samedi 29 décembre 2012
vendredi 28 décembre 2012
jeudi 27 décembre 2012
Algérie - après le voyage de François Hollande - la mémoire de Maurice Audin - 1
----- Original Message -----
From:
To: <b.fdef@wanadoo.fr>
Sent: Friday, December 28, 2012 5:50 AM
Subject: Association Maurice Audin
H. m'a transmis votre adresse et je voudrais tout d'abord vous remercier de votre intervention auprès de Monsieur le Président de la République. Je ne sais pas si vos propositions ont été prises en compte mais elles ne semblent pas figurer clairement dans son discours devant le parlement algérien, ni dans son hommage silencieux place Maurice Audin à Alger. les réactions de Josette Audin reflètent bien notre déception nous qui avons auprès d'elle mené un combat dans le comité Audin de 1957 à 1963 et dans l'association Maurice Audin depuis 2003. Nous avons régulièrement demandé des comptes aux différents Présidents de la République, nous reconnaissons volontiers les efforts de François Hollande, mais ils sont insuffisants et nous ne sommes pas satisfaits, ni de sont communiqué à l'occasion du 17 octobre, ni de ses prises de position en demi-teinte en Algérie. Il avait l'occasion de condamner la torture, il l'a simplement évoquée au détour d'une phrase alambiquée, il aurait pu le faire en une phrase Place Maurice Audin, il s'est prudemment tu. Ses interventions peu claires n'ont pas empêché les vociférations des nostalgiques de l'Algérie française qui continent à qualifier Maurice Audin de traître. Si vous pouvez nous aider à faire en sorte que quelque part Monsieur François Hollande dise ou écrive: "Maurice Audin ne s'est pas évadé, il est mort sous les tortures que lui avaient infligées des parachutistes français sous les ordres du général Massu. François Hollande a promis à Josette Audin l'ouverture des archives sur la mort de son mari, je suis allé récemment aux archives du ministère de la défense à Vincennes je sui pessimiste, des archives répertoriées Audin commencent en 1958, un an après la mort de Audin, certaines sont dispersées dans des dossiers Massu, Bigeard , il faudrait tout consulter c'est un travail de titan et je sui malheureusement seul à affronter des difficultés et des entraves: dossiers inaccessibles, dossiers incomplets - bordereau sensé accompagner trois pièces qui ne figurent pas dans le dossier- De plus hier j'ai découvert que la plupart des archives concernant l'Algérie se trouvaient dans les archives de la France d'Outre-mer à Aix-en-Provence.
Je suis mathématicien retraité, j'ai 78 ans, j'ai parrticipé à certaines actions du comité Audin entre 1957 et 1963, j'ai créé er j'anime l'association Maurice Audin depuis 2003, J'ai écrit au Président Jacques Chirac à plusieurs reprises, je n'ai reçu qu'une seule fois 'un accusé de réception, le Président Nicolas Sarkozy m'a répondu une seule fois qu'il n'y avait rien dans les archives de la Présidence sur l'affaire Audin!!! Où sont passés les rapports des commissions envoyées en Algérie pendant la guerre à la demande du Président de la République.
Nous avons besoin de toutes les bonnes volontés de tous ceux qui sont prêts à nous aider. Nous comptons sur vous.
Puisque que c'est la saison des voeux je souhaite pour vous et pour les vôtres une bonne année 2013.
Bien cordialement.
