vendredi 21 novembre 2008

journal - vendredi 22 novembre 1968

+ Vendredi 22 Novembre 1968



9 h 20


Dévaluation du franc .

Certains pays étrangers ricanent !
Et des Français . oubliant qu’ils le sont . (il est vrai que c’est
ceux-là mêmes qui spéculaient) . affichent leur satisfaction
que « Monsieur de Gaulle » échoue . . .

Conséquences imprévisibles
– dans le domaine monétaire international
dollar ? situation économique et sociale en Allemagne ?
– en France : domaine politique et social
hausse des prix .
et toute la campagne du patronat contre le Gvt et la participation .


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18 h 00

Quelle année pour le Général de Gaulle
– « événements » de Mai : déception sur la solidité des
Français et leur capacité de résister aux mirages
(il est vrai que sur ce point . il ne devait pas se faire
beaucoup d’illusions) .
– Tchécoslovaquie : échec de la politique vers l’Est
c/ libéralisation de l’Europe de l’Est
c/ détente Est-Ouest
– crise monétaire et dévaluation du franc
c/ réforme du système . la France menant la danse
contre le dollar .
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Et pour moi . ce soir . pour la première fois . depuis trois
semaines . abattement . et solitude .
Tristesse .
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23 h 20

Les nouvelles de 20 h . à la TV . ont été consacrées
« à la crise monétaire . que traverse niotre pays et d’autres » .
Si les correspondants de Bonn et de Londres ont parlé de
dévaluation . celui de New-York l’a mentionné comme incertaine .
Ortoli se serait refusé à toute déclaration sur la dévaluation ou son taux .
Quant au commentateur des studios parisiens . le mot de
dévaluation n’a pas été prononcé . non plus que par Rueff .euir
interviewé ce soir . Ce dernier considérant que tt redémarrait
et qu’on pouvait être raisonnablement optimiste jusqu’à la crise actuelle .
et qu’on pouvait . il y a encore seulement quelques jours .
espérer un redressement sans dévaluation .

Brunet
[1]. Avant le dîner . chez de Gaulle .
Demain à 15 h . Conseil des Ministres .
La dévaluation est-elle certaine ?
Il me semble qu’un coup de théâtre reste possible .
Après tout . de Gaulle peut rester du même avis que
la semaine dernière .
Que la spéculation ait atteint un montant invaisemblable :
1.600 millions de dollars dans la semaine !
soit.
mais une dévaluation l’arrêterait-elle ?
Et ne continuerait-on pas à spéculer sur la réévaluation du DM
Et si le taux français est faible . on attendra une seconde dévaluation .
et s’il est fort . la livre et le dollar sautent .

Quoi qu’il en soit .
Le Gvt a le défaut d’être anonyme depuis quelques
semaines . Ni Ortoli . ni Couve . n’ont gagné l’opinion
Il est grand temps que le contact soit repris .
sinon la crise de confiance pourrait s’étendre des milieux
économiques à la nation entière .
D’autre part . il me semble qu’il faut jouer à fond
la carte de gauche : la participation . la tenue des
prix . et stigmatiser les spéculateurs . le capital
et le patronat . dont la lettre de la semaine dernière
et la déclaration d’aujourd’hui : la spéculation s’arrêtera
si vous renoncez à la participation . est d’une netteté et d’une
violence jamais vue .
La déclaration du P C F . eût pu être signée par l’U D R . :
« Non à la dévaluation qui fait le jeu du grand capital . et
défavorise les petits » .

De toutes façons . le Gvt doit reprendre le contact .
avec l’opinion .

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[1] - Jacques Brunet (à ne pas confondre avec l’ambassadeur Jean-Pierre Brunet), gouverneur de la Banque de France – contemporain de Maurice Couve de Murville – à la réorganisation de la rue de Rivoli par Yves Bouthillier, aux débuts du « régime de Vichy », en Septembre 1940, le premier est nommé directeur du Trésor et le second directeur des Changes : ils ne s’aiment pas, et le Premier ministre aura satisfaction personnelle et politique en lui donnant comme successeur son alter ego notoire Olivier Wormser qui sera le critique constant de 1969 à 1974 de la ligne économique et monétaire suivie par Valéry Giscard d’Estaing, redevenu ministre de l’Economie et des Finances avec l’élection de Georges Pompidou à la présidence de la République

Inquiétude & Certitudes - vendredi 21 novembre 2008


Vendredi 21 Novembre 2008
La bataille d'identité socialiste ou le barrage à la suite du mandat de Nicolas Sarkozy ?
Deux choix américains, le secrétaire au Trésor, la secrétaire d'Etat : nous ne sommes pas à la hauteur

