mercredi 4 août 2010

Inquiétude & Certitudes - mercredi 4 août 2010


Mercredi 4 Août 2010

Temps gris. A la plume, un travail écrit ne se perdait jamais sauf à en perdre la matérialité. Les données virtuelles dont la sauvegarde ne fonctionne pas, notre génération la première sans archives, la formule de Kipling : être capable de tout reprendre et recommencer, alors tu seras un homme, mon fils ! La parabole la plus proche d’une des responsabilités sacerdotales : le labour pour la foi, ce qui se perd ou ce que nous croyons perdu… reconstituer ? Ce sera autre. Sommes-nous l’une des dernières générations ? pas de prêtres parce qu’il n’y a pas de fidèles ? je pense que c’est plus exact que de diagnostiquer : pas de fidèles parce que plus de prêtres ou plus de présence et techniques d’animations. Je vais à la messe, ce matin, année sacerdotale, fête du curé d’Ars dont le presbytère atenant à son église, dont malgré l’élévation d’une basilique, on a tout à fait l’idée, surtout du confessionnal. La sainteté est une ambiance contagieuse et palpable. Il est vrai que Berggasse à Vienne, la sensation d’un haut-lieu de l’esprit (le cabinet de consultation de Freud) est forte aussi. Je réfléchirai par écrit : le prêtre selon mon expérience, mes rencontres, ce que je sais de la vocation et ce que j’en ignore, image du prêtre et souhait qu’il soit…Contribuer et partager. Apologétique et théologie du prêtre, témoignages de lui sur lui, peut-être mais l’enseignement et le renseignement sont courts : quel est le vêcu ? Puisqu’il s’agit de signe vivant. Ce sont ces rencontres qui comptent pour les tiers, et le prêtre lui-même se rencontre ajoutant à la réflexion-sensation de tout homme sur lui-même qui aboutit toujours au mystère, le mystère de Dieu-même puisque le catholicisme et l’orthodoxie sont seuls – pas seulement dans le christianisme mais en toutes religions – à nécessiter des prêtres aujourd’hui. Comment continuer d’être prêtre après la rencontre de soi et de Dieu dans la vocation ? – Prier pour eux, ceux qui continuent, ceux qui meurent de l’intérieur, ceux qui n’ont pas pu… demander, me recentrer, dépendre. Apprendre.
[1] Que tout se fasse pour toi, comme tu le veux ! Là est probablement la réponse à la question : qu’est-ce qu’une vocation, que la vocation ? que je me suis tant posée, diagnostic mais aussi essence, je ne savais résoudre ni l’un ni l’autre, malgré prière et supplication. Ce matin, la réponse est là : orientation et demande de tout l’être, certes, mais ajout décisif, celui de Dieu : que tout se fasse… La création, ainsi. Seigneur vient à mon secours ! La Cananéenne exaucée. Scenario de Jésus ? dans nos-vies même ? Aie pîtié de moi… Il ne lui répondit rien… ‘Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël’… Mais elle vint se prosterner devant lui… Le texte, en si peu de phrases, a comme scansion, la réponse ou la non-réponse qui est appel au redoublement de la emande, et donc la réponse. Il ne lui répondit rien… Jésus répondit… Il répondit… Jésus répondit… La femme, censément païenne, a raison du Christ par le raisonnement. Jésus, Dieu fait homme, non seulement parle notre langage, mais l’entend. Criez tous : ‘Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël !’


soir

L ’affaire Woerth ne rebondit pas. Mais elle se révèle en tant qu’instrument tactique dans l’affaire César-Libération. Il semble que le ministre n’était pas trop en dehors de son rôle, même s’il y a toujours des coincidences entre les décisions favorables et la liste des donateurs à l’UMP. On tombe quand même dans un système nouveau où les ministères doivent témoigner pour leurs anciens chefs, voire les actuels. Jack Lang, deux jours après avoir donné à Sarkozy la paternité de bonnes évolutions dans notre vie constitutionnelle, vient à la rescousse de Woerth. Il continue de se classer ouvertement parmi ceux qui attendent un portefeuille – dans son cas, celui de Kouchner – pour la rentrée. Ciutti dont le Canard montre qu’il fait partie du système Estrosi, réplique « en petit » à Nice du système sarkozyste à l’échelle nationale, est de ces candidats. Xavier Bertrand continue d’aboyer. La similitude des arguments aussi bien dans l’affaire Woerth qu’à propos de la sécurité montre que la propagande en est une, qu’elle est conçue et orhestrée par une cellule unique, on a le droit de crier et de chanter dans la majorité présidentielle mais selon la partition. Exceptions, Fillon, Amara et Yade. En revanche, au PS, Michel Sapin se confirme s’il était besoin depuis quinze ans, comme le meilleur dialecticien par son calme et par sa connaissance des choses, de l’iopinion publique et de ses ressorts, et des dossiers : il conseille ouvertement de ne pas faire une « affaire » de chacune des décisions de Woerth, ce serait le meilleur moyen pour le remettre en selle, et Martine Aubry a raison de s’économiser. Les organisations non gouvernementales, les associations, l’épiscopat suffisent largement – désormais – à répliquer sur les projets d’atteinte aux droits fondamentaux, d’autant que ce ne sont que des projets puisque le statut du Conseil de l’Europe, la compétence acceptée de la Cour de Strasbourg et la Constitution-même ne permettront que peu de choses, du programme de Grenoble.

Je ne comprends pas qu’on puisse annoncer un remaniement plusieurs mois à l’avance et laisser entendre que tous les portefeuilles, y compris la place du Premer ministre, peuvent être concernés. Cela paralyse tout le monde, cela accentue ce jeu psychologique montrant que seul le Président n’est pas concerné personnellement tout en disposant du destin de tous les autres : démocratie irréprochable.

Il y a une filiation – au sens des réseaux et des courtes-échelles ou renvoi d’ascenseur – qui apparaît de plus en plus nettement : Balladur, Sarkozy, Estrosi, Hortefeux. En commun, un anti-gaullisme qui a miné de l’intérieur dès le ballotage de 1965 la majorité du général de Gaulle et empêché une fidélité intelligente et imaginative à son legs. Aucune de ses cartes n’est jouée, tout est fait pour contrer ce qu’il avait fondé. Chirac était pompidolien et ne doit rien au contraire à Balladur. Mais son crime n’est pas tant l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris – c’est bien moindre que l’affaire de Karachi si cela se prouve à l’encontre de Balladur et même de Sarkozy – que de n’avoir rien fait du pouvoir qu’il avait tant cherché et du coup permis la montée et le racolage de Sarkozy. Toujours cette tactique de l’intérieur et de dénaturer.

Coincidences… alors que le roi Abdallah d’Arabie séoudite et El Assad junior viennent de calmer le jeu à Beyrouth, juste des heurts entre les armées libanaise et israëlienne, juste des bombes sur Eilath et Akaba… alors que la rumeur est à une attaque américaine sur l’Iran, juste un pétard artisanal mais festif fait croire à un attentat comme Ahmadinejad.

