mercredi 7 janvier 2009

Inquiétude & Certitudes - mercredi 7 janvier 2009



Mercredi 7 Janvier 2009



Prier [1]Il n’y a pas de crainte dans l’amour… et celui qui reste dans la crainte n’a pas atteint la perfection de l’amour. Valable et éprouvé en psychologie amoureuse, en vie de couple mais en faisons-nous l’application dans ce que nous vivons de Dieu. Jésus avait obligé ses disciples à donner eux-mêmes de quoi manger à la foule, il les fait Le quitter de la même façon. Pour quoi ? Quand il les eût congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier. La marche sur les eaux : les disciples crurent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris, car tous l’avaient vu et ils étaient bouleversés. Cette absence de crainte qui caractérise la perfection de l’amour, nous met aussi dans une certaine relation avec le monde, les circonstances, les autres. Contempler et voir n’est pas connaître ni comprendre : en eux-mêmes, ils étaient complètement bouleversés de stupeur, car ils n’avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœur était aveuglé. Renvoi à la liturgie, à ce qu’est la communion. Renvoi à la toute puissance effective de Dieu, que nous espérons mais qui – manifestée – nous stupéfie. Nous reconnaissons que nous demeurons en Lui, et Lui en nous, à ce qu’il nous donne part à son Esprit.

Traverser la France d’ouest en est, la neige dès le Val-de-Loire. Depuis un mois, un siècle après la généralisation de l’électricité, une tournante des délestages et coupures de courant, par groupes de 50 à 100.000 usagers privés d’énergie pendant plusieurs heures : progrès. Les retards des trains, chroniques. Les dégivrages d’avion, les heures de retard, chroniques. Pas tant des grèves que des défaillances techniques. Grosse voix de l’ancien ministre content d’être secrétaire d’Etat (promotion selon l’élu de 2002 qui jurait de réduire à quinze le nombre des ministres, et son commentaire : on trouvera que c’est vachement bien d’être secrétaire d’Etat…) : une enquête administrative. Dominique Bussereau. – Magnificence du centre du pays, le long de ce que fut la ligne de démarcation, mais un pays qui se désertifie. Au lieu de nous ingénier à désurbaniser et à desservir tout le territoire – ce que la technique permettrait et ce qui susciterait les grands travaux de relance d’une demande publique conséquence – nous continuons de nous acculer les uns les autres à aller grossir nos agglomérations aux pourtours de plus en plus anonymes et laids.

Gaza… une trêve à l’essai, unilatéralement octroyée par Israël, chaque jour trois heures pour les convois alimentaires et que les populations aillent dans les magasins et les hôpitaux. Trêve présentée comme le succédané du « plan franco-égyptien » présenté hier au Caire : il s’agissait alors d’une trêve humanitaire de vingt-quatre heures. Volatilité des mots : parler c’est marteler, une demande de deux Etats, c’est un plan. Conversation, traduction, salutation conférence de presse comprise : une heure chrono. ? Un voyage de trop. Retour dare-dare, conseil des ministres, discours devant le gratin de la magistrature, thème éventé hier. La suppression du juge d’instruction. Une communication quotidienne et une communication qui hérisse les intéressés, mais comme chaque discours à une cible différente, les intéressés ne font pas encore bloc, ils sont pris en détail, quoique les questions judiciaires fassent la chronique majeure du règne. On se raccroche depuis hier à un jeu de mots : plus de juge d’instruction puisqu’elle sera confiée au parquet, mais un juge de l’instruction qui vérifiera si les procédures (à redéfinir une autre fois et dans le bon sens) sont bien respectées par la police judiciaire. Manière de faire depuis Mai 2007 : une ou deux gemmes acceptables voire judicieuses dans un minerai surabondant qui a toujours le même effet voulu. Moins de liberté, plus dentralisation à la main du pouvoir en place. Commentaire d’un juge antiterroriste : influence déjà avérée depuis 1995 (la bonne date) de la hiérarchie, place Vendôme, ce sera encore plus patent avec cette « réforme ».

Gaz russe. Pourquoi s’énorguellir que Moscou accepte une mission européenne pour que ne cessent pas les livraisons vers l’Europe centrale et balkanique, nonobstant le différend entre les deux principales des ancienns République soviétiques… mais si la Russie ne vend plus son gaz et son pétrole, de quoi vivra-t-elle ? le donnant-donnant, du commerce banl, est tout à fait équilibré. En revanche, les annonces françaises – le président-croupion de Gaz de France, puis maintenant Christine Lagarde, mais non Gérard Mestrallet, le vrai maître et bénéficiaire de la fusion, qui sait disparaître quand le temps se gâte – sont intéressantes. Avant-hier, aucun problème, réserves. Hier, la part russe de nos approvisionnements est négligeable, 10%. Aujourd’hui, c’est 15 à 20%. Demain ?

Réformes… le Parlement regimbe et demande que soit traité l’essentiel, la relance. Réponse, rallonge d’un milliard pour les pauvres gens aux 26 milliards dont il a été démontré qu’ils ne sont que 4 ou 5 milliards d’argent frais, et seulement pour les entreprises. Méli-mélo…