Déprime… stérilité de ces jours au sens du faire et de leur utilisation. Le cumul des honneurs dans notre société, encensement de la situation des victimes au passé, l’interruption volontaire de grossesse évidente détresse individuelle, parceque dramatiquement vêcue individuellement – j’en sais quelque chose – mais détresse tout autant de la société, ce qui a été peu dit au moment de « la loi » –, ricanements et gausserie autour des socialistes et de leur congrès et de leur procédure de désignation de chef au choix parmi trois candidats et en regard admiration de ceux qui élisent le leur sans opposant et à 85%, mais qui se gausse des G 5, 8 ou 20 qui n’accouchent de strictement rien pour seulement convenir que chacun fera dans son coin ce qu’il peut, aisance des condamnations et mises au pilori rétrospectives. Nous ne sommes pas une génération de discernement, je ne rencontre à admirer que des personnalités très âgées maintenant au sens biologique mais dont le rayonnement demeure si l’on y prend garde et je les visite depuis quarante ans, mais sur la scène que le « grand monde » est petit, le pire étant la tolérance des spectateurs. En regard, souveraine fraîcheur d’une piété sans doute très ancienne [1] : la présentation de la future Vierge Marie, mère de Dieu, au Temple, que fêtaient les Orientaux dès le VIème siècle. Ces Eglises de rigueur, de hiératisme mais d’une infinie science de la tendresse (et aussi dans a liturge : de la lumière) : fugitive communion et approche au mont-Athos, il y a vingt-cinq ans. Voici que je viens, j’habiterai au milieu de toi… Jésus interpellé sur les siens de sang, répond au quidam : celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, et une mère. Le retour de ma chère femme, sa joie à l’évocation de nos retrouvailles. Le roi sera séduit par ta beauté. Le meilleur des relations humaines est bien le reflet des attentions de Dieu. Et qu’est-ce que la volonté de Dieu, qu’est-ce que faire Son œuvre ? Jésus dit ailleurs : croire, c’est croire en Lui, le Fils. Celle dont il est écrit : les plus riches du peuple, chargés de présents, quêtent ton sourire, et elle, elle fait le pied de grue, pressée par la foule, empêchée d’entrer écoûter, entrevoir celui qu’elle a mis au monde et qu’elle accompagnera à la croix. L’incroyant, s’il peut aller jusques là, peu importe qu’il n’aille pas plus loin : tout y est.


Ce matin, les pronostics pour le second tour des élections au Parti socialiste : Ségolène Royal avec 43% mène Martine Aubry d’une dizaine de points mais celle-ci bénéficie de l’appel de Benoît Hamon en sa faveur. Elle est donc mathématiquement battue, je le crois assez : elle ne peut passer qu’au suffrage universel. Je lui ai couriellé en fin d’après-midi. L'essentiel est d'abréger le "règne" de NS. Ce ne sont pas les détails de programme ou les débats sur la pureté ou pas de la gauche qui feront ce renversement mais le mouvement social, le mouvement populaire suscités autant par la politique rétrograde de ce gouvernement que par les circonstances dont les différents Gs montrent que les "dirigeants" n'ont pas pris la dimension. Laurent Fabius - si c'est de lui - a raison : la primaire dans l'opposition et singulièrement à gauche n'est pas à définir entre militants (j'ai vu les ambiances de section à Pontarlier et à Vannes, 1980 et 1997) mais devant l'ensemble des Français sympathisants, à l'américaine. Là, vous êtes gagnante, et le serez.

En début d’après-midi, appel d’un ancien garde des Sceaux, puis président du Conseil constitutionnel, sous François Miterrand. Je lui avais écrit, à la suite de son débat avec Edouard Balladur sur le projet de réforme constitutionnelle de cet été, puis de nouveau, à propos de l’extradition de Marina Petrella. Il semble dans l’ambiance encore du congrès de Reims, et maintenant des deux tours d’élections pour la tête du Parti, en des mots divers que je ne retiens pas, il caractérise l’ambiance délètère comme celle d’un fin, sans dire de quoi, la gauche, le pays, l’époque. Pas d’autorité morale ai-je fait ni en France ni chez les socialistes. Le précédent de Rennes ? la réponse que j’attendais, le parallèle n’est pas exact, Lionel Jospin et Laurent Fabius chacun qualifié pour prendre la tête du parti, et puis il y avait la statue du commandeur. Là, on change vraiment de taille et d’envergure. J’ai essayé de prendre la parole, je l’aurais fait s’il s’était agi de la présidentielle (je n’évoque pas sa défense et illustration à Nantes, en vedette américaine avant le dscours de Ségolène Royal), mais pour le poste de premier secrétaire, c’était inutile. Martine Aubry, heureusement, n’a pas l’absence de caractère de son père, mais en aura-t-elle les talents ? Pour Marina Petrella, la question est close et l’Italie, pour ses hôpitaux, n’est pas l’Ouzbékistan, mais mieux vaut avoir le président de la République pour soi, dans notre régime, que le droit. Mon recours en Conseil d’Etat, on ne pouvait statuer sur l’extension de l’intérêt pour agir, inconcevable, on est allé au plus vite. Ce qu’il faudrait maintenant étudier, c’est impact des médias internet, il me semble que ce n’est pas le dialogue, que cela reste solitaire. J’abonde dans son sens, et l’éveille à mon existence quand j’évoque Paul Ricoeur et l’incapacité, selon lui, des Français à débattre.

Ce soir, dialogue par journaliste interposé, qui doit remonter à près de deux ans. Michel Rocard, je quitterai un parti après cinquante ans de militance s’il n’y a pas de leadership intellectuel (en fait, il n’est passé du PSU au PS qu’en 1974, et laspus, il parle donc de quitter la gauche, bien plus que le PS, candidat d’ouverture que reluque Nicolas Sarkozy depuis son avènement). Réplique de Ségolène Royal : je ne suis pas un accident de l’Histoire. Mot disant tout de Reims et de ces décennies à gauche, mais aussi à droite, une militante de Haute-Garonne (référence Lionel Jospin, naguère) : je ne veux pas entendre encore un ‘aimez-vous les uns les autres’, ces adhésions à dix ou vingt euros sans expérience politique, non !