[1] - Jérémie XXXI ; cantique Jérémie XXXI 10 à 13 ; évangile selon saint Matthieu XV 21 à 28

mardi 3 août 2010

Inquiétude & Certitudes - mardi 3 Août 2010


Mardi 3 Août 2010

Prier… [1] Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. La veille au matin, il avait appris la mort du Baptiste et avait voulu se retirer, changer de rive mais la foule, la multiplication des pains. Retour au projet initial, nouvelle traversée, mais effectuée de manière cette fois mystérieuse. Il renvoit ses disciples dont on ne sait ce qu’ils pensent : fera-t-il le tour du lac, à pied forcément ? il renvoit les foules. Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. Il a dû raconter cela ensuite aux disciples pour que cela soit consigné. Traversée du lac comme à la suite des disciples, qu’il rejoint en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Le miracle en chaîne, mais des dialogues : Confiance ! c’est moi, n’ayez pas peur ! – Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. – Viens ! – Seigneur, sauve-moi ! Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? – Vraiment, tu es le Fils de Dieu. Jésus saisissant par la main le chef de sa future Eglise, toute l’humanité, l’eau, la tempête, la civilisation des lacs, la guérison des malades chaque jour, la frange de son manteau, et tous ceux qui la touchèrent furent sauvés. Le rythme du salut, de la grâce, et Jésus tellement homme que la vie continunant dans le groupe qu’il a formé avec ses disciples et les saintes femems, plus sans doute des allées et venus, le tout pérégrinant, avec festins parfois à l’invitation de quelque riche personnalité curieuse de celui dont on parle, et les nuits à la belle étoile, tout cela faisant que chacun oublie qui est Jésus, distance, intimité, mais Il est là. Et l’on suit, plus à l’aise avec sa personne qu’avec son enseignement. Les guérisons n’étonnent plus ses proches, c’est le médecin à succès de son époque, mais ce qui Le fait de temps à temps, à l’improviste, devenir surnaturel aux yeux des disciples, les surprend toujours. Aujourd’hui, nous sosmmes plus affamés d’extraordinaire que de la banalité quotidienne, or Jésus a été d’abord et banalement quotidien, incarné selon la promesse transcrite par Jérémie : Je lui permettrai d’approcher et il aura accès auprès de moi. Retour au silence, jour et paysage transparents comme une eau claire, un ramier soltaire surle plus haut de l’arbre mort. Immensité mysérieuse du matin.

matin

Appeler un chat un chat, voir et dire.

Le discours de Grenoble. Sécuritaire. Du jamais entendu en France, Vichy l’a fait mais vérification à opérer, le Maréchal lui-même n’en a pas fait un objet exprès de discours. Deux objectifs, faire oublier par un péché un autre bien plus nocif : l’affaire Woerth. Le péché – dénoncé unanimement par l’opposition, par les associations, par les tenants des droits de l’homme, par les juristes – peut rapporter les voix du Front national : pari… car Marine ne se laissera pas plumer et que son électorat ne croit plus en celui qu’il a contribué à porter au pouvoir. Je remarque que le souci – à droite – de cet électorat est tel que ni Alain Juppé ni Dominique de Villepin, prêts à prendre la relève de Nicolas Sarkozy s’il déclare forfait ou devient compétitif dans son propre camp, ne le critiquent pour ce discours, ces mesures annoncées auxquelles rajoute Brice Hortefeux. On voit bien d’ailleurs la bande qui – dans les années 30 – aurait les fascistes à la française : Xavier Bertrand, Estrosi, Hortefeux, Lefebvre et je dois en oublier, dans une moindre mesure Chatel, et coupables par omission alors qu’ils voient et savent : Alliot-Marie et Kouchner. Besson devient prudent, quoique ce soit son domaine.
Après Badinter, l’éditorial du Monde rappelant aussi le « fiasco » du débat sur l’identité nationale. Personne ne dit ce que tout le monde ou presque sait : quel culot pour un fils d’immigré (le père n’a la nationalité qu’en 1947) que d‘introduire en droit français une distinction selon l’origine et en fait l’arbre généalogique et l’ancienneté. Bien évidemment, il n’y aura pas de majorité pour réviser la Constitution et faute de celle-ci, le Conseil constitutionnel va censurer à tour de bras. Sarkozy a parlé trop vite mais comme il nous a désappris la mémoire – personne, sauf mon journal de référence depuis mon adolescence, n’a évoqué le débat sur la nationalité, donc – c’est sans conséquence, croit-il. Autres exemples : ainsi, la promesse de gratuité pour les lycéens français à l’étranger dans nos établissements, calcul au Quai = 40% du budget total du Département ? ou de l’action culturelle ? en tout cas beaucoup au point que c’est impossible. Le lapsus de Pierre Messmer à Blois avant les législatives de 1973 : deux mille crèches, au lieu de deux cent, mais on fit les deux mille.

Ce qui n’est pas dit est tout simple : Sarkozy reste légal, mais il devient ou est déjà devenu illégitime.

Aussi crûment… les Etats-Unis s’apprêtent à attaquer l’Iran. Il est vrai que ce n’est pas la première fois. La troisième guerre mondiale par surprise… abstention de la Chine, probablement aussi celle de la plupart des Arabes puisque sunnites… mais la Russie certainement partie prenante… sauf à réussir le renversement du régime de Téhéran en quelques heures et sans avertissement. Le fisaco diplomatique s’il devait y avoir des préalables. La politique extérieure et militaire des Etats – isolationnisme ou hégémonie (ce qui erst analogue, puisque dans un cas on ne se mêle de rien, c’est-à-dire qu’on n’écoûte personnelle, et dans l’autre on se mêle de tout mais on continue de n’écoûter personne) – est bipartisane. Les différences entre républicains et démocrates sont d’ordre social et économique, financier avec Obama, mais ni militaire ni diplomatique : le secrétaire à la Défense de Bush junior est celui d’Obama, sans solution de continuité…


soir

Ainsi, Sarkozy pourrait mourir de ce dont il est né : les thèmes sécuritaires et les voix du Front national.

Ou de Woerth, comme attendu depuis deux mois… Dernière heure : Libération publie une lettre de Woerth montrant son intervention pour le dégrèvement fiscal de la succesion du sculpteur César, dont l’exécuteur testamentaire était donateur de l’UMP. Cette fois, c’est cuit. Pour moi, les soupçons – en dehors du côté serre-la-vis aux autres en rigueur budgétaire qui ne lui coûte rien à lui – ont commencé quand j’ai appris que son fils était à son conseil municipal à Chantilly et faisait virer les douaniers n’ouvrant pas assez vite la porte du ministère qu’il voulait pouser en pleine nuit pour aller coucher dans l’appartement de fonction de son Papa. Le remaniement ministériel a donc déjà commencé.

