jeudi 28 août 2008

Inquiétude & Certitudes - mercredi 20 août 2008

Mercredi 20Août 2008

Kaboul - texte américain de Sarkozy
Conseil de sécurité - rejet du texte négocié par Sarkozy
France en perspective historique : depuis Mai 68, la contre-révolution conservatrice, aujourd'hui son paroxysme et la ruine idéologique et politique de la gauche - de l'empêchement de la droite par Le Pen à l'empêchement de la gauche par Besancenot

Marguerite, hier, évoquait avec sa Maman la lionne, les trois graines dans son ventre et les bébés en Septembre. Voulant voir les photos de sa mère que j’ai installées – celles que je préfère, de jeunesse et d’amour – depuis que je me remets à cette table, tous les premiers plans de verdure avec dans le fond le Penerf… elle demande, pour celle de Tréboule si Maman a un maillot de bain. L’aisance que, je crois, nous lui donnons ainsi vis-à-vis de la nudité et du sexe. Que tout soit poème, lumière et simplicité dans sa vie, ô mon Dieu, notre Dieu. Le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. [1] Les évangiles, l’Ecriture entière, aux heures intermédiaires ou la nuit, le petit jour, le soir tombant, jamais le plein midi Embauches le petit matin, vers neuf heures… de nouveau vers midi, puis vers trois heures… vers cinq heuresn,il sortit encore… La suite est connue : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? Ce qui vient à moi aujourd’hui, c’est d’abord le contrat d’embauche personnalisé, de personne à personne et à toute heure de la journée, de la vie. Une démarche du maître de la vigne, de Dieu, personnelle, Dieu vient à nous, le maître sort de chez lui, à tant de reprises. Nous, sur la place en attente, rien ne dépend de nous que finalement la manière dont nous allons vivre le dénouement. Au lieu de la relation à Dieu, convenue selon notre vocation, envier le destin des autres, ma pente avec cette idée que j’ai si souvent que leurs cartes à eux qui ont réussi, j’en aurai fait bien davantage, plus bellement et plus moralement, plus fécondement. Alors que la beauté et la fécondité de ce qu’il m’est donné à faire n’est qu’entre Dieu et moi, et non pas relativement à d’autres destinées que je n’ai pas à considérer parce que je n’en connais l’origine que par analogie avec la mienne : l’amour de Dieu. Respect pour les autres et leur mystère propre, responsabilité de nous-mêmes et de ce qu’il nous est donné de faire et de vivre… je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Oui, Seigneur, mon Dieu. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait reposer ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom…. Tu prépares la table pour moi, tu répands le parfum sur ma tête. Dieu de sollicitude et d’amour paternel-maternel-conjugal. Dieu qui intervient : mes brebis sont dispersées dans tout le pays, personne ne va les chercher, personne ne s’en occupe… mes bergers ne s’occupent pas de mon troupeau, parce qu’ils sont bergers pour eux-mêmes au lieu de l’être pour mon troupeau. J’interviens contre les bergers. Je leur reprendrai mon troupeau, je les empêcherai de le conduire. J’irai moi-même à la recherche de mes brebis et je veillerai sur elles. Ce paradoxe du Christ, charpentier de métier, non marié, sans enfant et dont les paraboles sont constamment d’éleveur ou d’agriculteur et tout l’enseignement tourné vers un Dieu-Père. Il est vrai qu’il meurt sur du bois et en présence de sa mère, de davantage de femmes que d’hommes pour ce qui est de ses disciples, ceux pour qui explicitement l’Ecriture dit qu’il donne sa vie, au contraire du berger mercenaire. Le Seigneur est mon berger. Le scandale ces mois-ci causé par les fondateurs des Béatitudes : les improvisations qui appâtent… Il se mit d’accord… une vie ne peut se bâtir que si l’accord est solide en contenu, mais plus encore en partenaire. Le sérieux d’un être, d’une personne. L’intensité de l’accord conjugal à renouveler tous les jours. Edith remarque Sous le regard de Dieu, un article à propos de Thomas Merton et commente son portrait-photo. L’homme y paraît bon et remarquable. Elle le compare à notre cher Amédée et nous place sous sa protection. Femme de foi, femme de convergence, femme de partage, qui désespère tant sous les coups de l’existence dont elle me doit la plupart, qu’il est évident qu’elle est surtout femme d’espérance et d’attente, maintenant d’impatience.