En fait, il me semble – au moins dans le commentaire de ces jours-ci – qu’on est à côté de la plaque. Le vrai sujet est l’absence de plan d’ensemble immédiat pour changer les cadres des opérations financières internationales, et l’absence, tout autant, d’un accord sur les perspectives. Au mieux, on manifeste, entre dirigeants politiques et gouvernementaux une prise de conscience commune du danger et comme les solutions sont peu nombreuses et que les situations, pour n’être pas les mêmes partout, ne sont cependant pas de centaines de modèles différents, il y aura des convergences : une semaine, c’est la Chine dont on se félicite qu’elle ait adopté un plan de relance, la semaine suivante, c’est l’Allemagne qu’on presse. Il n’y a pas non plus de plan d’ensemble européen, et les deux sujets que sont les opérations à terme sur autre chose que les marchandises, et les paradis fiscaux, sont résolument et communément éludés. En France, nous avions de l’avance, un excellent rapport parlementaire identifiant ceux-ci et proposant un cadre pour les éradiquer. Il y a quinze jours, avant que Nicolas Sarkozy dise leur déclarer la guerre, Eric Woerth parlait d’inciter les banques à la transparence en la matière, on ne peut être moins régulateur.

Et la vie politique en France me paraît tourner autour de deux questions. Y aura-t-il un mouvement social d’ensemble, de lenvergure de Mai 36 ou de Mai 68 ? et l’un ou l’autre parti saura-t-il en prendre la tête et le transformer en fond et forme de gouvernement ? Et, seconde question, l’exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy et les conditions psycho-sociologiques qui ont conduit à son élection sont-elles normales ? sommes-nous gouvernés par un psychopathe auquel cas plus rien ne correspond à un régime constitutionnel légiférant et gouvernant selon des axes à débattre, mais ne même nature que les cinq prédécesseurs de l’actuel président, et en ce cas, il est vital que prenne fin aussitôt que possible, fusse par des voies exceptionnelles, une expérience aberrante ; ou bien, nous sommes en présence d’un touche-à-tout qui en dépit de sa faconde et de son verbiage soit ne change pas grand-chose soit nous donne quelques épisodes bénéfiques ? La réponse est objective en politique : nous vivons un blocage institutionnel depuis 2002 faisant que les choses ne peuvent, éventuellement changer que tous les cinq ans. Entretemps, c’est le pouvoir absolu sauf guerre des chefs. Il n’y a donc pas de « soupape de sûreté ». Les Français supporteront-ils ? ce que promet la récession. S’en prendront-ils au pouvoir en place ? malgré la démonstration inévitable que tout le mal n’est pas la faute du gouvernement même si tout le bien est évidemment à mettre à l’actif du président régnant.
Barack Obama, deux choix importants, et probablement judicieux : Timothy Geithner, venant de la Fed. où il aurait été décisif cet automne et ayant fait carrière au Trésor après avoir débuté au cabinet d’Henry Kissinger, serait secrétaire au Trésor. Notre président aura-t-il su l’écouter et nouer quelque chose d’opérationnel, ou bien fut-il en marge du G 20 obnubilé par son échec, n’avoir pas été reçu par le président américain élu ? Il me manque – et c’est sans doute décisif – dans mon jugement sur Nicolas Sarkozy, non seulement une ou deux conversations personnelles, mais un moment de travail ensemble. De ses habitudes de travailler, rien ne filtre de ses collaborateurs, on a les colères, les marques de mépris, on a l’agenda dément, mais on n’a pas de témoignages sur l’essentiel : le travail, l’écoute, la maturation, l’information. Donc, Timothy Geithner, quarante-sept ans. Et puis probable secrétaire d’Etat, le poste visible, Hillary Clinton ce qui est, au moins pour moi, un coup de théâtre, mais lui interdit la candidature contre Barack ou en remplacement dans quatre ans. Le mystère de cette femme est son ambition, la rumeur au moment de l’affaire de mœurs de Bill était que depuis leur adolescence, il y a un pacte, se succéder au pouvoir. Encore plus arriviste donc, arriviste ? si elle est d’origine modeste, ce qui ne paraît pas. Que va-t-elle donner ? Bill Clinton, assez habile pour le Proche-Orient, est cependant celui qui a présidé à la mise sous le boisseau d’une indépendance européenne qu’auraient pu enfin susciter la chute du mur de Berlin et le traité de Maastricht. Deux ombres et deux modèles, complémentaires, donnent ainsi une panoplie exceptionnelle à l’équipe qui se constitue… John Kennedy et Henry Kissinger. L’évidence est que nous ne sommes pas – en France – à la hauteur, et qu’il n’y a pas non plus, en Europe, de personnalités au bon gabarit, aux exceptions de Jean-Claude Juncker (président de l’Euro-groupe, et numéro un luxembourgeois depuis dix ans) et de Louis Michel à la Commission.

[1] - Zacharie II 14 à 17 ; psaume XLV ; évangile selon saint Matthieu XII 46 à 50

journal - jeudi 21 novembre 1968

+ Mercredi 20 Novembre 1968


11 h 30


Coup d’Etat au Mali . qui m’impressionne beaucoup .



+ Jeudi 21 Novembre 1968


11 h 15


Négociations monétaires à Bâle ce dernier week-end .
puis maintenant à Bonn .
Ce que la France a prédit depuis des mois arrive .
Le système est complètement grippé . à la merci des spéculateurs .
Malheureusement . au moment où les cartes vont être redistribuées .
la France est en position de faiblesse .

