jeudi 20 décembre 2012

échange courriel avec Jean-François Copé, éludant toute rencontre

 
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Sent: Thursday, December 20, 2012 10:20 AM
Subject: RE : une réflexion sur le premier semestre de François Hollande, président de la République

Nos réf: JFC/JL/BR/AV
  
            Cher Monsieur,
  
            Vous avez bien voulu me faire part de votre souhait de me rencontrer,

   Je tenais à vous remercier chaleureusement pour cette démarche, à laquelle j’ai été particulièrement sensible et qui a retenu toute mon attention.

En raison des contraintes de mon agenda, je ne pourrai malheureusement pas répondre favorablement à votre demande, ce que je regrette sincèrement.

Si vous le souhaitez, vous pouvez m’adresser un courrier détaillant ce dont vous souhaitiez m’entretenir au Siège de l’UMP, au 238, rue de Vaugirard, 75015 PARIS. Je ne manquerai pas d’en prendre connaissance avec une attention toute particulière.

Restant à votre entière disposition, je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l'expression de mes sentiments les meilleurs.

                                                                                              Jean-François COPÉ             
----- Original Message -----
Sent: Thursday, December 20, 2012 1:42 PM
Subject: votre réponse à ma demande de vous rencontrer

Tout simplement de l'avenir de notre pays, que je crois lié à l'avenir du gaullisme, c'est-à-dire à la reprise en considération par quelque parti que ce soit ou personnalité d'importance en capacité d'accéder au pouvoir, de ce qu'est pour la France le legs du général de Gaulle. Sur pratiquement tous les sujets qui nous oppressent, et dans la banalité, la médiocrité, l'inadéquation des réponses de partis depuis au moins une décennie, ce qu'a fait ou ce qu'avait initié l'homme du 18-Juin, apporte des réponses ou ouvre des pistes. J'ai commencé à chercher qui ? ou quoi ? dès le départ du général de Gaulle. Nous en sommes chronologiquement bien loin, mais la France - elle - n'a pas beaucoup avancé.
Parti socialiste et U.M.P. sont oublieux de leurs racines. Le point commun entre ces deux mouvements, au lieu de la simple alternance des équipes au pouvoir, pourrait être actuellement les nationalisations pour un temps de tout ce qui tombe en France par trahison et cupidité des soi-disant élites dirigeantes, par retrait des investissements étrangers que nous avions trop suppliés (premier en date Ford dans le débat 'lécetoral de 1971 entre Chaban-Delmas et Servan-Schreiber), par défaut de prise en compte de la véritable connaissance des entreprises et de leurs stratégies foireuses et de leurs marchés possibles à susciter que représentent les syndicats et les comités d'entreprise. Nationalisation aussi du système bancaire le temps de porter aux bons rangs les étages inférieurs de la hiérarchie au lieu d'y maintenir des quasi-ignorants de ce qui se fait et de ce qui se manque dans chacune de nos grandes enseignes. Il y aurait l'emprunt direct et citoyen à la Pinay et à la de Gaulle. Le moratoire des dettes souveraines. L'initiative institutionnelle européenne de faire du prochain Parlement à élire en 2014 une constituante avec mission notamment d'organiser l'élection du président de l'Union au suffrage direct de l'ensemble des citoyens européens, et de réécrire le partage des compétences entre Union et Etats-nations avec prérogative référendaire au président de l'Union dans les matières du nouveau traité, et initiative populaire européenne dans les mêmes matières.
Dans le drame que nous vivons où rien de l'essentiel et de l'immédiat n'est traité depuis plusieurs années, pas seulement depuis plusieurs mois, un gouvernement d'union nationale montrerait au pays que les partis sont de bonne foi et travaillent au fond, non à la gestion de leur place ou à leur ré-accession au pouvoir pour leurs champions respectifs.
Dans cette quête de "l'exploitation" imaginative et chaleureuse du legs gaullien, j'ai eu l'honneur d'une part d'être reçu par des personnalités dont je vous laisse apprécier la relation d'envergure et d'expérience avec les vôtres propres, et dont je suis souvent devenu l'un des intimes : ainsi Louis Vallon, Maurice Couve de Murville, René Capitant, Christian Fouchet, Jean-Marcel Jeanneney, Pierre Messmer et nombre d'anciens ministres ou de ministres en place, bien entendu Jacques Chirac, Jacques Toubon et Alain Juppé... et François Mitterrand, Pierre Bérégovoy, Roland Dumas, Lionel Jospin, Robert Badinter, Michel Sapin... et Simone Veil, et tant d'autres, Valéry Giscard d'Estaing finalement. Tous en tête-à-tête, librement et en ayant du temps. Et d'autre part, l'honneur d'être publié pendant une dizaine d'années, celles de Jacques Fauvet, à la direction du journal Le Monde, plusieurs fois par mois et parfois par semaine. Puis La Croix pendant trente ans. J'ajoute que les premiers chronologiquement de la liste me reçurent sans que j'ai encore été publié, sinon en leur adressant le manuscrit qui ne sera pas édité d'un essai politique sur le point de savoir qui avait démissionné le 27 Avril 1969 : le Général ou les Français, dont à Colombey, il me fut accusé réception commentée. - Je passe sur ma carrière diplomatique ensuite ou parallèlement.
Bref, je voulais vous entretenir de ce qui reste à portée de tout gouvernant ou candidat gouvernant, en France.
Votre réponse est choquante, elle prête à sourire ou à pleurer quand est constatable l'état de fonctionnement du mouvement que je ne sais plus qualifier, par rapport à ce qui m'intéresse (et peut-être aussi les Français autres que Front national ou catholiques intégristes) et quand depuis des années sont recherchés, en son sein et en son nom, les thèmes les plus éloignés de l'esprit, de l'âme, de l'honneur et de l'élégance de la France.
Demandant à vous voir, comme à d'autres personnalités actuelles, j'avais cru à la grâce...
Je donne donc à lire ce qu'avec politesse je m'efforce de considérer comme un échange entre nous, à ceux qui - actuellement notoires - représentent une recherche pour la France. Il me manque les coordonnées de Jean-Luc Mélenchon : si vous les avez, pouvez-vous me les faire communiquer ?
Je vous souhaite une année 2013 chargée en " contraintes d'agenda " et que vous trouviez l'inspiration pour définir ce qu'est une " entière disposition ".
Vous édifiez.
J'ai toujours été libre, y compris et surtout d'ambition. Je suis donc aussi occupé que vous, mais vous ferai parvenir ma prochaine note constatations & attente n° 5 : le doublé Florange/élection pour la présidence de l'UMP, bonheur des Français et triomphe d'une spécialité : la communication, à défaut de la décision.
Sans ironie mais avec tristesse.


