ne peut tout être ni tout faire. Ni vous ni moi, alors ?  Il n'y a pas de mesure isolée qui puisse faire choc. Il y a un ensemble, en France et en Europe. La machine à produire du gouvernement, de l'élite, de la qualité humaine est en ce moment en panne totale, non par manque de ressources humaines mais par manque de repères humains. 

J'espère cependant...

Cela posé, continuez d'exister, cher ami.

Inquiétude & Certitudes - mercredi 26 février 2014

archives pour le vécu de notre histoire immédiate - 10 & 13.15 Mars 2007



Election présidentielle 2007

observations & réflexions

X



Je lis avec un a priori de curiosité, une volonté de connaître et une disponibilité à la sympathie Nicolas Sarkozy (Témoignage), Jean-Pierre Raffarin (La dernière marche), François Fillon, supposé le futur Premier ministre de Nicolas Sarkozy (La France peut supporter la vérité), la biographie de celui-ci par Catherine Nay, le dernier livre paru sur le Comte et la Comtesse de Paris, père et et mère de l’actuel, enfin une biographie de Ségolène Royal d’édition alsacienne (La nuée bleue, la maison d’édition). De celle-ci personnellement, pas de livre, ou bien je me trompe. – A l’UMP, à l’UDF et au PS, j’écris pour avoir une version intégrale et éditée du programme du parti et des propositions de leur candidat respectif. Je lirai surtout le chapitre constitutionnel de chacun, puisque ces questions et la défense de l’esprit et de la pratique originels de nos institutions sont ma spécialité depuis 1969. Une vingtaine d’articles accueillis par Le Monde, notamment entre 1972 et 1973 (programme commun de la gauche et quinquennat de Georges Pompidou).
N’ayez pas peur, lettres bleues sur fond blanc muet : pendant ma première journée hebdomadaire de métro. parisien, j’ai cru à un génie publicitaire de Nicolas Sarkozy, qui ensuite déclinerait ce qui rassure ou assure. Il s’agit en fait du dernier spectacle Decaux-Hossein. Même hésitation et même coincidence de période électorale pour l’Elysée, un aigle s’interrogeant mais se sentant illimité. Tous, Ségo : petit papillon ingénieux. Hors cela, quelques affiches de Besancenot sur la société qui ne peut continuer comme elle est ou l’urgence du partage du travail. Quelques-unes aussi de François Bayrou, de Marie-George Buffet, de Ségolène Royal. De Nicolas Sarkozy que celles collées aux environs du siège de son parti, il y a deux mois. Pas de distrubution de tracts. La campagne n’est pas encore officielle, il est vrai. En Bretagne, rien.
Au contraire de chacune des élections présidentielles depuis 1974, je ne connais personnellement aucun des candidats, sauf Arlette Laguiller que j’ai suivie en plusieurs meetings en 1988, en 1995 et en 2002. J’ai correspondu avec Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2004, avec Ségolène Royal du printemps à l’été 2006 – sans substance mais avec cordialité de la part de chacun. J’ai beaucoup pratiqué et avec estime Jean-Louis Bianco (aujourd’hui important auprès de la candidate socialiste) quand il était secrétaire général de François Mitterrand, président de

mardi 25 février 2014

Inquiétude & Certitudes - mardi 25 février 2014

archives pour le vécu de notre histoire immédiate - 9.11 Mars 2007




Election présidentielle 2007

observations & réflexions

IX




Je suis presque sans radio puisque je la « prenais » dans notre voiture, accidentée depuis maintenant dix jours (j’écouterai-regarderai le président sortant rétrospectivement selon un enregistrement vidéo. qui m’est fait à Paris), je lis beaucoup de journaux, les quotidiens dont j’ai l’habitude, les gratuits du métro. La recherche de mon chien me fait parler avec beaucoup de gens d’ici : ruraux ou salariés de Vannes habitant en campagne. Je sonde aussi mes étudiants de Paris VIII . Deux genres de vie, deux types de culture et des générations différentes. Mes étudiants dont une moitié n’est pas votante, parce que pas de nationalité française. – Je lis le livre-manétophone de Raymond Barre (L’expérience du pouvoir), le recueil des discours de François Bayrou (Au nom du tiers état) et le rapport de l’Académie des sciences morales et politiques (La France prépare mal l’avenir de sa jeunesse), notamment adopté par Raymond Barre et Pierre Messmer.
Recul donc. Deux sites que je crois phares dans nos débats : http://gaullismesocial.free.fr et www.maisonroyale.org.
Deux conversations ce matin tandis que je recherche toujours notre chien, en compagnie de ses deux frères et de notre petite fille Marguerite. Au lieudit moulin du Guérizec, bois et rivière. La question d’entrée, une fois établi le portrait du chien perdu … et la campagne électorale ? Toujours la prudence – qui me fait douter des sondages – mais parfois l’ouverture si je peux donner le sentiment que je m’ouvrirai aussi. La planète, l’avenir de nos enfants, tous les moyens et diagnostics sont là, mais ils se chamaillent, cour de récréation puérile et ne font/ne feront rien ; ce qui me fait songer aux années 1930, chacun conscient du péril mais personne n’entreprenant de le conjurer, ce qui a coûté au monde et surtout à l’Europe la deuxième guerre mondiale et les camps. Il n’est pas déterminé, il est très posé et me laisse ses adresses électroniques en couple, il est inquiet en profondeur, regrette Edouard Balladur et Jacques Delors, ce qui est dater le début de tout ce qui a été manqué : 1995. A la plage, ensuite, lisse de la mer, pas d’oiseaux, un autre silence, les gens ne s’entendent pas. Aux agrès, un visage rappelant celui de DSK. Je le dis, vous m’y gaites penser mais en beaucoup mieux. De fait, élancé et svelte, l’autre est rassuré ; tout sauf la gauche ; j’ai voté Mitterrand une fois, en 1981 (il ne dit pas si ce fut par exaspération de VGE, ma mère : cela avait été çà), cela suffit. Donc Nicolas Sarkozy. Remettre les Français au travail (il a 56 ans, ne les fait pas, a commencé de travailler à quatorze ans, est à la retraite depuis deux mois), je lui dis que beaucoup de gens voudraient bien travailler et ne trouvent pas. Je lui dis que ce sera Jacques Chirac, culte du chef, réputation d’énergie mais indélicatesse pire puisque cela concerne – déjà – les libertés publiques. Le Pen, je partage beaucoup de ces idées, répond-il. Pourquoi pas François Bayrou, alors ? Ah, non ! celui qu’il ne vienne pas nous emm… Ma postière, il y a quatre jours, passée du vote socialiste traditionnel à Bayrou : battre absolument Nicolas Sarkozy, Ségolène n’en est pas capable. Mais elle avait commencé selon la prudence : n’importe qui, pourvu qu’il soit bien entouré. Soit ! si l’impétrant est capable de travailler avec ce « bon » entourage et de le susciter.
 Deux non-événements.