Texte de Sarkozy à Kaboul qui pourrait être celui de Bush à Bagdad, finir le travail, tenir ferme contre le terrorisme…aucun objectif ni délai. François Hollande ne se met malheureusement pas en position hostile, il demande seulement la clarification de ces délais et objectifs. La référence aux résolutions des Nations Unies débride la plaie, l’appellation des quelques 70.000 hommes désormais présents en Afghanistan : assistance aux forces de sécurité, indique d’elle-même les limites de la mission. Mais la critique de gauche n’est pas celle-là. Celle d’Ouest-France est plus corrosive : « le piège afghan », l’évaluation du nombre de Vannetais, envoyés là-bas… les tués entre dix-huit et vingt ans… six mois de formation seulement. France-Infos. donne en boucle un entretien avec un général de corps d’armée, ayant commandé de 2002 à 2004. Un territoire – nom de région que je ne retiens pas, sans doute celle qui nous était alors affectée – où il avait pu aller partout, sans escorte blindée, est aujourd’hui très dangereux. Aujourd’hui, les troupes sont entièrement sous protection blindée, leçons tirées de l’Irak… Une guerre désormais, des moyens insuffisants au point de vue aérien, les hélicoptères car l’aviation d’attaque est récusée par la population, tribut des civils beaucoup trop lourd, un repoussoir. Autre élément de l’analyse, la fameuse zone tribale, pourquoi n’y va-t-on pas ? combat ces jours-ci. Fuite des populations, peut-être quarante mille personnes, les talibans se chargent désormais de les sécuriser et de les indemniser bien plus vite et efficacement que le pouvoir central. Il n’y a pas besoin de beaucoup extrapoler pour comprendre que cette guerre, puisque c’est donc une guerre, ne sera pas gagnée et qu’il y aura tôt ou tard évacuation, comme en Irak où les Américains sont seuls.

Géorgie, sixième réunion vaine du Conseil de sécurité. La France – pourquoi ? – est passée de projets de résolution reproduisant l’accord d’il y a une semaine en six points dont le dernier était décisif pour Moscou, l’ouverture de négociations sur l’Ossétie et l’Abkhazie, à un projet demandant le retrait pur et simple des troupes russes, ce que Moscou ne peut accepter. La chambre haute devrait commencer, la semaine prochaine, d’y discuter la reconnaissance de l’indépendance des deux territoires contestés…