[1] - XXX 1 à 22 ; psaume CII ; évangile selon saint Matthieu XIV 22 à 36

lundi 2 août 2010

Inquiétude & Certitudes - lundi 2 août 2010


Lundi 2 Août 2010

Prier…
[1] quand il apprit la mort de Jean Baptiste, Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Jésus pleure, seul. Peut-être même a-t-il pris les rames ou mis à la voile tout seul. D’ordinaire, les évangélistes notent qui l’accompagne ou remarquent sa solitude. Jésus submergé par le chagrin, il est homme, et devant désormais son destin et le moment où se noue le drame de sa mission, il est le Dieu rédempteur, il est en première ligne désormais. Par quoi commence-t-il ? la nécessité quotidienne, répondre à l’appel. En débarquant, il vit une grande foule de gens et il fut saisi de pitié. Le désert, le moment du deuil, pas possible. Cinq mille personnes, sans compter les femmes et les enfants (démographie de l’époque, pas lointaine puisque notre arbre généalogique indique le nombre des filles mais pas leur prénom). Tous mangèrent à leur faim… Miracle dont le récit fait anecdote et ne nous touche plus… Vrais et faux prophètes, démagogie ou inspiration vraie. Jérémie va, contre Ananie, au plus simple : le prophète qui annonce la paix n’est reconnu comme prophète vraiment envoyé par le Seigneur, que si sa parole s’accomplit. Jérémie – inspiré ? ou bon polémologue ? – prédit la guerre, le désastre et en signe avant-coureur la mort du beau parleur, qui survient à date dite. Jamais, le Christ n’a cette dialectique, les signes et événements les annonçant ou les corroborant, sont plus intérieurs, spirituels, plus énigmatiques à entendre par ses contemporains, comme si sa seule venue au monde, avant même que s’accomplisse la rédemption par la croix et la résurrection, nous avait fait dans une ère où les événements sont à considérer, les annonces aussi, à un mystérieux second degré, tout spirituel. Ainsi, cette insistance sur le temple possible à détruire et qui en trois jours… mais Jésus participe aussi de l’Ancien Testament et des temps prophétiques quand il pleure Jérusalem ou ces villes se refusant à lui ; elles seront détruites avant la disparition de beaucoup de ses contemporains ou à peine cadets. Attitude d’approfondissement spirituel que recommande le psalmiste : n’ôte pas de ma bouche la parole de vérité…que j’ai par tes commandements le cœur intègre…moi, je réfléchis à tes exigences. De tes décisions, je ne veux pas m’écarter, car c’est toi qui m’enseignes..

matin

Couriellé à l’Elysée le communiqué des évêques de Vannes et de Belfort, avec en post scriptum ma déduction sur les opérations franco-mauritaniennes et le mensonge au sujet de Michel Germaneau :
To: Christian Frémont, directeur du cabinet du Président de la République
Sent: Monday, August 02, 2010 9:42 AM
Subject: de la part de Bertrand Fessard de Foucault - communiqué des évêques et de Belfort
Cher Préfet, cher ami,
je ne sais si ces deux prélats - les évêques de Vannes et de Belfort - chargés de la pastorale des Roms et des migrants, ont déjà écrit personnellement au Président de la République.
Leur communiqué commun peut sans doute intéresser ce dernier.
Sentiments très attentifs.
P S La mise en regard d'un papier du Monde (mercredi 28 Juillet - p. 3) datant de 2008 (le putsch, avant ? après ?) le début de notre entraînement de troupes spéciales en Mauritanie et la dépêche AFP hier reprenant Al Jazeera selon laquelle Aqmi était en négociations avec nous quand a eu lieu la fameuse opération, donne à penser que nous avons menti et que d'autre part l'opération - décidée censément le 13 juillet mais préparée depuis des mois - n'avait rien à voir avec le sort de notre compatriote. J'en suis encore plus attristé.

Fait part ensuite aux évêques dont j’ai l’adresse électronique de ce courriel :
Sent: Monday, August 02, 2010 10:39 AM
Subject: ce que j'ai adressé à l'Elysée - Fw: de la part de Bertrand Fessard de Foucault - communiqué des évêques et de Belfort

Monseigneur, cher Père,
j'ai cru devoir adresser à l'Elysée le communiqué ci-joint au cas où vos deux Frères dans l'épiscopat n'auraient pas écrit directement au président de la République.
Il y a eu le précédent de l'un des Vôtres - l'évêque de Saint-Denis - je crois, mais sans doute n'était-il pas isolé - à propos des tests ADN.
Il est beau que dans les deux crises actuelles - celle de l'Eglise attaquée ce printemps par des passés individuels et des haines collectives, celle de la France indignement représentée et conduite - l'épiscopat donne des repères.
C'était un de mes voeux dans le grand papier que je vous ai donné il y a quelques semaines et que je compte prolonger par deux ou trois appendices : gouvernement/partticipation, affectivité.
Chaleureuse et filiale déférence

Démenti à 11 heures 15. Toujours comme source de toute communication : l’Elysée, ce qui indique bien Sarkozy et lui seul commande cette opération, entre autres. J’ai couriellé alors au maire de Marcoussis :
To: Marcoussis
Sent: Monday, August 02, 2010 12:40 PM
Subject: à l'attention de M. le Maire Olivier Thomas - de la part de Bertrand Fessard de Foucault

Monsieur le Maire,
la mise en regard d'un papier du Monde (mercredi 28 Juillet - p. 3) datant de 2008 (le putsch, avant ? après ?) le début de notre entraînement de troupes spéciales en Mauritanie et la dépêche AFP hier reprenant Al Jazeera selon laquelle Aqmi était en négociations avec nous quand a eu lieu la fameuse opération, donne à penser que nous avons menti et que d'autre part l'opération - décidée censément le 13 juillet mais préparée depuis des mois - n'avait rien à voir avec le sort de notre compatriote. J'en suis encore plus attristé.
Je l'ai couriellé à la première heure ce matin à Christian Frémont, préfet, directeur du cbinet du président de la République. L'AFP donne le démenti.
Vous seul, puisque vous et vos administrés, vos concitoyens constituez la seule famille de Michel Germaneau, pouvez faire éclater la vérité. Michel Germaneau a été sacrifié pour une opération montée de très longue date et qui inaugure - après l'Afghanistan, sinon après toutes nos guerres coloniales perdues - un nouvel et très grave engagement outre-mer.
Sympathie.


Tout le monde est réduit au spectacle. Un seul fait tout. Majorité et opposition n’ont pas plus à dire, ce qui rend d’ailleurs les commentaires critiques à peine plus supportables – ils ne vont pas au dispositif et en demeurent au prêcheur – que les laudatifs. Perspective ? je ‘nen vois que dans la rue ou dans une débandade des parlementaires UMP si les chances de réélection s’effondrent, mais je crois à cette réélection par tolérance et par cette dogmatique que ce ne sera pas mieux avec d’autres. Jusqu’où la tolérance l’emportera sur la désespérance, le scepticisme et la haine de ce qui nous mûtile et nous abîme (le mot est juste, il court maintenant, je l’ai eu vite dans l’esprit et sous la plume) ?


soir

David Cameron… le voici partisan de l’adhésion de la Turquie. Du grand art mais très simple. La Grande-Bretagne a senti dès Aopût 1961 – première candidature énoncée par Harold MacMillan – qu’elle ne pourrait détruire « le Marché commun » de l’extérieur. Le compromis de Fontainebleau en 1984, accepté par François Mitterrand, lui a fait une place, comptable à part qu’elle a confortée en n’adhérant pas à l’euro. Elle détruit encore plus l’élan fédératif, qui n’existe plus que par la Commission, celle-ci le plus souvent maladroite et n’ayant jamais pu avoir un président vraiment charismatique quel que soit le regard rétrospectif que l’on a sur Hallstein ou sur Delors – en encourageant les adhésions. Donc la Turquie. Appeler de Gaulle à la rescousse non pour se référer aux accords de 1963 suivant lesquels la Communauté européenne (je préférais ce mot à celui d’Union, bien moins contraignant et suggérant bien moins de solidarité et de mise en commun) reconnaissait à Ankara la vocation à l’adhésion, mais pour montrer qu’un veto peut se surmonter.