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jeudi 20 novembre 2008

Inquiétude & Certitudes - jeudi 20 novembre 2008


Jeudi 20 Novembre 2008

Prier…[1] les soucis et pensées en gerbe, les aimées plus encore, tous ceux qui marchent, il y en a… si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix ! Dieu pleure, comme pleurent père ou mère devant le désastre ou l’inconséquence d’un enfant allant à sa perte. La paix, l’union avec soi-même et avec tous, l’accord… la musique en a le registre, l’arc-en-ciel en donne la bonne image, le baiser juste et prolongé aussi, les regards échangés, intériorité et monde entier : le moment où Dieu te visitait… et moi, je pleurais beaucoup parce que personne n’avait été trouvé digne… Ne pleure pas. Voilà qu’il a remporté la victoire… Les prophéties en tous sens du temps disant que notre salut n’est pas une dialectique ou un quelconque mouvement d’une logique inexplicable mais souhaitable, qu’il a au contraire tenu à un moment de notre histoire, celle de la création, et celle de notre vie personnelle, et que ce fut l’intervention et la geste d’un de nos semblables. A dire cela, on s’étonne. A le recevoir et à en déduire le reste, on communie simplement. On peut aussi puiser dans cet amas immense de symboles, le livre aux sept sceaux, le film d’Ingmar Bergman, ou voir ces images, un homme pleure sur une ville dont il sait la destruction à brève échéance. Au choix. Je choisis la prière pour aujourd’hui. Voilà qu’il a remporté la victoire… Car le Seigneur aime son peuple, il donne aux humbles l’éclat de la victoire.


17 heures 15 – La nouvelle « tombe », Simone Veil est élue à l’Académie française. Aussitôt est lu le télégramme de félicitations du Président de la République, le courage, la femme d’Etat. Les commentaires disent l’unanimité de l’admiration. Deux phrases de la nouvelle immortelle, mais en enregistrement ancien, sur les camps, la survie, etc… l’évocation de la dépénalisation de l’avortement, quelques phrases de l’époque, elle a quarante et un ans et entre en politique.

Ma correspondance avec elle… dès que j’ai appris sa candidature. - page spéciale


23 heures 08 + Wall street au plus bas depuis cinq ans. Raison ? l’industrie automobile, ses trois géants, en faillite, et le retard du gouvernement à intervenir. En réalité, les difficultés de l’industrie automobile américaine ne sont ni de la semaine, ni de cet automne. Naguère, le test de santé était le bâtiment, du moins en Europe, c’est devenu apparemment celui valable aux Etats-Unis, rétrospectivement puisque l’on n’a pris garde à la baisse de la propension à construire que quand la « crise des subprimes » a fait analyser l’ensemble du secteur immobilier. L’Europe a aussi sa crise automobile, l’avoir vu venir comme Renault, depuis avant l’été, ne sert strictement à rien, la multiplication des jours et des semaines de chômage technique, la prévision d’une chute des ventes de plus de 30% en Europe sont un enchaînement dont on ne discerne plus qu’il est plus la conséquence de la récession, et principalement de la baisse du pouvoir d’achat, que sa cause. Or, cette baisse fut dénoncée par les syndicats – au moins en France – dès les mouvements suscités en Octobre-Novembre 2007 par la réforme des retraites. La réponse du gouvernement – sous la dictée improvisée de Nicolas Sarkozy censé faire le bilan des grèves d’alors – avait été une démonstration technique que de moindres dépenses seraient une progression du pouvoir d’achat d’autant que la loi Châtel sur la libéralisation des implantations de grandes surfaces commerciales pour l’agro-alimentaire quotidien, était censée faire baisser les prix à la consommation. Donc, refus d’augmenter les salaires, et pas de « coup de pouce » au S M I G, au-delà des prescriptions légales. Le résultat est aujourd’hui. Le discours à Sandouville devant les journalistes tandis que les ouvriers étaient à distance pour ne pouvoir se faire entendre, est un modèle de texte sans portée sur le sujet soi-disant traité ce jour-là : des facilités d’apprentissage à des personnels de trente ans d’expérience pour fabriquer un nouveau modèle dans trois ans, et c’était avant « la crise », c’est-à-dire avant l’été…

La supériorité des Etats-Unis est la clarté, voire le cynisme de leur débat. Chez nous, le cynisme est soliloque, là-bas il est répliqué. Le cours de l’action General Motors au plus bas depuis 70 ans, certains proposent au Congrès la faillite ce qui permettrait des reconstructions plus saines et franches. Sommes-nous capables, notamment dans le secteur bancaire, de prendre cette voie-là ? nous avons failli le faire pour le Crédit foncier ? nous avons été mal inspirés pour traiter le Crédit lyonnais. Quant à l’automobile, l’ordre des Européens est dispersé.



[1] - Apocalypse de Jean V 1 à 10 ; psaume CXLIX ; évangile selon saint Luc XIX 411 à 44

Simone Veil à l'Académie française - une élection de maréchal . jeudi 20 novembre 2008



Jeudi 20 Novembre 2008

17 heures 15 – La nouvelle « tombe », Simone Veil est élue à l’Académie française. Aussitôt est lu le télégramme de félicitations du Président de la République, le courage, la femme d’Etat. Les commentaires disent l’unanimité de l’admiration. Deux phrases de la nouvelle immortelle, mais en enregistrement ancien, sur les camps, la survie, etc… l’évocation de la dépénalisation de l’avortement, quelques phrases de l’époque, elle a quarante et un ans et entre en politique.