France en perspective historique. Neuf ans de moins que moi, militant de gauche. Le tour d’horizon, il est sans doute l’homme dont j’admire le plus l’intelligence, l’acuité d’abalyse, le don de synthèse, une originalité parce que ce qu’il dit est net, radical, simple au possible. Sans doute, y a-t-il eu cette formation (sur le tas ?) aux réunions, aux discussions des groupes communistes. Mais il y a sa capacité d’investugation qu’il a mise au point pendant sa période de New-York, à l’agence financière de notre ambassade. Revenir à une affectation formelle rue de Lille ? Seulement s’il y avait un gouvernement de gauche avec un ministre de l’Economie et des Finances qui serait vraiment à la recherche de structures intellectuelles et d’instruments innovants d’analyse et de propositions : c’est moi qui l’articule, et il l’admet. Cette fin de semaine, lancement de son mouvement, c’est une transfusion progressive d’ATTAC, puique ATTAC est partie en quenouille : les trotskystes ? qui sont manifestement une de ses bêtes noires. Je le lui ferai expliquer une prochaine fois. Un document-manifeste court pour acte de naissance dimanche. En cours de rédaction, une note à l’origine qui est devenue un livre probablement assez court, deux cent pages, sur l’O.M.C. et le fiasco à Genève. Il a eu comme patron de « stage court » à Bruxelles, Pascal Lamy, brillantissime, son livre ne fera pas cas des persnnes, mais exposera les questions. En repos depuis qu’il développe la négociation O.M.C., il y a ce livre sur l’Europe, l’explosion à provoquer, accompagnant sans doute les candidatures en liste pour les prochaines élections européennes. Nous évoquons la situation française puisque je lui demande sa relation avec Besancenot. Celui-ci – et son Nouveau Parti Anticapitaliste – deviennent pour la gauche ce que fut Le Pen pour la droite, l’empêchement de gagner une élection. C’est un ravaudage, trop petite organisation de la L.C.R. pour un électorat qui devient large. Même chose en pis pour Lutte ouvrière. Il a l’écoûte des médias, nous brodons sur la fortune naguère d’ATTAC que courtisait Lionel Jospin pour son élection présidentielle. ATTAC avait prise sur les militants et dirigeants syndicaux et aurait pu gêner les partis, il y a avait un travail d’analyse. C’est fini, d’où sa tentative maintenant. Mais pour que les médias rendent compte, il faudra autre chose. Il n’y a plus de réflexion ni d’analyse politiques en France, à gauche au moins. Je lui demande alors : est-ce la conséquence de Mai 68 ? On cessa, après la poésie, de vraiment penser la société et ses mécanismes, ses dialectiques, comme on le faisait depuis les années 1870 jusques vers 1950-1960, et l’on pensa élections, comment les gagner, François Mitterrand donc. Ou bien cet « arrêt » est-il plus récent ? Il prend – lui – les choses un peu autrement, mais je les sens encore mieux et elles me correspondent parfaitement. Mai 68, c’est l’occasion de la contre-révolution conservatrice. J’observe donc aussitôt : on commence par faire partir de Gaulle… Oui, c’est cela, et la « nouvelle société », on l’empêche et l’on fait partir Chaban. Il ne nomme pas Pompidou et va aussitôt à V.G.E., qui, pour lui, est le changement. Il ne dit pas par rapport à quoi : le modèle social français ? le tripartisme ? un certain type de relations sociales et de matrice des négociations ? Cette contre-révolution a su exploiter et mettre en valeur les groupuscules qui ont fait éclater et ont démobilisé toute pensée au Parti communiste et dans les militances syndicales – et des thèmes surtout, le féminisme, l’écologie. La situation actuelle en est le résultat. Je re-propose à mon ami l’écriture à deux sur l’Europe, s’il se sent en panne. « A bas l’Union europénene, vivent les Etats-Unis d’Europe » est un titre bien plat, on voit ce qu’il veut dire mais ce ne sera guère original ni affriolant. Quant à militer pour l’immédiat, à la simple explosion de l’existant, c’est forcément un peu cort. Je lui ai dit mon propre itinéraire : jusqu’à Michel Jobert, et au tournant de François Mitterrand en 1983, je crois à une France faisant seule et pour l’essentiel toutes ses politiques, avec naturellement avant leur lettre des coopérations renforcées. Ensuite, je suis « européiste » faute de Frrance. Nos gouvernants ne résistent pas à l’idéologie dominante, ni au penchant atlantiste des relations internationales. Le tenter au niveau européen, affaire de contagion qui a comme contradiction originelle que précisément la France n’est plus ce ferment, du moins peut-il y en avoir dans d’autres pays ou chez quelque personnalité étrangère… aujourd’hui, ma préoccupation redevient uniquement française, se débarrasser d’un fou que des gens de très longue vue ont préparé pendant vingt ans pour qu’à l’Elysée, il soit le démolisseur final et qu’il réoriente la France totalement hors d’une trajectoire séculaire. Mon scandale n’est pas Sarkozy en lui-même, mais sa banalisation par tous, parlementaires, élus et médias. On traite sa présidence et son exercice du pouvoir comme une énième version, analogue pour le gros à ce qu’ont été ses prédécesseurs. Or, c’est tout autre chose, cette exceptionnalité est de l’ordre des dictatures des années 30 en Europe, moins le charisme.

[1] - Ezéchiel XXXIV 1 à 11 ; psaumeXXIII ; évangile selon saint Matthieu XX 1 à 16

Inquiétude & Certitudes - lundi 18 août 2008


Lundi 18 Août 2008

Géorgie, accord ou pas ?

Musharraf, le Pakistan et les Bhutto

Economie, récession, la patate chaude

Les relations internationales à un tournant



Prier dans cette paix qui m’est donnée et avant – enfin – ma mise au travail (le journal de 68-69)… Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Le principe de réalité dans le judéo-christianisme, dans l’Islam aussi, c’est une personne, celle de Dieu, la morale et la société se déduisent d’une personne, alors qu’il me semble que les religions orientales les font découler d’une idée de l’homme. Nous, d’une idée de Dieu, censément révélée. Ce qui peut engendrer toutes les intolérances. Tu aimeras ton prochain comme toi-même, antidote absolue. Vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres… puis viens et suis-moi. A contrario, cause de vos péchés, vous dépérirez, et vous gémirez tous ensemble. Ne pas partager ces textes me fait souffrir, prier plus intensément et assidûment pour autrui, mes destinataires connus ou inconnus… l’étrange récit du prophète, la mort subite de sa femme et l’interdiction divine de la pleurer : fils d’homme, je vais te prendre subitement ta femme, la joie de tes yeux… tu ne laisseras pas couleur tes larmes. Pleure en silence, ne prends pas le deuil. Suivre Dieu n’est pas du régal ni une facilité, non seulement se déposséder, mais vivre tout autrement ses affections. Dieu seul leur suffit, enseignement donné aux postulants à la vie monastique. Ce qui se lit et se vit de deux manières : ne vivre que de Dieu, ne pouvoir être rassasié pleinement que par Dieu… a contrario, Celui-ci – anthropomorphe – peut répondre : Je leur cacherai ma face, et je verrai ce qu’il leur arrivera. Les vocations contrariées ou refusées : à ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. [1]