Nous, actuellement Sarkozy. Le Liban, notre terre d’influence et d’amitié depuis François Ier se faisant reconnaître par Soliman le Magnifique la charge de protéger et représenter les chrétiens dans « les échelles du Levant », en fait les ports, ce que l’on comprend très bien à certains endroits du littoral grec en Europe ou en Asie mineure. Nous prétendions y être revenus : la famille Hariri loge à l’œil Jacques Chirac et Robert Bourgi – la Françafrique – connaissant, dit-il, sur le bout des doigts la tribalité et les dosages familiaux là-bas avait persuadé Sarkozy de se raporocher d’El Assad, ce qui fut fait (le fils est moins niais qu’il en a l’air, et ces Réopubliques arabes ou noires finiraient par convaincre du princope héréditaire pour la dévolution du pouvoir, si ce n’était surtout une transmission des clés du coffre et des fichiers de police permettant la dictature, mais au Togo, au Gabon et en Syrie, ce ne sont pas des marionettes que les fils). Mais nous n’avons pas su pénétrer les vrais : le Golfe et la péninsule arabiques. Abdallah, humant les remugles de l’affaire Woerth-Bettencourt , a annulé sa venue chez nous. Le voici à Beyrouth : clé. Que nous n’avons pas. Bie entendu, les téléphones de l’Elysée dans le jeu de ces jours-ci entre Obama, Nettaniaou et Abbas n’ont pas la moindre influence parce qu’ils n’ont pas la moindre consistance.

Alain Peyrefitte, après le départ du Général, était convaincu et le démontrait à qui voulait l’entendre, et ils étaient nombreux… que l’on était entré dans un gouvernement d’opinion. Aujorud’hui, l’opinion apparemment ne compte pas puisqu’elle est en majorité, parfois écrasante, insatisfaite du prince régnant, hostile à sa politique économique et sociale, inquiète de la réforme des retraites, et que le règne continue et que la réforme des retraites est bouclée, son conducteur inamovible même pris en flagrant délit, ce dont il n’est pas loin. D’opinion quand même car Sarkozy st rivé sur les sondages mais pas tous, uniquement les intentions de vote et leur ventilation par rapport aux votations de 2007 et de 2002. L’autocrate dépend du peuple dont il a peur et des sondages comme d’une cartomancienne.

Je lis Jack Lang dans Le Monde. Il se donne le grand air de refuser d’avance le nouveau poste de médiateur (défenseur des droits, ce qui est géographiquement très en recul par rapport à un milieu de mêlée) et il continue de briguer la place de Bernard Kouchner : réponse à l’automne. Mais il observe que les saisines du Conseil constitutionnel changent la donne depuis la révision de 2008, les trois cas jusqu’à présent. Certes, les retraites des combattants nés dans nos territoires d’outre-mer, mais il oublie qu’au procès Colonna l’exception d’inconstitutionnalité n’est pas reçue par la Cour de cassation. Il prône sans détail le système américain, une Cour suprême et plus de Premier ministre, seule concession qui me plaise, le recrutement à la proportionnelle de l’Assemblée, mais il joue faux pour l’essentiel, puisqu’il analyse la confusion des pouvoirs comme un défaut atavique des Français et non comme l’abus personnel de Sarkozy, il ne réalise pas qu’en Juillet 2008 les équilibres étaient rétablis et le Parlement enfin existant et honoré si le Congrès avait refusé la réforme (il s’en fallut d’une voix, la sienne ou celle du président de l’Assemblée qui jamais auparavant n’avait par tradition pris part au vote) et il ne voit pas que le génie de notre Constitution n’est pas la séparation des pouvoirs mais la distinction des fonctions, ce qu’ignore totalement Sarkozy. Les satisfecit à ce dernier sont à chaque paragraphe du compte-rendu de l’entretien publié par Le Monde. Surtout, il ne dénonce pas la non-démocratie à l’Assemblée, les refus de commissions d’enquête ou il les met sur le compte de la majorité, mais celle-ci est à la baguette. Rien du tout sur le referendum d’initiative populaire, je ne sais pas d’ailleurs si les lois organiques devant préciser la procédure et donc mettre en œuvre la révision de la Constitution en ce sens, ont été votées : La Poste plus de deux millions de signature et l’on a passé outre. Du coup, Robert Badinter, avec précision et froideur, traite l’actualité : les propositions de Grenoble, et renforce Martine Aubry. Les commentaires en bas des dépêches sont excellents, distinguer les Français d’origine étrangère et ceux de souche…on voit dans quel groupe est Sarkozy, ce qui peut-être explique son cynisme.

J’ai interrogé en Mauritanie qui de droit : il n’y avait avant le putsch de 2008 que des contrats d’armement, deux vedettes, et des demandes de formation, mais rien n’était commencé et aucune base n’était à l’ordre du jour.

Un million et demi d’Haïtiens sous tente encore, une élection présientielle en Novembre où la participation attendue est de 20%. La France n’a pas pris à bras le corps, en cause nationale totale, la question, en impliquant la francophonie africaine certes, mais les riches : la Wallonie, Bruxelles, Québec, Lausanne et Genève. C’est un crime et une faute. Comme d’ailleurs notre éviction diplomatique de ce qui est en cours au Liban.

[1] - Jérémie XXVIII 1 à 17 ; psaume CXIX ; évangile selon saint Matthieu XIV 13 à 21

dimanche 1 août 2010

Inquiétude & Certitudes - dimanche 1er août 2010



Dimanche 1er Août 2010

Hier soir, à la messe « anticipée »

Pour aider le prêtre à « distribuer la communion », s’avance le manchot du bras gauche, déjà remarqué à des messes du matin.. comment ? mais il se fait accompagner par un charmant garçonnet ne lui arrivant qu’à la ceinture. Les voici en couple, face à la petite foule, rangs par deux dont nous sommes eL’handicapé donne l’hostie de sa seule main, la droite, puisant dans le ciboire que tient l’enfant. En fin de procession retour, cet homme, à peine plus jeune que moi, très adulte et maître de soi, visage et regard beaux, qui pousse le fauteuil roulant d’une fille sans âge au menton anguleux. Celle-ci se retourne fréquemment quand ils sont à leur place, deux rangs devant, et semble dire alentour qu’elle prend à témoin on ne sait qui, mais avec tranquillité, presque souveraineté., qui se retourne fréquemment quand ils sont à leur place, deux rangs devant, et semble dire alentour qu’elle prend à témoin on nes ait qui. Soin du père si c’est lui, moments fréquents d’explication lui prenant la main, surtout l’échange de regard, la confiance de cette fille et la sollicitude éclatante de bonté et de maturité de cet homme pour cette jeune femme ou cette grande fille, comment savoir ? Interrogé, le manchot se présente comme diacre et cherche chaque dimanche son jeune aide, s’assurant seulement que celui-ci a déjà fait sa communion… Réinventer une part de la liturgie, la plus participative à partir de ce qui est vêcu réellement.

