mardi 28 octobre 2014

écrit à Simone Veil - d'un referendum à un hommage . 2005-2014



Le jeudi 28 Avril 2005

permettez-moi de vous féliciter chaleureusement et sincèrement pour votre entrée dans la campagne référendaire et naturellement pour le oui.

Ne pensez-vous nous donner des mémoires plus étendus que sur la seule période ministérielle de 1975 ? Je vous ai suivi par les photos et avec émotion dans les camps de la mort. Vous avez tant à dire.

Peut-être les deux papiers ci-joints rejoignent-ils vos réflexions. Ce que je crois. Je serai heureux de recevoir tout texte que vous produiriez ces temps-ci sur l’Europe.

 
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Le soir du vendredi 9 Mars 2007

bien évidemment, la femme contemporaine la plus à même de présenter une candidature qui soit celle d’une femme, mais aussi de grande compétence, d’équilibre personnel et d’autorité morale, eût été vous. Cela n’a malheureusement pas été. La permanence des candidatures de Jacques Chirac pendant vingt ans a stérilisé bien des parcours, et les mandats du même n’ont amené à l’expérience politique – à mon sens – aucun nouveau véritable talent.

Nicolas Sarkozy me paraît être l’exacte répétition du parcours de jacques Chirac. On en est pour le moment au début des années 1980 si l’on transpose : même réputation d’énergie, même conviction de soi-même et des partisans que l’arrivée au pouvoir sera un salut et un changement de cours très bénéfiques, spectaculaire d’efficacité et de retournement de cours…, même culte du chef, même absence de débat perceptible. En plus, si je puis écrire, l’atlantisme, la révérence vis-à-vis d’un libéralisme importé et qui n’est qu’économique (le libéralisme ayant été pendant cent cinquante ans une doctrine politique et non mercantile) et fort peu de conviction européenne. Dans l’exercice des fonctions auxquelles il s’est impudemment accroché, il n’a pas fait montre de grand respect pour les libertés publiques traditionnelles dans notre pays, et il a plutôt imaginé ou ordonné (la collection de ses circulaires) de les réduire. Je le crains donc, d’autant qu’il avoue son identité en faisant tout pour que Le Pen, au premier tour, soit sa réserve de voix, automatique, en vue du second.

Or, vous mettez votre prestige moral – un des plus éminents dans la France d’en ce moment et qui a maintenant des décennies de pérennité – à l’appui de cette candidature et de cette personnalité, au demeurant fragile psychologiquement, et perpétuant encore un trait de ressemblance avec le président sortant, cette nouvelle confusion dans le fonctionnement de nos institutions constitutionnelles, l’influence de l’épouse.

J’en suis très étonné. Puis-je vous demander pourquoi ? en profondeur ?Je ne demande qu’à comprendre, sinon à approuver. Toute la geste de Valéry Giscard d’Estaing – rétrospectivement enfin bien dite et reconstituable par la qualité du troisième tome de ses Mémoires – avait précisément été de tenter un gouvernement par appel à l’intelligence réfléchie de nos concitoyens (ceux auxquels vous avez appartenue) et plus encore de dépasser le clivage droite/gauche Or, une autre candidature – de votre famille politique – me semble présenter ces traits.

François Bayrou, en sus, satisfait le gaulliste (d’avant 1969) que je suis comme vous le savez : un gouvernement consensuel, la tentative d’inspirer une dialectique gouvernementale et politique autre que majorité/opposition sur le fil. Enfin, l’Europe ; je l’enseigne à Paris VIII, faute que la France ait maintenu le legs gaullien et cultivé l’indépendance autant que l’originalité de notre organisation économique et sociale par elle-même, je suis devenu résolument « européen » et milite pour deux propositions simples, aussi innovantes que la proposition, naguère, de mettre en commun charbon et acier : l’élection au suffrage universel direct du président du Conseil européen par tous les citoyens européens votant en circonscription unique, et la prérogative de celui-ci de procéder par referendum, également en circonscription unique, sur toute question du ressort des traités, voire de l’évident intérêt commun de tous les Européens. Avec démission, si le résultat n’est pas celui escompté. Je crois François Bayrou, capable de porter cela.

Je vous écris sans concertation avec celui-ci et sans même l’avoir jamais encore rencontré. Dans le souvenir surtout des conversations que vous m’aviez permis d’avoir avec vous au moment où l’Abbé Pierre s’était mis dans de si graves difficultés et contradictions. Voici plus de dix ans.

Vous revoir m’honorera et dans la circonstance, m’intéressera beaucoup. Nous conviendrons aisément de la confidentialité du fait et du contenu de notre échange./.



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Reniac, le mercredi 17 Octobre 2007


 voici ce que j’ai adressé aux membres de la commission de réflexion sur nos institutions ainsi qu’à ceux du Conseil constitutionnel.

De ces choses où vous pouvez peser, j’aimerais vous parler un peu.

Quelles seraient vos convenances ?

Avez-vous des coordonnées électroniques ?

J’ai été profondément touché par votre confiance à propos de vos soutien et non-soutien lors de la campagne présidentielle et vous en remercie sincèrement. Vous m’aidez à voir clair – en tout cas, à comprendre – pour ce qui est de François Bayrou.




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Reniac, le dimanche 28 Octobre 2007



 espérant que ma grosse enveloppe du 17 ne vous encombre pas, je me permets de revenir déjà vers vous, car je lis dans L’Express, acheté tout exprès… les extraits de votre livre à paraître. Cela me passionne et votre écriture est très belle. J’attends donc l’intégralité avec impatience.