L’accord ente la Géorgie et la Russie, en est-il un ? à deux points de vue. Est-il imposé à l’une des parties par l’autre, en sorte que ce n’est pas un accord mais une soumission, Moscou ayant répété que son offensive ne visait qu’à « contraindre » Tbilissi à la paix ? entraine-t-il la moindre intention et à fortiori obligation de l’exécuter ? Les troupes russes ne se retirent toujours pas, et le « gouverneur » de l’Ossétie du sud récuse par avance tout observateur international.

Musharraf jette l’éponge, Benazir Bhutto n’en aura pas pour autant recouvré le pouvoir. L’homme au total n’était pas si antipathique. Arrivé au pouvoir sans effusion de sang, même si c’était un coup militaire, il le quitte sans combat véritable, il semble n’avoir pas dilapidé l’argent public, et je le crois avoir été moins inféodé aux Américains qu’il n’est dit par ceux-ci.

Sarkozy refile la patate chaude à Fillon. Réunion à Matignon des ministres en charge de l’économie, six ou sept. La réponse de Lagarde la semaine dernière à la sèche nouvelle statistique d’un « recul » de la production de 0,3% au second trimestre, était un peu courte. Elle « pointait » la conjoncture mondiale.

Ces semaines-ci voient un tournant dans les relations internationales : bien sûr la guerre de Géorgie, bien sûr les Jeux olympiques achevant l’entrée de la Chine dans la normalité du « concert des nations », mais c’est surtout le fiasco de tous les instruments de gouvernance mondiale qui s’étaient progressivement instaurés depuis la Seconde guerre mondiale et qu’on croyait pouvoir fonctionner puisque la guerre froide et la coupure du monde en deux ou trois camps, l’Est-Ouest, et le Tiers-Monde, libérait les Etats et les peuples de convenances idéologiques. Le Conseil de sécurité pas plus que les organisations régionales ne parvient à réfler la question du Zimbabwe ou le conflit russo-géorgien. L’O.M.C. doit clore le cycle de Doah et la légalisation de la mondialisation semble en question. Les G 7 ou autre G 8 dans leurs formations ministérielles ou présidentielles se sont montrés complètement impuissants face à la crise des « subprimes », face à la « flambée des cours » du pétrole (la relative décrue de ces dernières semaines ne leur doit rien, pas plus d’ailleurs qu’aux réunions de l’OPEP). Il ne faut pas davantage dire que l’O.T.A.N. fonctionne, ce n’est qu’une couverture et tandis que la France se range derrière les Etats-Unis, l’Allemagne de plus en plus s’en éloigne : l’atlantisme, c’est obtempérer et réciter l’argumentaire des Etats-Unis.


[1] - Ezéchiel XXIV 15 à 24 ; cantique Deutéronome XXXII 6 à 21 ; évangile selon saint Matthieu XIX 16 à 22

Inquiétude & Certitudes - dimanche 17 août 2008



Dimanche 17 Août 2008

Prier… l’évangile de la Cananéenne, tandis que faute de corn-flakes, je mange le gâteau confectionné par notre fille, force miettes. Jésus constate, l’ingéniosité dialectique de cette femme, en principe hors du champ de son apostolat-ministère du moment, a raison de tout. Jésus se laisse convaincre, on peut discuter avec Dieu, Abraham, Moïse et bien des miraculés du Nouveau Testament nous le rappelle. La prière et notre âme dans la prière, ne sont pas inertes. Donne-lui satisfaction car elle nous poursuit de ses cris. La parabole du juge indigne et de la veuve réclamant son droit. Le suicide de cet handicapé après qu’il ait écrit au président de la République… et sans doute sans en avoir reçu la moindre réponse. Paul se donne à lui-même la dialectique d’un ministère passé des fils d’Israël aux païens. En réalité, il n’est que l’instrument providentiel et la personnalité géniale qui poursuit le mouvement de toute la Bible vers une extension à l’infini de la création du choix initial et de prédilection pour un homme et sa descendance. Adam et Abraham. Mouvement et prédication mais en retour mouvement de ces païens. Que nous sommes tous. Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l’amour de son nom et sont devenus ses serviteurs… car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples ». [1] Et quel est ce mouvement en définitive, chez Dieu et chez nous ? sinon celui de l’attente amoureuse, celui de l’espérance, qu’autour de moi, qu’autour de nous fleurisse et persévère l’amour. Curiosité bienveillante pour l’autre, accueil d’autrui comme notre sauveur et notre ami nous atteignant là où nous ne savons plus nous-mêmes aller, pardon accordé non pour tel lamentable épisode dont nous entretenons la culpabilité avec perversité et complaisance mais pour notre insignifiance et nos lacunes, nos limites, Dieu frère de race, nous élevés à son image et à sa ressemblance. Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire misérrcorde à tous les hommes. Qui ce matin s’éveille dans le plus grand besoin : ce jeune moine que peu de ses frères comprennent et acceptent d’accompagner pour en être eux-mêmes réancrés dans leur vocation et leur état de vie ? ces mariés de la veille, exaltés et souffrants qui, j’en suis témoin, n’ont jusqu’à présent été déçus que chacun pour soi et jamais l’un par l’autre. Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts. Ainsi soit-il !