G . . . de l'Association Maurice Audin
Inquiétude & Certitudes - jeudi 27 décembre 2012
Jeudi 27 Décembre 2012
Prier… [1] le christianisme est fondé sur un témoignage attestant des faits, il n’est ni la glose d’une promesse moins encore d’une philosophie, et il n’est révélation que selon le fait, majeur pour ceux qui le rapportent, d’une vie, d’une existence d’un homme ayant posé à ses contemporains et à ses disciples le problème de sa propre identité, problème qu’Il a Lui-même résolu, certes par son enseignement et ses miracles, mais principalement par sa mort humaine et sa résurrection divine : le matin de Pâques… l’autre disciple courit plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le lincel est resté là ; cependant, il n’entre pas. Simon-Pierre qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Le christianisme n’est pas une doctrine, encore moins une morale, il est la relation d’homme à homme avec Dieu fait homme. Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c’est le Verbe, la Parole de la vie. Jean, le mystique, le disciple que Jésus aimait, est dans la posture de Thomas, huit jours après la résurrection, la foi par les sens humains. Mais la révélation est donnée, au-delà de ces sens, les nôtres. Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons contemplée et nous portons témoignage (Jean commence sa première lettre comme il termine son évangile, le témoignage, l’attestation du plus concret, de l’ininventable) : nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. Vient alors la fondation de l’Eglise à toutes époques, toujours contemporaine : ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l’annonçons… et c’est nous qui écrivons cela (le cachet, l’authenticité, la signature que donne à la fin d’une de ses propres lettres, Paul aussi) afin que nous ayons la plénitude de la joie. … Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes… Ciel mouvant, bleu-blanc laiteux, massses nuageuses imprécises, pas épaisses, grises, squelettes des arbres morts ou en retraite hivernale. Tout dort dans la maison, sauf le feu. Une lumière est semée pour le juste, et pour le cœur simple, une joie.
Sondage VSD, France-Infos. et Le Canard d’accord pour faire de Jean-François Copé le politique le plus impopulaire. François Fillon moins endommagé que l’U.M.P. et que son adversaire dans la guerre des chefs. Jean-Marc Ayrault en baisse dans les sondages encore plus profonde et rapide que François Hollande. Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin seuls àémerger à droite mais ne sont plus candidats pour 2017. Nicolas Sarkozy avec des comptes de campagne présidentielle peut-être rejetés.
Je n’ai pas encore regardé ni les dépêches sur le voyage algérien de François Hollande ni en particulier le disocurs de Tlemcen. Mais il semble que beaucoup trop ait été en dires publics, que trop ait été prononcé en fonction de Bouteflika, peut-être candidat à un quatrième mandat et qu’au total il n’y ait eu ni engouement populaire ni avancée stratégique à propos du Mali.
Continuant d’imiter Sarkozy – ou bien la manière Sarkozy est-elle forcément la manière présidentielle après lui-même et surtout vaincu dans les urnes ? – Hollande à Rungis ce matin et pour assurer que la priorité est la lutte pour l’emploi… il y ajoute que le président de la République doit être présent trois cent soixante cinq jours sur trois cent soixante cinq jours pour que les Français se sachent dirigés. On ne peut mieux évacuer le Premoer ministre. Et c’est ensuite Fabius, en tant que ministre des Affaires Etrangères qui est éludé puisque le refus d‘intervenir en soutien de Bozizé, président cventrafricain en passe d’être renversé par une rebelle en règle qu’a remise en mouvement son propre manque de parole. Définition sidérante des missions de nos troupes en Afrique : nullement un soutien pour les régimes en place, mais la protection de nos ressortissants et la sécurité de nos intérêts, ce qui fait bien de notre présence quelque chose qui défie les souverainetés territoriales.