[1] - 1ère lettre de Jean IV 11 à 18 ; psaume LXXII ; évangile selon saint Marc VI 45 à 52

mardi 6 janvier 2009

Inquiétude & Certitudes - mardi 6 janvier 2009



Mardi 6 Janvier 2009


Prier cependant [1]qu’il fasse droit aux malheureux de son peuple, qu’il sauve les pauvres gens, qu’il écrase l’oppresseur ! Réponse, la multiplication des pains : déjà, l’heure était avancée … l’endroit est désert et il est déjà tard. Les disciples interrompent une communion… une grande foule de gens sur le bord du lac… saisi de pitié … il se mit à les instruire longuement. Les gens sont bien moins matérialistes que l’idée reçue que nous avons les uns des autres. Ni le Christ, ni ses auditeurs ne voient le temps passer ni n’entendent les entrailles qui gargouillent. Puis l’Eglise préfigurée : il rompit les pains, et il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent. Amour divin ! Jean le caractérise autrement : voici à quoi se reconnaît l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés. L’évangile de Marc est réputé le plus ancien et donc le plus proche de la préducation de Pierre. Il y est question de casser une tirelire : allons-nous dépenser le salaire de deux cent journées pour acheter du pain et leur donner à manger ? les autres évangélistes évaluent le coût du ravitaillement pour dire que cette somme n’y suffirait pas. C’était leur défense face à leur Seigneur : donnez-leur vous-mêmes à manger. Le miracle, Jésus ne l’accomplit pas tant vis-à-vis de la foule que des disciples qu’Il met donc en situation de Lui obéir, de fait, ce sont eux qui distribueront. Tous mangèrent à leur faim. Quand Il se manifeste, Dieu rassasie. Le monde à changer, les miens, moi et ceux/celles que j’aime, à sauver :Jésus de l’Epiphanie, manifeste-Toi et reçois ma prière et ma foi. – Emmanuel, le cadet de Claude, aurait aujourd’hui trente-deux ans, né le jour des rois… mort accidentellement à huit ans

« L’idée de Nicolas Sarkozy, c’est de … » puis « Nicolas Sarkozy proposerait » … tandis que l’impétrant est au Proche-Orient, en doublon de la mission européenne des ministres des Affaires étrangères. Bref, annonce de la suppression du juge d’instruction, et refonte prochaine de la procédure pénale : la énième en vingt ans. Tout cela serait « proposé » lors d’un discours de rentrée à la Cour de Cassation que prononcera demain le Président de la République. De deux choses l’une. Ou bien Nicolas Sarkozy (et son entourage immédiat) a les idées tout seul, ou bien il accapare l’annonce du travail des autres. Dans les deux cas, aucune concertation, aucune des compétences ministérielles n’est respectée. Coincidence entre ce mépris de notre droit public et ce travail de sape : du travail dominical aux libertés publiques, une à une.

Pour la plupart de ces décisions qui – sauf exception – sont avalisées automatiquement par la majorité à l’Assemblée nationale, le creuset est une personnalité toyuche-à-tout, ayant une opinion sur tout, fondée à la va-vite mais définitivement sur l’observation d’un trait, ou d’un fait, ou d’un comportement sans enquête, sans concertation, sans conseil en forme. Et puis, chacune de ces réformes traitent-elles les vrais sujets : nous avons perdu notre industrie, le plan de relance écvhoyera parce qu’il n’attaque pas à la racine, le défaut de demande solvable et la protection européenne de nos marchés nationaux. Le pouvoir emm… les citoyens depuis vingt mois, et ce qui fonctionnait ne fonctionne plus sans que les substituts dont certains requerront des années à mettre en place soient discernables. Tandis que ce que le sens commun et les usagers de presque tous organes de la vie collective savent parfaitement ce qui ne va pas et les réformes de détail ou d’ensemble qui conviendraient à chacun et à tous : relations des personnes physiques et des entreprises avec les banques, les services postaux, la fiscalité, les prix à la consommation, le service public en milieu rural, les cahiers de doléances – le cahier d’écolier que Robert Hue avait tenté de populariser en même temps que sa candidature présidentielle en 1995. De très grandes questions comme l’ensemble des négociations sociales dans une entreprise, la manière d’intéresser les Français à la vie syndicale, aux élections prudhomales – ou la production en France des élites pour une direction du pays qui soit vraiment fondée sur des vocations et non sur l’arrivisme et les cooptations, qui soit assez formée et structurée pour trouver des solutions propres à notre pays et non selon « ce qui a réussi aux autres » - ou enfin rétablir une véritable représentation en réfléchissant consensuellement au mode de scrutin. Des réformes qui ne produisent pas d’améliorations et des nécessités qui ne sont pas traitées. Enfin ni plan pluriannuel – que la crise impose désormais – ni participation et débat que provoquerait un recours à l’emprunt et mesurerait utilement le crédit véritable de l’Etat – ni aménagement du territoire. Du détail, dans un contexte qui inspire de plus en plus de défiance pour l’essentiel que sont la démocratie, le respect des droits de l’homme, et qui rend tout texte désormais suspect a priori et passible d’un examen très détaillé et technique (auxquels, au péril souvent de leur carrière, peuvent s’adonner seulement les professionnels de la chose judiciaire, de la chose militaire et ceux de la chose bancaire quand ils ne sont pas assujettis à un secret de fait, non sur les clients de leur établissement, mais sur les pratiques-mêmes de cet établissement)… du détail sans aucune mise en perspective de chacune de ces « réformes », que ne justifient plus les équilibres budgétaires, désormais – la crise – complètement perdues de vue par l’ensemble des Etats membres de l’Union.

Le suicide d’Adolf Merckle me frappe : neuf fois milliardaire, un empire conduit selon les apparences du père de famille, l’entrainement à la spéculation, la justice qu’un dirigeant se fait. Depuis des décennies, l’a-t-on vêcu en France ? tout le contraire « licenciements boursiers » et « parachute doré » caractérise les gestions, et il est avéré que les hauts dirigeants des grands groupes se soucient avantage de leur portefeuille personnel que de l’avenir des entreprises en tant que telles, et pas davantage des salariés que des actionnaires. Dans les années 1950, sous l’inspiration de René Capitant mais à la suite de beaucoup d’entretiens et de rencontres, le général de Gaulle – dans l’opposition à la Quatrième République – propagandait pour un poids égal dans les conseils d’administration, des actionnaires et des salariés. L’association capital-travail.