Mauritanie… onzième jour de la troisième période militaire.

[1] - Isaïe LVI 1 à 7 ; psaume LXVII ; Paul aux Romains XI 13 à 32 ; évangile selon saint Matthieu XV 21 à 28

Inquiétude & Certitudes - samedi 16 août 2008

Samedi 16 Août 2008

Cessez-le-feu : Géorgie, Ukraine, Union européenne

Jeux olympiques - le cent-mètres jamais couru aussi vite

France et réformes militaires


Prier comme on entre au repos, au refuge, comme on reprend pied .[1] … revenir à la prière, ouverture de toute journée, de tout moment, de toute vie. Dieu nous donne de prier – aussi, sinon surtout, hors de nos structures : de mon cœur, a jailli un beau poème, c’est toute ma vie que j’offre au roi – aujourd’hui, à cet instant, ma prière, celle du psalmiste, est d’intense demande : crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu. La pureté n’est pas la crispation et l’enfermement, l’absence de péché, elle est la liberté, la libération, vivre sans les astreintes et poids de tout ce que nous accumulons, pureté, diaphanité, légèreté. Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. La stabilité, la force, la fécondité, la jeunesse par une restauration complète, combien j’en suis incapable, sauf de les souhaiter et demander, et alors de les obtenir. Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint. Totale et heureuse dépendance. Vers toi, reviendront les égarés. Constat que confirme le Seigneur : revenez à moi, détournez-vous de vos péchés, et vous ne risquerez plus de tomber dans le mal… faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi vouloir mourir ? prière exaucée du déprimé. Le ressort, nous l’avons encore. Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. Notre premier commencement…

Géorgie-Russie. Préliminaires de cessez-le-feu (vocabulaire « technique ») signé hier par Saskatchvilli et aujourd’hui par Medvedev. Absence de Poutine dans les négociations et rencontres médiatisées. Il stipulerait un retrait immédiat des troupes russes de Géorgie, mais le maintien en Ossétie et Abkhazie des forces de maintien de la paix. Sur le terrain, on ne constaterait aucun retrait d’aucune force, et les barrages sur les routes menant à Tbilissi ne seraient pas levés. Réaction qualifiée de prudente à Washington, rappelant la nécessité de maintenir l’intégrité territoriale de la Géorgie. Pas de réaction de l’Union européenne, ni de la France : pont de l’Assomption ? Et sous quelle égide et selon quel processus a été signé cet accord de préliminaires ? quel rapport avec ce qu’avait fait signer Sarkozy mardi ? Manifestement, plus personne ne revendique la paternité d’un texte certainement ambivalent et les entités séparatistes sont maintenant sous protectorat russe. – Pour moi, le fait essentiel est que l’implosion soviétique, jusqu’à présent, n’avait donné lieu à aucun conflit armé entre l’ancienne métropole et ses anciennes colonies. La semaine qui vient de s’écoule est un précédent. L’Ukraine est directement visée si elle avance davantage vers l’O.T.A.N. et même l’Union, elle n’adhérera pas dans son territoire actuel.

Jeux olympiques… les deux phénomènes, le cent mètres jamais couru aussi vite, selon les connaisseurs – ceux qui avaient eu les médailles ou qui étaient auparavant champions du monde – entre les jeux de Mexico et maintenant, il n’y a eu qu’une évolution. Aujourd’hui, on va vers 9.50, alors qu’il y a quarante ans, on faisait de 10 la limite indépassable. Un Jamaïcain. Quant à l’Américain, il est à sept ou huit médailles d’or. Les limites humaines sont donc spectaculairement reculées à ces jeux-ci.