pour mémoire - corresspondances précédentes -
l'étude du premier semestre du nouveau mandat présidentiel a été couriellée à chacun des députés à l'Asemblée nationale, sans distinction d'appartenance, dont François Fillon et Jean-François Copé

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Sent: Thursday, December 06, 2012 10:02 AM
Subject: RE : une réflexion sur le premier semestre de François Hollande, président de la République
Nos réf: JFC/JL/BR/AV
Cher Monsieur,
Vous avez bien voulu me faire part de vos observations sur le premier semestre de François HOLLANDE.
Je tenais à vous assurer que j'avais pris connaissance de votre courriel avec une attention toute particulière et que j’avais pris note de vos observations dont j’ai fait part à mes équipes en charge des études.
Restant à votre entière disposition, je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.
                        Jean-François COPÉ
De : Bertrand Fessard de Foucault [b.fdef@wanadoo.fr]
Date d'envoi : samedi 8 décembre 2012 13:30
À : secretaire general
Objet : Re: une réflexion sur le premier semestre de François Hollande, président de la République

Ce serait bien de nous rencontrer. Auriez-vous un moment par exemple les lundi 17, mardi 18 ou mercredi 19 prochains, heures à trouver.
Avec vous en héritage commun.

Inquiétude & Certitudes - jeudi 20 décembre 2012

mercredi 19 décembre 2012

un moment algérien

Archives diplomatiques . La Courneuve . 231QO/n°22 – pièce 27


Entretien entre le Général de Gaulle
et le Ministre des Affaires Etrangères de la
République Algérienne
le 31 Octobre 1964


Dès le début de l’entretien, M. Bouteflika a appelé l’attention du Général de Gaulle sur les agissements de M. Khider et d’autres émigrés algériens qui s’efforcent, à partir de la France, de renverser par la violence le Gouvernement de M. Ben Bella.