[1] - 1ère lettre de Jean IV 7à 10 ; psaume LXXII ; évangile selon saint Marc VI 34 à 44

lundi 5 janvier 2009

Inquiétude & Certitudes - lundi 5 janvier 2009

Lundi 5 Janvier 2009

Prier malgré tout ou à cause de tout… [1] Tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l’accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qu’il lui plaît. Syllogisme ? notre infidélité rendrait notre prière de supplications stérile… les commandements, rapportés à l’amour de Dieu et de notre prochain, sont-ils aussi clairs que nous les observions et de grand cœur ? et quel est le bon plaisir de Dieu gageant en quelque sorte le nôtre. L’échangisme avec Dieu ? Discernement : examinez les inspirations pour voir si elles viennent de Dieu… d’expérience, celles de mes illusions, je ne crois plus à ces critères de joie sans cause, de consolation subite ou de perception en soi de ce qui me trouble ou me pacifie. Jean d’ailleurs ne pratique pas comme cel a: voici comment vous saurez si l’Esprit de Dieu les inspire : tout inspiré qui proclame que Jésus Christ est venu parmi nous dans la chair, celui-là appartient à Dieu. Discernement des vrais et des faux bergers, discernement aussi de ce que nous sommes par rapport à nous-mêmes. La foi, une foi précise en un Dieu fait homme qui a un nom et une époque de naissance, qui a une mort. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. Les disciples entameront leur ministère à partir du moment – conditionnant tout en eux – où ils auront reçu manifestement l’Esprit saint (la Pentecôte), Jésus, lui, baptisé avec manifestation de l’Esprit, commence son ministère dès que Jean Baptiste est hors jeu. Dialectique des faits mais aussi du texte : la raison de se convertir est donné, un suspense commence, le Royaume des cieux est tout proche.

Gaza… les journalistes interdits, sauf à suivre à la jumelle depuis quelques hauteurs et à s’entendre dire qu’ils feraient mieux d’aller interroger les victimes du Hamas dans le sud d’Israël.

A mes dix-sept vingt ans, je passais une grande heure chaque jour à lire Le Monde. Depuis cette date, j’ai gardé la collection au numéro : quarante-huit ans et cinq mois… je lis maintenant mon journal par à-coups, mais un jour ou l’autre en quasi-totalité, avec un autre regard : celui de la rétrospective et donc du relief… Crise financière. Pour l’opinion – et aussi pour le président régnant, cf. son discours mutant de Toulon – les choses datent de la faillite de Lehman et donc de la mi-Septembre 2008. Pourtant, les 16 et 18 Mars, Le Monde titre à la une sur la crise financière. Le 2 Mai 2008, toujours à la une « Le pire de la crise est-il passé ? » . Août 2008 : « les démocrates ont imposé à la Maison-Blanche un plan approuvé par le FMI ». Un an auparavant, le 11 Août 2007 ! « les banques centrales tentent d’endiguer la crise financière ». Dix-huit mois de lutte infructueuse contre une crise qui – au contraire – s’est aggravée. – Et nous ? 29 Mai 2008 : « déficits publics : le mal français. Bruxelles tance Paris. Sarkozy multiplie les promesses. Fillon veut des économies ». Et vient de paraître, tout juste, un décret rallogeant de 9,2 millions d’euros. la dotation de l’Elysée… le champagne, du Heidsick étant offert au personnel de la Présidence de la République, selon Le Canard enchaîné, on apprend que celle-ci compte un millier de collaborateurs ou agents. Economies et émondages partout, sauf à l’Elysée.

Le voyage de Nicolas Sarkozy au Proche-Orient n’a pas de sens. Pour trois raisons. La première est qu’il n’a plus qualité pour parler au nom de l’Europe : la troïka, au niveau des ministres des Affaires étrangères, est sur place. Or, que dit-il ? [2] La seconde est qu’il est partial, toute analyse du conflit actuel qui n’examine que les semaines ou mois précédents (les tirs de roquettes du Hamas : "Le Hamas a agi de façon impardonnable et irresponsable ... Le Hamas porte une lourde responsabilité pour la souffrance des Palestiniens de Gaza") ne rend pas compte du conflit, et la raison d’une trêve ou d’une cessation des violences n’est pas la situation humanitaire : elle est le respect du droit. La troisième est que le président français se trompe d’interlocuteur : Hosni Moubarak est usé, sous influence des islamistes égyptiens et de la question de sa succession par hérédité, il a trompé le Hamas et les Palestiniens sur les intentions israëliennes et Israël, avant d’attaquer, s’était assuré de sa bienveillance. Dans l’affaire comme depuis les années 1920, le chef d’Etat arabe, le plus proche des Palestiniens, le plus impliqué stratégiquement par l’avenir de leur éventuel Etat et le plus à même de faire le consensus des monarchies pétrolières, c’est le roi Abdallah II de Jordanie : voici un an qu’il a mis le plan arabe sous les yeux d’Olmert. Le style de Nicolas Sarkozy – là-bas – analogue à celui qu’il emploie familièrement en province française ne vaut pas les dix-sept conversations téléphoniques de Condoleeza Rice. Seuls, les Etats-Unis peuvent faire entendre raison à Israël – pour quelques années ou quelques décennies – mais par son autisme, la Jérusalem juive risque la pérennité de l’Etat ressuscité. La sagesse est de devancer le destin et de proposer aux Palestiniens de faire un unique Etat ensemble : pour l’heure, les Juifs y auraient la belle part, dans un demi-siècle, ils ne l’auront certainement plus. Le prophétisme, la vision sont là. Qu’elle est pâle – façon dialogue franco-chinois en vue des Jeux olympiques – cette assurance du président français à Mahmoud Abbas : je dirai à mon grand ami israëlien que les violences doivent cesser parce que la situation humanitaire, etc…


[1] - 1ère lettre de Jean III 22 à IV 6 ; psaume II ; évangile selon saint Matthieu IV 12 à 25