J’ai retenu notamment ces passages :

Aujourd’hui encore, plus de soixante après, je me rends compte que je n’ai jamais pu me résigner à sa disparition. D’une certaine façon, je ne l’ai pas acceptée. Chaque jour, Maman se tient près de moi, et je sais que ce que j’ai pu accomplir dans ma vie l’a été grâce à elle.

La personnalité du nouveau président s’imposait. Il était aussi impressionnant par sa rapidité d’esprit et sa capacité de travail que par sa prestance personnelle et la haute idée qu’il se faisait de sa fonction. Aussi les nouveaux ministres, moi-même et les autres, marchions-nous sur des œufs.

Dans notre système, le président est d’abord un homme seul. Rien ne l’incite au dialogue. Aussi longtemps qu’il est en place, il n’est remis en cause par rien ni personne. Evoluant dans un milieu aseptisé et de plus en plus artificiel, il n’échange qu’avec ses pairs, une poignée de journalistes et une noria de hauts fonctionnaires.

Je ne savais pas du tout que la « sortie » de Raymond Barre, au début de cette année, avait des antécédents, qui sont bien regrettables et ne jettent pas un bon jour sur lui. Mais quelle explication peut-on en avoir ? Si tant est qu’il y en ait … et cela m’a rappelé notre première conversation – celle que vous m’avez accordée à propos de l’Abbé Pierre, d’auprès de qui j’arrivais. C’est troublant.

Votre mère, votre affirmation est tellement juste.

VGE, oui… voyant Jean Sérisé à cette époque, il témoignait de la même manière que vous, mais «  de l’extérieur », sur le comportement des ministres.

François Bayrou… vous m’avez honoré de votre confiance en exposant en plusieurs pages votre jugement. Mais cette ambition de « naissance », il n’est pas seul à l’avoir. Elle se répand exponentiellement à chaque nouvelle mouture de l’organigramme des entourages à l’Elysée ou à Matignon.

Quant à Nicolas Sarkozy, moins à fond que vous, et ayant suivi avec intérêt Ségolène Royal à l’avenir duquel et surtout à la maturation de laquelle je crois, je deviens perplexe. Le « problème » de sa personnalité (pour moi encore marquée de sa stratégie de complaisance envers l’électorat du Front national) me paraît se résoudre dans le bon usage que les Français peuvent faire de lui. Je pense aussi qu’il aurait été mieux dans son emploi comme Premier ministre, mais il aurait fallu lui trouver une autorité tutélaire – un président – dont Edouard Balladur, même en 1995, n’aurait pas tenu lieu.

Je risque donc de vous adresser une note politique périodique qui circule surtout par internet : observation & réflexions sur notre actualité. Mon inquiétude est à propos de l’Europe. Il st vrai que je suis un « converti » venant du général de Gaulle et convaincu de la nécessité européenne par faute de France, depuis des décennies. J’enseigne d’ailleurs ces choses – le fonctionnement concret, et d’autre part les relations extérieures de l’Union – à Paris VIII depuis quelques années.


 

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Reniac, le mardi 14 Octobre 2008


vous êtes une de nos rares autorités morales, je vous l’ai souvent dit – dès notre rencontre à propos de l’Abbé Pierre se débattant dans « l’affaire Garaudy » - et écrit à mesure que notre pays avait à choisir par élection présidentielle ou par referendum.

Vous voici candidate à l’Académie française. Je m’en réjouis pour cette noble et prestigieuse institution, mais le fauteuil de Pierre Messmer, ancien ministre des Armées du général de Gaulle, ancien Premier ministre d’un Georges Pompidou soucieux de donner quelques gages à la fidélité gaulliste qui semblait émolliente en 1972, est-il celui qui vous correspond ?

Je ne le crois pas.

Vous êtes éprise de netteté et de clarté. J’ai dans l’oreille vos réflexions à propos de nos gouvernants en 1996 : la confusion. Ne pensez-vous pas que votre parcours centriste et européen – tout à fait conséquent et respectable – est très différent de celui de Pierre Messmer dont vous seriez appelée à faire l’éloge et à nous donner des clés de compréhension. A lire avec intérêt et sympathie votre autobiographie, je ressentais que l’épithète gaulliste n’est pas flatteuse ni prisée sous votre plume.

Je ne m’en formaliserais nullement si je n’avais été le visiteur fréquent de Pierre Messmer jusqu’au 28 Juillet 2007, veille de son hospitalisation inopinée. Nous nous voyions alors tous les samedi après-midi. Le 21, la conversation vint vers vous à propos de la campagne présidentielle alors récente. Il me confirma ce qu’il m’avait parfois dit auparavant qu’il ne se sentait pas beaucoup d’affinités avec vous. Le verbatim que j’ai, importe peu. J’ai écouté sans discuter. Il était ancré.

Simplement, il me semble peu cohérent en convictions politiques et peu convenable de personne à personne, surtout quand l’une est réduite maintenant au silence, que ce soit au fauteuil d’un des gaullistes les plus éminents et qui ne vous aimait donc guère, que vous soyiez candidate.

Je crois d’ailleurs que votre place dans l’opinion et dans le cœur des Français est telle que votre entrée dans l’Académie française est superflue. Un honneur de plus, certes, mais au prix que je prends la très grande liberté de vous dire.

En espérant ne pas vous blesser,

 

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Strasbourg, le soir du mardi 28 Octobre 2014


l’hommage qui vient de vous être – une nouvelle fois – rendu, la télévision, vos amies, vos enfants et petits-enfants, Valéry Giscard d’Estaing et de grands journalistes, femmes et hommes.