Le Général de Gaulle a répondu que si le Gouvernement algérien était en mesure d’apporter la peuve que M. Khider et ceux qui se réclament de lui avaient effectivement une activité criminelle, qu’en d’autres termes ils organisaient des attentats et qu’en particulier ils avaient pour objectif l’assassinat du Président Ben Bella, le Gouvernement français ne manquerait pas de considérer ces imputations avec le plus grand sérieux et de leur donner la suite qu’elles comportent. En revanche, si le grief fait à M. Khider et à ses compagnons est d’entretenir l’opposition contre le Gouvernement algérien, ce grief d’ordre politique ne constitue pas en soi une charge criminelle.

M. Bouteflika ayant observé que le F.L.N. était une institution nationale de l’Etat algérien et qu’en conséquence l’on ne pouvait conspirer contre lui sans se dresser en même temps contre la République algérienne elle-même, le Général de Gaulle a répondu qu’une telle situation était le fait d’un régime fondé sur la reconnaissance officielle du parti unique. La France vivait sous un régime différent et, dans ces conditions, nous ne pouvions entreprendre une action répressive à l’encontre de M. Khider que si ce dernier pouvait être convaincu d’activité criminelle.

M. Bouteflika a déploré que l’O.R.T.F. ait pu nier faire une place à M. Khider dans ses émissions alors que sa propre arrivée n’avait pas eu la moindre publicité. Il a ajouté que M. Khider avait ouvertement déclaré, en Suisse, que les fonds dont il avait la garde servaient à financer l’opposition à Ben Bella. Le Général de Gaulle a répondu que cette déclaration ne signifiait pas que l’argent en question fut destinée à soudoyer des assassins. Encore une fois, il fallait apporter la preuve des projets criminels de M. Khider. La France, en pareille matière, se conformait au droit et aux usages internationaux ; elle pratiquait le droit d’asile et ne s’étonnait pas qu’un autre pays, le Brésil, par exemple, en fit bénéficier une personnalité telle que Bidault dont l’action avait pourtant été liée à des menées criminelles caractérisées. Beaucoup d’Algériens, en d’autres temps, et dans des circonstances, il est vrai bien différentes, avaient eux-mêmes, largement bénéficié du droit d’asile en Suisse, en Allemagne et ailleurs.

M. Bouteflika fit d’autre part allusion à l’aide accordée par la France à l’Algérie et déplora qu’elle fût administrée de manière un peu parcimonieuse. Il émit le vœu que la France puisse indiquer, fût-ce approximativement, vers quelle date elle envisageait d’évacuer les bases sahariennes, ce qui procurerait au Gouvernement Algérien quelques facilités dans les débats politiques intérieurs. Quant à Mers-El-Kébir, il n’était pas question de remettre en cause ce qui avait été convenu mais ne pourrait-on échanger sans trop attendre des idées au sujet de la reconversion future de la base en vue de l’adapter à des tâches économiques conformes aux intérêts des deux pays, par exemple aux constructions navales.

Le Général de Gaulle a souligné, au cours de la conversation, que la France, de son côté, n’avait pas qu’à se louer de l’état d’esprit des auorités algériennes. Les représentants du Parti Communiste Français avaient été reçus à Alger en grande pompe bien qu’ils fussent mandatés par une formation politique qui se dresse non seulement contre le Gouvernement mais contre les institutions légitimes de la République. Au surplus, l’ « Alger Républicain », dont les attaches avec le Gouvernement algérien sont connues, ne s’était pas fait faute de publier, sous la signature d’individus français, des articles mettant en cause la politique de la France.

Au total, cependant, le Général de Gaulle a exprimé l’opinion que, dans l’ensemble, les rapports franco-algériens se développaient d’une manière qui ne nous alarmait pas. Il y aurait, cependant, à poursuivre les négociations engagées sur certains sujets économiques par exemple, sur les pétroles. M. Bouteflika a observé que, sur ce point, les conversations devaient reprendre incessamment./.