France et réformes militaires. Une réception de mariage, un ancien officier de marine. Une partie de ses dires en présence d’un camarade qu’il retrouve et qui avait fait avec lui la préparation adolescente de Navale. Il n’a lu ni le livre blanc ni l’article de Surcouf, mais juge l’ensemble cohérent et nécessaire, fruit d’ailleurs de mouvements engagés avant, rationalisation des budgets et des ressources. A condition toutefois que ce ne soit pas le prélude de diminution des crédits, ce dont on ne sera assuré que dans un an ou deux. Il est méfiant, il l’est aussi sur l’exercice du pouvoir par NS mais il n’est pas hostile, il juge que Ségolène Royal aurait été dangereuse de parti-pris et d’a-priori, peu cohérente certainement, et il ne s’accorde pas avec mon pronostic qu’elle sera de nouveau candidate en 2012, nonobstant les caciques et ambitieux du PS. Il est au contraire d’avis que ceux-ci ne se laisseront pas prendre deux fois. Je n’insiste pas. Il n’opine pas sur notre réintégration de l’O.T.A.N. mais observe, pour la psychologie des armées, une mûe dans les années 1970 par rapport à l’ambiance qu’il avait trouvée en entrant dans la marine. Pas de dialogue, les croix de Lorraine tenant la hiérarchie et étouffant les autres. Acquiescement de son camarade, l’Algérie, je conclus par la haine de de Gaulle pour certains, mais la nécessité pour que le changement de cours se fasse d’un certain climat de contrainte intellectuelle. Pour « Surcouf », il admet que les généraux Cuche et Georgelin étaient au moins au courant et ont peut-être même encouragé. Le chef d’état-major des armées, aurait été nommé au dernier moment par Jacques Chirac pour verrouiller Nicolas Sarkozy. Quoique celui-ci était rien moins que sûr de lui succéder.


[1] - Ezéchiel XVIII 1 à 32 passim ; psaume LI ; évangile selon saint Matthieu XIX 13 à 15

Inquiétude & Certitudes - vendredi 15 août 2008


Vendredi 15 Août 2008

Jeux : les apprentissages, une parabole pour la Géorgie

atrocités en Géorgie

le Dalaï-Lama chez nous


Prier… cette fête de l’Assomption, mariale et royale, puisque le vœu de Louis XIII et la « saint-Napoléon » l’avaient officialisé et que la République n’a pas osé la déclasser, elle reste chômée. Mariale et centrale, logique du dogme, et surtout de la piété. Il en découle, selon moi, tout le mouvement des apparitions ces trois derniers siècles. Y en avait-il et du même genre auparavant ? La dévotion mariale que manifestent les basiliques et cathédrales médiévales d’une manière si spectaculaire qu’elle ne semble pas avoir de précédents ou d’analogies dans les autres religions, semble avoir une constante actualisation depuis Lourdes, il y a cinquante ans. Fatima ensuite, Mezzugorgié actuellement. Je ne me prononce pas, je sais simplement ma réticence jusqu’à mon premier « passage » à la grotte en 1964 avec ma troupe scoute, où je fus pris. Par la foule ? la ferveur ambiante ? la Mère de Dieu elle-même, centre et foyer de tant de spiritualités et donc de vies humaines, vies d’hommes, de femmes, d’enfants. Je ne suis pas centré de la sorte, mais l’évoquant je ressens la douceur d’un appel à me confier, et qu’il en est peut-être temps dans la détresse où se trouvent tant des miens et où je me trouve, où se trouve le monde, un accueil simplement maternel mais ayant la toute-puissance de Dieu ? dois-je mettre un point d’interrogation ? oui, tant que je ne me laisse pas aller à ce mouvement intime. Elle – Marie, Mère de Dieu – qui nous procure celui dont il est dit, par l’Apôtre : c’est lui en effet qui doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort, car il a mis tout sous ses pieds. Le Christ, ma seule chance et la véritable issue du monde. – Je l’affirme de toutes mes forces, y compris, sinon surtout dans cet été où le monde roule en aveugle vers des souffrances et des désordres de plus en plus grands, tels qu’ils sortent de l’histoire événementielle et des gestions habituelles par ceux qu’on appelle « grands ». Je l’affirme alors que je compte aller grossir la foule de ceux qui rendent hommage au Dalaï-Lama en tant que chef d’une nation martyrisée et en tant que maître vénérable. Je l’affirme avec le plus grand converti des premières années de la chrétienté : la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection. Dès notre vie terrestre, la résurrection par le Christ, en Lui et à Sa suite, nous est nécessaire. Ce n’est pas la mort qui nous limite, c’est la forme de notre vie actuelle. Ce n’est cependant pas nous qui prions Dieu, mais Lui qui nous appelle : écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille : oublie ton peuple et la maison de ton père ; le roi sera séduit par ta beauté. Comme le dit le cantique médiocre mais populaire, la première en chemin, Marie, qui nous entraîne, notre complice la première disciple, la plus vraie chrétienne. Vision de saint Jean, la Vierge associée à la naissance de celui qui sera le berger de toutes les nations, et restitution par saint Luc de l’état d’âme de celle-ci tandis qu’a commencé la gestation décisive annoncée par l’ange… Il s’est penché sur son humble servante… Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles, il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides. L’ordre international rétabli, l’ordre social refait. Le Puissant fit pour moi des merveilles. La seule expression de la prière mariale – la vie entière de cette femme fut prière, contemplation-action-évangélisation – c’est ce texte, et c’est une prière universelle et ancrée dans l’histoire, une prière de débouché, triomphalement l’humanité est soudainement accomplie parce que Dieu se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères. Qu’il en soit aujourd’hui ainsi. Qu’il me soit fait selon ta parole. [1]