Emotion pour moi, pour ma femme, regard et réflexion de notre fille de bientôt dix ans. Bien sûr le souvenir des entretiens que vous aviez bien voulu m’accorder à propos du soutien donné par l’Abbé Pierre, de façon qui pouvait scandaliser et qui lui nuisit d’ailleurs. Le souvenir de nos nombreux échanges ensuite et de nos correspondances. Enfin, votre élection à l’Académie française, au siège de mon ami Pierre Messmer. La candidature si justifiée en elle-même, mais sans doute pour un autre fauteuil. Ou bien, ce que je ne saisissais pas à l’époque, une tentative de conciliation et de faire la gerbe du meilleur dans notre histoire nationale, qui en a parfois besoin.

Je n’avais pas à l’époque réalisé ce choc du retour de l’antisémitisme. Je n’étais pas en France en 1980. D’ailleurs, nos entretiens de 1996 et ensuite, avaient davantage porté sur quelque chose que j’avais noté – quand fut projeté le chagrin et la pitié avec Pierre Mendès France – l’impossibilité de parler d’une période et d’atrocités mais que vous m’avez fait comprendre avec force. Donc comment vous aviez, en fait et héroïquement,ouvert publiquement la nécessaire mémoire, le nécessaire témoignage. Initiant tout, votre réplique lors d’une pose de première pierre, me trouvant en poste à l’étranger, je ne l’ai pas entendu.

Il apparaît aussi ce soir que nos défauts politiques ne sont pas de maintenant : les atrocités, pas seulement par ignorance alors de votre passé personnelle, mais par ignorance ou même mépris du passé, par excellence, nos responsabilités dans ce qu’il se passa de 1940 à 1945, les atrocités reprises par les mots ressassés lors du débat que vous avez mené à terme pour l’avortement. Les mépris lors du débat à quatre (Mitterrand, Chirac, Marchais, vous-même) pour la première élection européenne. Nous les avons toujours, le débat sur le projet de loi porté par Christiane Taubira. Le sens donc qui ne m’était pas apparu sur le moment, j’en étais resté à la poilitique des partis, de votre élection à la présidence du Parlement européen, en coincidence avec la mûe de cette institution décisive.

Enfin, et à quoi vous avez beaucoup contribué, ce qu’a apporté Valéry Giscard d’Estaing à notre vie et à notre histoire politiques. Vous n’auriez pas été l’un sans l’autre ce que vous avez été dès cette époque et ce que vous demeurez dans cette histoire et cette vie.

Je pense encore plus à vous, et vous prie d’accepter l’expression de mes hommages très déférents.

Avec vous, avec d’autres qui vécurent l’impossible et l’impensable, et avace vous, avec d’autres qui aviez une idée la plus vraie de la politique et de notre pays, de notre condition humaine, je prie pour la France et pour l’Europe.

Je vous remercie pour ce que vous avez assumé.



à Madame Simone Veil, membre de l’Académie française,
ancien ministre,
ancien membre du Conseil constitutionnel
2 rue Bixio – 75007 Paris VIIème


N B  -   l’avortement, le fait et les circonstances, ce qui se vit alors : drame, il se trouve que je l’ai vécu, ou plutôt fait vivre à la femme que j’aimais et qui a beaucoup de ressemblance d’allure, de visage et de force avec vous : Ghislaine D. l’été de 1976. Je le porte depuis mon mariage tardif et la naissance de notre fille. Ghislaine n’en est pas la mère. Les moments de votre discours ont réaccentué ce qui fut ma responsabilité et mon manque de confiance.