Montebourg conrtinue de parler nationalisations pour Florange et toutes entreprises mises en difficulté par leurs dirigeants bien plus que par la conjoncture, mais ce n’est plus que du commentaire par un ministre sans portefeuille. Acccord entre des conjoncturistes et celui qui à F.O. suit les questions d’emploi. Plus de trois millions de chômeurs, cela augmentera encore l’an prochain, sans doute effet bénéfique des contrats de génération et des emplois d’avenir – toutes ces logorrées depuis vingt ans – pour de l’allègemewnt des charges sociales à qui embauche même à titre précaire – mais comme il n’y aura pas de croissance, que cent trente mille jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, et que l’allongement de la durée de celui-ci en annuités et années d’âge augmente encore ce nombre, les choses ne peuvent que s’aggraver. La construction navale se trouve un substitut : la casse des navires au rancart. Eloquent sur les causes et suggestif pour les remèdes : ma clé 3G pour mes connexion loin de mes bases est de fabrication chinoise, mon ordinateur portable aussi, les ampoules d’électricité nouvelles normes CE aussi. Sans protectionnisme européen contre le dumping social chinois, nous sommes grugés. Dépendant militairement et stratégiquement des Etats-Unis, dépendant économiquement de la Chine , elle-même régime totalitaire insensible donc à toutes pertes démographiques et à toute opinion (l’affaire des tombes ensevelies sous les villes nouvellement construites, séries d’immolations par le feu au Tibet submergé par l’immigration venant de l’est de la Chine ), l’Europe sefait tuer et nous particulièrement, car – rien que pour Osram (les ampoules électriques – il semble bien que l’importation et la redistribution se fasse en Allemagne…une usine de fabrication d’Osram, précisément fermée en Lorraine). Tout le système travaille contre nous depuis des années.
Hollande incapable d’empêcher Tapie de s’installer en monopole de presse dans le midi provençal, niçois et marseillais. Le gangster et toute sa fortune à l’étranger. Il suffirait de mettre en cause l’arbnitrage qui l’a renfloué, pour le couler ou l’interdire de toure résidence ou activité en France.
C’est au-delà de la tristesse. Impéritie gouvernementale, cynisme de certains, mutisme populaire tandis qu’à Madrid les manifestations ne cessent pour le service public de la santé. Contre les politiques d’austérité asusi. Accord de tous les économistes pour condamner les politiques récessives de l’ensemble des Etats européens.
mercredi 26 décembre 2012
des voeux mauritaniens
Très chers,
voici la Lettre-Voeux de l'évêque de Nouakchott. Elle me dispense de récrire des mots comme "paix, joie, santé..."fort utiles au demeurant, mais surtout elle montre que pour une large part ces grands mots sont déjà réalité, qui plus est dans un contexte duquel beaucoup d'Européens, voir d'Africains, voire d'autres encore, n'attendraient pas grand'chose.
La Pièce Jointe ne veut que vous faire regarder, contempler ou davantage. C'est la vue que, loin dans le désert, Mohamed Lémine a de sa maisonnette en pierres sèches construite pour ses lointains vieux jours.Il est agent UNICEF .
( dans cette lettre, comme sur une piste de désert: quand on est fatigué on décroche.) Cordialement Paul
Luc 3, 6 (2ème dimanche de l’Avent)
Chers amis,
Il y a quelques semaines, j’étais en voiture avec Soeur Mia. J’avais à faire à
Rosso et la Soeur avait demandé de pouvoir m’accompagner. Elle était sur le
point de quitter la Mauritanie après 10 ans de présence dans le pays. Pendant
ce temps passé au Milieu des Mauritaniens, elle n’avait pas seulement appris le
Hassaniya, langue des Maures, qu’elle enseignait même, mais aussi le Wolof,
langue comprise par beaucoup de nos chrétiens africains et un peu la « lingua
franca » entre les étrangers résidants en Mauritanie. Et le Wolof, elle l’avait
justement appris en séjournant à plusieurs reprises dans une famille
mauritanienne qui habite tout près de Rosso. C’est là qu’elle voulait se rendre
pour y faire une visite d’adieu.
En cours de route, nous avons évidemment parlé des nouvelles responsabilités
qui lui ont été confiées par sa congrégation, mais aussi avons nous fait un peu
une rétrospective sur son temps passé en République Islamique de Mauritanie et
sa vie vécue au quotidien au contact des Mauritaniens qui, eux, sont tous
musulmans. Et ensemble nous avons fait le constat que nos relations avec nos
amis et voisins mauritaniens ne correspondent absolument pas à l’image des
Musulmans et de l’Islam qu’on a tendance à présenter dans la presse et à la
télévision. Pour illustrer cela, j’ai raconté deux petites anecdotes qui se sont
passées, toutes les deux, dans le hall de départ de l’aéroport de Nouakchott.