[1] - Apocalypse de Jean XI 19 à XII 1 à 10 passim ; psaume XLV ; 1ère lettre de Paul aux Corinthiens XV 20 à 27 ; évangile selon saint Luc I 39 à 56

Les Jeux tout de même. Les deux apprentissages. Les pays, les athlètes. Laure Manaudou et à l’inverse, cet américain quin a déjà une quinzaine de médailles. Un agrégé d’éducation physique, rencontré cet après-midi, a regardé à la télévision une séance de son entraînement. Ce n’est pas affaire de dopage. A contrario, notre ex-prodige, elle est dégoûtée de son sport, de la pratique, de l’obsession du bassin, de la vie enfermée. – J’écoûte le commentaire du combat entre notre champion guadéloupéen de judo et le Géorgien. Explication de la guerre actuelle…

Les rapatriés français confirment l’horreur de cette guerre. Un reportage radio. Donne la réalité de ce que vivent certains cadres de l’armée russe, ils étaient à la base principale de Géorgie au temps de l’Union soviétique, ils retrouvent les restaurants, le genre de vie, peut-être leurs anciennes maîtresses, ils étaient chez eux, ils s’y sentent de nouveau. Dans ce contexte, l’ordre donné par Medvedev d’évacuer Gori, la capitale de l’Ossétie du sud n’a le moindre commencement d’exécution. Au contraire, ce que le Géorgien présente comme l’occupant, estime qu’il met de l’ordre dans un pays qui n’est pas capable d’y procéder de lui-même. Les Etats-Unis critiquant mais assurant qu’ils n’interviendront pas, sont aussi absents et ridicules que les Européens.

Le Dalaï-Lama dans divers lieux de Bretagne et de Normandie, rencontres interreligieuses à chaque fois avec l’évêque local, dont celui de Vannes, à Plouray où j’aurais pu me rendre, si je l’avais su. Réunion au Zénit, cet après-midi à Nantes où je ne pouvais être malheureusement. Il insiste sur le risque de disparition du Tibet. Rama Yade prétend avoir pris position depuis des mois, mais quel sens cela a-t-il ? ce n’est pas une position de la France en tant que telle. Ségolène Royal, la ville de Nantes sont plus efficaces et représentatives. Bernard Kouchner le rencontre mercredi prochain, à quel titre ? En fait, il ne doit pas s’agit de droits de l’homme – c’est presque facile – mais d’un statut du Tibet tel que ses habitants de souche puisse maintenir leur société, leurs croyances et pratiques, leur mode de vie et donc l’économie traditionnelle du « toit du monde », ce qui signifie une autonomie interne totale et – s’il faut rassurer stratégiquement la Chine – une neutralisation militaire.

Inquiétude & Certitudes - jeudi 14 août 2008


Jeudi 14 Août 2008


la gloire française aux J.O.
autre fiasco : la Géorgie, notre "diplomatie"

Prier… Maximilien Kolb, un des géants de l’Eglise contemporaine, présence chrétienne en camps d’extermination. Ces camps que j’ai visités en Autriche ou depuis l’Autriche, après Dachau dix ans auparavant en Bavière. Les plus marquants Mauthausen (Marcel Calot entre autres où l’on pourrait surtout de fatigue) et Theresienstadt, sinistrement idyllique. [1] Pardonner jusqu’à soixante dix sept fois sept fois. Autant dire toujours. La parabole du roi et du débiteur. La permanence du principe de réciprocité. Le jugement de Dieu selon nos propres arbitrages. Accessoiremùent, le mauvais serviteur est dénoncé par ses compagnons. Le jugement du « monde » le plus souvent du vrai, même s‘il nous parait injute, et ce n’est pas de souffrir du monde qu’il nous sera rendu justice, mais de souffrir à cause du Christ… La fameuse prophétie, le présage pour la maison d’Israël, un véritable mimodrame. La clarté parfois de notre conscience, de avertissement divin, des appel d’autrui. Qu’en ai-je fait ? Dieu a entendu et s’est emporté. Il livra son peuple à l’épée.