L’annonce par le président sortant qu’il ne se représente pas, est une confirmation. L’interrogation rétrospective est triple. Jacques Chirac a consenti à l’abrègement de la durée du mandat présidentiel pour se faire plus aisément réélire aussi bien en 2002 qu’en 2007, à la recherche qu’il est depuis 1995 de dépasser son score du premier tour (jamais plus de 20% depuis 1981…), sans avoir compris que son élection à 82% lui rendait l’avenir, non pas tant un nouveau mandat, mais les moyens d’une tentative si novatrice : le gouvernement d’union nationale correspondant à cette majorité unanimitaire contre l’extrêmisme que d’ailleurs n’importe quel candidat opposé à Jean-Marie Le Pen aurait recueillie. Beaucoup plus difficile sera celle de François Bayrou, s’il en reçoit le mandat au premier tour en y étant second : il aura été préféré, en pis-aller peut-être mais préféré, par l’électorat traditionnellement socialiste alors que son parcours jusqu’en 2002-2006 aura été dans la majorité sortante, l’équation est la même que celle de 2002, mais le score évidemment sera très moindre, ce qui rend les choses proches des contraintes ayant pesé sur le dessein de Valéry  Giscard d’Estaing (François Bayrou me paraît avoir le même sans que l’ancien président de la République le reconnaisse encore) : caractéristique du « chiraquisme », l’adversaire n’est pas légitime, on ne peut donc travailler avec lui parlementairement (ce qui imposa à François Mitterrand la dissolution en 1981 et en 1988), mais on accepte la cohabitation convaincu qu’on sera meilleur que lui… Deuxième interrogation-méditation, Jacques Chirac avait tous les moyens d’empêcher Nicolas Sarkozy d’exister au point où celui-ci en est maintenant : il dominait l’U.M.P. sans conteste jusqu’en 2004, le non-cumul des fonctions de chef de parti et de ministre allait de soi, enfin des rappels à l’ordre sur les libertés publiques lui étaient faciles, elles étaient de sa compétence, elles l’auraient grandi, François Mitterrand, dans ce registre, eût été décisivement assassin. Enfin, quitte à ce que le président ne se représente pas  en 2007, crainte d’être battu (le referendum de 2005 et l’hospitalisation peu après), le suspense pouvait être organisé et des hâtes dans le processus de candidature au sein de l’U.M.P. où le moins qu’on puisse constater est que le plébiscite de confirmation a effacé toute discussion, auraient pu être évitées, les impertinences caractérisées du ministre-candidat aussi. Mais Jacques Chirac est au seuil de sa vraie popularité ; celle qu’il aura en n’étant plus au pouvoir et correspondant au portrait de l’humaniste (cf. Pierre Péan sur L’inconnu de l’Elysée), passionné d’arts et de civilisations exogènes, engagé à fond dans la sauvegarde de la planète rejoignant Mikhaïl Gorbatchev et Nicolas Hulot… à se demander pour quoi il fut président de la République ? Il semble que l’opinion ne le réalise pas encore.

L’analyse faite si tardivement par les « deux principaux » candidats et surtout par les parieurs de carrière, de leur positionnement mutuel en cas d’émergence d’un tiers. Pour Ségolène Royal, le précédent de l’irrésistible distanciation de Jacques Chaban-Delmas en 1974 par Valéry Giscard d’Estaing, tient à ce qu’une partie de son électorat potentiel a deux envies qu’il faut satisfaire à la fois. Une capacité de renouveler la politique mais avec compétence, être placé pour battre l’adversaire dont on ne veut à aucun prix. Dès qu’il apparut que Valéry Giscard d’Estaing était mieux à même de l’emporter sur François Mitterrand, l’électorat de la majorité sortante quitta Jacques Chaban-Delmas, qu’elle ne préférait que par raison (à quoi s’était employé Georges Pompidou ne considérant plus à « l’usage » son Premier ministre). L’homme à battre aujourd’hui est, pour beaucoup, Nicolas Sarkozy et la gauche n’est pas seule dans cette mobilisation négative. A l’inverse, la hiérarchie du Parti socialiste sent bien que les voix grossissant l’électorat de François Bayrou, par rapport à son score de 2002, viennent du centre gauche. François Bayrou a eu le génie de sentir le premier que la réserve de voix est là. Et bien entendu, alors que Ségolène Royal fait l’erreur de l’étiqueter à droite sans réaliser qu’elle-même ne peut l’emporter au second qu’avec cet électorat centriste qu’elle avait d’abord visé en étant candidate à la candidature, François Bayrou au contraire a décisivement évoqué que son Premier ministre sera choisi à gauche.
Pour Nicolas Sarkozy, l’aveu est sans fard : faire que Jean-Marie Le Pen soit présent au premier tour, c’est au mieux l’avoir comme adversaire au second tour, qui n’en sera plus un, le plébiscite se renouvellera, et c’est plus probablement disposer de ses voix contre Ségolène Royal, mais encore davantage contre François Bayrou du fait de l’engagement européen de ce dernier. Si le ministre-candidat est si petitement européen, c’est bien à cause du Front national. François Bayrou au second tour est plus dangereux que Ségolène Royal, il aura des voix de gauche, il aura des voix libérales au sens premier du terme, c’est-à-dire se déterminant en fonction des libertés publiques et du profil psychologique du président souhaitable. François Mitterrand l’emporta ainsi en 1988.

Les voix dont disposera Ségolène Royal au premier tour dépendent en fait des possibilités de candidature de l’extrême-gauche dite anti-libérale bien plus que de sa perte de séduction envers l’électorat centriste. Si la question des parrainages construit une candidature unique : celle d’Olivier Besancenot, faute que les appareils y soient parvenus d’eux-mêmes à l’automne, la bataille socialiste deviendra une bataille d’identité de gauche. Intéressante et décisive pour une grande famille d’esprit et qu’avait su gagner – paradoxalement – François Mitterrand à plusieurs reprises, mais très handicapante pour assembler, au second tour, au-delà de la gauche.

Je préfère donc analyser ce qu’apporte la campagne en cours – structurellement – à la vie politique française. Je la crois révélatrice et constructive. Donc, indépendamment des candidats et de leurs dires, bénéfique pour notre avenir.
   

     La campagne modifie peut-être la fonction présidentielle


L’élection au suffrage universel direct n’était pas utile à de Gaulle, elle l’handicapa même, modifiant pour quelques années l’origine de son pouvoir. Le défunt Comte de Paris le remarqua le premier, il ne s’agirait plus de légitimité. Mais l’homme du 18 juin – ce faisant – dès 1962, voulait, et fit jurisprudence, que les successeurs aient une équation dépassant leur propre personnalité et leur parcours. C’est  l’occasion à de sa propre campagne, en 1965, que le fondateur refusant «  la politique des boules puantes » - dont beaucoup de Français regrettent en ce moment qu’elle ait tant cours – articula aussi, à propos de François Mitterrand que les siens voulaient discréditer, qu’ « il ne faut pas porter atteinte à la fonction, pour le cas où il viendrait à l’occuper » [1]. Prophétie et capacité de recul, alors qu’on est soi-même en cause, devenues rares en ce moment. La droite en particulier déniant toute capacité à la candidate socialiste et tâchant de répandre un jugement sur Ségolène Royal qui n’aurait comme critères que les siens : quoi d’étonnant alors qu’elle ne fasse pas l’affaire. Tactique décalée car la candidate socialiste, qu’on avait cru à gauche comme à droite capable de faire bouger les traditionnels votes de droite, n’y est manifestement pas parvenue, plus attractive en campagne interne au Parti socialiste, qu’une fois intronisée. Problème déjà rencontré par Michel Rocard, apprécié à droite plus que d’autres socialistes, mais jamais au point d’être préféré au candidat proprement dit de cette droite.