Ma correspondance avec elle… dès que j’ai appris sa candidature.

Le mardi 14 Octobre 2008
Madame,
vous êtes une de nos rares autorités morales, je vous l’ai souvent dit – dès notre rencontre à propos de l’Abbé Pierre se débattant dans « l’affaire Garaudy » - et écrit à mesure que notre pays avait à choisir par élection présidentielle ou par referendum.
Vous voici candidate à l’Académie française. Je m’en réjouis pour cette noble et prestigieuse institution, mais le fauteuil de Pierre Messmer, ancien ministre des Armées du général de Gaulle, ancien Premier ministre d’un Georges Pompidou soucieux de donner quelques gages à la fidélité gaulliste qui semblait émolliente en 1972, est-il celui qui vous correspond ?
Je ne le crois pas.
Vous êtes éprise de netteté et de clarté. J’ai dans l’oreille vos réflexions à propos de nos gouvernants en 1996 : la confusion. Ne pensez-vous pas que votre parcours centriste et européen – tout à fait conséquent et respectable – est très différent de celui de Pierre Messmer dont vous seriez appelée à faire l’éloge et à nous donner des clés de compréhension. A lire avec intérêt et sympathie votre autobiographie, je ressentais que l’épithète gaulliste n’est pas flatteuse ni prisée sous votre plume.
Je ne m’en formaliserais nullement si je n’avais été le visiteur fréquent de Pierre Messmer jusqu’au 28 Juillet 2007, veille de son hospitalisation inopinée. Nous nous voyions alors tous les samedi après-midi. Le 21, la conversation vint vers vous à propos de la campagne présidentielle alors récente. Il me confirma ce qu’il m’avait parfois dit auparavant qu’il ne se sentait pas beaucoup d’affinités avec vous. Le verbatim que j’ai, importe peu. J’ai écouté sans discuter. Il était ancré.
Simplement, il me semble peu cohérent en convictions politiques et peu convenable de personne à personne, surtout quand l’une est réduite maintenant au silence, que ce soit au fauteuil d’un des gaullistes les plus éminents et qui ne vous aimait donc guère, que vous soyiez candidate.
Je crois d’ailleurs que votre place dans l’opinion et dans le cœur des Français est telle que votre entrée dans l’Académie française est superflue. Un honneur de plus, certes, mais au prix que je prends la très grande liberté, de vous dire.
En espérant ne pas vous blesser,

réponse

Paris, le 28 Octobre 2008
Monsieur,
Connaissant votre propension à décerner des leçons de maintien, votre lettre ne m’a pas surprise. Je ne compte plus les avis que vous vous êtes autorisé à me donner. Mieux vaudrait désormais en rester là.
Vous avez tout loisir de penser ce qui vous semble bon, notamment de mon éventuelle élection à tel ou tel fauteuil de l’Académie Française, élection que nombre de ses membres ont souhaitée.
Epargnez-moi d’avoir à prendre connaissance d’appréciations qui ne m’importent nullement et croyez, une fois pour toutes, je vous prie, à la considération que je vous porte.
signé : Simone Veil

j’ai répondu

Le jeudi 30 Octobre 2008
Madame,
je vous lis avec chagrin car vous vous méprenez sur mes sentiments. La lettre, à laquelle vous voulez bien répondre, les redisaient et en termes chaleureux et admiratifs.
Avec étonnement aussi car notre différence – considérable de position, de parcours, de passé et de notoriété – ne m’a jamais fait envisager vous « décerner des leçons de maintien » et à plus forte raison vous en donner. Au contraire, vous considérant comme une de nos très rares autorités morales, je suis venu à vous à propos de l’Abbé Pierre puis dans le cours de la dernière campagne présidentielle vous demander avis ou conseils, ou chercher auprès de vous directement à comprendre tel événement ou la raison de vos soutiens ou non-soutiens.
Sans position ni notoriété donc, je veux simplement faire autant que je peux pour ce à quoi je tiens en convictions ou en fidélités aux personnes et aux idées que la vie m’a données. Pour des choses et sur des sujets immenses, combien les générations précédentes ont été jugées en mal aujourd’hui n’ayant pas pris position. Vous le savez, je me suis battu comme je l’ai pu – notamment pour le maintien du legs du général de Gaulle : institutions, politique extérieure, dessein social.
Le sujet – maintenant – est mineur, mais j’ai été troublé par l’inadéquation de votre candidature, surtout si elle est sollicitée par d’autres et que vous y êtes pour peu. Parce qu’elle ne correspond pas à Pierre Messmer.
Je donne donc notre échange de correspondances à nos maîtres avant le prochain scrutin. Votre réponse aurait pu m’en dissuader.

puis j’ai adressé cet échange à chacun des électeurs, en personnalisant le dispositif suivant, selon la connaissance que j’en avais


le lundi 10 Novembre 2008
. . .
veuillez me pardonner de vous déranger un instant.
En Mai 2000, j’avais pris la liberté de suggérer aux suffrages de ceux d’entre vous qui siégiez déjà dans votre si prestigieuse compagnie, la candidature de Michel Jobert au fauteuil d’Alain Peyrefitte. J’étais familier de l’un et de l’autre, sans doute des personnalités politiques de premier plan, mais de plume certainement aussi. Vos futurs confrères ne l’avait pas trouvé déplacé.
Je me permets la même liberté pour vous donner ci-joint la correspondance que j’ai échangée avec Madame Simone Veil, candidate au fauteuil de Pierre Messmer. J’ai eu l’honneur d’être familier de ce dernier depuis Matignon et nous avions les mêmes références. Madame Simone Veil m’a quelquefois reçu depuis ce qu’il arrivait à l’Abbé Pierre en 1996, c’est pourquoi j’ai cru pouvoir lui écrire – avec déférence – mon sentiment quand j’ai connu sa candidature.

en même temps qu’à la candidate, j’avais écrit à Maurice Druon, dernier commensal de Pierre Messmer, à son domicile parisien.