Simone Veil - évocation et hommage - France 2 . émission Laurent Delahousse


Mardi 28 Octobre 2014


. . . France 2, évocation de Simone VEIL, 20 heures 50 – Laurent DELAHOUSSE.
J’aborde ce moment avec un  vif intérêt. L’icône de la République, le mot de Marie-France GARAUD, quand elle me reçoit : ce mot n’était pas encore courant. J’étais au Portugal pour le débat sur l’avortement : à vérifier. Drame que j’ai personnellement vécu, ou plutôt fait vivre. Je l’aurais vue ministre des Affaires Etrangères de FM réélu en 1988, l’avais conseillé à ce dernier, la nommer sans lui demander son avis. Puis nos entretiens passionnants, confiants, sur le sujet difficile : l’Abbé Pierre et le négationnisme. Beaucoup d’échange, puis des vues sur l’ensemble de la politique française, et comment est apparue la question des camps : nous sommes dans son petit bureau derrière la place Vauban et les Invalides, 2 rue Bixio. – Nous nous sommes revus plusieurs fois, l’été de 1996. Puis sa candidature à l’Académie française, au siège de Pierre MESSMER, qui quelques jours avant sa mort, me disait qu’elle en faisait trop. Lui et elle n’avaient rien de commun, alors cette succession me parut déplacée. Pierre NORA, François JACOB y travaillèrent beaucoup, gagnèrent. Jacqueline de ROMILLY, incontestablement gaulliste ne lui donna pas sa voix. La présidence du comité de soutien de SARKOZY, prévoyant un ministère de l’Immmigration, l’affaire d’une mémoire d’enfant juif massacré confiée à chaque écolier d’aujourd’hui. Enfin, son effroi : justifié.
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Oui j’ai eu très peur. Au fond, j’ai toujours eu peur d’être arrêtée… Pour survivre dans les camps, il faut une certaine agressivité…  Rien  ne la prédisposait à faire de la politique. – Photos…  Elle attire, elle surprend, elle émerveille en son temps… Elle n’était pas facile…. Elle est mourante…
Une vie qui va traverser le XXème, victime du pire. Dans cet hémicycle. Rien ne semblait la destiner. Face à la résurgence de l’antisémitisme. A puisé dans son histoire personnelle qui est aussi la nôtre. – ((Autrement dit, l’IVG et le mariage pour tous, même combat et même haine, celle des chrétiens.)) – Rien ne la prédisposait à faire de la politique.
Pas de discipline de vote (décision de VGE et de JC). 47 ans, magistrate, nommée il y a six mois. Christine CLERC, il fallait donner une impression de sérieux, une assemblée d’hommes, c’est très tendue. Michèle COTTA – Il suffit d’écouter les femmes, c’est toujours un drame. Joelle BRUNNIERE, médecin pro-avortement. Eviter le débat moral, un enjeu de santé. Hélène MISSOFFE. Discours de 45 minutes. S’est imposée par fascination, présence, beauté… la vie, valeur suprême. Promesse de campagne de VGE. ((Non erreur, il n’en avait pas parlé.)) – DEBRE, sur le plan moral. Une grande occasion totalement manquée. – Permis légal de tuer. Le commerce de la mort… abattoirs… monstrueux. MFG, quand une assemblée s’y met…   Une sainte-Barthélemy, des enfants en puissance de naître. Pas un hémicycle, une arène, avoir sa peau. Ne quitte pas de la nuit le banc du gouvernement. Au four crématoire, remplir des poubelles. – ((Retrouver le débat))
Peu de personnes le savent, rescapée des camps. Tout juste si on ne la traite pas de nazie ! Evocation du IIIème Reich. Des croix gammées dans son immeuble. Trois jours, dérapages, venue en urgence de JC : sa ministre écharpée. SV l’avait convaincu alors qu’il n’était pas pour initialement. Vrai suspense. Jean-Paul DAVIN, le conseiller parlementaire : 284 contre 189. Toute l’opposition de gauche et un tiers de la majorité. – Visage et silhouette, chignon, ceux de Ghislaine, la femme de ma vie qui… Anne SINCLAIR : elle a libéré les femmes, leur a donné le choix. Une femme forte qui a su… Certaines attaques l’ont blessée… ((Ces comparaisons sont atroces, et sont si mal informées…))
Flash back, Nice 1932 – Famille JACOB obligée de quitter les beaux quartiers pour plus modeste. André JACOB, architecte parisien, banque route après 1929, estime n’avoir pas réussi à la mesure de ses moyens. Yvonne, sa femme, chimiste, son mari refuse qu’elle travaille.
… Le statut des Juifs… pas de méfiance… André déclare toute sa famille. Enième raison de se rebeller contre son père. – Filière clandestine : papiers JACQUIER. Les quatre enfants séparés, chez des amis. – 30 Mars 1944, contrôlée par la Gestapo : un indic. contre les JACQUIER, papiers examinés. Le camarade relâché est suivi : arrestation d’Yvonne et de trois autres de la famille. – Le frère disparait de Drancy. 13 Avril 1944 : convoi 71, une destination avec un nom yiddisch de chanson d’enfant. – 15 Avril Auschwitz-Birkenau… de ses amies – Processus de déshumanisation, tondue, vêtements en loques, portés par des morts… construire des usines pour tuer des gens… ((très beaux témoignages des deux ou trois amies…)) l’obsession d’être gazée… Paul SCHAFER, un ami… SV repérée par une kapo. sa beauté, la transférer… n’accepte que si avec sa mère et sa sœur : dans les trois mois, sont mutées dans un autre camp, sans chambre à gaz… il fallait être jeune non pour être optimiste mais combatif. – Evacuation d’Auschwitz en Janvier 1945. Le 18 qui en hébreu se prononce comme le mot : vie. Moins 30°, soixante-dix kilomètres. Train, Bergen-Belsen. Typhus…  Yvonne, sa mère + 15 Mars 1945
Sur 70.000 Juifs déportés, 2500 seulement reviennent.
Acueillie chez oncle et tante. Sciences-Po. et droit. Vacances de ski en 1946 avec camarades, s’éprend d’Antoine VEIL. Se marient. A nouveau, une famille. – Confidences sur le passé, seulement possible, avec sa seule sœur survivante : Milou. – 1er Janvier 1950, Jean VEIL, consul de France à Wiesbaden. Simone ne travaille pas, mère au foyer. – Accident d’auto. Rentrant de Wiesbaden Milou et son bébé, tués. Antoine VEIL, ENA, inspecteur des Finances. – 1956, reçue au concours de la magistrature. Chargée de rapporter sur les conditions des femmes arabes incarcérées. Tour de France des établissements. – Mars 1970, secrétaire générale du conseil supérieur de la magistrature. Janvier 1973 : les femmes dans la vie politique, Jacques GARAT, dir. Marie-Claire. Gouvernement fictif de femmes, Simone VEIL, PM.
27 Mai 1974… téléphone de JC à SV à la demande de VGE. – Qui portera le projet ? elle ou Françoise GIROUD. Elles ne s’entendent pas, rivales, la notoriété, l’inexpérience. VGE la préfère, pas de féministe. – SOUBIE, pas facile, ne cède jamais. Avait rédigé elle-même une partie de son discours. Ton très personnel, force. – Autorité naturelle, immédiate, très rare chez les femmes. – Inauguration, première pierre d’un hôpital, le préfet admire comme elle manie la truelle. J’ai fait çà… en déportation… c’était mon métier. Première fois qu’elle en parle. Entretien télévisé, elle « fend l’armure ». Devient la personnalité préférée des Français.
VGE lui demande de diriger la liste UDF pour le Parlement européen, élu pour la première fois au suffrage universel. – La répartie de FM en débat à quatre (FM, JC, MARCHAIS, SV). FM très mauvais avec lunettes. – VGE : elle ne se laissait pas déstabiliser, personnalité très forte. – Regard de salaud de JC sur SV pendant le débat.  17 Juillet 1980 : élue première présidente du Parlement européen. Organisé par VGE avec SCHMIDT. – Phénomène soudain et nouveau, retour de l’antisémitisme. Octobre 1980 : attentat de la rue Copernic. Manière et présence de SV. Puis LE PEN, la totalité de la phrase : n’a pas étudié… un détail… pas une vérité révélée ni une obligation dogmatique…  je commence à avoir très peur. Conséquences, les attaques se multiplient. … Qu’est-ce qu’on a fait pour que cinquante ans après, on… Elle avait pensé que l’Europe réglait ce problème.
2004, soixante ans après Auschwitz : proposition de GENESTAR, aller là-bas. Elle accepte à condition qu’enfants et petits-enfants l’accompagnent. Acceptation générale. 22 Décembre 2004… Maman nous y parle, l’odeur, le ciel plombé, les corps qui brûlent. – Solidarité familiale.
Marceline LORDMAN son amie, les autres oublient, ne comprennent pas. 2009, le plus haut grade dans la Légion d’honneur.  18 Mars 2010, à 82 ans entrée sous la coupole de l’Académie. D’ORMESSON, les yeux splendides, mais les joues.. Anne SINCLAIR, Marianne, la France.
Conclusion de DELAHOUSSE : 87 ans, ne veut plus s’exprimer depuis la mort de son mari. – 22 heures 30