La gloire… certes Alain Bernard, et hier la lutte gréco-romaine. Mais Laure Manaudou qualifiée pour la demi-finale, le huitième temps, le « break » annoncé, une vie…la France d’ordinaire sixième ou septième en nombre de médailles olympiques, est actuellement vingtième ou vingt-deuxième.

La guerre en Géorgie, des horreurs yougoslaves, les Ossètes font « chez eux » le pogrom des Géorgiens, sous des prétextes qu’on ne sait pas mais selon des haines qui doivent être millénaires, resurgies malgré les habitudes de tolérance, fragilité des équilibres quand les ethnies se réidentifient, quand les « communautarismes » s’installent, sont reconnues, triomphent. Pour un heureux dénouement : les Chyopriotes, grâce à un président d’ethnie grecque, élu à l’extrême-gauche, que d’avertissements et de catastrophes, catastrophes proches de nous, avertissements pour une France où l’on n’intègre plus, l’on n’assimile plus, pas tant à cause de nos déficiences sociales ou intellectuelles, mais parce que la France – image commune pour tous les Français – n’attire plus, ne rayonne plus tant elle a été dépecée par les politiques-gestion, les injustices et erreurs criantes sur « le terrain » que vainement et cyniquement tentent de camoufler des démagogies et du populisme envahissant toute la scène publique et collective. Nous allons vers des guerres civiles, ce qui sera bien pire que les guerres sociales, nous n’avons plus de références communes, tout simplement parce que nous n’avons plus de fierté ensemble. Quant aux solutions à nos problèmes … même chose, hélas ! pour ma chère Mauritanie. Point commun, un fondateur à l’époque moderne, de Gaulle – dont je revois une série de photos. obtenues l’été de 1969 du service de presse au Quai d’Orsay – et Moktar Ould Daddah.

La guerre en Géorgie, nettoyage ethnique si patent que la Cour pénale internationale fait déjà savoir qu’elle se reconnaîtra compétente pour ouvrir une enquête, les troupes russes occupant – paraît-il – le tiers déjà de la florissante république. L’Union européenne avait la main pendant quatre jours jusqu’à mercredi. Sarkozy a démontré son savoir-faire. Un mandat non concerté, un équilibre à prêcher aux deux parties, mais au pifomètre et comme il s’agissait de quelque chose de naturel et négocié, une pétition d’équilibre. Rien n’était creusé ni informé, tout s’est fait à la va-vite et en solitaire, pour la montre, l’ordre des voyages et des réunions inversé. Une absence totale de « professionnalisme », il eût été miraculeux qu’un quelconque résultat – l’accalmie, le statu-quo – se manifeste sur le terrain. Cela n’a évidemment pas été. Il n’y a pas eu une heure de véritable cessez-le-feu. L’Union européenne, comme chaque fois que les choses sont sérieuses, est coupée en deux, entre ceux qui se sentent concernés, les frontaliers de l’ancienne Union soviétique, et ceux qui se croient des grandes puissances et n’ont physiquement et au plan des jurisprudences rien à redouter. Dans ces conditions, la main repasse aux Etats-Unis. Se consoler en prévoyant que Condoleeza Rice ne fera pas mieux que Nicolas Sarkozy est une maigre pitance… la réalité est que la tension va monter avec la Russie, ce qui est rameuter les Européens vers l’atlantisme et que sur le terrain, les entités séparatistes de la Géorgie quitteront encore davantage cette République, laissée à elle-même, sans perspective désormais avant longtemps d’être accueillie où que ce soit, Union européenne et/ou Alliance atlantique. Elle a quitté, en toute logique, la Communauté des Etats « indépendants », et son régime intérieur ainsi que son président régnant semblaient en début d’année, très contesté. Beau travail en marge des J.O. et opportune tombée de rideau sur un beau fiasco de notre diplomatie.

[1] - Ezéchiel XII 1 à 12 ; psaume LXXVIII ; évangile selon saint Matthieu XVIII 21 à XIX 1