Ce matin

Il a plu, le silence est une respîration, rien qu’un cou-cou et discret. Prier…
[1] le secret de toute mystique ? n’être qu’au présent et totalement, de tout soi et enveloppant l’univers qui nous enveloppe, conscience individuelle fusionnée avec ce qui doit être ? Dieu… application et vie chrétienne, la résurrection et la vie éternelle ne sont pas-audelà mais ici et maintenant, au moins pour ce qui en est le seuil et parfois la sensation-certitude. Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ… Compagnon, garant, porte et seuil, ce seuil de la vie éternelle, un homme, Dieu fait homme, le Christ raconté, vivant, historique, éternel. La robe de noces pliée comme le linceul au tombeau nous attend. Revêtez l’homme nouveau, celui que le Créateur refait toujours neuf à son image pour le conduire à la vraie connaissance. Du chemin cependant, tels que nous sommes : apprends-nous la vraie mesure de nos jours, que nos cœurs pénètrent la sagesse. Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? … Rassasie-nous de ton amour au matin… Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains. Tout simplement, la vie et ce que nous faisons du don qui nous en est fait.. Tu es fou : cette nuit-même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ? L’évangile pour questionner finalement, éclaire le dialogue entre Marthe et Jésus à propos de Marie : il s’agit encore de fratrie : qui m’a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? et nous ramène à la vérité (toujours oubliée, car ous sommes tous riches au moins de la vie) : la vie d‘un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. – Récurrence : dans Le Monde diplomatique de ce mois, un compte-rendu peu amène sur l’encyclique récente ne décidant pas que l’économisme, le lbéralisme, et les modes actuels du dogme libéral et de ses pratiques sont intrainsèquement pervers, seuls les « débordemenst » étant répréhensibles. Ligne de Jean Paul II né dans le communisme, le bonheur de surgir dans le monde libre. Mais si au lieu de partir de notre époque, l’Eglise partait de la Bible et des deux Testaments, elle y verrait surtout décrite comment l’argent est gagné, de mille façons, morales et immorales, l’intendant astucieux mais aussi l’épouse modèle, et quel doit être le rapport à l’argent. Tout s’en déduirait et serait bombe, est bombe dans la pensée et le vœu de ceux qui souffrent et dont l’exploitation fait la richesse de quelques-uns, et – pire parfois – leur volupté. Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait :’que vais-je faire ? Jésus ne l’appelle pas à la distribution de ses biens et à Le suivre. Il lui donne seulement une leçon : celle de la réalité. Tout message sur nos sociétés consiste à dire ou à faire chercher la réalité. Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu.


Le discours de Grenoble, toujours… chacun s’accorde, aussi bien en courrier des lecteurs sous les dépêches de l’A.F.P. qu’en commentaires des politiques et des politologues, à le considérer comme l’ouverture de la campagne de réélection. Le ton est donné, si quelqu’un s’étonne des mesures envisageés et les qualifie d’anti-républicaines, il est accablé par l’U.M.P. Xavier Bertrand, plus casquette à la Roehm, sanglée au menton mou et bleu, se scandalise de la charge de Martine Aubry. Les commentaires montrent la France divisée en trois : le récri civique des opposants, le dédain des « frontistes » qui ont appris la leçon de père et fille à savoir que NS ne tient pas parole en ce domaine de la répression comme dans tous les autres, les électeurs de Sarkozy qui ont sans doute peu de raisons positives maintenant de voter pour lui mais en ont de solides négativement : leur haine du Parti socialiste et de quelque champion qu’il se donne. Rien donc qui fasse là réfléchir, sinon qu’au fond personne ne sait ce que pensent vraiment les Français : une approbation ou du vomis ?

Ce qui m’intéresse (et me désole) est autre. Sarkozy a réussi ce qu’il voulait : depuis l’audition sur son lieu de travail d’Eric Woerh, l’affaire est virtuellement classée, en totu cas on n’en parle déjà plus soit que l’on soit résigné, soit que l’on ressasse une telle innocence a priori qu’il est insensé d’en avoir douté.

Mensonge aussi net que celui proféré par Sarkozy en conférence de presse à Niamey le 27 Mars 2009 : il apparaît bien que la France s’est lié au putschiste mauritanien dès son coup, sinon avant, pour recruter et former chez lui ses supplétifs. L’opération n’était pas du tout pour sauver Germaneau (elle l’a condamné s’il n’était déjà exécuté) mais pour atteindre unb objectif stratégique qui l’aurait été, surtout pour Nouakchott ; elle a été décidée le 13 Juillet, après des mois de préparation. Or, Al Qaïda Maghreb fait savoir qu’elle était en négociation avec Paris au moment du coup. Sarkozy et Fillon ont menti… ce leur est coûtumier. En tous domaines.

[1] - Ecclésiaste I 2 à 23 passim ; psaume XC ; Paul aux Colossiens III 1 à 11 ; évangile selon saint Luc XII 13 à 21

samedi 31 juillet 2010

Inquiétude & Certitudes - samedi 31 juillet 2010


Samedi 31 Juillet 2010

Prier…
[1] exactement comme les habitants de Nazareth, Hérode a toutes les raisons de poser humainement et avec précision la question de l’identité du Christ. Mais alors que les concitoyens de Jésus n’ont de difficulté que l’autorité de son enseignement qui ne correspond en rien à sa modeste et probablement inculte ascendance, le prince régnant est pris par son obsession de Jean Baptiste que, par faiblesse, il a fait décapiter. Cet homme, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. A Nazareth, au contraire, il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. Nous n’avançons ni en connaissance de Dieu, ni en bénéfice et efficacité de notre salut si nous n’acceptons pas la foi. Est-ce qu’ils n’ont pas craint le Seigneur, est-ce qu’ils ne l’ont pas supplié, si bien que le Seigneur a renoncé au malheur dont il les avait menacés ? Débat difficile au sujet de Jérémie, autre précurseur du Christ quoique très antérieur au Baptiste : le mettre à mort pour ses prophéties ? Jérémie plaide aussi bien que Paul, beaucoup plus tard, et sans doute devant un auditoire analogue. Ce qui rend encore plus remarquable que devant aucun de ses juges ni surtout devant la foule à laquelle le présente Pilate, Jésus, déjà à demi supplicié, ne plaide en rien, ne demande rien, ne raisonne pas : me voici entre vos mains, faites de moi ce qui vous semblera bon et juste. Mais sachez-le bien : si vous me faites mourir, c’est d’un sang innocent que vous allez vous charger, vous-mêmes et cette ville et tous ses habitants. Car c’est vraiment le Seigneur qui m’a envoyé prononcer toutes ces paroles pour que vous les entendiez. Au moment crucial (c’est le cas de l’écrire, puisque l’expression vient du Vendredi-Saint et du Golgotha), Jésus a gardé le silence devant ces foules-mêmes qui s’étaient pressées autour de lui à l’écraser pendant trois ans pour mieux l’entendre et profiter de ses miracles. Il est vrai qu’elles répondirent par un tolle à Pilate et que c’est le Romain qui les plaça devant le dilemme ; réponse, que son sang retombe sur nous et sur nos enfants. La conversion ne commence qu’à la Pentecôte, elle est encore à faire et refaire.

matin

Enième confirmation que les projets de loi se font à lmain levée, dès la fin d’un discours présidentiel : amendements au code de la nationalité déjà ébruités dans les vingt-quatre heures du discours de Grenoble. Et qu’une proposition de loi se fait en conclusion d’une réunion d’élus à l’Elysée. On obtient ainsi des cas de déchéance de la nationalité française dignes des législations de Vichy – pas plus indépendantes de la votation parlementaire que celels adoptées pour la forme depuis 2007 et parfois appliquées avant même leur promulgation – alors que nous sommes en paix et indépendants de toute occupation étrangère. Et l’on introduit en droit français une responsabilité pénale des ascendants d’un délinquant qu’ils peuvent encourir deux ans de prison ferme. – Tolle des associations, de la Ligue des droits de l’homme mais les réponses politiques sont trop dirigées contre le fait du discours et le discoureur et pas assez sur le contenu proposé. Il est probable que tout cela sera censuré par le Conseil constitutionnel, qui vient de « cadrer » la garde à vue, déjà critiquée par la Cour européenne des droits de l’homme.