Marguerite pour VGE : T’as vu les poches ! Toi aussi, t’en as.

22 heures 43 + L’évocation me paraît très juste, l’hommage adéquat et mérité. Evidemment, le genre de cette émission ne porte pas à la critique ou à la nuance. Hommage et explication, plutôt que document complet. – Le défilé des académiciens. Les vieillesses, la faute de goût de d’ORMESSON sur l’amour et RACINE.

Inquiétude & Certitudes - mardi 28 octobre 2014

au point où nous en sommes - esquisse d'une letre au président de la République


l’Etat ne se donne plus la possibilité d’agir, la République tolère la corruption d’élus et le déni de confiance dans le peuple qui n’est plus consulté, le service public et les grands acquis patrimoniaux de la France sont à l’ancan, la morale publique et les parcours, emplois ou carrières n’ont plus qu’un critère l’argent, ce dont la politique générale et dans le détail confirmée de mois en mois, malgré l’élection présidentielle de 2012, est une mise en pratique constante. Tout est considéré selon l’argent et les coûts au point de vue public, toute entreprise ne et les notoriétés personnelles sont fonction du pouvoir, du réseau, de la fortune. Comment vivre en solidarité entre nous ? et en continuité de notre histoire ? si nous demeurons dans cette ambiance et n’avons en tant que France et chacun de nous de réussite que selon l’argent. Quelles autres convictions sont maintenues ou suscitées ? Et cette culture-même de l’argent n’aboutit à aucun des résultats comptables escomptés, elle enfonce le pays dans une dépossession économique de lui-même sans précédent et dans une paupérisation et un semi-assistanat psychologiquement désastreux, moralement indéfendable. L’Etat, détruisant des emplois autant que les entreprises, et les élus trop souvent inciviques personnellement ou sans plus aucune référence nationale dans leurs choix. Le régime figé, chaque fois pour cinq ans et sans sanction pour les promesses non tenues ou les gestions ratées, malgré les tolérances et sacrifices des Français.

Elu président de la République, vous en êtes responsable à proportion même de votre mission d’’opérer notre redressement et note retour à nous-mêmes.  Le sens commun aussi bien que nos expériences, parfois proches d’un résurrection – ainsi la Résistance et la Libération – inspirent les remèdes. Aucun n’est pris depuis une décennie que la crise est devenue manifeste. Depuis votre investiture par le Parti socialiste et très fréquemment depuis votre élection, je me suis permis de vous exposer – directement par lettre ou par le truchement du secrétaire général, Pierre-René Lemas puis Jean-Pierre Jouyet – réflexions du moment et proposition d’ensemble pour un pouvoir actuel. Je vous redonne celle-ci.

Le pays ne peut plus attendre de quinquennat en quinquennat le seul assouvissement d’ambitions personnelles de moins en moins propositives d’un vrai dessein français, et donc européen. Nous ne pouvons plus attendre en l’état la fin régulière de votre mandat. Notre vie politique ne peut pas risquer de place en parti d’opposition exclusive le Front national face à la confusion et à l’exercice gouvernemental des partis perdus de mémoire et d’étiquette, à peine réactifs et de contrainte : l’U.M.P. pervertie et machinale, sans la moindre mémoire de sa vraie origine, et le Parti socialiste, votre parti sommé d’abandonner toute contestation et imagination sociales pour gérer à perte de tout.

Il faut revenir à la démocratie. Il faut retrouver notre liberté de jugement. Ni nous-mêmes, ni l’Europe – manifestement sans inspiration depuis 2005 – ne pouvons continuer ainsi. Il faut de l’immédiat et un choc. Votre impopularité n’est pas haine envers vous, elle constate que vous avez manqué plus encore à votre fonction qu’à votre parole et les institutions de la Cinquième République – adoptées par le peuple français, par nos parents et ascendants, à l’appel du général de Gaulle – ne vous protègent pas. Au contraire, elles vous poussent à l’initiative et vous en donnent les moyens. Impérativement.

Démissionnez maintenant pour anticiper l'élection présidentielle et vous y représenter.

                        Tous les partis, chacun en quête de candidat et de changement de nom – y compris le Front national et pourquoi ne pas changer celui même de notre pays, à suivre tous ces conseils ? – seront pris de court.