Le mardi 14 Octobre 2008
Cher Maître,
vous me savez attaché d’affection, d’esprit et de beaucoup de conversations approfondies à Pierre Messmer dont vous êtes l’un des plus éminents amis.
J’ai donc appris avec beaucoup d’étonnement la candidature de Simone Veil à son fauteuil. Etonnement parce que ses écrits ne sont pas d’un premier plan littéraire évident, son élection sera donc de l’ordre de la notoriété et de la politique, certes au beau sens du terme. Alors étonnement plus encore que cette candidature soit au fauteuil de notre ami.
Simone Veil est exactement l’anti-parcours de Pierre Messmer. Le gaullisme est ce qu’elle combat en centriste et en européiste. C’est une adversaire politique même s’il y a un décalage dans les carrières, l’ancienne ministre de Valéry Giscard d’Estaing commençant son parcours gouvernemental quand Pierre Messmer malheureusement l’a achevé. L’entendre nous donner les clés de compréhension du parcours de notre ami sera « plaisant » comme aurait dit Pierre Messmer.
Quant à faire son éloge, ce serait choquant venant d’elle, précisément. Notre ami, à plusieurs reprises selon les pentes de nos entretiens – dont j’ai les derniers en Juillet 2007 en enregistrements magnétiques – m’a dit ne « pas beaucoup aimer » Simone Veil. A notre avant-dernière rencontre, à Saint-Gildas, le samedi 21, c’était une litote. Simone Veil est manifestement récusée.
Comment empêcher cette élection, surtout au fauteuil de notre vénéré ami ? Car je vous suppose peu enclin à voter pour elle – au moins pour ce fauteuil.
Nous avons un mois. Voici ce que je lui écris. Je vous ferai part de sa réponse s’il y en a une.

et j’ai appris ce matin par un de ses confrères que c’étaient lui et François Jacob, qui avaient présenté la candidature de la future immortelle, lequel François Jacob avait reçu Pierre Messmer après l’élection de celui-ci. Mon correspondant observe que le gaullisme de ces deux Académiciens, est incontestable.

Cumul des honneurs et unanimité forcée qui va avec.

mercredi 19 novembre 2008

Inquiétude & Certitudes - mercredi 19 novembre 2008



Mercredi 19 Novembre 2008

Le Parti socialiste est conséquent ; c'est une de nos matrices
Mauritanie : l'aspiration à la dictature

Prier… [1] Jésus parle pour détromper ses auditeurs, ses partisans, une foule qui n’est pas engagée mais qui a ses motivations : campagne présidentielle et échéance prochaine puisqu’on est sur place, là où se joue le pouvoir et doit avoir lieu l’événement, la restauration d’Israël. Redite de la parabole des talents, avec une insistance sur la mauvaise réputation du maître, qui a reçu d’ailleurs une couronne, explication de sa longue absence. Au lieu d’être enterrée la pièce d’or a été mise de côté dans un linge. Autre ajout : on se récrie de ce que le plus doté (il a fait fructifier et doubler les dix talents) reçoit ce qu’avait conservé le « mauvais » serviteur. Conclusion mineure, dépouillement de celui-ci, et majeure : massacre de ceux qui se sont opposés au loin à son couronnement. Quel est le rapport avec la marche de Jésus vers Jérusalem ? il a pris la tête de la foule. L’Apocalypse est plus claire : les quatre évangélistes sont symbolisés et au terme d’une numération qui a certainement son sens (sept esprits, vingt-quatre anciens), toutes les têtes couronnées s’inclinent devant celui qui siège sur le Trône, celui qui vit pour les siècles des siècles. Le texte propose une vision animée et sonorisée, dirait-on aujourd’hui, pas statique, et il n’est question que de vivants pas de morts. L’évangile au contraire… mystère et dévoilement, et nous sommes devant. Combien je préfère notre condition si contingente, sans ambition au fond quand nous nous regardons nous-mêmes, rien que marcher. Subissons-nous ? en somme, le Christ allant vers Jérusalem, ayant tenté pendant tout son parcours de dire à peu près à ceux qui le suivent parce qu’ils l’ont rencontré, d’une manière ou d’une autre, ce qu’il va advenir pour l’ensemble ainsi formé : l’échec et pourtant autre chose, ce Christ, nous sommes bien dans la même situation que lui… monter vers Jérusalem et une certaine fin. La mort, à laquelle la foi ou l’espérance ajoutent le début de tout. Et chacun de nos jours est ainsi pour nous.