Inquiétude & Certitudes - mercredi 19 décembre 2012

Mercredi 19 Décembre 2012

Mon voisin-cohabitant me donne le pire exemple de ce que je ne veux pas être-devenir : la déraison en sus des handicaps physiques. Grabataire, mon beau-père reste intact de sourire et d’intellect même s’il ne s’exprime plus que de visage : présence totale, donc, même si la dépendance est également totale avec tout ce que cela représente pour lui et pour les siens. Ma vieille dame chez qui nous squattons quand nous sommes parisiens ou franciliens, n’est plus qu’une momie-cadavre mais elle réagit à la caresse et a quelques minutes d’expression plusieurs fois par jour. Projection de soi que chacun peu appréhender en suite ou fin de vie, problème social aussi que cette multiplication d’une fixation à plusieurs sur des mutihandicapés… (même si cela suscite des emplois : l’économie française deviendrait le modèle parfait de la passivité, les principales ressources ou activités seraient le service aux personnes et le tourisme). Toile de fond, la spéculation faisant désormais le fond de commerce de tout le système financier, le sans-gêne des nantis avec ces niches à revenus que sont les artistes et les foot-balleurs ce dont les générations futures s’étonneront. Et puis l’effort manifeste de la civilisation actuelle, sur-dotée technologiquement pour communiquer et mémoriser et qui ne parvient plus à dialoguer, qui est amnésique. Des mondes aux codeset langages, aux disciplines et chefferies particulières reproduisent les systèmes tribaux d’antan : pour l’universitaire en fin de semaine dernière, l’hospitalier depuis quarante-huit heures, et à ouvrir un poste de radio, le politico-médiatique. – L’amour est cependant là, mais qui nous prend, nous accompagne, qui est durée et pas seulement orée (comme nous le croyons orgueilleusement et béatifiquement à tout commencement et dans nos adolescences prolongées ou ré-imitées à contretemps). Mystère que l’humanité reste bénie.
Les évangiles nous disent pourquoi et comment, les personnes y sont les seuls sujets, les hiérarchies, les cultures, les spécialisations y sont marginalisées, artefacts. Prier par le seul évangile ce matin (désormais en sus de l’ordinateur dans mon cartable, brosse à dents, rasoir, peigne, testament pratique et d’âme, Prions en Eglise… pub. non rétribuée) [1]. Encore une annonciation, Dieu aime les mises en scène, ce sont toujours des dialogues aussi solennels, décisifs que particuliers. Dieu se laisse reconnaître, identifier. Salutation habituelle qui est pleine d’égard : le surnaturel comprend la frayeur du naturel. La piété, la conduite de vie ne préparent pas pour autant l’irruption du surnaturel, du miracle, du destin., ne prédipose pas à l’événement.  Fécondité et stérilité, l’âge dans toute la Bible, parabole pour bien des couples. Les aventures d’Anne pour la conception de Samuel, celle de Samson sont analogues. Une consécration dès avant la conception, une joie collective, historique donnée par une naissance humainement miraculeuse mais chargée d’encore plus de sens. Il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance. Personne divine à l’action, à la présence essentielles. Des rôles que l’homme ne s’octroie pas. D’ailleurs même dans la geste humaine, la plus humble ou la plus en vue, en quelque domaine que ce soit mais surtout quand il s’agit d’entrainer ses semblables, plus la consécration au rôle désaproprie celui qui le tient ou à qui il est confié, mieux il est rempli [2]. Le nouvel Elie, que confirme Jésus interrogé par les siens, est déjà annoncé comme tel par l’ange. Le questionnement et tout