[2] - AFP de ce soir - "Nous savons parfaitement que tout ceci est difficile, que la démarche européenne est risquée mais enfin, si devant une situation aussi dramatique nous ne prenons pas l'initiative de venir pour aider à trouver les chemins de la paix, alors quand est-ce qu'on se déplace?", a-t-il lancé.
"Il faut que les armes se taisent, il faut qu'il y ait une trêve humanitaire provisoire, il faut que toute monde reparle ensemble et que chacun comprenne que ce qui se joue ici, n'est pas seulement une question entre Israéliens et les Palestiniens, c'est une question mondiale".
"Nous oeuvrons main dans la main pour trouver les voix de la paix. L'Europe a une responsabilité. L'Europe a un rôle, l'Europe veut l'assumer. L'Europe veut vous aider à faire la paix", a-t-il dit en qualifiant M. Abbas d'"homme de paix et de dialogue".
"Justement parce qu'Israël est une grande nation, justement parce qu'Israël est une démocratie, elle ne peut pas laisser la situation humanitaire telle qu'elle est aujourd'hui", a-t-il souligné.
"Je veux le redire ici avec la même franchise, le Hamas en décidant de mettre fin à la trêve et en reprenant les tirs de roquettes sur des populations civiles d'Israël, le Hamas a agi de façon irresponsable et impardonnable", a martelé le président français.

dimanche 4 janvier 2009

Inquiétude & Certitudes - dimanche 4 janvier 2008

Dimanche 4 Janvier 2009


Prier quand même et surtout. [1] On marche vers l’Epiphanie, parallèle à faire et vivre entre cette solennité, cette marche des rois, cette reconnaissance du Christ et de sa place dans l’Histoire et parmi les civilisations, et d’autre part l’Apocalypse, synthèse mystique de toute l’Histoire, et symboliques de la manifestation divine aussi. Pas de dialogue entre les « mages » et les parents de Jésus, mais la joie et l’adoration. Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se proternèrent devant lui. Peut-être l’itinéraire d’Abraham, et de la multitude d’étoiles évoquant sa descendance, il en apparaît une décisive que deux millénaires ensuite suivent des mages venus d’Orient. Les prophéties moins opérantes que l’attente et la foi ; l’étoile … ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. L’Eglise ne le vit pas assez : le dialogue interreligieux ne bouge pas vraiment, et surtout le cœur à cœur avec tous ceux qui ne vivent pas la même foi ou disent, avec une honnêteté que n’a jamais le croyant, car tout croyant – surtout, le croyant – reste partagé entre la lumière et la ténèbre, entre son infirmité native et entretenue (par orgueil et incrédulité précisément) et ce qu’il reçoit de forces en Dieu. La Jérusalem céleste de l’Apocalpyse est hiératique, magnifique, mais celle d’Isaïe est vivante : alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera… sur toi se lève le Seigneur et sa gloire brille sur toi. Tant de grandeur, mais notre condition présente ? il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.

matin

Ma chère femme – ce qu’un homme ne verrait pas à premier regard – voit dans la naissance de Zohra Dati la revanche de la Garde des Sceaux. La petite fille a été conçue en réponse au remariage de Nicolas Sarkozy qui rétrogradait dans ses espérances l’une des « faiseuses » du roi. L’histoire de France retrouve ses vieilles clés et Maurice Druon pourrait ajouter un tome à sa saga de la descendance de Philippe Le Bel.

Réédition de Suez ? il y a cinquante trois ans… Les blessés israëliens se comptent par dizaines, les morts palestiniens par centaines, toujours ce racisme dans le statistiques. Confirmation de l’horreur pour les habitants, circulation, hospitalisation, ravitaillement impossibles depuis huit jours dans les bombardements sont denses, maintenant les chars. Les combattants d’élite du Hamas serait un millier, les roquettes ont une portée de quarante kilomètres, il en existerait un stock (monté dans le territoire à partir de matériel passant d’Egypte par des tunnels) de quelques 4 à 500. Les renseignements israeliens semblent tout connaître, de l’endroit où tuer individuellement les cadres militaires ou politiques aux dispositions des forces et aux points de fuite. On ne dit pas et l’on ne voit pas – en regard – les objectifs de cette offensive terrestre que préparaient ces huit jours de bombardement, sinon annéantir pour longtemps sinon toujours toute capacité agressive dans la bande de Gaza. Le troc que proposerait la « communauté internationale » : médiation russe, adjurations de Ban Ki Moon, troïka européenne, serait qu’au lieu de faire cette éradication par la force, ce soient des engagements mutuels. A qui mieux mieux, il est demandé par les tiers un cessez-le-feu, mais au Conseil de sécurité l’accord a été impossible cette nuit du fait des Etats-Unis. Ne gêner en rien l’allié israëlien. Je vois de moins en moins ce que peut apporter dans cette affaire Nicolas Sarkozy en passant deux jours là-bas.
nuit

Scenario Suez… victoire militaire israëlienne sur le terrain… refus de stopper l’offensive tant que les objectifs stratégiques ne sont pas atteints, dixit Olmert au président russe… dénouement diplomatique pouvant désavouer Israël et rehausser le prestige du Hamas ? Il semble – ce soir – que non. Sarkozy fait porter sur le Hamas la responsabilité de l’origine des événements, et un porte-parole du Premier ministre tchèque (la présidence de l’Union, maintenant) assure que le mouvement israëlien est plus défensif qu’offensif : exactement le « couac » de Pierre Messmer au moment de la guerre du Kippour dont le rattrapage par Michel Jobert fit la fortune – politique – de celui-ci : ce n’est pas être agressif que de vouloir rentrer chez soi. Aujourd’hui, toute analyse qui ne va pas à la racine du problème : l’intrusion d’un corps ressenti comme étranger par la majorité des peuples du Proche-Orient, est forcément injuste et sera de plus en plus irrecevable.