[1] - Jérémie XXVI 11 à 19 ; psaume LXIX ; évangile selon saint Matthieu XIV 1 à 12

vendredi 30 juillet 2010

Inquiétude & Certitudes - vendredi 30 juillet 2010


Vendredi 30 Juillet 2010

Prier…
[1] comme une habitude, comme une ressource, comme me rendre joyeusement à un rendez-vous, comme une nécessité, comme le retour aux sources de mon identité et aux sources de la communion avec tous, disparus ou à venir, croyants ou incroyants, entrer au centre et recevoir la liberté d’en sortir et d’y revenir sans contrainte, ni culpabilité. Dieu offert en croix dans nos cours, véritablement disponible, attentif à proportion qu’Il est incommensurable mais nous a faits pour que nous venions à Lui. Signe de … Jésus leur dit : ‘Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa propre maison’. Dieu fait homme, Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu. Prophète en pleine humanité et méprisé. Jérémie condamné pour avoir prophétisé la destruction du Temple de Jérusalem : Tu vas mourir ! Pourquoi prophétises-tu, au nom du Seigneur, que ce Temple deviendra comme celui de Silo, que cette ville sera dévastée et vidée de ses habitants. La catastrophe par les Bayloniens et l’exil, la catastrophe par les Romains et la dispersion, peu auparavant Jérémie, Jésus. L’histoire nous enseigne, pas au passé, mais au présent. La prophétie de Jérémie était pourtant – comme celle de Jonas à Ninive – au conditionnel, c’était un appel à la conversion : si vous ne m’écoutez pas, je traiterai ce Temple comme celui de Silo… Le psalmiste, Jérémie à son époque, Jésus fréquentant dès ses douze ans le Temple et finissant par en chasser les commerçants : l’amour de ta maison m’a perdu : on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi. Le martyre de l’apôtre ou du missionnaire ou du converti est rare sinon inconcevable là où je vis, mais ailleurs… alors l’évangile pour ailleurs, seulement ? C’est pôur toi que j’endure l’insulte, que la honte me couvre le visage. Je suis un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère. Il ne s‘agit donc ni de mon exceptionnalité (ainsi que celle de tout un chacun), ni de celle que me confèrerait pour des tiers la foi qui m’est donnée. A quoi appelle le texte ? à considérer ce qu’est le Temple, ce qu’est mon visage non pour les autres mais pour Dieu dont le Temple a été détruit et qui a opéré mon rachat et celui de tous. A quoi dois-je renoncer ? à quoi dois-je me consacrer ? Ce que Dieu, par la bouche de Jérémie, si tremblant parce qu’il va au-devant d’une hostilité totale, demande aux gens de toutes les villes de Juda qui viennent se prosterner dans le Temple…se détourneront-ils chacun de sa route mauvaise ? Quelle est ma route, en quoi est-elle mauvaise ? Par ta vérité, sauve-moi. L’enquête, l’examen de conscience, la conversion ne viendront pas de moi, mais de cette sagesse et ces miracles, et précisément parce qu’il s’agit du fils du charpentier. Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simone et Jude ? et ses sœurs, ne sont-elles pas de chez nous ? Dieu fait homme, ce qui répond à la question des contemporains et scelle l’appel à la foi : d’où lui vient tout cela ? Dieu a montré qu’Il sauve en s’incarnant en la personne de son Fils.


matin

Notre régime impose un type de vie politique, délégitimant tout acteur, toute idée, toute force qui n’est pas dans la sphère du pouvoir, et ce pouvoir a deux faces.

La principale en apparence est celle de Nicolas Sarkozy, exerçant exclusivement le pouvoir en périmant toute autre fonction gouvernementale,, en fusionnant exécutif et présidence de la République, en vidant de substance la fonction législative, et en tentant d’absorber la fonction judiciaire par la suppression du juge d’instruction, travaux pratiques et illustration : la manière dont est menée l’enquête dans l’affaire Bettencourt-Woerth. On ne dit d’ailleurs plus le pouvoir ni le gouvernement, on dit l’exécutif et rien n’existe que l’Elysée en prérogative de puissance publique : donner à EDF le pas sur Areva, nommer un policier préfet, etc….même si les décisions étaient excellentes et éclairées, elles manqueraient d’efficacité parce que de nos jours rien de vrai ni de durable ne peut se faire sans le consentement le plus large : la préfectorale, l’armée, la magistrature, les hôpitaux publics sont en ébulltion, et l’opiniojn comme le commentaire reste dans un type d’interprétation de l’exercice du pouvoir, marquée par la réunion de victoire au Fouquet’s, confirmée par le bouclier fiscal, tel que l’illsutre l’affaire Bettencourt, aggravée par la tentative de placer un fils du Président, pas 23 ans et pas une maîtrise de droit à la tête du plus juteux quartuer d’affaires d’Europe continentale (il s’agit maintenant de la présidence du Conseil général sur le même territoire), et maintenant par l’immunité bouclant l’affaire Woerth.

Mais la face plus importante est la tolérance générale, qui subsiste envers un système dont tous les sondages démontrent qu’un tiers seulement des Français l’acceptent. La tolérance surtout de ceux qui pourraient l’empêcher de prospérer, malgré scandales et impopularité. Les choses – donc ce pouvoir – tiennent souvent à une voix. Celle de Jack Lang pour la révision constitutionnelle en total trompe-l’œil, celle d’Olivier Fouquet, un de mes camarades d’enfance et d’école les plus chers n’entravant pas la nomination de Pérol à la tête d’une banque qu’il a façonnée lui-même pendant dix ans au nom de l’Etat ou d’autres banques, celle du Premier ministre, en allant dans le détail de chaque occurenbce, on trouverait beaucoup de cette voix unique, qui, cas par cas. Comment surtout comprendre ces soutiens si fiers de l’être, récitant la communication préparée à l’Elysée et tellement semblables les uns aux autres que l’aveu est faite de cette centralisation de la propagande. Médusés par cet activisme, cette vitalité apparente ? le 18 Juin à Londres, le 19 à Saint-Petersbourg, le 29 en Andorre, le 30 en Isère, et ainsi chaque jour tandis que la « première dame de France » tourne rue Mouffetard en nocturne… Il me semble que c’est assaez simple. Un soutien à avantage personnel ne peut être accordé à quelqu’un que l’on mépriserait par ailleurs. Les soutiens, tous intéressés, ou fascinés, ne peuvent se justifier que par la sauvegarde de chacun de l’estime qu’il souhaite garder pour son prtopre jugement. Apprécier la situation de la France – victime d’une casse autant que d’un casse sans précédent en temps de paix – et en rendre responsable, avec sanctions à l’appui, celui qui chaque jour a pour amxime : cela ne se fera pas si ce n’est moi qui le fais (contraire exact et de la démocratie et d’une expérience réfléchie de l'efficacité dans la période contemporaine)… est impossible pour les gens de l’U.M.P., leurs ténors surtout, s’ils veulent ne pas se désavouer eux-mêmes. France schizophrène, puisqu’il est probable qu’elle réélira – par défaut d’opposition – soit le sortant soit sa réplique, en mieux organisée et en plus masquée (DSK).