L’élection présidentielle, dans la forme décidée par referendum en 1962, devait être à la fois une décision de politique générale et un choix de personne, la meilleure, la plus adéquate possible. A partir de 1995, c’est l’échec. D’une part, les campagnes deviennent une prospection des électorats par catalogues et engagements commerciaux : 1988 en avait donné un avant-goût, François Mitterrand parla de « jack-pot » à propos de celle du Premier ministre sortant. Celle en cours dépasse tout précédent. J’entends par promesses autre chose que les priorités ou les propositions, manière de la gauche qui pourrait d’ailleurs s’articuler en propositions de loi dûment déposées avant la fin de la législature et automatiquement reprises, au début de celle suivant la victoire du nouveau président. Mais des spontanéités, en fonction d’auditoires de l’instant (le second porte-avion nucléaire abandonné pour en reporter les crédits sur l’éducation), ou des calculs très délibérés en fonction d’un électorat recherché (le projet de fichier national des psychopathes, rejeté par la communauté médicale et même la majorité parlementaire sortante, donc retiré par le ministre de l’Intérieur mais promis par le candidat). Promesses qui créent un besoin  de leur évaluation par des autorités ou des mécanismes indépendants, et appellent des questions sur la manière de les réaliser. Le débat sur le chiffrage… le site d’Alexandre Jardin…

D’autre part, si à mesure de l’exercice du pouvoir, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand étaient critiqués, il ne fut jamais avancé qu’ils étaient inférieurs à leur fonction. Edouard Balladur dès 1996 l’a soutenu à propos de Jacques Chirac, alors qu’une quasi-unanimité s’était faite sur son exercice des fonctions de Premier ministre. La révérence que le président sortant pour son prédécesseur explique probablement sa lacune principale : il lui faut un père, même s’il s’oppose à lui. Valéry Giscard d’Estaing, de trop peu son aîné, n’en tint pas lieu. Jacques Chirac à Pierre Péan ne dit pas : de Gaulle ou le général de Gaulle, il dit : le père de Gaulle. Et envers Georges Pompidou, puis la femme de celui-ci, ses sentiments d’attachement filial ont toujours été explicites.

Mais si l’élection présidentielle, dans son actuelle psycho-sociologie, ne contribue pas à la fonction telle que l’avait inaugurée de Gaulle, elle en construit peut-être une autre. Du moins, la conception qu’en a désormais la « classe » politique le présage. L’un des arguments pour abréger la durée du mandat présidentielle a été le risque de conflit de légitimité entre le président et l’Assemblée renouvelée en cours de son mandat, et donc plus « fraîchement » élue que lui. C’est un argument que je récuse car la dissolution précisément ou le recours au referendum sont des opportunités pour le président en place de se faire confirmer presqu’à tout moment. Evidemment en courant le risque d’être désavoué. Dans une conception de la présidence quinquennale, c’est le renouvellement du mandat qui compterait le plus. La légitimité ne serait plus créée par la première élection, ne caractérisant pas une personnalité et ne lui permettant que l’accès au pouvoir, mais elle serait reconnue par la seconde selon la qualité d’exercice de la fonction présidentielle. En tout cas, la première élection serait un choix de programme, une décision d’orientation ; la consécration personnelle ne pourrait intervenir qu’à la seconde. Le quinquennat serait un mandat de dix ans conditionnels. Durée choisie pour le consulat de Napoléon Bonaparte ou pour le chef de l’Etat, dans le projet du maréchal Pétain. Durée d’exercice des fonctions présidentielles par le général de Gaulle, seul à avoir accompli cette durée en pleine possession de toutes les prérogatives qui leur sont attachées, puisque François Mitterrand et Jacques Chirac ont eu leur propre longévité, partiellement amputée par les cohabitations (deux fois deux ans pour le premier, cinq ans sur douze pour le second).

Ainsi, la vraie révision de nos institutions n’est-elle pas celle proposée pour son texte par tous les candidats, elle résulte de la campagne en cours.
     La campagne révèle aussi bien notre vie politique intérieure que l’état de nos relations extérieures


L’élection présidentielle, surtout, révèle la réalité de la vie politique et montre les évolutions dans la distribution des familles d’esprit. C’est elle qui a fait constater la diminution puis la quasi-disparition du vote communiste, bien moins sensible dans les scrutins parlementaires puisque les réserves de circonscription entre partis maintiennent – artificiellement – l’importance non seulement des communistes, mais des Verts. Le fait qu’aucun candidat ne se réclame du passé, ni du sien propre, ni de l’exercice du pouvoir par l’un quelconque des présidents de 1959 à ce printemps-ci, centre l’agencement des forces politiques et des candidatures que la plupart cherchent à placer sur la stricte actualité.

La procédure d’émergence des candidatures est d’ailleurs – sauf pour ceux des chefs de partis qui sont eux-mêmes candidats : François Bayrou, Marie-George Buffet, Jean-Marie Le Pen, Philippe de Villiers – tout à fait nouvelle à peu près partout. La tentative de candidature unique à l’extrême-gauche, le pluralisme très libre chez les socialistes, le simulacre dans la majorité sortante d’autant plus remarquable qu’on le croyait imputable seulement à la personnalité fondatrice de Jacques Chirac.

Le mauvais rapport à l’argent n’est pas nouveau. Il y eut – ravageusement – les scandales du Panama ou de Stavisky – sous la Troisième République. Jacques Chaban-Delmas fut atteint par l’affairisme de certains de ses ministres, il est vrai de rang secondaire. Plus que d’enrichissement sans cause ou d’une concussion avérée – quoique ce soit le problème manifeste de l’un des candidats, du fait d’ailleurs d’un cumul de mandats qui est l’habitude du R.P.R. léguée à l’U.M.P. – c’est de laxisme, qu’il s’agit. Dès leur entrée respective à l’Elysée et à Matignon, Jacques Chirac et Alain Juppé, en 1995, aveint vu mettre en cause leur pratique immobilière selon leur position à la mairie de Paris. Il est évidemment choquant que des candidats à une fonction dont l’exercice sera en partie de veiller à la morale publique, donc à la sincérité fiscale, ne soient pas rigoureux dans leurs gestions personnelles. Mais le laxisme n’est pas que pour l’argent. Il fut choquant d’entendre le président sortant dont la responsabilité politique a été deux fois sanctionnée, en 1997 à la suite de la dissolution et en 2005 par referendum, en appeler au sens de la responsabilité de tous, à plusieurs reprises. Le mauvais rapport à l’argent va de pair avec un mauvais rapport au peuple, simplement parce que le laxisme personnel rend superficiel les engagements politiques. La phrase si cynique de Charles Pasqua : les promesses n’engagent que ceux qui y croient. C’est ce qui produit la sensation chez les Français – fondée – que la politique est un exercice professionnel, comme un autre, en rien exceptionnel, sacré donc, que les carrières dans l’intérêt public et selon des convictions ou un idéal laissent la place à de simples parcours d’ambition. Une sorte de « jeu de l’oie » : du cabinet à la députation (circonscriptions que l’on se repasse, ainsi le monnayage de celle de François Léotard contre une nomination à l’inspection générale des finances, au tour extérieur, ou la disponibilité de celle de Jean-Louis Debré à Evreux qui échoit au directeur du cabinet de Dominique de Villepin – le fait que celui-ci ne la retienne pas pour lui-même et donc pour commencer une carrière parlementaire d’ici l’été, est d’ailleurs, je crois, l’événement de la semaine, peu commenté encore), de la députation au gouvernement malgré la philosophie première de notre Constitution qui prétendait distinguer les deux fonctions et aussi les deux types de talent, et du gouvernement… à « la dernière marche » : expression de Nicolas Sarkozy, donnant à la Réunion en exemple pour tous les modestes de naissance, sa propre carrière. Discrimination positive.
Le rapport aux médias a complètement changé. D’une possibilité technique pour saisir directement les Français qu’Edouard Daladier avait inaugurée et qui importa tant au maréchal Pétain, et à quoi n’excella de Gaulle que parce qu’il avait quelque chose à dire et à faire approuver, quelque chose de précis, les ondes ont fait apparaître une profession, tendant à devenir une classe, au fonctionnement analogue à celle de la politique : même problématique du rapport à l’argent et au peuple, même tendance à la cooptation et même à l’hérédité, même écart entre l’explicite et le sous-jacent dans l’exercice d’une fonction pourtant essentielle à la démocratie contemporaine. Essentielle quand fléchit l’instance du contrôle politique qu’est le Parlement : magistrature et journalisme d’investigation, ensemble, tiennent le rôle de la commission d’enquête parlementaire, y compris dans la phase de contradiction. Naguère, les « affaires » étaient portées sur la place publique par les adversaires ; aujourd’hui, elles sont exposées à l’électeur directement. Accessoirement, c’est un bon test de personnalité pour les candidats : le jeu de la vérité. Valéry Giscard d’Estaing y perdit le contrôle de son image. Que Jacques Chirac ne soit pas tombé par harcèlement tient de deux prodiges, une « mithridatisation » des Français, pas forcément positive ni civique, dangereuse pour notre estime à l’étranger, une vraie solidité nerveuse du président de la République. Trait de caractère que semble posséder bien plus Ségolène Royal que Nicolas Sarkozy, à égalité de questionnement ces jours-ci.