Pour moi, la solution n’est plus, si elle le fut jamais, la coexistence pacifique de deux Etats : celui d’Israël dans ses frontières de 1948 et celui d’une Palestine à proclamer depuis treize ans et au territoire comme au statut restant à définir, il est dans un unique Etat mais qui sera binational. Les guerres soutenues par Israël contre son voisinage ou à l’intérieur même des territoires qu’il contrôle, sans reconnaissance internationale d’une souveraineté de fait ont créé un fossé trop profond, la dernière chance a été assassinée en 1995. Depuis, il est trop tard pour un Etat d’Israël pérenne.

[1] - Isaïe LX 1 à 6 ; psaume LXXII ; Paul aux Ephsiens III 2 à 6 ; évangile selon saint Matthieu II 1 à 12

samedi 3 janvier 2009

Inquiétude & Certitudes - samedi 3 janvier 2009

Samedi 3 Janvier 2009

Prier… [1] la mort, irresponsabilité totale alors que je dois protéger mes aimées. La désirer, c’est ne pas les aimer et les tuer. Et bien entendu avoir mis Dieu au néant son compagnon.
Prier… une théologie du péché pas du tout courante : la matière du péché, l’intention de pécher, etc… qui d’ailleurs n’a plus prise sur la plupart des chrétiens, lesquels ne se « confessent » plus sauf les candidats à la sainteté dans des mémoires posthumes ou presque : Sœur Emmanuelle ou l’Abbé Pierre. Jésus est apparu pour enlever les péchés et il n’y a pas de péché en lui. Quand un homme demeure en lui, il ne pèche pas ; quand il pèche, c’est qu’il ne l’a pas vu et ne le connaît pas…. Tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. Le péché est donc un manque bien plus qu’un acte ou un comportement, manque d’une relation à Dieu, et ce manque tient à une méconnaissance et à la désespérance. La pleine connaissance, voir Dieu, nous exonère, nous libère du péché. Le péché est un état. Piste à creuser et surtout incitation à prier : peu importe notre état, sinon nos actes qui sont l’effet de notre mauvais état, l’essentiel, le décisif, est la connaissance de Dieu. Impossible à atteindre humainement, mais donnée par le Christ à sa venue et qui est notre participation à sa divinité : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Voir Dieu, c’est Le devenir, est une affirmation johannique qui me poursuit depuis longtemps, avec son préalable ou son codicille, décisif chez un tel mystique, et un tel intime du vivant de Jésus : Dieu personne ne l’a jamais vu, et pourtant, le même écrit que son témoignage est oculaire ; ce que nos yeux ont vu, ce que nous avons touché… Et Jean Baptiste renchérit, au bord du Jourdain : Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu.

fin d'après-midi



Le Ghana – premier Etat noir indépendant au XXème siècle : Mars 1957, après le Libéria, constitué au XIXème siècle et qui, lui, n’avait pas connu de domination étrangère. Un des pays phares du panafricanisme avec Kwamé N’Kurmah (le « consciencisme »). A nouveau exemplaire, le tenant du pouvoir, lui-même démocrate, le cède à son opposant, après deux mandats ; c’est la quatrième campagne présidentielle du vainqueur. Le Sénégal d’Abdoulaye Wade soutient les putschistes de Mauritanie et ceux de Guinée. Ce devient une doctrine. Il est vrai que c’est l’armée qui dissuada Abdou Diouf de se maintenir après les élections perdues. Mauritanie : les « états-généraux de la démocratie » ont clos la première partie de leurs travaux, des « ateliers » à quelques quatre cents participants chacun et à trois cent intervenants en moyenne ; l’essentiel commence avec les rapports de synthèse. A ce qui est rapporté officiellement, sur les sujets crucieux, durée de la « transition » et candidature militaire, le compromis n’est pas possible. Apparition cependant d’un véritable débat sur les institutions et d’un nouveau pouvoir courtisé autant par le chef de la junte que par le « chef de file de l’opposition démocratique », Ahmed Ould Daddah : les 216 maires.

Coup sur coup, une seconde erreur d’alimentation artificielle d’un petit patient, aujourd’hui, un garçon de six mois. Avec justesse, l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul a demandé à se substituer à l’infirmière mise en examen. A défaut, c’aurait été la fuite de tout le personnel médical soignant. Déjà, les procédures de réclamations et des jurisprudences ont fait hausser d’une manière proche de l’insupportable les cotisations d’assurance professionnelle des chirurgiens.

Au Mexique et en Indonésie, deux compatriotes retenus à perpétuité, l’une emprisonnée depuis trois ans déjà (complicité d’une bande organisée de rapts) et l’autre depuis dix ans (de la drogue dans ses affaires). On attend Nicolas Sarkozy ; celui-ci répond aux correspondances.

La communauté musulmane en France – ou les Français musulmans – n’ont pas pris, hier, pour leur le mot d’ordre du Hamas de manifester contre les frappes israëliennes. Alors que le monde musulman dans son entier a répondu massivement. Aujourd’hui, dans nos grandes villes, défilés et rassemblements respectables. Tsahal aurait tenté, malgré ses démentis de tout incident, une incursion terrestre dans la bande de Gaza et aurait été repoussé. Les organisations humanitaires ou celles des Nations Unies proprement dites – représentées par des Français – décrivent l’enfer, la pénurie alimentaire, le manque de grain pour la boulangerie et surtout que les systèmes hospitaliers ne sont pas visités par ceux qui en auraient besoin, tant les bombardements sont intenses et permanents, la population ne bouge plus de chez elle. Nicolas Sarkozy selon un calendrier non développé superpose son voyage à la mission de la « troïka » qui vient de partir sur les lieux, mais Mahmoud Abbas sera en pensée déjà à New York quand il le recevra lundi.

