mardi 11 octobre 2011

Inquiétude & Certitudes - mardi 11 octobre 2011

Mardi 11 Octobre 2011

Prier…[1] la relation de Jésus avec les autres, ses contemporains… les disciples, les inconnus, les autorités, les pharisiens, les publicains. Il est souvent invité par ces deux dernières catégories. Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas d’abord fait son ablution avant le repas. Cette distance du Christ par rapport aux usages, curieusement, n’est pas invoquée par les Apôtres, à propos de la circoncision et autres rites juifs, quand se poseront les questions de discipline. Jésus tient à l’authenticité, la sincérité, le cœur oùse forme les pensées, l’impureté qui vient de l’intérieur… vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté… L’hôte est servi ! Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. Redondance de Paul, très ajustée sur le plan intellectuel. Ils se sont laissés aller à des raisonnements qui ne mènent à rien, et les ténèbres ont rempli leurs cœurs sans intelligence. Ces soi-disant sages sont devenus fous ; ils ont échangé la gloire du Dieu immortel contre des idoles … voilà pourquoi, à cause des désirs de leur cœur, Dieu les a livrés à l’impureté de sorte qu’ils dséhonorent eux-mêmes leur corps. Pédagogie et dialectique du comportement le plus pratique, le plus précis. Théologie de la pureté. Immensité des développements et leçons possibles. Dans la prière et la tranquille réflexion.

Montebourg et ses flottements, les réactions des deux intimés, physique et voix de Hollande rédhibitoires. Le « troisième homme » publie une lettre avec quatre points résumant ce qui l’a porté à 17% des suffrages de gauche et à être voté par 365.000 personnes : étatisation des banques, protectionnisme, etc… Les deux gagnants du premier tour rivalisent de posture présidentielle : ne céder à personne, même quand on est d’accord. Avantage de cette thématique, la droite s’oppose évidemment aux propositions Montebourg ce qui la met en porte-à-faux et la somme de défendre la mondialisation, les banques…. – Le trompe-l’œil et les strabismes de l’UMP : un courant humaniste – Nicolas Sarkozy en campagne depuis son élection en Mai 2007 tansdis que son entouraage fait savoir qu’il lui conseille de ne se déclarer que le plus tard possible, la Creuse et les services publics en milieu rural. – Manif. contre l’austérité et la ponction des mutuelles : pas beaucoup de retape préalable, mais ce n’est pas un insuccès. A froid, et pour des motifs divers : près de 300.000 manifestants semble-t-il. Pour la masse, évidemment, ce qui va tout dénouer c’est l’électdion présidentielle, pas les manifestations qui n’ont pas fait reculer le pouvoir en place pour les retraites.

Dans la Creuse, Sarkozy fustige les primaires socialistes – seul dans sa majorité et contredit par anticipation par François Fillon et Bernard Accoyer : ce n’est pas ce que voulait de Gaulle. Je réplique, par la seule voie qui m’est ouverte : le courriel et sa diffusion.


----- Original Message -----
From:
Bertrand Fessard de Foucault
To:
Christian Frémont, directeur du cabinet du président de la République
Cc:
Franck Robine - Matignon
Sent: Tuesday, October 11, 2011 10:57 PM
Subject:
l'esprit de la Cinquième République

Monsieur le Préfet, cher ami,

je suppose que ma lettre vous est bien parvenue par la poste.

Je n'ai pas compris l'argument du Président contre les "primaires socialistes". Elles n'enferment pas du tout dans son parti le candidat qui sera investi après ces deux tours, puisqu'au contraire le scrutin étant ouvert à tous les électeurs, elles l'en émancipent, tout en respectant la lettre de la Constitution stipulant que les partis concourent à l'expression du suffrage. Tout le monde, même dans la majorité parlementaire et présidentielle l'a bien compris, et si le Premier ministre ainsi que le président de l'Assemblée nationale jugent qu'elle sera évidente et générale dans notre vie politique nationale, ils se gardent d'en suggérer l'application pour 2012, seulement pour ne pas paraître impertinents.