Alors, Soeur Mia m’a encouragé fortement à les partager dans ma prochaine
lettre de Noël. Les voilà :
Un soir, du temps où en France on discutait beaucoup sur une interdiction du
port, dans des écoles et autres lieux publics, de signes « ostentatoires »,
démontrant l’appartenance à une religion, je me trouvais dans le hall de départ
de l’aéroport de Nouakchott. Comme l’avion, que je devais prendre, avait du
retard, je me suis levé, un moment donné, pour me dégourdir un peu les jambes.
Ce faisant, je passe devant un Maure d’un certain âge qui porte une grande
barbe blanche. Il me fait des grands sourires, au point que je me sens interpellé
et que je m’arrête pour le saluer et pour lui demander la cause de son sourire.
Et voilà que, tout en continuant de sourire, il me dit : « Vous avez de la chance
de vous trouver en Mauritanie et pas en France avec votre croix autour du cou.
En France on vous créerait des problèmes, alors que chez nous, en République
Nouvelles Diocésaines N° 60 / Décembre 2012
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Islamique de Mauritanie, vous pouvez la porter! » En effet, je portais, comme
toujours, ma petite croix en bois, cadeau de mon prédécesseur Mgr de
Chevigny.
La deuxième rencontre, dont j’avais parlé à Soeur Mia, s’est passée au même
endroit à l’occasion d’un autre voyage. Au moment de sortir du hall pour aller à
l’avion, tout le monde doit passer devant un policier posté près de la porte.
Quand c’est mon tour de me trouver en face de lui, il prend ma petite croix entre
ses deux mains, puis se passe les mains sur la figure en signe de respect et me
dit : «Mon Père, revenez-nous vite ! »
Je m’excuse auprès de Soeur Mia, mais j’ai envie d’ajouter le récit d’une
troisième rencontre du même genre. Cette fois-ci, cela se passe à Tunis où je me
trouvais pour y participer à une réunion. Un soir, l’archevêque m’invite à aller
faire les 100 pas avec lui après un repas copieux. Nous nous promenons donc le
long de l’Avenue Bourguiba où se trouvent beaucoup de gens attablés devant les
cafés, mais aussi bon nombre de flâneurs, comme nous. L’archevêque était en
clergyman; moi, qui étais en civil, je portais ma petite croix en bois. Pendant
que nous causions, voilà un monsieur d’une quarantaine d’années qui s’arrête,
nous salue et me demande, s’il peut embrasser ma croix. Et avant que j’aie eu le
temps d’y réfléchir, il le fait, puis continue son chemin.
Certes, pendant les 17 années passées en Mauritanie, j’ai eu aussi des
rencontres moins agréables où des gens ont fait montre de mépris envers le
chrétien que je suis. Mais je dois dire qu’il s’agit là d’exceptions à la règle !
Venez voyager avec moi dans ma voiture et vous pourrez le constater par vousmêmes
! Depuis le kidnapping de quelques Européens dans le pays, les autorités
ont multiplié les postes de contrôle où il faut s’arrêter et montrer patte blanche.
J’ai l’habitude, alors, d’ouvrir la vitre et de dire tout de go: « C’est l’Eglise de
Nouakchott qui vous salue ! », déclaration qui, de manière générale suffit
comme « pièce d’identité » et ouvre toutes les barrières.
Je dois avouer, que ce comportement de gentillesse et d’ouverture de beaucoup
de Mauritaniens envers des gens qui viennent d’une autre culture, d’une autre
religion et qui parlent une langue étrangère, continue de m’interpeller, même
après tout ce temps passé ici. Il y a quelques jours, je recevais une délégation du
Secours Catholique de Bretagne qui venait de passer quelques jours seulement à
l’intérieur du pays. Eux-aussi marquaient leur étonnement devant la gentillesse
et la joie de vivre des gens rencontrés. Ils faisaient surtout le constat que ces
mêmes Mauritaniens, s’ils arrivaient en Bretagne, ne recevraient
vraisemblablement pas le même accueil.