L’actuelle campagne semble dégager, pour l’exercice de la fonction médiatique, deux règles. L’équilibre de traitement entre les candidats ne serait pas seulement affaire de temps d’antenne, mais de neutralité ou de réserve des commentateurs et des éditorialistes de renom. Il y aurait une émission « faiseuse de rois », à chaque campagne. Il est dit que François Bayrou doit le début de sa « percée » dans les intentions de vote à son passage dans l’émission où avant lui, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avaient surtout rivalisé et subi une évaluation selon l’audience, mais non le fond (10,5 millions de téléspectateurs pour la seconde contre 8 et quelques pour le ministre-candidat). Encore, n’en sommes-nous qu’à la pré-campagne. En 1974, Jacques Chaban-Delmas espéra se rattraper par un face-à-face avec François Mitterrand avant le premier tour, comme s’il s’était agi pour lui de surpasser le champion de la gauche, alors que son adversaire était bien – pour la primaire – Valéry Giscard d’Estaing. De Gaulle, au contraire, pour la campagne du deuxième tour en 1965, avait innové (ou plutôt son secrétaire général, Etienne Burin des Roziers) : un dialogue, la chose a été reprise à satiété, au point que soit confondu de plus en plus un discours direct du président de la République avec une conversation. L’homme du 18 juin avait seulement voulu contrer une réputation de trop grande altitude par rapport au commun. Des gouvernants qui ont suivi, on réclame au contraire – maintenant – un peu plus de hauteur de vues et de propos, car si ceux qui exercent le pouvoir en démocratie sont tellement semblables à leurs administrés, et tiennent tellement à ce que cela se sache, au nom de quelle différence rétendent-ils l’emporter. Concours de proximité, à quoi serait consacré l’essentiel de tout talent des candidats et des gouvernants ensuite ? ou démonstration d’excellence ?  

Une des révélations de la campagne actuelle est qu’il n’y a plus de primaire ni à droite ni à gauche, elles surabondèrent de 1974 à 2002. Tandis que beaucoup regrettent que nous n’ayons pas de « primaires » à l’américaine, c’est-à-dire un choix des candidats, non seulement par les appareils ou par les militants, mais bien par les électeurs potentiels De même – pour beaucoup de Français qui s’en cachent bien moins que de leur intention de vote –, le parrainage des candidats devrait rester le secret du Conseil constitutionnel pour ne pas être, par la publication des signatures, un véritable premier tour de l’élection et, pis encore, une élimination de sensibilités politiques existantes. Réforme à inscrire à l’ordre du jour de la prochaine législature. Ce qui induit une réflexion de plus grande portée. La prérogative présidentielle, surtout si elle retrouve son fondement qui est la responsabilité du président de la République devant le peuple à l’occasion de la dissolution ou du referendum, est telle que le mode de scrutin pour l’Assemblée nationale peut changer. La représentation proportionnelle permettrait l’accès au Palement de toutes les familles d’esprit, alors qu’actuellement elles n’espèrent, pour beaucoup d’entre elles, n’apparaître et pouvoir se dire qu’à l’occasion de l’élection présidentielle. Le changement du mode de scrutin pour le renouvellement de l’Assemblée nationale, et peut-être aussi le changement dans la composition du Sénat, ce qui est pensé depuis cent cinquante ans et toujours pas accepté – malgré de Gaulle notamment – libèrerait l’élection présidentielle d’un rôle qui ne doit pas être le sien et qui pollue la campagne : la représentation. L’élection présidentielle est une décision de personne, elle-même garante d’un programme et incarnant des options ; elle n’est pas un outil de représentation des diversités françaises.

Certaines idées-force peuvent fonder un parti, mais quand elles ont été efficaces, c’est-à-dire contagieuses, elles ne peuvent faire, par elles-mêmes, que susbiste un parti. Les républicains, ou les courants républicains, se justifiaient en tant que partis face aux alternatives royaliste et bonapartiste au début de la Troisième République. Se dire républicain aujourd’hui à peu de sens surtout si la République n’est plus définie comme un régime mais comme l’attachement à des valeurs : qui n’est pas humaniste ? d’autant que sans changer la forme républicaine du gouvernement, constitutionnellement insusceptible de révision, rendre héréditaire (dans la maison de France) la fonction présidentielle permettrait sans doute de donner à la Cinquième République ce qu’il lui manque essentiellement en ce moment : le contrôle parlementaire, le chef de l’Etat n’étant plus qu’arbitre. Les Verts, depuis René Dumont qui fit en 1974 que tout commença, ont gagné : l’écologie doit être la priorité de tous les partis, si elle n’est la tâche que d’un seul, elle ne s’accomplira pas assez. Leur déclin, en tant que mouvement politique, est à la mesure de leur succès d’idées. La bataille pour l’emploi ou la sécurité sociale, la dignité des travailleurs en tant que tel, qui – en situation de gouverner – les ignorerait ? La pétition socialiste, sur ce plan, est en concurrence et le Premier ministre actuel a eu tort d’en faire dépendre son image, alors que – à tort ou à raison – son discours aux Nations unies lui avait donné une image populaire. D’une telle image, Michel Jobert avait eu la ténacité (et le talent incomparable) de bénéficier jusqu’à sa mort et sans jamais avoir été élu. Du fait de l’échec d’un système ayant régné de fait depuis 1981 : l’alternance droite/gauche au pouvoir, ls centristes – actuellement l’U.D.F. – deviennent un parti nécessaire dont la proposition n’est qu’institutionnelle. Cette proposition peut, selon ce qu’exprimera leur candidat-refondateur, être aussi une radicale imagination européenne. Paradoxalement, autant la proposition institutionnelle est porteuse pour François Bayrou, autant une pétition européenne intégrale serait périlleuse : on mesure là l’évolution en France de la perception de l’enjeu européen. Le général de Gaulle, pourtant si ferme (et ingénieux avec Maurice Ciouve de Murville aux Affaires étrangères) dans la fondation d’une pratique européenne entièrement dans nos intérêts, et il  parvenait, fut mis en ballotage en 1965 à l’élection présidentielle par une surenchère des centristes (la candidature de Jean Lecanuet, supranationaliste). Ne pas paraître assez européen était dangereux il y a trente ans, l’être ou l‘être trop est aujourd’hui périlleux. Ce qui rend encore plus artificielle la puérile course à la « stature internationale » - avec ses paradoxes, la candidate socialiste cherchant son adoubement chez la chancelière chrétienne-démocrate et le candidat de la majorité sortante chez le président socialiste du gouvernement espagnol – montre l’état pitoyable de nos relations extérieures. L’entente franco-allemande à l’épreuve des erreurs de gestion d’Airbus.
                                                                                        BFF – 9.11 III 07

 disponibles sur demande, les précédentes réflexions sur le même thème de l’élection de 2007