le dialogue mettent putativement en avant la qualité de celui de la Vierge Marie avec le même ange, et dans des circonstances, pour un « objet » analogue. Le professionnel de la liturgie et de la prière sera moins « bon » que l’adolescente. Accessoirement, puisque les deux femmes sont cousines et qu’Elisabeth descend, comme Zacharie, d’Aaron, une part de la généalogie et de la qualité familiale de Marie est donnée ici. Par adoption de Joseph, Jésus, roi s’il en est par nature divine, est humainement de famille royale. Par Marie, sa mère, il est le compagnon décisif, le porte-parole de Moïse. C’est l’ange, Dieu-même, qui discerne la foi ou le doute car dans les paroles de Zacharie rien ne l’exprime, mais Marie par sa disponbilité totale à une prédiction à laquelle elle adhère en toute liberté, dit une foi que Zacharie, ahuri, ne peut plus exprimer. – Leçon : je suis « ravitaillé » par perfusion, donc aussi bien que selon les repas et en-cas d’habitude. Mais le plaisir n’est pas là, le verre d’eau, le pain chaud, et autres… Jésus a dit : j’ai soif. Réponse, l’éponge trempée de vinaigre, ici une compresse pour mon voisin que j’entends mendier depuis mon installation, un verrea d’eau. Accusation sévère d’une infirmière (antillaise ?) se prenant au sérieux et prenant toute question dite doucement pour une agression ou un déni de son savoir professionnel : vous avez bu de l’eau, me dit-elle, quand je lui demandais que soit remis ma sonde nasale. Regard sur moi, conviction que je lui mens. Comment la convaincre du contraire… je n’ai pas essayé… la condition concentrationnaire fonctionnait au mépris, et finalement le martyrisé en était à se mépriser lui-même. Ce qui explique, selon moi et aussi Simone VEIL, au temps où je lui reconnaissais surtout ses bons aspects (nos dialogues pour dépêtrer l’Abbé Pierre, au printemps de 1996), que les rescapés du système nazi aient commencé de l’évoquer biographiquement si tard… (déblocage opéré, en bonne partie, je crois, par le film d'OPHULS, dialogué par Pierre MENDES FRANCE : Le chagrin et la pitié). Parole quand elle n’est plus que mots et n’a pas l’esprit : mon voisin se démène et mime ou vit une défécation sur le siège, réclamant chaîne à tirer et papier… J’appelle…rien, qu’une sensation. L’infirmière ou l’aide-soignante convient qu’avoir perdu l’esprit est le pire, humainement. N’être plus que soi et non le relationnement qui nous irradie et nous rend aimant et aimé, est affreux. Mais s’en rend-on compte ou n’est-ce que le spectacle, que nous infliegons aux autres, hors de nous-mêmes, enfuis on ne sait où qui n’est certainement pas la vie éternelle. La vie, enseignement et joie et douleur sans cesse à nouveau. L’annonce à Zacharie se termine dans le mutisme : celui auquel est condamné l’incrédule jusqu’à la bienheureuse naissance, celui auquel se tient pendant cinq mois Elisabeth. Comment Zacharie, muet, lui a-t-il rapporté le message de Gabriel. La proposition de contemplation est si riche que la prière tâtonne, heureuse. Souviens-toi, Seigneur de celles et ceux qui souffrent, qu’on fait souffrur par système (la petite Anna, roumaine, surveillée de loin par sa grand-mère, dix-douze ans peut-être au seuil de la boulangerie lundi matin et maintenue illettrée… j’écrirai au maire d’Aubervilliers, lointain succeseur, le sait-il ? de Pierre LAVAL, qui n’en résidait pas moins avenue Foch… DSK maire de Sarcelles habitant le XVIème… veiller à la scolarisation quel que soit le statut légal de nos petits immigrés). Gratifie, Seigneur, celles et ceux qui m’aiment. Et prends compassion de mon malheureux voisin de chambre.