Nouvelles Diocésaines N° 60 / Décembre 2012
4
D’ici quelques jours, nous fêterons Noël. Pour nous chrétiens la fête de
l’Incarnation du Verbe : Dieu s’est fait homme, est devenu Juif et a souffert avec
les compatriotes de son temps de l’occupation de son pays par une puissance
étrangère. Mais à la différence de beaucoup de ses compatriotes qui n’avaient
que du mépris pour les Romains païens, Lui s’est montré ouvert et accueillant à
la demande du centurion romain qui demandait la guérison de son esclave. Il a
même fait l’éloge de la foi de ce païen ! – Un autre jour, il est allé encore plus
loin en demandant à boire à une femme Samaritaine, alors que l’usage voulait
qu’on n’ait pas de commerce avec les Samaritains « hérétiques » et surtout pas
avec leurs femmes. Pas étonnant que cette rencontre inattendue et inouïe ait
complètement bouleversé la vie de cette femme. Et que dire du « collaborateur »
des Romains, le douanier Zachée, qu’il a fait descendre de son arbre pour
passer la journée chez lui. Là aussi, la rencontre fut un bouleversement complet
d’une vie et un bouleversement vécu dans la joie !
A travers ces rencontres (et d’autres dont nous parlent les évangiles) Jésus, qui
dit de lui-même « qui me voit, voit le Père » rend visible cette volonté de salut de
la part de Dieu pour « toute chair », sans exclusive ! Il n’y a pas, dans ce plan
de salut, de place privilégiée ni pour les Juifs ni pour les Chrétiens. Simplement
pour nous et pour tous ceux qui on vu, qui ont eu la grâce d’une rencontre avec
ce Jésus, il s’agit là d’une invitation à faire comme Lui : rendre visible, concrète
la bonté de Dieu pour tous ! Etre acteurs dans ce plan de salut universel !
Osons prendre ce risque ! Je suis sûr que cela nous libérera et nous remplira de
joie et de bonheur à l’instar de la Samaritaine ou de Zachée ou de Bartimé,
l’aveugle au bord du chemin à Jéricho (qui, d’aveugle assis, devient un homme
debout à la suite de Jésus)! Si nous sommes nombreux à oser voir le monde et
nos contemporains à la manière de Jésus, le visage de notre monde changera et
il deviendra plus habitable, j’en suis sûr !
Joyeux Noël et une Bonne Année pleine de rencontres enrichissantes !
Père Martin Happe
Evêque de Nouakchott
----- Original Message -----
To:
Sent: Monday, December 24, 2012 10:54 PM
Subject: - JOYEUX NOEL
Une pensée pour les amis (e) de culture chrétienne qui célèbrent Noel , à travers le monde…Contrairement à une idée bien répandue , ma religion n’interdit , nullement, l’échange des meilleurs vœux . Bien plus,... l’islam recommande la fidélité , la convivialité et, par-dessus tout , le sens de l’amitié.. C’est , en vertu d’une amitié dictée par le cœur lequel a , toujours , des raisons que la raison ignore .. que je m’adresse à ces nombreux amis ( e) à ces familles , à ces groupes d’individus , à ces collègues, à ces confrères , à ces camardes , à ces compagnons qui ont eu à partager avec moi des moments de joie et de tristesse , d’enthousiasme et d’amertume , de fêtes et des deuils …. A toutes et à tous ceux qui ont partagé , avec moi , des connaissances et des réflexions.. A ces foyers de tradition chrétienne qui m’ont , offert , l’hospitalité , qui m’ont honoré par leur générosité , qui m’ont , malgré ma différence ou à cause d’elle, accueilli par la chaleur de leur intimité.
A toutes, à tous… Je souhaite un joyeux noël avec cet arbre des vœux exprimés jusqu’à l’infini.
A toutes, à tous… Je souhaite un joyeux noël avec cet arbre des vœux exprimés jusqu’à l’infini.