                       Cette décision, à vous seul, et cette campagne très brève, solitaire mais irradiante, va vous faire – devant nous tous et à lécoute de nous tous – en  toute liberté, réfléchir, hors du quotidien, et fera réfléchir le pays à qui lui-même et tous les partis, tous les candidats possibles et imaginables, ne proposent rien. Réfléchir au point où nous en sommes à tous points de vue et en tout. Apports, adhésions, dynamique de groupe d'ampleur nationale sans considération des étiquettes, ni des engagements et contraintes de structures et de circonstances extérieures, subies ou consenties ou détestées jusqu'à ces jours-ci dégageront la voie et la formation nécessaire pour tout commencer. Cela cristallisera autour de vous si médiocre qu’ait été l’allure de votre première moitié de mandat. Le ton et la vérité vont vous venir, de cette inspiration populaire que votre décision aura provoquée.

                      Un gouvernement de dix-douze membres, un Premier ministre d'expérience et de dévouement seront nommés avant cette anticipation, l'Assemblée nationale reste naturellement en place pour la suite de son mandat, l'actuel président du Sénat qui fera l'intérim constitutionnel, est sauf au physique transparent.

                        Pas de bla-bla, pas de porte-plume, pas d'état-major de campagne parce que pas le temps : " vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus " selon l'article 7 de la Constitution. Vous avez vu, et nous expérimentons, consternés, chaque jour, ce que produisent les conseillers, entourages et soigneurs.

                        Quand, dans notre pays depuis toujours... quand, sous la Cinquième République..., il n'y a plus de tête à la France, c'est l'hallucination collective. Nous y sommes. Pour que Michel Rocard ait que vous ne pouvez ni ne voulez vous représenter alors que la moitié du quinquennat reste à courir, qu'aucun de vos prédécesseurs ne s'est jamais ainsi auto-mutilé, pour que Manuel Valls ajoute à la collection de ses blasphèmes l'abandon du sigle socialiste parce que le qualificatif serait "passéiste", il faut bien que le Président – vous-même qui l’êtes ! – ayez  disparu. Mercredi 29 Mai 1968...

                         Démissionner, vous représenter, réfléchir, puis dire à l'unisson du pays - éberlué puis forcément ressaisi par la puissance de l'inattendu : la révélation d'un caractère, d'une lucidité, le sens du risque, la perception du drame - tout ce que nous allons faire pour être à nouveau... il n'y a plus que cela. Chacun doit avouer et avouera sa dimension, puisque plus personne ne sait et ne veut celle - vraiment - de la France. Vous allez être forcé, hors passé, hors erreurs, hors toutes ambitions puériles à tout prendre, Iznogoud et le khalife, pompier ou amiral, vêtements brillants pour les enfants, de vous trouver du fond. Je ne vous écrirais pas si je ne le savais en vous. Mais tellement bridé par une époque, dont je comprends seulement maintenant qu’elle est née … de mon temps. L’argent, l’ambition, la gloriole… les caïds de cour de récréation, dont la mixité aurait raison si dans les médias et un peu dans les gouvernements on n’avait pousé les femmes à avoir des outils masculins et à jouer de la séduction tous azimuts, malgré l’air docte et professionnelle. Vous pouvez montrer une personnalité que les circonstances vous donneront si votre rapport à vous-même – j’ai lu et j’approuve le livre de Valérie Treirweiler – n’a pas tout éteint. Président, cette initiative vous donnera une telle personnalité. Personne d’autre, puisque vous êtes seul de la fonction, n’en a les moyens.
 

Toute la suite sera mécanique. Le salut public automatique. Fin du défilé des cannes blanches. L'Etat, le sens du bien commun, le service public, 1917, 1944, maintenant. Un programme, non le vôtre, mais l’actualisation de tous les précédents français, et l’impératif d’une Europe répondant à l’ambition des fondateurs et aux évidences de maintenant autant qu'à l’intuition de chacun des partenaires de notre Vieux Monde craignant et souhaitant ce que nous, Européens signifiés par la France, devons être pour l’ensemble des peuples et nations ces temps-ci.

lundi 27 octobre 2014

courriel à l'Elysée - la "réforme" territoriale



-------- Message original --------
Sujet:
le refus de faire décider les Français par eux-mêmes
Date :
Mon, 27 Oct 2014 10:42:34 +0100
De :
Bertrand Fessard de Foucault
Pour :
"Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Elysée"



Permettez-moi de vous dire mon enragement que le pouvoir s'acharne à détruire ce qui va, à imposer sans aucune légitimité et aux députés et aux Français une réforme territoriale qui ne présente aucun caractère d'urgence au regard de notre délabrement économique et social, qui ne rapportera quelques fifrelins dans longtemps, alors que la démocratie la plus proche des citoyens n'a pas de prix.

Cher ami, Monsieur le Secrétaire général, peut-être parcourir ces lignes de mon journal vous distraira-t-il d'un ambiance qui du dehors me semble si enfermante...  Et comment arrivez-vous ? et peut-être aussi le Président à vivre, travailler, penser dans des ambiances de contraintes et de calcul si loin du coeur et des suggestions des Français ?
Rien que votre malaise et son mal-être seraient salubres : percevoir qu'il faut absolument changer, et vite. Il est fou de faire de son impopularité l'armure du rien à perdre.

Pensées cependant chaleureuses et voeux.