12 Novembre 2006
Le contexte : L’impuissance à plusieurs points de vue.
Les paradoxes
Les processus de candidatures et de programmes
20 Novembre 2006
Le choix et la manière socialistes
Les programmes
Les faux semblants
Interrogations en conclusion d’étape.
2 Décembre 2006
Les candidatures
Les procédés
Les absences
16 Décembre 2006
Les rôles-titres et les acteurs
L’électorat présumé
Les certitudes des Français en forme de questions
Quel contexte ?
2 Janvier 2007
Le naturel  des partis
Les clivages ne correspondent plus aux partis
Le métier fait les moeurs
L’élection présidentielle est à un tour
9 Février 2007
Les mises en campagne
Les modalités de la campagne présidentielle restent à inventer pour l'avenir
La politique extérieure est le vrai clivage, il n'est avoué en tant que tel par personne
18 Février 2007
L'opinion et les candidats
Les candidats et l'opinion
L'absence de choix en matière institutionnelle
Le mauvais énoncé de la question européenne
24.25 Février & 4 Mars 2007
Des certitudes négatives
De rares certitudes positives, mais qui sont sans doute la matrice d’un système nouveau
Apathie ou désespérance des électeurs ? ou médiocrité des acteurs ?
Quelque chose prendrait-il forme ?
Le monde, pendant ce temps-là…
Les résultats du capitalisme tel qu’il se pratique en français


[1] - Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle ** p.602 (éd. Fallois-Fayard  . Octobre 1997 . 653 pages)

lundi 24 février 2014

psychologie post-soviétique - 19 Juillet 1993




Ambassade de France au Kazakhstan
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                                         Almaty, lundi 19 Juillet 1993











Observations & Réflexions sur
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LA MEMOIRE ET LA PSYCHOLOGIE AMBIANTES AU KAZAKHSTAN
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Dans le discours officiel comme dans la conversation avec des fonctionnaires de responsabilité ou des ministres, le Kazakhstan se dit un pays jeune.

Slogan repris complaisamment et qui ne serait pas le sentiment d'une population qui a le sens de la généaologie; qu'elle soit originaire d'ici, ou venue d'ailleurs ?
              
Alibi ? ou vérité par sensation d'une profonde inexpérience de la vie internationale ? Mais cette inexpérience n'est pas avouée. Bien au contraire, depuis les débats sur la Constitution, puis l'adoption de celle-ci, il est dit que toutes les expertises ont été consultées et que celles-ci concluent toutes à l'excellent niveau de la démocratie, au moins dans les textes. Or, il saute aux yeux du lecteur le moins attentif que les innovations du texte de 1993 par rapport à celui de 1978, hormis les références idéologiques, ne comportent que deux institutions : la Présidence de la République, plutôt musclée, et la Cour Constitutionnelle, qui fait - elle - preuve d'indépendance quoiqu'entièrement nommée. De même, le ministère des Affaires Etrangères fait pleuvoir sur les Ambassades des recommandations et des indications tendant toutes à son monopole pour la relation des diplomates avec le reste du pays. Rien - donc - que dans les usages publics, l'expérience internationale manque en fait absolument, et pourtant il est considéré et proclamé qu'elle ne manque pas.

               Conscience de n'avoir pas de précédent à la forme étatique contemporaine ? Pourtant le concept de " nation kazakhe " figure dans les premiers articles de la Constitution, et cette nation a ses éphémérides fêtés et repérés jusqu'au XIème siècle, et des anniversaires de batailles anciennes de trois ou quatre siècles sont commentés dans la presse quotidienne. Réciproquement... Semipalatinsk ou Oust-Kaménogorsk ont des vestiges de presque trois siècles d'établissement frontalier russe, et le 250ème anniversaire du " rattachement volontaire " à la Russie a pu être fêté peu avant l'effondrement soviétique.

               Il faut donc penser - jusqu'à plus ample informé - que
1° les peuplements divers du Kazakhstan actuel ne considèrent le commencement de leur histoire commune et donc de la République actuelle que de la proclamation de l'indépendance de celle-ci : pas bencore deux ans. Ce qui rend peu significatives aussi bien la courte phase des déclarations de souveraineté au sein de l'Union Soviétique dans le cours de l'année 1991, que l'érection d'une République socialiste soviétique du Kazakhstan, par scission de la République de Kirghizie en 1936 et démembrement partiel au profit de l'Ouzbékistan. Ce qui constitue une première approche - très positive - d'un examen de l'entente domestique des différentes "nationalités" ;
2° un lien est fait avec le consentement désormais libre des
Kazakhs à une certaine invasion de leurs terres de parcours par les Russes, puis tous ceux que ceux-ci y déportèrent dans les dernières décennies ;
3° aucune revendication territoriale majeure de l'ethnie-hôte des autres n'oblitère la sensation actuelle d'indépendance, quoique dans la conversation courante la rive gauche de la Volga, Omsk et Ohrenburg soient considérés comme ayant été kazakhs. Evaluations qui ne sont pas faites à propos de territoires actuellement sous juridiction des Républiques de Chine ou d'Ouzbékistan.
              
En revanche, le pays, et surtout les Kazakhs peuvent s'inquiéter des manifestations et des démonstrations des Cosaques aux frontières du pays ; la région d'Ouralsk se trouve en sus proche des zones pétrolifères et de leurs voies d'évacuation.

               Il faut aussi en déduire que - probablement sans l'avoir délibéré - le pays s'engage à un difficile exercice d'explicitation de son identité, puisque celle-ci n'aura pas de référence historique nette.



               La géographie suggère une forte identité mentale, d'autant plus que les esprits - par delà d'éventuels clivages ethniques - sont singulièrement homogènes.

               A l'évidence, c'est la steppe et le fait que - nomadisme ou déportation ou encore fuite vers les " terres vierges " loin du centralisme tsariste - tout le monde a conscience d'être déplacé ou de s'être déplacé dans un passé qui n'excède pas trois générations, qu'on soit Kazakh sédentarisé ou Russe arrivé de Sibérie ou d'Ukraine ou Coréen venu après l'occupation japonaise de la patrie d'origine ou Allemand arrivé sous Catherine II ou sous STALINE. L'esprit des steppes, qu'il faut comprendre différent des animismes et du chamanisme, imprègne la conversation, la comparaison poétique, le discours d'usage en province comme dans la capitale, quel que soit l'origine ethnique. Ce sont les récits de chasse, c'est le culte du cheval, base non négligeable de la nourriture (lait et viande), c'est la sensation d'espace disponible d'autant plus que la densité de la population est faible (17 millions d'habitants pour près de 3 millions kms²).