matin

Politique fiction. Commenter une actualité que je fabriquerai moi-même faute de connaître la vraie, mais en développer les conséquences immanquables, y compris l’imprévisible, et montrer – peut-être – que la vraie est totalement irréaliste et superficielle, vraie que selon notre adhésion, notre participation, notre responsabilité par inertie. Et tolérance de la médiocrité et du non-fait.

J’ai hâte de lire les paroles publiques de François Hollande en Algérie. Avec ce voyage se boucle le débbut du règne, nous avons ouvert tous les registres, le portrait est maintenant campé. Tel que nous le voyons à Florange, à Aulnay, dans la relation avec le Parlement et avec le Premier ministre, et selon le rythme sarkozien de la présence médiatique (inutile et plombante), le nouveau président de la République est inférieur à sa tâche. Son prédécesseur était contraire de sa tâche. Quant à Jacques Chirac, il a tout simplement gâché la vie des siens, pollué décisivement les institutions de la Cinquième République, induit en erreur ses fanatiques pendant trente ans. Il a produit tout ce dont nous souffrons, il est à l’origine de notre désarmement moral et économique. Son couple avec Bernadette est devenu scandaleux, son entretien aux frais de Pinault pour les vacances et de la famille Hariri pour le logement dégradent la fonction qu’il a occupée. Occupée et pas agie. Il est possible que l’honnêteté intellectuelle et personnelle du nouveau président lui donne une lucidité et une imagination, que le courage que je lui crois aussi – quoique son savoir-faire et son savoir-être le dispensent depuis longtemps, semble-t-il, sinon toujours, d’en faire montre – pourrait alors servir.


[1] - Luc I 5 à 25

[2] - Cette identité de nature entre tous ceux qui se rangeaient sous la Croix de lorraine allait être, par la suite, une sorte de donnée permanente de l’entreprise. Où que ce fût et quoi qu’il arrivât, on pourrait désormais prévoir, pour ainsi dire à coup sûr, ce que penseraient et comment se conduiraient les « gaullistes ». Par exemple : l’émotion enthousiaste que je venais de rencontrer, je la retrouverais toujours, en toutes circonstances, dès lors que la foule serait là. Je dois dire qu’il allait en résulter pour moi-même une perpétuelle sujétion. Le fait d’incarner, pour mes compagnons le destin de notre cause, pour la multitude française le symbole de son espérance, pour les étrangers la figure d’une France indomptable au milieu des épreuves, allait commander mon comportement et imposer à mon personnage une attitude que je ne pourrais plus changer. Ce fut, pour moi, sans relâche, une forte tutelle intérieure en même temps qu’un joug bien lourd.
- Charles de Gaulle  Mémoires de guerre tome I – édition tricolore . Plon . 1954 – p. 111


mardi 18 décembre 2012

civisme, chrétiens, institutions

 
----- Original Message -----
Sent: Tuesday, December 18, 2012 6:04 PM
Subject: civisme, chrétiens, institutions

Cher Monsieur le Secrétaire général, alors que depuis le début de cette année, qui ne cesse d'être électorale pour une droite cherchant tout angle d'attaque et aussi de récupération : homophobie, islamophobie et maintenant délire d'une persécution des chrétiens en France..., il est intéressant - pour qui veut orienter le pays vers l'effort, le partage et une certaine droiture des paroles et des actes - de recevoir le message de Mgr. Marc Stenger : il s'inspire de Noël et d'une exhortation de Benoît XVI (" nous avons besoin d'hommes et de femmes qui parlent par leur vie, qui sachent communiquer l'Evangile avec clarté et courage, par la transparence des actions, avec la joyeuse passion de la charité " - 13 Novembre 2010).
 
J'ai pensé que lire ces quelques lignes pouvait encourager le Président à travers vous.
 
Il y a encore des gisements de civisme en France. L'Eglise catholique, et certains de ses prélats, on l'a vu en Juillet-Août 2010 à propos des Rroms, en sont un.
 
Dans la réflexion sur nos institutions, l'espace du civisme - militant au sens d'un discernement libre, personnel et structuré, calme - manque encore : le vote blanc, le quorum de participation à tout scrutin public d'assemblée nationale ou locale, le vote de conscience des parlementaires (d'autant que la Constitution interdit le mandat impératif à peine de nullité) sauf question de confiance posée par le gouvernement, donneront du nerf et de l'exigence à notre débat national et fera de l'expression politique autre chose que du verbiage ou de la " langue de bois ".
 
Chaleureusement.

UN NOËL « SYNODAL »
On commence à parler de « cathophobie ». L’Eglise et ceux qui la suivent sont critiqués, agressés, pris à partie, montrés du doigt. Ce qui aux yeux de beaucoup de chrétiens est une défense légitime de valeurs universelles est interprété et présenté comme marque de conservatisme social et manque de compréhension à l’égard de la société moderne.
En beaucoup de points du monde les chrétiens sont aujourd’hui déconsidérés, voire opprimés à cause de la différence qu’ils représentent. C’était le cas en Irak, au moment de la présence de l’armée américaine. Les chrétiens étaient victimes de représailles, parce qu’ils refusaient de s’associer aux croisades contre l’envahisseur. Leur refus de la violence était alors considéré comme une trahison. Si chez nous les disciples du Christ ne sont pas une minorité opprimée, ils n’en sont pas moins dérangeants, lorsqu’ils prennent au nom de leur sens de l’homme et de leur foi en Dieu des positions qui sont à contrepied des idées dominantes. Et certains le leur font sentir.