Abdel Kader ould Mohamed
Français d'adoption et croyant, musulman et Africain il observe notre visible
I
Les conventions m'ont longtemps plus pesées qu'autre chose. J'ai fini par me réconcilier à chaque fois que j'en retrouve le sens ou y trouve un sens. Les voeux sont de ceux là. Recevez, avec toute votre famille, mes meilleurs voeux pour ces fêtes de fin d'année. Une pensée a votre fille en particulier, déjà sans doute, "trop vielle", pour croire au miracle père Noel, mais encore assez jeune, pour être encore dans la totale magie de Noel.
A Notre Dame, tout à l'heure, ils n'ont pas fait simple : La crêche est "perdue" dans la reconstitution de tout Béthléem. J'irai voir tout à l'heure ce qu'ils en on fait à Saint Nicolas du chardonnet.
24 Décembre 2012
II
Malaise des banlieues : une équation de compréhension
Dans ce qui suit :
« Petit Français » : désigne un caucasien français de longue ou récente adoption, de situation économique et culturelle modeste.
« Mohamed » : un immigré maghrébin français ou pas, de condition économique modeste
« Jamal » : un français d’origine magrébine lointaine ou proche.
« Petit bourgeois » : propension universelle d’un individu de niveau économique et culturel modeste à se reconnaître dans les valeurs de la classe économico-culturelle située au dessus.
Trappes. La N 10 longe de petits pavillons modestes mais proprets, parfois coquets et des résidences de rénovation urbaine de bonne facture, flambant neuf.
Plus en retrait, quelques barres des années 60 plutôt bien ravalées. Cage d’escalier choisie au hasard : Rien d’avenant mais rien de sale ou vandalisé non plus.
Marché et magasins d’alimentation propres, client sereins, de tous âges, propres sur eux , d’allure normale. Mais que des visages maghrébins et quelques africains.
L’ambiance est sereine.
L’image forgée par l’actualité télévisuelle tombe en morceaux. Le lieu n’est pas riche, ni charmant mais n’a rien d’effrayant et rassure quant à l’état de ce « quartier » de France.
Dans tous les cas il y hiatus considérable entre le Trappes de mes représentations et le Trappes visité.
Souvenir : il y a quelques années une recherche d’ appartement dans une ville du Nord, et d’un conseil amical : « tu cherches un appartement, alors … en centre ville mais pas à Grande Synthe »
Neuf ans plus tard, cette banlieue est toujours une ville populaire proprette, sans clientèle particulièrement difficile, notamment lors de la venue aux urgences des hôpitaux. Toujours peuplée de 40% de population maghrébine.
Commentaires sur les villes des environs : sur Gravelines :« c’est une ville coquette » ( mais où 60 % des foyers exploitent de façon éhonté les dispositifs d’aides sociales sans aucun frein , puisque que indigènes) ; de Fort Mardick « dommage qu’il y la pollution sinon ce serait bien »…
Par contre au niveau de la clientèle qui fréquente les urgences c’est de Gravelines et fort Mardick qu’arrivent les ivrognes du samedi soir, les bagarres de sortie de boites de nuit, les malades imaginaires du jeudi après-midi, veille de week-end prolongés, avec demandes de certificat médical, pour faire valoir en droit ce qui n’est pas de droit. Et que le petit doigt écrasé par une porte, arrive avec une ambulance de pompier entouré de 4 sapeurs subventionnés.
Banlieue du Nord depuis 9 ans, Trappes aujourd’hui : les mêmes pavillons coquets, les mêmes barres pas si effrayantes que cela, et tout à coup une compréhension du fossé entre une réalité et un phantasme.
Des pavillons où de «petits Français » – n’ayant pu ou su prendre les ascenseurs sociaux de leur génération – ,ont achetés ici, lorsqu’ils avaient 30 ans, dans les années 80 ou 90. Comme "toutes les petites gens » de tous les pays du monde, ils ont le mythe « petit bourgeois » dans la tête et sont les « conservateurs atones » des références bourgeoises.