Parti socialiste. La question est double
Qu’est-ce que la militance ?
que leur donne-t-on à faire à ceux qui prennent leur carte, se sont présentés disponibles, à faire entre les élections et ce que celles-ci imposent de tâches et de travaux (manuels : tracts, affiches à coller, téléphones et présences), du service matériel. Leur donner aussi du débat d’idées, soit, mais lequel ? et à quelle fin ? leur propre formation à la discussion ? une remontée de la boîte à idées vers les nantis que sont les élus, dans la mécanique interne, ou dans la vie institutionnelle nationale ?
Quelle est la fonction d’un parti ? Conquérir le pouvoir, et si on ne l’a pas encore ou si on ne l’a plus ? contrôler ou contraindre parfois le pouvoir en place ? ou si on l’a, susciter le soutien aux gouvernants ?
Dans les deux cas, une question de contrôle et de crédibilité. Ce n’est que très peu la boîte à idées. Attendre du P S qu’il soit un débat ? pour le reste des Français puisque les autres partis sont à chef unique, sauf au P C, et que d’une certaine manière il soit le seul lieu de débat, puisqu’au palais-Bourbon tout est joué pour cinq ans, la discipline de vote valant la Constitution, et même l’englobant. Si c’est cela le P S , ce qui ne serait d’ailleurs pas méprisable, il est logique que le débat le divise, et ce serait se contredire que de le vouloir un parti de débat, d’apport d’idées, et de lui reprocher de ne pas automatiquement aboutir à une synthèse ou à une majorité nette. Un débat n’aboutit pas forcément au consensus, surtout s’il n’y a personne pour incarner ce consensus ni assez de talents dans la troupe pour y amener.
Mais ce que les Français attendent du P S – je crois et en tout cas, moi, ce que j’attends de ce partu – c’est qu’il soit une force d’opposition, et d’opposition telle que le pouvoir en place soit contraint de s’amender et de consulter, de compromettre. Non pas reculer ou changer d’identité (ce qu’au contraire il fait selon les circonstances), mais s’améliorer.

Querelles… 536 magistrats exigent de la garde des Sceaux des excuses publiques. La manière dont en représailles des avertissements qui lui avaient été donnés, et dont elle n’a pas tenu compte pour la maison d’arrêt des environs de Metz, elle a expédié nuitamment de l’inspection au parquet local.
Pas de service minimum possible dans les grandes villes, faute de personnels disponibles et pas envisageable de confier les enfants à des bénévoles non qualifiés. Une loi pour la montre, mais évidemment inapplicable. – Tous les syndicats enseignants, y compris ceux « marqués » à droite s’élèvent contre la réforme du lycée : leur analyse, rien de pédagogique, tout dans la suppression d’emplois.
Ephémérides. Dominique de Villepin comparaîtra bien en 2009 pour dénonciation calomnieuse.

Mauritanie … d’une correspondante, enseignante dans les petites classes et romancière à beaucoup de ses heures mais sans encore de vrai public. Je vois les choses plutôt bien. On en avait assez de voir ce pauvre Sidi mené par le bout du nez par tout ce que la RIM compte d'arrivistes et de vautours politiques, tandis que la première dame se remplit tranquillement et ostensiblement les poches. Sidi est un homme de Dieu et bon, mais il est faible et incapable d'assumer ses responsabilités en tant que président de la république, un véritable jouet entre leurs mains, vous ne pouvez pas concevoir à quel point. J'espère seulement qu'ils ne le rendront pas fou. Quant au général, en tout cas il a diminué le prix des denrées de première nécessité et il continue dans cette voie, ce qu'aucun président n'a jamais osé avant lui, tenus qu'ils étaient à la gorge par les commerçants. Il a l'envergure et l'efficacité d'un meneur. Il nous inspire confiance, alors que sous Sidi, l'insécurité faisait loi, l'instabilité, la flambée des l'impression qu'il n'y avait personne dans le palais ocre, comme ils appellent ici le palais présidentiel. Nous les Africains nous nous préoccupons surtout de notre sécurité, avant le ventre et avant toute chose. Aucune fléau n'a décimé autant d'Africains que cette foutue démocratie. Elle n'est pas faite pour nous et on n'est pas fait pour elle. Ce qui nous rendrait heureux et à l'aise dans notre bonheur, c'est la protection d'un dictateur animé de bonnes intentions, ferme et qui ne s'en laisse pas conter par le premier venu.
Un autre correspondant me fait remarquer que le jeu n’est pas seulement à quatre (le président assigné à résidence, le couple de généraux exerçant le pouvoir de fait, Ahmed Ould Daddah chef institutionnalisé de l’opposition démocratique en tant que chef du parti le plus représenté au Parlement, Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale). Et aussi que ce qu’il se passe en ce moment, a été réglé par la Constitution de 1991. Comme vous le savez, en ce moment ça bouge beaucoup tous azimuts en Mauritanie. J'ai lu avec intérêt. Je note une seule chose, vous ne parlez pas du rôle potentiel du Président du Sénat qui, selon la Constitution, assure l'intérim en cas d'absence constaté du Président :
Article 40 : En cas de vacance ou d’empêchement déclaré définitif par le Conseil constitutionnel, le Président du Sénat assure l’intérim du Président de la république pour l’expédition des affaires courantes.
Le Premier ministre et les membres du Gouvernement, considérés comme démissionnaires, assurent l’expédition des affaires courantes.
Le Président intérimaire ne peut mettre fin à leurs fonctions.
Il ne peut saisir le peuple par voie de référendum, ni dissoudre l’Assemblée Nationale.
L’élection du nouveau Président de la République a lieu, sauf cas de force majeure, constaté par le Conseil constitutionnel, dans les trois (3) mois à partir de la constatation de la vacance ou de l’empêchement définitif.
Pendant la période d’intérim, aucune modification constitutionnelle ne peut intervenir ni par voie référendaire, ni par voie parlementaire.
Article 41 : Le Conseil constitutionnel, pour constater la vacance ou l’empêchement définitif, est saisi soit par :
· Le Président de la République ;
· Le Président de l’Assemblée Nationale ;
· Le Premier ministre.