Vous invoquez l'esprit de la Cinquième République, comme vous appeliez à témoin le général de Gaulle contre les primaires socialistes... mais cet esprit, c'est la pratique du Général précisément. C'est en tournant le dos à cette pratique que nous sommes de fait dans une République différente - la sixième sans que cela soit revendiqué - depuis qu'en 1997, le président Chirac s'est maintenu dans ses fonctions alors qu'il avait été désavoué à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale, et à plus forte raison quand il n'a pas démissionné après le referendum de 2005. Sixième République avec le quinquennat adopté par seulement 20% des électeurs inscrits et un mandat de l'Assemblée nationale calé sur le mandat présidentiel, sauf décès ou démission du Président, ou contradiction du peuple français dans les quelques semaines séparant l'élection législative de l'élection présidentielle. La Cinquième République, c'est le respect des compétences de chacun à commencer par celle du peuple souverain pour trancher sur l'essentiel.

Démocratie et règlement de la dette. Tout simplement, cesser le huis clos entre gouvernements et banques, et par referendum européen (même question dans chaque Etat-membre le même jour, sans forcément une référence au traité de Lisbonne et selon les procèdes internes) organiser l'emprunt direct auprès des citoyens, contributeurs volontaires récompensés à terme, au lieu d'être contribuables par contrainte. A partir de cette réussite - probablement massive - introduire cette procédure dans les institutions européennes.

Jusqu'à la dernière minute ou presque le Président peut proposer avec netteté la voie du bien commun.

Nicolas Dupont-Aignan a crevé l'écran samedi soir par l'évidence de sa liberté personnelle et par une dialectique montrant que les Français sont conviés à se libérer eux-mêmes des carcans et des dogmes, pour libérer leurs futurs gouvernants. Cette sensation de fraicheur et de pureté - soutenue cependant par de la répartie et une bonne connaissance des "dossiers" - qui la produit actuellement ? et quel bénéfice aurait pu en tirer le part présidentiel et son gouvernement ! Avec discrétion mais netteté il a d'ailleurs rapporté sa conversation avec M. Nicolas Sarkozy, avant l'élection de 2007. Beaucoup autour de moi - non sollicités et pas vraiment intéressés par la politique - m'ont spontanément dit que pour la première fois ils s'étaient sentis d'accord en presque tout avec ses réponses et répliques. Sincérité chez Rama Yade : il est bien tard pour susciter un courant "humaniste" à l'U.M.P., alors qu'il y en a certainement autant qu'ailleurs mais ils n'ont pas protesté l'été de 2010 ni lors des exercices proposés ensuite par le secrétaire général de l'U.M.P.

Pensées déférentes.

soir


à développer



La Syrie

Avant-hier, parallèle strict comme en Février dernier, la Tunisie, l’Egypte, les « printemps arabes » ne sont pas pluriels dans les impasses et les persistances de l’ancien pouvoir.

Le vote slovaque, les 22 voix du plus petit des partis de la coalition de droite à Bratislava.


La Belgique, enfin… et semble-t-il sans vainqueur ni vaincu.

nuit

Admirables morceaux choisis parlementaires de Jack Ralite, qu’il est appelé – sur la chaîne Sénat – à commenter. Le respect ou l’injure. Le peuple, le gouvernement de l’argent, l’émotion en conseil des ministres et au banc du gouvernement quand l’âge légal de la retraite est abaissé à 60 ans, le mutisme de l’opposition de droite ne pouvant aller contre une aspiration à la vie, la sécurité sociale mise en place et financée à la Libération alors que la France est à demi-détruite. – François Fillon vazouillant lamentablement en questions orales avec débat sur Dexia.


nuit

Admirables morceaux choisis parlementaires de Jack Ralite, qu’il est appelé – sur la chaîne Sénat – à commenter. Le respect ou l’injure. Le peuple, le gouvernement de l’argent, l’émotion en conseil des ministres et au banc du gouvernement quand l’âge légal de la retraite est abaissé à 60 ans, le mutisme de l’opposition de droite ne pouvant aller contre une aspiration à la vie, la sécurité sociale mise en place et financée à la Libération alors que la France est à demi-détruite. – François Fillon vasouillant lamentablement en questions orales avec débat sur Dexia. Interrogé sur la rencontre Merkel-Sarkozy, Alain Juppé, les mains et le front d’un vieillard, le haut du crâne plus lisse et jaune qu’une coque d’œuf reprend les « éléments de langage » pour au besoin être le candidat de l’UMP la veille pour le lendemain… la démondialisation n’a été inventée qu’en France, le protectionnisme est impossible, l’euro. et l’Union européenne sont la seule protection des Français, il conclut sur le ton qu’il avait, faisant claquer son dossier, quand il exposait ses projets en Novembre 1995… ce rappel saisissant de sa manière de parler il y a seize ans… s’il était resté à Bordeaux, il pouvait être, en dosant ses silences et ses communiqués, un début d’autorité à droite… Xavier Bertrand et la distribution d’une part des profits : le cas qui fait rire tout aujourd’hui, Securitas donnant trois euros cinquante à chacun de ses salariés.