Ils ont acheté leur maisonnette et lui veulent toutes les caractéristiques de LA maison bourgeoise. Son côté retiré, calme, en ambiance verdoyante. Eux qui sont ouvriers et petits employés au verbe haut et l’alcool bavard, travaillant en ambiance peu agréable, parfois sale et bruyante, aspirent davantage à l’absence de bruit, à la civilité, et aux valeurs bourgeoises d’identification, dont ils connaissent les principes sans en avoir le mode d’emploi élastique.
Face aux pavillons, des barres, que les « petits français » on pu d’ailleurs occuper avant de « s’embourgeoiser ». Désormais des « Mohamed », arrivés dans les années 80, y sont logés.
« Mohamed » est hors classe sociale en France, mais de là où il vient, il est rarement ni le plus paresseux, ni le plus maladif, ni le moins éduqué. Le migrant est souvent un téméraire, jamais parmi les plus malheureux chez lui, osant tout quitter, parce que précisément il veut gagner ce que sa nature lui dit qu’il peut mériter, mais que son environnement ne peut lui fournir.
« Le Mohamed » des années 80 voyait bien dans le regard et la posture du « petit français » ; qu’il était le mal venu car il lui rappelle que, bien qu’il se fait appeler « technicien en ceci », « chargé de cela » voire « responsable de ceci ou cela », il demeure un ouvrier, un employé, une femme de ménage.
Mais Mohamed est un migrant ; dans sa tête, il n’est pas chez lui. Il sait que chez lui il ne reçoit pas mieux les « Mamadou Coulibaly ». Alors il esquive l’impolitesse, est sourd à l’insulte et aveugle au mépris.
Mohamed a un fils, « Jamal ». Petit enfant, surpris et pris au dépourvu, il a serré les dents. Il a entendu à l’école une petite tête blonde lui répéter, sans méchanceté, ce qu’elle entend à la maison : « il y a trop de bougnouls en France », au collège ;qu’il serait « si bien d’aller en apprentissage » et croisant « le petit français », il réalise l’impossibilité de rencontrer son regard, quand il ne faisait pas une bêtise de gamin dans la rue.
Jamal a 20 ans à présent, il est grand, fort et se sent chez lui. Il croise le petit français devenu grisonnant, il n’en rate pas une : Par son habillement, sa façon d’occuper le trottoir , de répondre avec désinvolture à une remarque justifiée ; bref il n’en rate pas une pour dire au petit français: j’ai « survécu » , « je suis là », « j’existe » et « je t’emmerde ».
Le petit Français n’en peut plus. Non seulement son rêve de bourgeois n’existe pas, mais Jamal sait lui répondre et l’attaquer. Il ne peut plus faire "les bonnes blagues d’arabe pour rire", que Mohamed prenait avec un sourire contraint.
Il y a même des Jamal qui ont réussi comme ses enfants : ils sont kiné, employés du tertiaires, on dit même que le Jamal du Mohamed de la barre 5 est en école d’ingénieur….
Le problème n’est plus qu’il y a trop d’immigrés qui prennent possession de l’espace, mais bien qu’ils s’approprient le pays mentalement, se sentent chez eux et ajoutent une culture française empreinte de Maghreb à celles aux couleurs européennes précédentes.
Le petit Français n’est pas raciste, il est le perdant de l’ordre social établi et sait ne pouvoir faire mieux dans l’ordre social à venir.
Le Français raciste, n’habite pas là, il a bénéficié d’une meilleur éducation et est pourvu d’une intelligence et d’un caractère plus affirmé. Il est médecin, magistrat, journaliste, élu, prêtre ou enseignant. Il pense le racisme en termes rationnels et le justifie par le mal être « du petit français ». Alibi de ses débats et bras armée de ses futurs progroms rêvés.
Une équation de compréhension du malaise des banlieues est bien :
(petit français + immigrés) X (illusion de bourgeoisie+dynamique d’appropriation) = malaise social surinvesti
Amitiés
26 Décembre 2012
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