               Les soixante-dix ans de communisme ont d'autre part gommé toute éducation, toute référence religieuses, que celles-ci soient musulmane ou orthodoxe. L'interdiction de l'écriture arabe d'une langue kazakhe, elle-même minorée pendant le régime totalitaire, a contribué à l'isolement autant vis-à-vis de l'Islam courant, qui n'avait d'ailleurs que superficiellement pénétré le pays et l'âme de ses nomades, que du fondamentalisme aujourd'hui iranien. Le respect cependant pour quelques signes extérieurs sinon de foi, du moins de maintien d'une tradition, est général : on bénit souvent la table ou l'on conclut le repas à la manière musulmane. Le chapelet est rarissime, et la calotte n'est pas à rattacher avec une piété affichée.
               La littérature n'oppose pas les nationalités entre elles, au contraire. POUCHKINE et DOSTOIEWSKI sont aussi populaires et réellement connus chez les Kazakhs que chez les Russes. La création contemporaine fait reconnaitre davantage que par le passé le fonds commun qu'est le pays dans sa géographie et sa sociologie, un fonds qu'exprime en russe un authentique Kazakh comme M. Oljas SOULEïMENOV par exemple tandis qu'un authentique Russe SYDORKINE épouse une Kazakh et devient le talentueux graveur et illustrateur de scènes populaires et d'oeuvres considérables comme celles de Moktar AOUEZOV (La voie d'ABAï). S'il est couramment dit - à notre grand bénéfice - que le français fut l'esprit et la langue d'ouverture de la Russie au XIXème siècle, ABAï alors et M. SOULEïMENOV maintenant assurent que la langue russe est l'ouverture du Kazakh au monde international. Les références d'ailleurs à la France, via l'enseignement littéraire et historique que le régime soviétique véhicula à profusion, pour schématiques qu'elles sont (interprétation nationaliste de la Commune, encensement de BALZAC, de DUMAS, de ZOLA) sont un élément d'unité mentale non négligeable du pays. La littérature constitue même une conciliation mentale fréquente avec l'ancien régime ; DJAMBOUL qui a donné son nom à la ville de Taraz, fut un poète officiel, CHOUKALINE ou RASPOUTINE (sans relation avec le moine...) marquent sous KHROUCHTCHEV un certain éveil.


               L'interprétation de l'histoire des deux derniers siècles est unanime, quoique non encore écrite.

               Le pays se voit comme une colonie russe davantage sous le régime tsariste que dans l'ensemble soviétique où l'égalité de droits et d'apparence faillit créer une nationalité nouvelle et en tout cas plus vaste d'aire géographique, que chacune des Républiques socialistes. Moscou exerça une attraction certaine et continue, l'ancienne Leningrad dans une moindre mesure, à être vêcue comme un bien et un lieu communs. L'esprit colonial ne se manifestait pas parmi les nouveaux venus, et n'était qu'implicite dans l'esprit des dirigeants, mais la pratique d'Etat, et ses conséquences actuelles dans l'économie, dans la pénurie de cadres intellectuels ou militaires, font bien de l'ancien régime un système d'exploitation. Lieu de déportation au XIXème siècle, astreint au XXème à une division du travail l'empêchant de se doter d'industries de transformation et le faisant structurellement déficitaire puisque le jeu des prix d'achat de ses richesses se faisait sans sa consultation, le Kazakhstan estime avoir été pénalisé. Mémoire familiale de l'installation ici, analyse des responsables d'entreprises, les Russes d'origine confortent ainsi les Kazakhs dans la conscience de leur exploitation non par ceux qui physiquement arrivaient chez eux - il n'y a pas de structures féodales, de descendances d'anciens dominants étrangers - mais par des systèmes

politiques. Les dommages aux êtres humains et à l'environnement, causés par quarante ans d'essais nucléaires à Kurtchatov, dans la région de Semipalatinsk, frappent sans doute davantage la population kazakhe mais sont en partie reconnus par les militaires et les médecins russes localement en service de longue date.


               Le regard est le même, quelles que soient la nationalité ou la région, sur les phases du régime communiste. Sans qu'il y ait la moindre velleité d'un retour au passé, que l'on sait et dit totalitaire pour les personnes comme pour les nations, la conscience est générale que l'Union Soviétique était une grande puissance, et qu'elle a été ruinée en rang à l'extérieur, et en fonctionnement domestique de son économie par le président GORBATCHEV ; très rares sont ceux qui reconnaissent à ce dernier un rôle positif, notamment pour avoir restauré la liberté, et ménagé une transition à frais relativement faibles jusqu'à présent. Il est vrai qu'il constitue aujourd'hui un repoussoir commode et que certains commencent de lui reconnaître une transition - peut-être involontaire, mais globalement pacifique - vers les indépendances. Pour une majorité, l'interrogation est fréquente sur les raisons de sa popularité à l'étranger. L'homme est présenté comme instable et en contraduction avec lui-même. Les événements de Décembre 1986, présentés ici non sans orgueil, comme la première manifestation avouée d'indépendance nationale dans toute l'Union Soviétique d'alors (les événements antérieurs à la perestroïka en Géorgie ou à Iakoutsk furent étouffés), illustrent ce jugement ; on descendit parmi les jeunes dans la rue, parce qu'on était convaincu que la perestroïka impliquait une explication franche et un débat sur la nomination d'un nouveau Premier secrétaire du parti communiste localement (M. KOLBINE). Et que la contestation était loisible, et même souhaitée ! L'on fut cruellement détrompé. C'était un acte de force, et l'homme ne consultait pas, pas même celui qui prenait sa retraite, était populaire relativement et avait donné tous les gages (M. KOUNAEV).

               La chute de l'Union Soviétique est donc généralement analysée sans détour comme la faute d'un homme, ce qui en fait regretter la puissance et le rayonnement, mais évidemment pas le régime oppressif ; le lien n'est pas fait entre ce régime et le maintien de l'Union. Parmi les dirigeants successifs, c'est BREJNEV qui a la meilleure image, d'abord parce qu'il "régna" un temps au Kazakhstan et n'y fut pas maladroit ; ensuite parce que ses réformes économiques réussirent et furent perçues comme un certain âge d'or : stabilité des prix mais label aussi de qualité. KHROUCHTCHEV est considéré - au rebours des appréciations flatteuses en Occident et de son entente tacite avec le président KENNEDY à l'expérience de la " crise de Cuba " qui ne sont pas ici perçues - comme l'initiateur du militarisme soviétique, le vrai responsable du désastre écologique nucléaire dans tout l'Est du Kazakhstan, et économique avec la campagne pour les " terres vierges " (exécutée pourtant sous le secrétariat local de

BREJNEV) engendrant les travaux agricoles gigantesques dont pâtit la mer d'Aral et même le redoublement du goulag minier dans la région de Karaganda. Seuls, les intellectuels voient dans le début des années 1960 les premiers signes d'un "dégel" et de la possibilité de commencer à s'exprimer. Ils sont rares dans l'administration d'aujourd'hui.

               Le milieu de celle-ci est mentalement et numériquement restreint ; la plupart des responsables se connaissent et donc se jugent, pour avoir été formés aux mêmes écoles du Parti et avoir débuté dans les mêmes fonctions d'animation des organisations de base ou d'entreprises de celui-ci, quelles que soient le études techniques ou l'application politique. Le jugement sur les personnes est constant et assez simpliste, qu'il s'agisse des dirigeants de naguère pour lesquels il est ouvertement exprimé en moeurs ou en capacités intellectuelles, ou des actuels. Ce qui n'est pas démocratique dans la vie institutionnelle ou collective, l'est en revanche dans les rencontres individuelles et la conversation même officielle.

               On ne fait pas le lien entre l'ancien régime et l'incommunication avec l'extérieur, pourtant regrettée et manifeste dans les arts plastiques, ou pour la littérature contemporaine. Longtemps, L'Humanité en surplus constant dans les kiosques est une des rares ouvertures pour les francophones. La percée actuelle du sous-cinéma américain est unanimement abhorrée, quoiqu'elle ait son public de télévision bien accroché.