Résultat… l’aménagement du territoire, la planification à la française, le sens du service public et le sens de l’Etat ne dirigent plus l’organisation économique du pays ni les carrières des élites.

Incidemment… l’entrée en force des femmes dans la politique et le gouvernement n’a pas du tout freiné cette abdication générale devant « l’exercice solitaire du pouvoir » (formule de Valéry Giscard d’Estaing, dans Le Figaro en 1967, à l’endroit du général de Gaulle). Sans doute, la « femme-enfant » des années 30 (« le cul sur la commode » chanté d’une voix délicieuse) a été substituée par les Bertie Albrecht et Geneviève Anhtonioz-de Gaulle ou Denise Jacob et tant d’autres, mais l’actuelle qui joue double jeu : people, maternité, couverture des magazines en même temps que cumularde d’un portefeuille, d’une mairie, de l’écharpe de député jamais vraiment passée à autrui, ne change pas la politique en général ni notre système actuel. Aberrantes au sens scientifique du terme, Rama Yade et Fadela Amara, certes critiques et populaires à ce titre d’abord, attendent d’être virées car elles tiennent au podium même si leur fonction n’a plus aucun impact sur ce qu’elles auraient en principe à gérer. Les plus importantes jouent la politique en hommes : Michèle Alliot-Marie, et selon un atavisme retrouvé, celui de la Troisième République : caution soi-disant gaulliste quand nous réintégrons l’OTAN et révisions substantiellement la Constitution (abandon de la séparation des fonctions parlementaires et ministérielels), elle peut être Premier ministre dans six semaine surtout puisqu’elle couvre l’affaire Bettencourt-Woerth.


après-midi

Personne n’est dupe, Sarkozy tente donc sa réélection – bien évidemment pas sur les retraites, « réforme » impopulaire que le PS aurait tort de ne pas promettre d’annuler (mais pour autre chose) en cas de sa victoire – mais sur la sécurité, comme il s’est fait élire. Jamais il n’avait tenu un tel discours contre l’immigration que celui de Grenoble. Au passage, modstie qui n’a pas changé, sa référence à cinquante ans de date (les politiques d’intégration… alors qu’en 1960 on est e plein débat sur l’Algérie, et que la question de l’immigration ne se pose absolument pas dans les termes de maintenant) indique bien qu’il fait mieux que de Gaulle.

En regard, très bon texte des évêques de Vannes – le mien – et de Belfort, dénonçant le tout-sécuritaire vis-à-vis des Roms.
Roms: deux évêques contre une "surenchère sécuritaire"
Le 29/07/2010 à 14:38
Le remède à l'insécurité "ne se trouve pas dans une surenchère sécuritaire", ont affirmé les évêques de Vannes et Belfort, en charge des migrants et des gens du voyage, en déplorant "vivement" "des généralisations hâtives" envers ces communautés."Nous sommes convaincus que le remède à la peur et à l'insécurité ne se trouve pas dans une surenchère sécuritaire mais passe par une action de longue haleine nourrie de respect et de connaissance réciproques", écrivent, dans un communiqué commun les évêques de Vannes et Belfort-Montbéliard.Selon eux, "de tristes évènements" dans la vallée du Cher "ont servi de prétextes à des généralisations hâtives et à une recrudescence de la stigmatisation dont sont victimes" les gens du voyage et les Roms. "Nous le déplorons vivement", écrivent Monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes, en responsabilité pour la pastorale des gens du voyage, et Monseigneur Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard, en charge du Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes (SNPMPI).Dans ces communautés "victimes de préjudice et d'amalgames, boucs-émissaires désignés des difficultés de notre société", on voit au quotidien "de grandes difficultés à faire valoir leurs droits au stationnement, au voyage, à la scolarisation, au travail, à la santé, à la citoyenneté", poursuit le communiqué.L'exécutif a pris mercredi une série de mesures sévères visant "certains" Roms et gens du voyage, dont l'annonce de l'évacuation de 300 camps illégaux et de reconduites à la frontière "quasi-immédiates" pour les Roms qui auraient commis des fraudes ou des atteintes à l'ordre public.© 2010 AFP

Je vais inciter mon évêque à écrire en duo au président de la République, et courieller la dépêche d’agence à Christian Frémont.

Il n’y a pas que Le Canard. Lecteur du Monde diplomatique – et en conservant la collection – depuis Avril 1960, l’année de mon bac…. j’en ai fait la lecture comme pas depuis longtemps, et en suis heureux. L’encyclique récente sur la mondialisation et le libéralisme, écrite d’une encre encore plus complaisante que celle de Jean Paul II : seuls les débordements sont condamnables, mais rien d’intrinsèquement pervers. C'est évidemment le contraire qui s’observe. La réflexion d’un consultant arabe qui enseigne à Stanford-Harvard : simpliste mais mettant bien les chose en place et avec dialectique, salafisme, Etat national, intellectuels, démocratie.

Pays à veiller car il peut se passer – là – quelque chose : la Belgique, en quête de gouvernement pour la énième fois en pas deux ans avec le redoublement des problèmes liés au séparatisme flamand ; l’Italie où Berlusconi peut perdre sa majorité parlementaire, puisque l’Alliance du nord ou quelque chose cela ou la Ligue lombarde, en tout cas Fini, actuellement président de la chambre basse, se détache du « cavaliere » ; l’Inde Que trop facilement on voit en « Occident » un substitut de la Chine comme marché et partenaire économique, et un rempart contre la Chine, par sa masse qui pourrait dépasser la masse de celle-ci.

[1] - Jérémie XXVI 1 à 9 ; LXIX ; évangile selon saint Matthieu XIII 54 à 58

jeudi 29 juillet 2010

Inquiétude & Certitudes - jeudi 29 juillet 2010

Jeudi 29 Juillet 2010

Prier…
[1] « l’évangile de Marthe et Marie »… je ne suis pas sensible à l’opposition des deux sœurs, surtout au plan spirituel. Sans doute Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée, mais c’est Marthe la maîtresse de maison, c’est elle qui reçoit le Seigneur et à sa propre et seule initiative : Jésus entra dans un village, une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Tout bonnement – au plan spirituel, seulement ? – sa sœur, a « le coup de foudre », qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, jalouse ? non, elle est elle aussi de plain-pied avec Jésus. Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Ce registre est habituel au Christ, chacun son affaire, sa vocation, sa place et sa relation avec Lui, ainsi de Pierre et de Jean, notamment après la Résurrection. Quant au service, Jésus n’est pas entré seul : il était en route avec ses disciples. C’est Marthe qui aura la franchise des reproches à la mort de Lazare, Jésus n’arrivant pas, c’est d’elle enfin que nous entendons une des grandes professions de foi du Nouveau Testament. La tête de Jean sur la poitrine du Seigneur pendant la dernière Cène, mais Pierre le chef et l’initiative, y compris le seul à prendre les armes au jardin des Oliviers. Partagez avec les fidèles qui sont dans le besoin, et que votre maison soit toujours accueillante. … Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne brisez pas l’élan de votre générosité, mais laissez jaillir l’Esprit… Paul commenterait ainsi ce moment où Jéus a envahi pour le bonheur de Marie.