Saison de sports d’hiver dans les Alpes, Vendée-Globes bientôt au cap Horn, première journée du Dakar sud-américain : pas de crise.


nuit

Congrès des Etats-Unis : soutien de la majorité démocrate à l’entrée de Tsahal dans la bande de Gaza. Hamas et Israël ont chacvun tiré les leçons de l’été de 2006 au Liban-Sud. On va donc en découdre. Huit jours de préparation notamment pour rendre inerte et donc neutre la population « civile », et pour des éliminations ciblées des cadres militaires palestinien. L’issue est peu prévisible, Israël s’enlisera dans des combats de rue mais sur un territoire sans repli pour le Hamas et bien plus restreint (terrain plat aussi) que le sud du Liban, la défaie physique ne sera pas patente, il se peut même que ce soit une victoire, mais diplomatiquement les choses sont moins aisées à prophétiser. Barack Obama n’a pas pris position, Bush évidemment si : le droit de suite et la sécurité d’Israël. Cette guerre ne diminue pourtant pas les ponoistics en faveur d’un retour de Nettanyaou au pouvoir. L’énigme est, une fois de plus, de savoir ce qui fait courir Nicolas Sarkozy en cavalier seul au Proche-Orient alors que les procédures européennes sont lancées.

Conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine. La construction des gazoducs entre l’Europe occidentale et les gisements soviétiques avait été un conflit Etats-Unis Europe. S’agit-il d’énergie ? ou bien de la discussion d’une identité : l’Europe émancipée de l’Amérique, il y a trente ans ? l’Ukraine adhérant ou pas à l’Union européenne ?


[1] - 1ère lettre de Jean II 29 à III 6 ; psaume XCVIII ; évangile selon saint Jean I 29 à 34

vendredi 2 janvier 2009

Inquiétude & Certitudes - vendredi 2 janvier 2009

Vendredi 2 Janvier 2009

Prier [1] … que monte vers Toi, mon Dieu, notre Dieu, ma prière-notre cri d’espérance et de confiance, que nos mains soient avec Toi à ton œuvre d’amour, que nous ayons ton regard de compassion et de curiosité pour toute notre époque, pour tous nos semblables, que nous soyons à l’affût de chaque commencement de bonheur et de chaque détresse pour augmenter partout la paix et la confiance en Toi…. Je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. Et pourtant le Baptiste est spirituellement intime du Christ, et Celui-ci le proclame le plus grand parmi tous les prophètes d’Israël et de notre humanité d’attente. Jean Baptiste qui ne dit rien de lui-même et ne fait que reprendre Isaïe : je suis la voix qui crie dans le désert, aplanissez le chemin du Seigneur. Préparez-vous, soyez vous-même, allez comme les vierges au-devant de l’Epoux, allez ! Il n’est personne, ce prophète, que la voix d’un texte décisif. Celle du présent, celle de l’accomplissement. Tout cela s’est passé à … avec quel soin, les évangélistes nous ont laissé les moyens de dater et de situer, même si beaucoup se discute en géographie et en chronologie. Mais on ne discute pas du néant. Ou de l’imaginaire. Nous serons sans honte devant lui, lors de sa venue. La rencontre finale, nos adolescences tendues vers l’amour inconnu, nos chemins de vie aux tâtons divers et peu efficaces, mais en gros dirigés vers la musique, vers la lumière et cette fraicheur-chaleur qui signifie pour nous le retour à l’accueil. Marie retenait tous ces événements… gardez en vous-même ce que vous avez entendu depuis le commencement… c’est lui qui vient … elle demeure en vous, l’onction par laquelle il vous a consacré, et vous n’avez pas besoin qu’on vous instruise… la terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Commencer.

Il a supplanté le Premier ministre, il pratique ses fonctions d’une manière telle qu’elles n’ont plus de base constitutionnelle, il entend maintenant poursuivre sans mandat la présidence semestrielle de l’Union. La mission de la « troïka » censément présidée au Proche-Orient, à partir de lundi, va être protocolairement menée par lui qui s’y joint : voyage complet dans la région, le Hamas, le processus de paix. Cette observation de Maurice Couve de Murville, au début des années 1970, valant pour Georges Pompidou qui n’était pas inexpérimenté après avoir été Premier ministre du général de Gaulle pendant plus de six ans : en arrivant, le nouveau venu découvre la politique extérieure, domaine illimité pour l’ego et les apparences et ne présentant aucune difficulté pour qui s’y adonne. On ne fait donc plus que de la politique extérieure pour oublier le reste, soumis à sanction électorale ou selon les sondages. Le remède à « la crise » est donc trouvé : la stature internationale de Nicolas Sarkozy dont la plupart des Français n’ont pas les moyens ou ne prennent pas les moyens.

Démarche politique pas très nouvelle, mais correspondant surtout à une psychologie personnelle. Qu’est-ce qui fait donc courir Nicolas Sarkozy ? Quels sont ses buts ? Précisément, je crois aucun, que l’intensité de la vie au présent, dans l’instant. Dopé, drogué d’action. L’action politique telle qu’il la conçoit puisqu’il n’a aucun mentor qui lui ait donné le sens des perspectives ou une mise en profondeur de notre passé national pour en tirer des leçons de cohésion et parfois même quelques recettes pratiques (la planification souple dite « à la française », combinée avec le tripartisme en gestion et négociations sociales à la Libération et jusques très avant dans les années 1960 : outil exactement adaptée au consensus social et à l’imagination et aux mises en commun économique que la décennie de crise patente depuis l’automne requiert…). Pas de mentors, des cautions : Edouard Balladur et Simone Veil : le président régnant pourrait trouver plus mal, Jacques Chirac n’avait que Tillinac… donc pour Nicolas Sarkozy : pas de père intellectuel ni politique ni affectif, donc pas de passé structurant. Et pas d’avenir, car ce serait projeter des structures personnelles pour les parfaire. L’image de la dernière marche – le podium national dans un pays où l’Etat qu’on confond avec les dorures de l’exercice du pouvoir politique, a quelque effet d’image face à l’intelligence, à la culture et surtout à l’argent… donc l’instant, et ne pouvant s’étaler et prendre de grandes dimensions dans le temps, Nicolas Sarkozy les prend dans l’espace, il occupe tout le visuel, exerce toutes les compétences imaginables sur les scènes intérieure et internationale. Il ne brille pas par l’analyse, il ne convainc par une approche nouvelle ou éprouvée des grands sujets, il ne réagit que selon des critères indépendants de ce qui se présente ou de ce qu’il y a à traiter, mais il est là… un voyage en province tous les deux jours, des entretiens au lance-pierre avec les « grands du monde », une prise à partie directe, familière pour ne pas dire : parfois vulgaire, tient lieu de discours. Des éphémérides en continu.