FAIRE LA VOLONTE DU PERE
Il ne faudrait pas pour autant que nous nous regardions comme des assiégés. Au moment où nous nous apprêtons à fêter Noël, nous ne devons pas oublier que dès le commencement, dès le moment de sa naissance, Jésus a rencontré l’hostilité. Il y a eu celle d’Hérode, puis pendant sa vie publique, celle du monde religieux bien-pensant de son temps. Mais l’obéissance au projet de son Père était pour lui sa force et sa vérité, ce qui lui permettait d’affronter toutes les oppositions. Sans rejeter personne, c’est le lien avec le Père et non pas la considération des scribes et des pharisiens qui lui donnait sa liberté. Ce qui donnait du sens à sa mission c’était de faire la volonté de son Père qui est dans les cieux.
Le chrétien n’a donc pas à être sur la défensive. Plutôt que de chercher à nous protéger et à nous justifier, plutôt que de nous mettre à l’abri derrière des murs qui nous préservent du monde et de ses agressions, ne devons-nous pas plutôt nous préoccuper de ce que nous avons à offrir en tout respect et en toute humilité à ce monde dont nous faisons partie ?
L’Evangile se défend par lui-même, à nous d’en être des témoins authentiques. Jésus n’avait qu’un impératif, c’était de rendre témoignage à la vérité et c’est cette vérité qui fait de nous des hommes libres. Pour nous, chrétiens, cette vérité ce n’est pas un système, ce n’est pas une idéologie, c’est le Christ. Si nous voulons être ses disciples, cela suppose que nous reprenions sans cesse conscience de Celui que nous avons à annoncer et que nous nous donnions toujours les moyens de l’annoncer.

CELUI QUE NOUS AVONS A ANNONCER
La démarche du synode que nous sommes en train de vivre n’est rien d’autre que cela. C’est l’inverse d’une attitude de repli, de défensive, de gestion de crise. Certes il faut faire le compte avec réalisme des forces dont dispose notre Eglise, penser à la meilleure manière de les mettre au service de la mission, mais il faut surtout reprendre appui sur celui-là seul qui peut être la source de notre inventivité, de notre créativité, autrement dit de notre espérance, l’Esprit Saint. Au terme d’une phase d’écoute des personnes, de leurs attentes par rapport à l’Eglise, nous devons nous remettre face à Celui que nous avons à annoncer, et qui est lumière et vie pour tous ceux qui sont dans l’attente. C’est notre acte de foi en lui qui est le gage de la construction du futur.
La célébration de Noël est bienvenue pour nous mettre dans ces dispositions. L’enfant de Bethléem n’est pas venu instaurer un système de puissance, mais ouvrir à un monde nouveau où « sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre une lumière a resplendi », où « nous est né un enfant dont le nom est Merveilleux, Conseiller, Dieu Fort, Père à jamais, Prince de la Paix ».

UNE NOUVELLE ESPERANCE POUR LE MONDE
Qu’avons-nous d’autre à faire que d’être témoins de cette nouvelle espérance pour le monde, par nos paroles et par nos actes, par notre manière de vivre, par notre manière d’être attentifs, accueillants, respectueux de nos frères ?
Noël, c’est, comme dit le prophète Isaïe, « le joug qui pesait sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, le bâton qui meurtrissait leurs épaules qui ont été brisés ». C’est un message de lumière, de paix et d’amour pour tous les hommes. C’est un enfant qui l’incarne.
En cette année synodale tâchons de recueillir les promesses qu’il porte et de les traduire dans le quotidien de notre vie ecclésiale. Alors nous serons crédibles et nous pourrons être sereins.
A tous belle fête de la Nativité.
+Marc STENGER
Evêque de Troyes

Inquiétude & Certitudes - mardi 18 décembre 2012