Eric Woerth, interrogé huit heures d’affilée, à son ministère. Il me semble que Dominique de Villepin, Premier ministre en fonction, avait été interrogé au début de l’affaire Clearstream, mais dans les locaux de la police judiciaire. Personnage donc moins important que l’actuel ministre du Travail, auquel Nicolas Sarkozy semble avoir attaché son propre avenir – volontairement ? Il n’est pas non plus remarqué ou commenté que les PVs d’audition filaient vers Le Figaro surtout, avec des arrangements, dans les minutes suivant la fin de l’exercice, quand il s’agissait de « l’ex-comptable » dont le témoignage est vital, alors que depuis lundi : Liliane Bettencourt, sa fille mardi, et aujourd’hui le ministre, rien ne filtre.On a évidemment la démonstration de ce que sera la justice la plus quotidienne quand il n’y aura plus de juge d’instruction – c’est ce qu’il se passe dans l’affaire.

La conclusion ne devrait pas être judiciaire, elle ne sera que politique s’agissant d’Eric Woerth : la France entière est convaincue de la confusion des gens et du financement occulte, le soupçon seul, fondé ou infondé, dans tout autre pays analogue, l’Europe occidentale, les Etats-Unis et le Canada, aurait fait démissionner le ministre. De même que l’on est dans un régime de tolérance absolue envers le pouvoir d’un seul faisant et défaisant les carrières de hauts-fonctionnaires, adjugeant en réseau les grandes entreprises, etc… de même on accepte le cynisme total : Eric Woerth serait donc maintenu selon que Nicolas Sarkozy aura pris peur ou pas de l’opinion publique, la reculade éventuelle est déjà assimilée à celle de son fils cadet pour la présidence de l’EPAD. Mais un procès, une instruction, la sanction judiciaire de manquements, surtout d’un grand argentier de l’Etat et du parti présidentiel, il n’en sera aps question. Un porte-paole de l’UMP assure que l’affaire va laisser des traces : soit ! mais du fait de cette chasse à l’homme opérée par les médias, et pas du tout par les agissements découverts d’un membre du gouvernement de premier rang. Que la presse se soit acharnée, oui, mais pourquoi ? parce que le gouvernement et la majorité s’acharnent à nier les évidences. Car même si Eric Woerth n’est coupable de rien, juridiquement, il est d’une rare imprudence – femme embnauchée – trésorier du parti dominant – ministre du Budget, puis donneur de leçons et distributeur de sacrifices – en n’ayant pas pensé que tout cela pouvait poser question dans le pays.

Le scenario du classement va être la focalisation sur la fraude fiscale – involontaire – de Liliane Bettencourt et sa relative sanction par arrangement forcé de part et d’autre entre elle et l’Etat. Tout cela serait parfaitement bouclé s’il n’y avait le point de départ : la plainte de la fille pour abus de sa mère. Cela ne se classera pas, et va maintenir donc le dossier vivant avec de possibles nouvelles révélations, surtout du fait de la rivalité entre le parquet Courroye et la juge.

J’ai couriellé au maire de Marcoussis, en donnant mon téléphone : To: Marcoussis - Sent: Thursday, July 29, 2010 10:15 PM
Subject: à l'attention personnelle de M. Olivier Thomas, maire - de la part de Bertrand Fessard de Foucault, ancien ambassadeur
Monsieur le Maire, avec beaucoup de Français, et aussi beaucoup d'Africains, de Sahariens, j'ai continué de penser à vous, à vos concitoyens dont l'attachement à la personnalité et à la mémoire de Michel Germaneau sont touchants au possible, et évidemment à celui-ci.
Il est dit que votre conseil donnera à cet homme que vous avez tous estimé et aimé l nom d'une rue ou d'une place. Il me semble que quelque chose de plus appartient à la ville de Marcoussis et à votre municipalité : il doit s'agir de faire que ce martyre n'ait pas été vain. Il s'inscrit dans une séquence affreuse et en même temps rayonnante. Pourquoi ne pas constituer une sorte d'association autant de villes - en forme approchant celle du jumelage - que de personnes physiques et morales - une association ou l'approchant - qui rappellerait structurellement de telles mémoires et oeuvrerait pour l'avenir : elle serait dédiée à la paix, à la distinction entre terrorisme et autres formes de témoignages et de combats et elle s'attacherait aussi à de la vigilance quand de pareils drames se produisent et commencent. Marcoussis est éminemment placée pour initier un tel combat moral pour la forme de paix et contre la forme de guerre qui sont sans doute appelés à être les plus répandues dans les années qui viennent. Et le Sahara probablement l'une des régions qui nous concernera le plus.
Il me semble en revanche qu'un hommage national serait déplacé car il sera récupéré par le président de la République, qui n'a pas eu le courage d'affronter votre regard, tout simplement parce qu'il est moralement responsable de la mort de Michel Germaneau. Les rapports franco-africains sont exécrables depuis qu'ils sont le fait exclusif d'un seul homme. Et les rapports franco-mauritaniens - contexte militaire et logistique du drame - illustrent cet engrenage consacrant une totale incompréhension de l'Afrique (et de l'Islam) de la part de M. Sarkozy. Nous avons contribué à asseoir là-bas un pouvoir qui quoique militaire a prouvé depuis plusieurs années en la personne du président putschiste son incompétence en matière de sécurité. En sus, il est à couteaux tirés avec le seul démocrate de la région, le président malien, que nous avons court-circuité. Votre entretien avec le Premier ministre vous aura peut-être édifié sur la psychologie de M. Fillon dans cette épreuve et aussi dans ce qu'il vit en couple institutionnel. Dégager Michel Germaneau de cet échec de la relation franco-africaine et franco-mauritanienne est nécessaire pour sa mémoire et pour que cette mémoire serve au contraire son ultime désir, j'en suis sûr : organiser la paix et ne pas nourrir par nos comportements, nos erreurs et nos méconnaissances le terrorisme.
Je me permets cette suggestion et cette réflexion - un peu longuement et personnllement, si vous le voulez bien - en fonction de mon expérience diplomatique d'ambassadeur, de conseiller économique et commercial, et d'une certaine expérience des "services". Et aussi - depuis quarante-cinq ans - de la Mauritanie et de cette partie du Sahara, des gens qui y vivent et qui sont des gens remarquables,
A votre disposition, sincèrement et chaleureusement. Et en vous renouvelant l'expression de mon estime pour vous, concitoyens de Michel Germaneau, mùanifestant si bellement affection et solidarité.
.
Le Premier ministre britannique, je ne le « cerne » pas encore. A Chelsea hospital pour le 18 Juin, il m’avait paru assez léger et poupin, les baisers échangés copain-copain ou plus ? avec Carla, mais politiquement très engagé, puisqu’il évoquait l’OTAN et l’Afghanistan, nouvelles formes de la solidarité franco-britannique. Je n’ai pas étudié ce qu’il a été rapporté de ses entretiens à Washington, mais en Inde il semble faire du raffut, en mettant en cause le Pakistan. A suivre… quant au rapport précis avec l’ancien orgueil de l’Empire, c’est l’inversion : l’Angleterre demande des investissements indiens..

[1] - Paul aux Romains XII 9 à 13 ; psaume XXXIV ; évangile selon saint Luc X 38 à 42