Dans le cas du Proche-Orient, c’est dangereux à deux points de vue : la France ne peut financièrement et militairement apporter quelques garanties ou secours que selon l’Union européenne, et celle-ci sur le sujet, vu la pensée stratégique et diplomatique dominant Israël depuis que la France du général de Gaulle a cessé de suivre l’Etat hébreu pour la guerre des Six-Jours, doit agir au moins de conserve avec les Etats-Unis. Le solo ne sera pas efficace. Georges Pompidou, mieux disposé envers Israël que le général de Gaulle, s’en rendit compte : il en advint le dialogue euro-arabe et non pas un dialogue franco-arabe. Il peut surtout hérisser nos partenaires, les Etats-membres, car on ne parle pas au nom des autres sans mandat. Pas de mesure de rétorsion sans doute, puisque nous étions demandeurs pour ne pas observer les critères de Maastricht – et nous faisions plutôt exception –, mais aujourd’hui tout le monde est demandeur et l’accord sera général pour qu’on oublie le corset.

Entrée en vigueur de la loi Pécresse sur l’autonomie des universités. Intitulé de plusieurs des titres, il y a quarante ans de la loi Edgar Faure d’orientation universitaire. Pris en exemple, l’Institut d’Etudes politiques de Bordeaux prévoit 20% de ses ressources dans les trois ans à provenir d’autres que l’Etat. Enseignant quelques années à Paris VIII, j’ai été atteint par la limite d’âge de 65 ans, et rien ne peut faire transgresser cette règle ces mois-ci, alors même qu’on ressasse l’avantage d’employer des seniors et que les recteurs d’université sont devenus plénipotentiaires, émancipés de surcroît des conseils qui impliquaient la collégialité dans la loi Savary. Alors l’autonomie – seulement pour « privatiser ». Et puis cette logique depuis deux décennies : procéder comme les autres, au lieu de perfectionner et cltiver nos propres voies, ou interroger patiemment nos besoins, nos actifs, nos lacunes pour en déduire l’outil le plus adéquat. Compétitivité de nos établissements ? cette seconde logique, issue de la première, a sans doute des effets financiers, dégager l’Etat, encourager les entreprises qui ne le feront pas gratuitement mais imposeront leurs besoins et leurs cultures – ce qui aboutit à une idéologie, encore plus dogmatique que dans ses applications économiques, et cette idéologie interdit que notre système produise des élites. Car une élite qui ne serait pas morale et libre vis-à-vis de l’argent, n’est qu’une classe potentiellement dominante et se reproduisant par cooptation et par hérédité. Exactement le contraire de la plupart des pétitions gouvernementales dans ces mêmes deux décennies. L’échec français me semble tenir dans cette tentative de plus en plus avouée, depuis quarante ans, de faire de l’université l’aliment du marché de l’emploi, directement. La loi Pécresse achève la tendance : le savoir est une marchandise et les établissements le dispensant doivent être considérés comme des entreprises. – Alors même que depuis trois mois, le système économique montre qu’en pratique il a failli. Les réformes, concoctées en 2005-2007 sont aujuourd’hui obsolètres qu’elles soient encore à mettre en œuvre ou qu’elles aient déjà commencé leur carrière. La plupart étaient inutiles et n’avaient comme fondement – l’armée, la justice, l’université – que des écéonomies budgétaires. Aujourd’hui que les vannes sont ouvertes et que l’on va doubler une dette déjà respectable avant cinq ans, que le déficit budgétaire a de bonnes chances de doubler en valeur absolue, et plus encore comparé à des recettes en peau de chagrin, les réformes sont nécessaires, mais dans un sens tout contraire de celui prétendûment plébiscité en 2007.

Christine Lagarde – se gardant de justifier le don du livret A à l’ensemble du système bancaire ni de rappeler que le logement social que finançait en partie cette épargne, est assuré autrement – explique que le taux d’intérêt va diminuer de moitié parce que l’inflation diminue et parce que les taux d’intérêts (les autres) diminuent. Elle expose mais n’explique pas. Daniel Bouton, « passant » à la télévision une première fois sur « l’affaire Kerviel », avait montré son incompétence : il ne savait pas le métier dont il était censé expliquer comment il avait pu dévier à l’insu de la hiérarchie. Christine Lagarde, ministre de l’Economie, sera sans doute un apaisant garde des Sceaux : elle n’a pas idée de l’instrument gouvernemental qu’est le livret A et combien, en cette période qui commence, il serait utile que les pouvoirs publics le connaissent et le manient.

Cinquantenaire de la révolution cubaine. Je retrouve, édité par François Maspero la révolution algérienne par les textes, documents présentés par André Mandouze . cahiers libres n° 16 . 4 Février 1961 : un peu plus de cinquante ans. Quelle est la vérité des relations franco-algériennes d’aujourd’hui ? qui peut la dire ? des Algériens ? des Français ? Y a-t-il quelque part dans le monde en ce moment un processus révolutionnaire ? distinct d’une tentative ou d’une rébellion nationaliste ? les guerres civiles à Ceylan, en Somalie ou au pays Basque ? en Corse ? des manifestes plus souverainistes que socialistes. L’archétype tibétain : l’occupation chinoise strictement contemporaine de la victoire de Fidel Castro.