Equation sidérante : un Juif vaut mille Arabes !

[1] - Paul aux Romains I 16 à 25 ; psaume XIX ; évangile selon saint Luc XI 37 à 41



lundi 10 octobre 2011

Inquiétude & Certitudes - lundi 10 octobre 2011

Lundi 10 Octobre 2011

Après les urgences et peu de sommeil depuis deux nuits... prier…
[1] Textes du jour aride, les salutations de début d’une lettre apostolique et la glose du Christ sur le signe qui lui est demandé. Jésus se propose en énigme : il y a ici bien plus que Salomon… et il y a ici bien plus que Jonas… pourtant deux personnages de considérable rayonnement : la reine de Saba… venue de l’extrêmité du monde pour écouter la sagesse de Salomon… les habitants de Ninive… se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas… Solution qu’apporte Paul : je m’adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome. Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David ; selon l’Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui Jésus Christ, notre Seigneur. Sans doute Jean et le Credo sont-ils plus « achevés » : le Verbe… le Fils en tout égal au Père… et non en devenir ou en aboutissement par son obéissance, sa mort et une résurrection devant tout à l’amour du Père, ce qui n’est déjà pas mal… que Dieu me pardonne mes familiarités d’une prière demandant dans l’instant davantage d’intelligence… mais pas en raison de la nature divine du Christ-même. Ces trois générations de la Révélation : prophètes, apôtres et Jésus… je suis convaincu que nous sommes la quatrième, tous ensemble et chacun par la prière, l’abandon dans la foi et l’espérance, l’action sur nous-mêmes bien plus que sur les autres, l’action de prier, d’aimer, de chercher : cette génération est une génération mauvaise, elle demande un signe. La nôtre aussi, surtout en période de catastrophe. Or, il y a ici bien plus. – Hier dimanche, la messe en famille. Pour son homélie sur le banquet et le vêtement de noce, notre Recteur, Michel LP ouvre une belle piste : les noces dans l’éternité, mais notre moment présent, terrestre : des fiançailles, nos fiançailles. Ayant vécu – en cette matière – ce qu’il m’a été donné de vivre et donc j’ai chaque fois tant souffert, je comprends intensément cette proposition si réaliste.

Travaillant sur ma chère Mauritanie – documents diplomatiques français en 1961 et détentions arbitraires depuis le putsch de 2008 – je n’ai pas collectionné les dépêches AFP, contrairement à mon habitude, brève écoute de la radio. simplement. Deux millions et demi de votants, c’est autant que la pétition pour La Poste et le service public. Chiffre éludé alors que le referendum d’initiative populaire vient d’être inscrit dans la Constitution. Phénomène inoui et inédit en France, réactions à l’UMP : Valérie Pécresse, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement (cumul ridicule comme était choquant le cumul de Woerh, trésorier de l’UMP et ministre du Budget de l’Etat…) assure que ce n’est rien puisque cela montre que personne ne s’impose au PS pour qu’il faille y voter… et voter un projet, c’est donc qu’il n’y en a pas encore. Quant à Jean-François Copé, déjà les éléments de langage puisque ce soir au pupitre devenu de rigueur depuis dix ans en France François Fillon dit en moins ridicule la même chose, c’est de Montebourg qu’il s’agit seulement : la démondialisation, mais le monde entier hurle de rire… Avantage, la gauche fait vraiment s‘identifier la droite, elle, elle veut la mondialisation « atout pour la France » assurait Chirac. Résultat, nous n’avons plus d’industrie, plus du tout.