Les Dernières nouvelles d’Alsace (Strasbourg, Colmar, Mulhouse, ma belle-famille, mon stage au Crédit industriel d’Alsace et de Lorraine en 1968 avec un amour entre Cologne et Bonn, ma copie de bac notée à 19/20 : Strasbourg… 1960) titrent : « les députés décideront ». Les présidents de la région Alsace et des conseils généraux de Bas-Rhin et de Haut-Rhin viennent chez Valls : unité et spécificité de l’Alsace, évidence. Réponse : le Parlement, donc aucune consultation populaire et le mépris de l’Histoire, idem pour la Bretagne des quatre départements. Du monopoly mais pas la vie, du meccano mais pas de dessin ni de plan. Ces assemblages et jeux déjà pour notre industrie dans les années 1980, ce qui la mit à mort lente… La réforme que je souhaite et que les Français souhaitent j’en suis sûr, tout en considérant – exactement comme à propos du « mariage pour tous » au début de ce quinquennat (qui devient de malheur national) – que ce n’est vraiment pas une urgence : le souhaitable et le possible, c’est la consultation sur les délimitations des régions et leurs composantes, et sur les compétences additionnelles, en sus d’un tronc commun par délégation de l’Etat, la consultation des édiles puis des habitants. Surtout pas ou plus de modèle uniforme : une région basque peut-être minuscule, les Normandie, Bretagne et Alsace historiques, et ainsi de suite. Peut-être des agglomérations très grandes avec des compétences nouvelles. Mais certainement pas la motivation d’économies à la marge pour satisfaire qui ? ou à quoi ? certainement pas non plus des régions de taille internationale ? Hambourg, Brême : des villes hanséatiques, la Bavière historique qui peut à elle seule être un Etat indépendant, à l’échelle des Pays-Bas, de la Belgique et des pays scandinaves. Cette persévérance à n’imaginer que la contrainte et à ne jamais penser autrement qu’en rapports de force. Tout cela va p… dans l’immédiat, Marine Le Pen gagne des voix dans l’intimité de chacun : comment casser ceux qui nous détruisent… et nous méprisent…


Inquiétude & Certitudes - lundi 27 octobre 2014


Lundi 27 Octobre  2014 

Prier, la gerbe de ce que j’ai vécu hier, de ce qui m’entoure et m’habite, que je reçois machinalement, ce matin : le dégueulis de la radio dont je n’entends que la rumeur continue, mon beau-frère cependant incapable de me dire les « nouvelles » à quelque heure que ce soit de la journée, fatalisme, tous pourris, gauche-caviar, des aperçus souvent passionnants que seul l’autodidacte sait régurgiter péremptoirement… la bataille pour un mot de passe que livrent hier ma chère femme et notre fille afin de récupérer skype, addiction à laquelle échappent le même et moi qui me limite au traitement de texte et à la correspondance… deux messes et deux homélies sur le plus grand commandement, le premier prêcheur, quoique jeune, tente sans l’avoir peut-être lu le drame de l’athéisme contemporain, ou titre approchant du Père de LUBAC et n’accroche pas… à la cathédrale au contraire, c’est la contagion d’une foi de communauté, de communion et de conversion, les Thessaloniciens, que commente l’ancien recteur : j’applaudis quand il quitte l’ambon, Marguerite m’imite, deux applaudissements s’entendent plus qu’un houvari. Point commun : le peuple, les assistances, les regards sont le plus souvent bleus, pour des fronts d’hommes vraiment pensants et pieux, l’offrande d’une présence humaine. Le matin, j’étais rentré à pied par les rues Saint-Fiacre et François Ryff de Saint-Louis de la Robertsau, le diacre avait accroché dans sa lecture de l’évangile : tu aimeras le Seigneur … de tout ton esprit, il avait dit, sans lire, pris : en tout esprit, et venant s’en excuser auprès de moi, s’expliquer, réminiscence d’un aparte précédent à la suite d’une messe du soir. Il évoque maintenant sa vocation, la place Saint-Pierre, la béatification de mon éponyme et donc sa prière. Les ruelles, les jardinets, les maisons individuelles, personne mais la vie, touffeur de l’histoire autant que d’un urbanisme étonnamment privatif et pourtant fruit d’une communauté, une sorte de minorité entre France et Allemagne, qui m’a toujours fait réfléchir par sa qualité mentale, sa culture, sa civilisation, une sérénité à proportion de bouleversements fréquents. Si en Europe, il y a quelque part le ferment cordial et spirituel, presque léger à force d’authenticité et de probation, de cette Europe latente et vraie, que nous ne faisons toujours pas venir à la vie politique, économique, c’est bien l’Alsace. De la cathédrale, le soir, le rose et le cuivre sur fond de nuit noire. Et à mes pieds, interrogative et bloquée, tandis que je faisais du courrier internet, avant notre coucher, Marguerite ne sachant décider entre trois coiffes de sorcière, laquelle elle se mettrait sur la tête vendredi prochain (halloween). Une perplexité douloureuse, pourquoi ai-je une telle vie ? pourquoi cela m’arrive ? ma vie est nulle… elle s’est assoupie sur le divan derrière moi, au point que ma chère femme a dû la changer elle-même et la porter endormie sur notre grand lit. – Et deux beaux événements pour l’évolution à venir de notre partie du monde entre chrétiens, musulmans et juifs : la diffusion de cette lettre ouverte au monde musulman d’Abdennnour BIDAR (l’ai fait suivre à FH, sans illusion et à quelques-uns de nos évêques, mais sait-on jamais, Dieu maître de notre fécondité… sur l’oreiller, Marguerite m’interroge, réveillée un instant tandis qu’elle est déposée entre nous sur le lit immense de mes beaux-parents : c’est quoi la stérilité… explications, mais surtout conclusion : la fécondité, nous dormions presque à la dernière assertion), le discours du nouveau président de l’Etat d’Israël adressé aux Palestiniens en reconnaissance et en demande de pardon d’exactions (pour le moment, celles les plus anciennes) commises par l’armée issaëlienne…
Il peut toujours se passer quelque chose dans notre univers… parce que c’est un univers créé, voulu par autre que nous… et dont le ressort n’est donc pas nos enfermements ou notre péché. Autre et si intime, nous ayant voulus et nous appelant à Sa ressemblance [1]. Femme, te voilà délivrée de ton infirmité. Ouis il lui imposa les mains ; à l’instant même, elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu. Chacun des miracles opérés par le Christ a une histoire propre. Je predrai – avec Sa grâce – le temps d’approfondir deux choses dans Ses évangiles… Ses colères, dans cette synagogue où il était en train d’enseigner, le jour du sabbat ou au Temple à chasser les marchands, et Ses miracles. Deux sortes d’événements, mais qui tous bouleversent. Il est le dérangeur : le chef de la synagogue fut indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat. Mais cet autre est intimidé, il a perdu sa clientèle, il tente un rattrapage et fuit le face-à-face, le dialogue avec le Christ. Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. Exercice illégal de la médecine, numerus clausus de nos recrutements, importations de praticiens du Proche-Orient et du Maghreb à prix cassés. La miraculée : infirme depuis dix-huit ans, elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser, donne le sens : elle se trouva toute droite, pas de transition, pas d’échange non plus avec le Seigneur, et sa propre réponse : elle rendait gloire à Dieu. Elle, elle sait ce qu’il s’est produit et connaît surnaturellement Celui qui l’a guérie. Jésus, Son regard simplement, presque par hasard : Jésus la vit, et une sorte d’automatisme, un constat, une anticipation : Il l’interpella : « Femme, te voilà délivrée de ton infirmité ».
Le monde, la vie ne sont pas nos conséquences. C’est nous, c’est le monde, c’est la vie qui sont conséquences : conséquences de la nature divine, conséquences de Dieu, de Son amour, de la rédemption, de la croix, de la résurrection. Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière. Et chacun de nous, alors, comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps et jamais son feuillage ne meurt, tout ce qu’il entreprend réussira. Amen.