[1] - Apocalypse de Jean IV 1 à 11 ; psaume CL ; évangile selon saint Luc XIX 11 à 28

mardi 18 novembre 2008

Inquiétude & Certitudes - mardi 18 novembre 2008

Mardi 18 Novembre 2008


Prier… pieux, affectueux au possible, généreux, éprouvé par la vie, chargé dans un diocèse pauvre en prêtres d’être la présence de l’Eglise aux funérailles de ceux qui ne sont pas tenacement attachés à une messe pour les obsèques des leurs, il me dit que la prière des autres ne l’intéresse pas, cela pour caractériser les quelques textes matinaux, comme celui-là que je lui ai adressés par la poste. Il est vrai qu’il a la même attitude vis-à-vis de dissertations politiques ou du moindre essai de fiction. Une carrière réussie mais un veuvage précoce d’une épouse très aimée et un enfant dramatiquement mort avant ses dix ans. Une histoire, des histoires brisées mais un visage d’attentive sérénité. Je l’aime au possible, il m’a quasiment élevé. Et tel qu’il est, il vaut passionnément d’être aimé. Elever : expression juste pour l’éducation de la toute petite enfance. D’autres évoquent l’accompagnement dont cet envoi leur donne la sensation. Voici Jésus entrant dans Jéricho [1], précédé par l’aveugle guéri, je fais partie du cortège et de la foule, avec ceux que j’évoque, pour lesquels je prie – sans que l’on sache très bien ce que cela veut dire, sauf pour les saints à effusion, sauf pour ce que nous ont rapporté les évangélistes inspirés de la prière du Christ, sinon que dans la prière, mise en relation de l’homme à Dieu, « il se passe quelque chose ». De vivant. La foule enferme Jésus, et celui-ci n’a pas l’intention de s’arrêter. L’aveugle y est parvenu par ses cris, mais Zachée, pourtant bien placé socialement, non. Il accepte qu’il n’y ait pas de passe-droit, mais c’est un homme pratique, et en somme de prière. Une prière vivante, il bouge, il cherche, comme Matthieu, un publicain : il était le chef des collecteurs d'impôts, et c'était quelqu'un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n'y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l'interpella : « Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison. » Dans les deux cas : l’aveugle mendiant et le publicain, Jésus répond à une initiative que la foule ignore ou réprouve. Il change son programme, il va résider à Jéricho. Ses repas, sauf la dernière Cène et les noces de Cana, le premier à être rapporté, sont ou bien en plein air avec les disciples, les poissons, du pain, la glane des épis, ou bien en milieu hostile ou pestiféré, hostile chez les pharisiens, qui l’invitent souvent comme aujourd’hui la partie aisée et bien-pensante de la chrétienté mais assurée de son idée de Dieu, inébranlablement sans relation avec le comportement de cœur et de pensée, ou pestiféré, Matthieu et Zachée. Dans tous les cas, Jésus enseigne par réaction ; en fait, il change tout, le miracle souvent, la conversion totale toujours : le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Ce repas chez Zachée suivi de la soirée, de la nuit, peut-être de quelques jours, ont été indicibles : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison…aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison . Et naturellement, Zachée a été appelé par son nom, comme chacun des élus de l’Apocalypse.
Depuis le départ de l’un de nos chiens, échappé en soin vétérinaires, il y a vingt mois, nous sommes plus familiers et moins stricts avec ceux qui demeurent. Combien cette intimité plus grande, ces dialogues l’auraient réjoui, notre absent. Les paraboles de la brebis et de la drachme sont si justes. Toujours un enseignement partant de la vie et de la situation pour montrer un autre sens à la vie que ce qui mène a priori au désespoir. Un des « dadas » de la décennie, en politique et en commentaire, est de chercher « du sens » ou de saluer celui qui « donne du sens », avant-hier soir, c’était – a-t-il été commenté – le directeur général du Fons monétaire international qui donnait « le sens » de la crise… on insiste sur celui qui donne, divinité contemporaine, aux gémonies il y a un mois, et peut-être dans trois ans aussi. La vie, la nôtre, se préoccupe davantage de celui qui reçoit ce sens – nous – et il n’y a de sens que si nous sommes transformés de le recevoir. Le héros n’est pas Dieu, mais nous. Les convertis, les heureux. Prosterné à genoux en votre présence, je vous prie et vous conjure de graver en moi de vifs sentiments et tous ceux qui m’entourent, dont j’appelle ou accueille l’entourement, je le fais pour eux, ou ils le font eux-mêmes. Monde entier… humbles et pauvres. Demandeurs. Prier en travaillant, en vivant, journée de prière.

Mauritanie – un correspondant. Les ambassadeurs de l'Union européenne accrédités à Nouakchott ont rendu visite, aujourd'hui,au Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi à Lemden. Les maires du Front national pour la défense de la démocratie envisagent également une visite après demain (jeudi) au Président Sidi à Lemden.
Redondance de l’A F P . La veille, les ambassadeurs avaient conféré avec le chef de la junte, le chef de l’Etat auto-proclamé en tant que président du prétendu Haut Conseil d’Etat, et avec Ahmed Ould Daddah et doivent demain voir les présidents des deux chambres, séparément semble-t-il.

[1] - Luc XIX 1 à 10