               A la période de relative aisance économique des années 1970 de BREJNEV fait pendant l'euphorie patriotique qui suivit la victoire de 1945 et perdura jusqu'aux débuts des années 1960 avec les conquêtes nucléaire et spatiale. La perception d'une sorte d'empire idéologique alors constitué avec la révolution chinoise et les décolonisations indienne et africaine est rare ; la latente menace que fait peser à l'Est le gigantesque voisin chinois n'est en rien liée aux conflits de puissance des années 1960 au temps de KHROUTCHEV, ou à leur apaisement par les différentes évacuations de l'Afghanistan ou de la Mongolie consentis par M. GORBATCHEV. L'analyse seulement ethnique ou locale de cette menace fait donc présumer la pérennité de celle-ci dans les esprits. Pas davantage, un lien n'est établi entre les "ethno-allemands" (pour prendre l'expression usitée en Républiqe fédérale et dans l'Ambassade de celle-ci à Almaty) et le passé impérialiste de leur pays d'origine. Lecture apatride du "fascisme" ? contrepoids mental de la République démocratique ? - qui n'eût cependant pas son consulat dans les pays où la minorité allemande était trop présente, et donc pas au Kazakhstan.

               Si devait apparaître une histoire proprement nationale, il n'est pas sûr qu'elle diviserait les nationalités. Chacune de celles-ci peut écrire les étapes de son arrivée et de son installation sans afficher de martyres ou d'occupation violente. Les Russes ne se solidariseraient pas avec la politique tsariste et celle-ci joua autant des rivalités entre les principaux clans kazakhs, que de la force. Les Kazakhs, quant à eux, mettront sur le compte de la révolution de 1917 et de ses excès, puis de la dictature de STALINE les massacres des années 1930, la sédentarisation forcée, l'affamement systématique d'une population privée de ses racines et de ses habitudes, la " dékoulakisation " et même la liquidation du premier parti communiste local ou la suppression de l'éphèmère République pourtant socialiste qui eut sa capitale à Ksyl-Orda. Plus délicates cependant seront l'inévitable analyse des camps de travail (notamment das les mines d'uranium proches de la frontière kirghize, où 200.000 Kazakhs auraient péri de fatigue) et surtout la probabilité statistique d'un quasi-génocide ayant coûté à l'ethnie-hôte peut-être 1.500.000 morts, en sorte que la population kazakh n'auraient retrouvé son nombre du début des années 1930 qu'au début des années 1980. Faits et chiffres son encore loin de la place publique. Mais cette histoire n'est pas encore écrite, et l'"idéologie" qui se cherche officiellement, spécule davantage sur l'avenir ou la sociologie, que sur la reconnaissance du passé.



               La démocratie n'est pour le moment qu'une notion théorique, le cédant de beaucoup à la conscience de libre-détermination du pays et de libre expression individuelle.

               Si la jeunesse estudiantine est avide d'entendre quelque jugement ou explication du nouveau régime par un étranger, la génération au pouvoir raisonne en termes sans doute analogues à celle de l'ancien régime : la compétence au pouvoir est plus nécessaire que la liberté des élections. On va même jusqu'à assurer que la succession au Président régnant - le sujet n'étant qu'économique - se fera non par l'émergence des partis, mais par l'accession des milieux d'affaires et d'une classe formée aux techniques du marché par l'étranger. On ne conçoit pas d'alternative au traitement de la plupart des questions du jour, et la délibération actuelle sur l'émission ou non d'une monnaie nationale, quoique pratiquement publique, est évaluée en termes de compétences.

               Paradoxalement, la fin du régime précédent est expliquée par son défaut de compétition interne, par l'absence de concurrence au parti unique, mais chacun - y compris les chefs des principaux partis, reconnus légalement ou pas - se résigne au truquage des prochaines élections parlementaires et personne ne semble rétrospectiveent choqué par l'absence de candidatures opposées en Décembre 1991 à celle du Président NAZARBAEV ; les retraits qui eurent alors lieu ne sont expliqués que par la conscience que les audacieux prirent de la valeur du candidat officiel. Le monisme actuel n'est donc en rien rapproché du système précédent. Sans doute parce que le pouvoir en place n'a jusqu'à présent heurté personne ni en sociologie, ni en nationalisme, ni même en avantages acquis.

               Pourtant, hommes et usages n'ont pas changé dans le fonctionnement des institutions. Les jeunes conseillers juridiques du Comité central sont aujourd'hui ceux de la Présidence ou de la vice-Présidence de la République. La plupart des fonctionnaires d'autorité locale sont les précédents secrétaires des comités exécutifs locaux ou des organisations de base du Parti communiste. Non seulement, les Conseils régionaux et le Conseil suprême (anciennement Soviet suprême) tiennent leur mandat de consultations d'ancien régime pour la date et pour la forme de leur élection, mais ils vivent pratiquement de la même manière. Sans doute, les débats sont vifs au Parlement à chambre unique, mais ils sont sans conséquence sauf sur certains points auxquels l'étranger est pus attentif : le statut de la Banque centrale ou le maintien d'une Cour constitutionnelle, créée d'abord par décret. La notion de séparation ou de spécialité des pouvoirs, celle de responsabilité de l'exécutif sont inconnues. Les Gouverneurs de région sont nommés par le Président, celui-ci a été plébiscité : les représentations locales ou nationale sont en droit, et plus encore en fait, sans pouvoir sur eux. Cela est parfaitement su, et semble généralement admis.

               Presse écrite et audiovisuelle sont très hiérarchisées ; un projet de taxation de la seule presse non-officielle a été annullé par la Cour Constitutionnelle sur recours d'un groupe privé, mais la pression par l'octroi ou non du papier chroniquement rare, par l'accès à l'information toujours monopolisée par une agence nationale permet les discriminations le cas échéant. Le débat existe cependant sous forme d'articles et de réponses à ces articles. Qu'il ait lieu prête cependant à critique, notamment au Parlement, ou de la part des Gouverneurs, dont la plupart sont aussi députés, ainsi que certains de leurs adjoints.

               La percée d'un syndicalisme libre est récente et presque fortuite. Elle tient beaucoup à la personnalité de M. Leonid SOLOMIN, officier en retraite, chargé des questions juridiques auprès du futur Premier Ministre, M. Sergueï TERETCHENKO, alors responsable du Parti communiste pour la région de Tchimkent, qui épousa les heurs et malheurs des premiers adeptes de la perestroïka dans l'économie ; l'émergence d'un secteur privé permit seule l'émancipation vis-à-vis du syndicalisme officiel, longtemps réputé comme la seule voie d'accès aux protections sociales et aux menus privilèges dans l'entreprise, et les mouvements sociaux commencèrent par la contestation des usages abusifs de fonds ponctionnant légalement depuis 1993, 37 % de la masse salariale, et se poursuivent aujourd'hui faute tout simplement que les salaires soient payés. La pression a été assez forte pour que le projet de loi syndicale adopté par le Consel suprême fasse l'objet d'un veto présidentiel, puis cède la place à une version proposée par ce nouveau syndicalisme comptant, à l'en croire, déjà autant d'adhérents que l'ancien.

               La seule rupture généralement perçue avec le passé, est donc l'indépendance nominale du pays - quoique le consensus autour du Président NAZARBAEV ne soit pas qu'on ait porté celle-ci à son crédit personnel. Son prestige, au contraire, est détaché de l'histoire récente et a tenu d'abord à sa réputation de compétence (nullement à un adoubement par Moscou ou par l'ancien chef local du Parti communiste, M. KOUNAEV) et tient maintenant à son habileté politique sur les deux sujets principaux que sont la paix entre les nationalités et la négociation permanente à l'intérieur de la Communauté des Etats indépendants.