matin

Les Dernières nouvelles d’Alsace (Strasbourg, Colmar, Mulhouse, ma belle-famille, mon stage au Crédit industriel d’Alsace et de Lorraine en 1968 avec un amour entre Cologne et Bonn, ma copie de bac notée à 19/20 : Strasbourg… 1960) titrent : « les députés décideront ». Les présidents de la région Alsace et des conseils généraux de Bas-Rhin et de Haut-Rhin viennent chez Valls : unité et spécificité de l’Alsace, évidence. Réponse : le Parlement, donc aucune consultation populaire et le mépris de l’Histoire, idem pour la Bretagne des quatre départements. Du monopoly mais pas la vie, du meccano mais pas de dessin ni de plan. Ces assemblages et jeux déjà pour notre industrie dans les années 1980, ce qui la mit à mort lente… La réforme que je souhaite et que les Français souhaitent j’en suis sûr, tout en considérant – exactement comme à propos du « mariage pour tous » au début de ce quinquennat (qui devient de malheur national) – que ce n’est vraiment pas une urgence : le souhaitable et le possible, c’est la consultation sur les délimitations des régions et leurs composantes, et sur les compétences additionnelles, en sus d’un tronc commun par délégation de l’Etat, la consultation des édiles puis des habitants. Surtout pas ou plus de modèle uniforme : une région basque peut-être minuscule, les Normandie, Bretagne et Alsace historiques, et ainsi de suite. Peut-être des agglomérations très grandes avec des compétences nouvelles. Mais certainement pas la motivation d’économies à la marge pour satisfaire qui ? ou à quoi ? certainement pas non plus des régions de taille internationale ? Hambourg, Brême : des villes hanséatiques, la Bavière historique qui peut à elle seule être un Etat indépendant, à l’échelle des Pays-Bas, de la Belgique et des pays scandinaves. Cette persévérance à n’imaginer que la contrainte et à ne jamais penser autrement qu’en rapports de force. Tout cela va p… dans l’immédiat, Marine Le Pen gagne des voix dans l’intimité de chacun : comment casser ceux qui nous détruisent… et nous méprisent…


soir

L’affaire de ce barrage dans le Tarn tourne mal. Comme Notre Dame des Landes en fixation d’une population très motivée. Mais pis encore par mort d’un jeune garçon de vingt-et-un ans, dans des conditions pas encore établies en fin d’après-midi. Casseurs et violences au centre-ville d’Albi. Rapport de je ne sais quelle autorité évaluant assez négativement le projet, en utilité réelle, et en financement.

L’affaire du contrôle budgétaire par Bruxelles tourne au pinaillage à cinq cent millions près compte-tenu de plus-values fiscales, du rendement de la chasse à l’évasion et d’une moindre contribution de notre part au budget commun… Hollande est cité dans ses démonstration de vendredi en marge du « sommet » européen, censé discuter surtout d’engagements climatiques. Cameron refuse de payer ce pour quoi il a été augmenté de deux milliards d’euros (en livres ?) – Commentaires : et maintenant que tout va bien aller avec Bruxelles ! la relance. A La Châtre, trois cent emplois détruits, pour Caddie repris par son directeur général, les deux tiers des emplois sucrés.

Les obsèques de Christophe de Margerie : Total ne payant pas l’impôt sur les sociétés en France. Une obligation comme pour le dîner du Crif : y être vu... Tout le Gotha politique y est, François Hollande souriant et en « petites blagues ». Saint-Sulpice…

Un nouveau plan autoroutier alors que la nationalisation a été refusée, les changements de fiscalité aussi, l’éco taxe aussi… des cabines et accessoires en gares de péage toutes neuves sur le réseau SANEF (Alain Minc ?). La réforme territoriale en débat demain à l’Assemblée nationale.

Tinisie : la coalition qui devance les islamistes est si hétéroclite qu’elle ne durera pas, alors que les islamistes sont compacts et unis. Palestine : cinquième jour de très grave tension à Jérusalem, dont il sera plus difficile de faire le siège qu’à Gaza, puisque tout s’y imbrique.



[1] - Paul aux Ephésiens IV 32 à V 8 ; psaume I ; évangile selon saint Luc XIII 10 à 17