[1] - 1ère lettre de Jean II 22 à 28 ; psaume XCVIII ;évangile selon saint Jean I 19 à 28

jeudi 1 janvier 2009

Inquiétude & Certitudes - jeudi 1er janvier 2009


Jeudi 1er Janvier 2009

Prier… [1] tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers. L’étonnement dans l’évangile. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Combien de vocations religieuses féminines, de vies monastiques, de prière quotidienne ont été et seront inspirées par ce verset. Les bergers repartirent. Même la Trinité connaît ce mouvement d’allées et venues, venir du Père, y retourner. Les noms dans la Bible, dans l’écriture, dans certaines des civilisations humaines, transmission du nom, dation d’un nom. Voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé de Dieu, l’Esprit de son Fils est dans vos cœurs, et il crie vers le Père en l’appelant : Père ! Sens ? tu n’es plus esclave mais fils, et comme fils, tu es héritier par la grâce de Dieu. En droit de la famille, dans toute civilisation humaine, cela change tout. Croire en Dieu, c’est se savoir un autre sort que soumis à tout, soumis à la mort, et limité en tout par autrui et par nous-mêmes. Esclave de moi-même, de ce que je ne connais pas en moi et de ce que je connais en trop. Bénédiction finale ou inaugurale – prescrite naguère ou suggérée aujourd’hui qui n’est pas une époque religieuse mais d’une attente que trop d’analystes prennent pour une appétence religieuse, et que je crois plutôt le comble de notree déboussolement et aussi de notre exploitation par nos propres systèmes de gouvernance, d’intelligence et d’interprétation de nous-mêmes… Que le Seigneur te bénisse et te garde. Dieu n’est pas une espérance (parmi d’autres, donc un objet que nous caressons ou fabriquons ou imaginons et souhations). Il permet notre espérance, sans lui, pas d’espérance. Que le Seigneur te bénisse et te garde, parce qu’Il existe souverainement et a souci de toi. Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Toute expérience amoureuse, de rencontre amoureuse nous dit cette joie d’être regardée, et que celle/celui que nous aimons manifeste ainsi son amour pour nous en nous regardant, exclusivement – expérience de la petite enfance qui attend le regard maternel ou paternel, le réclame et y répond par son sourire. Que le Seigneur tourne vers toi son visage, réponse à notre demande-attente, qu’il t’apporte la paix, réconciliation avec nous-mêmes, avec les autres, avec les circonstances, avec le jeu de nos cartes et de nos déboires, la paix terreau et aboutissement de tout. Bénédiction qui nous y amène.

Un décret réorganisant la Légion d’honneur, pour qu’il soit désormais possible de nommer directement un national à un grade très supérieur. Un autre à paraître demain nommant Simone Veil grand-officier. Présidences de comités, participations à d’autres, élection à l’Académie française, décoration. Les obsèques nationales ? comment avait-on fait pour Georges Clemenceau agnostique et antipapiste ? l’argument avait servi pour empêcher son élection à l’Elysée : et s’il décède pendant son mandat, comment fera-t-on pour l’enterrer ? quelle cérémonie pour Simone Veil ?

L’offensive israëlienne sur Gaza – peut-être provoquée, mais certainement disproportionnée – ne sera pas terrestre malgré la mobilisation aux abords du petit territoire surpeuplé. Ce serait le corps à corps rue par rue avec un Conseil de sécurité réuni en permance. Les cartes, cependant, vont être complètement rebattue. Les élections seront bellicistes, l’Iran est en train de réintégrer la communauté arabo-musulmane dont elle ne fait que rarement partie pour des raisons ethniques et historiques, l’Egypte démontre la fragilité du régime finissant d’Hosni Moubarak. Quant à l’Union européenne, elle démontre, quant à elle, que les traités en vigueur ou celui de Lisbonne s’il est un jour ratifié par tous les Etats membres ne sont pas des outils pour les crises de politique extérieure : Javier Solana en arrière de la main pour la Géorgie cet été, absent ces jours-ci à Gaza. Il n’y a pas de politique extérieure commune, il y a des Etats qui se mettent en vedette.

La présidence tchèque est moquée : par nous, « grand Etat », donc suréquipé en talents, en missionnaires et en présidents de comités en tous genres, et surtout ayant démontré son efficacité pendant le second semestre de 2008 ; mais aussi par l’Autriche, selon des caricatures peu tendres de Vaclav Havel. La Pologne et l’Allemagne la prennent au contraire au sérieux, elle est bien placée pour faire aboutir les ratifications du traité de Lisbonne, tout autant pour acueillir Barack Obama sur le sujet du bouclier antimissile, et enfin – le plus important – régler la présence de l’Union dans le conflit chronique, chaque début d’année, entre Russie et Ukraine avec le double chantage de couper le gaz depuis Moscou et d’aller au plus vite depuis Kiev à l’adhésion.

La Guinée met en relief la Mauritanie. Les putschsites ont le même langage : la gabegie, les profiteurs contre lesquels ils s’insurgent censément. Et la même méthode : à Conkary, des réunion d’information… A Nouakchott, l’exercice des « états-généraux de la démocratie » réunit beaucoup de monde, sept « ateliers » font défiler chacun devant deux ou trois cents participants, des intevenants à raison de trente ou quarante par jours. Tabous, selon les compte-rendus officiels : le Président de la République renversé, le fonctionnement des pouvoirs publics depuis le coup d’Etat, on ne parle que du passé d’un semestre antérieur et de l’avenir dont il n’est pas dit s’il est à trois ans ou à six mois de date.

Politique économique et industrielle françaises : onze cent voitures incendiées, donc indemnisées, donc rachetées à neuf.


[1] - Nombres VI22 à 27 ; psaume LXVII ; Paul aux Galates IV 4 à 7 ; évangile selon saint Luc II 16 à 21