               Il en est une autre, fort nouvelle dans la sociologie du XXème siècle, car elle transcenderait les analyses habituellement dualistes des classes dirigeantes d'un pays donné. La véritable alternance attendue serait dans une succession des dirigeants actuels, généralement issus du Parti communiste, par des dirigeants d'entreprises, formés à l'économie de marché et même frottés de voyages à l'étranger. Façon sans doute de demeurer dans une société refusant les clivages politiques et idéologiques, mais conscience répandue que les hommes n'ayant pas encore changé, les mentalités et les moeurs subsistent, ce qui laisse sceptiques les gouvernés et assure, dans leur comportement quotidien, les gouvernants. Et consentement général en fait à une interprétation seulement économique de la vie sociale et des nécessités de l'organisation d'Etat, ce qui était bien la doctrine ancienne, quoique son application dans l'avenir paraîtrait neuve, surtout par les hommes qu'elle ferait apparaître.

               Le débat démocratique, quand il y a toutes les apparences d'une lecture univoque de l'histoire (les hétérodoxes ne s'avouant pas encore publiquement) et la prétention que tout sujet n'est qu'affaire de compétence, est évidement difficile à nourrir. Les partis sont généralement considérés comme inutiles, quand leur existence-même n'est pas rapprochée de l'ancien Parti communiste qui aurait dégoûté tout le monde du concept-même de parti. Dans un cercle vicieux que personne n'explicite, on leur reproche tantôt leur faiblesse, tantôt leur peu d'implantation, tantôt leur mimétisme de programmes ou leur absence de contestation réaliste des politiques en cours. Certains voient dans la succession de leurs naissances depuis l'indépendance, la tentative du Président NAZARBAEV de maintenir l'ancienne habitude d'un parti dominant, sinon unique, pour lui et pour la plupart des gouvernants ou des administrants. Le Congrès populaire de M. Oljas SOULEïMENOV ou l'Entente populaire, le mouvement le plus récent, seraient justiciables de cette analyse, à laquelle échapperait seul le parti Azat créé avant l'indépendance et revendiquant celle-ci pour la nationalité kazakhe. Si l'administration compte davantage avec ce qui existe, la représentation locale ou nationale élue sous l'ancien régime et qui ne rend donc pas compte des nouveaux partis, d'autant que certains n'ont d'implantation que régionale, et que trois seulement ont une existence légale, il apparaît cependant que leur coalition et la " table-ronde " périodique qui les rassemble avec le syndicalisme non officiel et des associations à but plus sectoriel pèsent déjà sur le débat législatif et poussera sans doute à modifier, sinon de fond en comble, le régime électoral.


               L'unité mentale faite par la géographie, l'athéisme et un regard homogène sur la politique passée ou actuelle rend, pour le moment, inopérante une analyse du pays fondée sur des clivages ethniques.

               Seuls les Allemands disposent d'une référence attractive et partent aussi massivement qu'ils le peuvent. Le mouvement est très différent d'une région à l'autre. Les Russes, s'ils sont établis localement depuis plus d'une génération, n'envient pas actuellement leur patrie d'origine : la Russie semble se débattre dans des difficultés, y compris les risques de conflits internes au sein de sa fédération, que ne connaît pas à un tel degré le Kazakhstan. De même que les notions de libertés publiques ou de démocratie pratique sont encore informulées et très théoriques, de même le droit de la nationalité et de la citoyenneté est couramment ignoré dans le pays ; d'autant que les passeports restent soviétiques, même s'ils sont à l'occasion (notamment pour voyager à l'extérieur de la CEI) tamponnés d'une référence au Kazakhstan. La récente loi sur la citoyenneté n'est pas connue, et pas davantage l'interdiction de la double nationalité par la Constitution. La rumeur est cependant de départs importants, mais ceux-ci semblent se compenser par des arrivées et ne pas excéder un solde de 100.000 dans l'année.

               Si les mariages mixtes sont rares, sauf dans l'administration d'autorité, et si les jeunesses spontanément ne se mélangent guère, la cohabitation et le travail ensemble sont la règle, et sans contrainte apparente. Sans doute le doublage, au rang d'assistant ou d'adjoint, par une des deux nationalités dominantes, de chaque fonction détenue par l'autre, est aussi rituel que voyant dans l'administration territoriale ou dans les ministères. Mais le phénomène grégaire joue plutôt en faveur des Kazakhs et tout se passe comme si l'intimité - au moins celle proposée à l'hôte étranger - n'était le fait que de ceux-ci. Alors, le parler devient exclusivement kazakh, au moins les premiers moments et un nouveau territoire mental, par ignorance du voisin ou de ses rejetons locaux, apparaît. En tout cas le fait se vérifie statistiquement pour les invitations personnelles dans la capitale et pour la suite des accueils en province. Mais s'il paraît parfois exister un "marché russe" ou un "village allemand", si la réflexion en est faite un peu péjorativement par l'ami kazakh, si les Coréens sont perçus comme fort solidaires entre eux pour les affaires, ces nuances ne sont pas décisives.

               La révolte conte la nomination de M. KOLBINE en 1986 tenait bien plus à son inexpérience totale du Kazakhstan, qu'à son appartenance ethnique, et elle est rétrospectivement comprise par les Russes d'installation locale de longue durée. L'état-major de nationalité russe et d'obédience à la Fédération de Russie, qui est actuellement au comandement de l'ex-centre d'expérimentations nucléaires de Kurtchatov, semble à la fois s'accomoder d'un protocole donnant le pas à l'administration civile que tient un Kazakh et de tâches apparemment de seule conversion économique. Des textes opportuns permettent en sus aux engagements dans l'armée, conclus antérieurement aux indépendances, de ne pas empêcher jusqu'à l'an 2.000 des réintégrations dans les armées de la nationalité d'origine, et certains des avancements d'officiers peuvent être d'initiative de la nationalité d'accueil. En fait, l'entente tient surtout à l'absence d'accords formels, au flou juridique de l'avenir et à la confiance réciproque que les habitudes et les osmoses ne peuvent se rompre ; ces liens semblent bien plus présents mentalement et pas forts pour le futur que de quelconque solidarité face à un ennemi extérieur ou à la cise économique. Car de celle-ci toutes les preuves, qu'elle ne joue pas, commencent d'être administrées. Personne cependant, malgré des analyses peu favorables aux thèses ou aux gouvernants russes, ne passe pas de l'observation économique à l'hostilité politique, et ni le ministre de la Défense ni l'homme de la tente ou de la rue ne semble s'inquiéter de prévoir si l'on pourra ici compter sur la garantie nucléaire ou le concours conventionnel de Moscou en cas d'agression chinoise.

               Il est donc tentant de conclure à une vie et à une réflexion seulement locales sur des questions internationales pour les unes et au moins inter-étatiques au sein de la CEI pour les autres. Ce qui est encore un facteur d'unité politique dans le pays. Kazakhs et Russes se rejoignent sans doute aussi dans leur appréhension que se distendent - pas du fait de M. NAZARBAEV - les relations avec la Russie. Pour ces derniers, l'intérêt à une osmose économique et culturelle est évident, mais l'élite des premiers, l'influence quotidienne de la Russie empêche une réelle pénétration de l'Iran et même de la Turquie dont l'avenir est jugé de moins en moins certain ; vis-à-vis de ces deux pays, c'est en fait d'Islam qu'il s'agit et d'une menace sociale concrète qu'introduirait dans la vie quotidienne une religion toujours peu pratiquée et encore moins connue ici.                
                                            Bertrand Fessard de Foucault