Résultats : Hollande à 39%, Aubry à 31% mais Montebourg à 17% ce qui, selon les commentateurs, en fait l’arbitre de la situation, le « faiseur de rois », selon Copé le fin. Je ne le crois pas, il y a bien plus que deux millions et demi d’électeurs de sensibilité de gauche ou de simple opposition à Sarkozy. Il y aura donc probablement plus de monde dimanche prochain, et pas forcément les mêmes qu’hier. – Seconde démonstration, aussi forte que lescrutin lui-même en fait et en succès : Ségolène Royal tombée à 7%, s’effondre en larmes, et provoque la compassion et plus de la plupart des personnages de son parti. C’est manifeste et c’est sincère. Comparé à la non-compassion et à l’indifférence que provoqua le retrait de Jean-Louis Borloo, apprécié seulement en délivrance de Sarkozy… Honneur et imagination : le PS.

Je vais voter pour Aubry : l’Europe et l’esprit d’équipe. Hollande incante ce soir : rassembler. Ce qui est exactement le réflexe et me yropisme, le mot d’ordre de l’UMP, du RPR, etc… de fait de Gaulle rassemblait, mais c’était un effet, pas un but. Dupont-Aignan a très bien défini ce qui peut changer la donner : un vote libre des Français cherchant, par eux-mêmes, chacun, celui ou celle qui vraiment leur plaît, lui plaît. De la part d’Hollande vis-à-vis de Ségolène le discours est froid, inexistant. Et c’est lui qui a cassé le couple. Naturellement entre lui et Sarkozy, pas d’hésitation, et même entre lui et n’importe quel candidat de l’UMP et du système sortant, mais je préfère Aubry.

Lecture du Canard… de mercredi dernier. Deux éléments sensationnel, à part l’évidence que Balladur a piqué aussi bien dans les rétrocommissions que dans les fonds secrets de Matignon… c’est de l’histoire maintenant ancienne, la seule question qui se pose, est de savoir si Balladur peut déballer, lui-même, et dénoncer Sarkozy ou le mettre dans le bain comme son principal collaborateur (ce qu’il fut… il n’a pas fini de « rembourser » l’ancien Premier ministre pendant les trois quarts de son quinquennat). Non, ce que je lis c’est 1° que l’armée française n’a aucune logistique et que pour l’Afghanistan elle dépoend de la location d’avions de transport russes, et que les cantines sont servies par une société turque : lamentable, et 2° Soubie (d’où, l’Elysée en 2002 et le Conseil économique et social comme retraite-chapeau…) et Sarkozy sont les conseils juridiques de Servier au milieu des années 80 pour un système de délocalisation de l’exécutif aux Pays-Bas. Quant à la soi-disant loi Xavier Bertrand tenant compte de l’affaire Médiator, elle n’entre pas dans le seul sujet qui vaille autant pour la santé des usagers que pour le financement de la Sécurité sociale : ne rembourser que les médicaments dont il est assuré qu’ils améliorent l’état de santé du patient…

Un pays dont les institutions et les élites sont ainsi pourries… Le Canard semble bien ne pas croire que Sarkozy se représentera.

[1] - Paul aux Romains ; psaume XCVIII ; évangile selon saint Luc XI 29 à

dimanche 9 octobre 2011

Inquiétude & Certitudes - dimanche 9 octobre 2011


Dimanche 9 Octobre 2011

Prier… [1] Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. La parabole du festin pour lequel se dérobent les invités initiaux mais dont est chassé également un de ces quidams de remploi. Violence générale. De l’appel, les premiers n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce, les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meutriers et brûla leur ville. Mais pour l’inconnu, fautif – alors qu’on pourrait excuser que surpris sur les chemins, il n’ait pas trouvé de tenue adéquate, le vêtement de noce – un mauvais sort aussi, la passivtié : l’autre garda le silence… est autant réprouvée que le refus : jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans le sténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Dialectique habituelle des paraboles sur le Royaume. Souveraineté du maître, du roi, du tout venant, les mauvais comme les bons, le jugement : le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes… le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce… La conclusion ne me convient pas, elle fonde le jansénisme : suis-je élu ? elle induit certains à un orgueilleux contentement : j’ai répondu ! mais le texte n’est pas facultatif. En déduire au moins le consentement à l’invitation nominative, et si je suis sans vocation particulière, sans signe d’appel, du moins… mais non la multitude est appelée, j’en fais partue, nous en faisons partie. Alors, le vêtement de noce que je n’ai pas revêtu ? Prier simplement pour le revêtir, l’avoir, le porter même si… et d’ailleurs, le quidam est jeté dehors parce qu’il a gardé le silence, il n’a pas dialogué, il n’a pas supplié, il ne s’est pas excusé, il ne s’est pas expliqué, le fallait-il ? Tu prépares la table devant moi … mon Dieu subviendra magniofiquement magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus…. Le Seigneur Dieu de l’Univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capitaux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Et de dire, cette fois : voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés !

matin

hhh

fin d’après-midi

En début d’après-midi, le million de votants à la primaire socialiste est dépassé. Claude Guéant trouve l’exercice intéressant mais considère qu’il montre la cacophonie au Parti socialiste. Ce qui est dire qu’à l’UMP et même à droite, cf. la rentrée de Borloo dans le rang, c’est le tout uni derrière, dès qu’on a le parti sous contrôle. Il est clair qu’une primaire à droite aurait placé Sarkozy derrière Juppé et Fillon.

Dexia démenbré, nationalisation en Belgique. Sarkozy va jouer la montre à Berlin pour discuter de la recapitalisation des banques, jugée absolument inutile à la fin de Juillet et pour la Commission, et singulièrement Michel Barnier, travaille mais dans la discrétion. Ona déjà l’argument de Chirac en 1988 contre Mitterrand : moi, je veille à la France et je travaille, tandis que Mitterrand fait de la politique politicienne.





Voté à Theix chef-lieu de canton, pas de section ni là ni dans mon village, ni même dans la presqu’île de Rhuys, c’était déjà cela en 1996-1997), six personnes, signature de deux registres, donné cinq euros au lieu d’un et voté Ségolène Royal. Le bureau de vote signalé par une affiche assez petit format : donnez un nom au changement. Hollande s’est fait rappeler à l’ordre par la « haute autorité de la primaire » pour avoir dit son inquiétude sur les conditions de vote à Montréal… Aubry juge que les Français la préfère… DSK a voté à Sarcelles et pour elle, a-t-il dit. Résultats autour de 21 heures 30. Ma femme aurait voté Montebourg mais depuis qu’elle a vu à l’œuvre sa compagne martiniquaise contre Dupont-Aignan, elle revient à Ségolène Royal.



début de soirée

Record de consultation de la dépêche AFP « les jeux sont faits » : 1252 internautes, à 19 heures 45, titre accrocheur mais pas de résultat, synthèse sur la participation. Le clivage au sein de l’UMP est perceptible, il y a les beaux joueurs avec qui on pourra parler, et les tricheurs qui minimisent, ricanent sur les divisions, etc… cf. Guéant cet après-midi ou Coppé le soir du dernier débat télévisé. Avec eux, c’est l’élimination. Sarkozy ne pourra pas s’empêcher d’ironiser sur le vainqueur du premier tour, et ce sera sans doute lamentable (pour lui – espérant en parallèle que la naissance attendue effacera un peu l’effet socialiste).


milieu de soirée


20 heures 35… Hollande vers les 45%, Aubry à vingt points derrière, et Montebourg troisième. C’est lui qui va compter dans les prochaines années, plus d’aisance, plus de puissance que les deux premiers. Souhait presque affiché de l’appareil UMP : qu’Aubry et Hollande s’écharpent un max…


20 heures 40 … rue Solférino : sur un million de voix dépouillées : Hollande 39% et Aubry à 30% et Montebourg à 18% tandis que Ségolène est à 7%. Il faut être Mitterrand ou Chirac pour que le plat repasse plusieurs fois. L’écart diminue entre Hollande et Aubry. Je voterai pour celle-ci dimanche prochain. Mon pronostic est qu’elle va gagner, quoique de justesse : Hollande a plus d’ennemis qu’elle, au moins dans le Parti socialiste.







[1] - Isaïe XXV 6 à 9 ; psaume XXII ; Paul aux Philippiens IV 12 à 20 ; évangile selon saint Matthieu XXII 1 à 14

samedi 8 octobre 2011

Nicolas Dupont-Aignan sur la 2

Inquiétude & Certitudes - samedi 8 octobre 2011


Samedi 8 Octobre 2011

C’est l’heure quand il plaît à Dieu, réponse de « mon » jeune moine dont l’ordination avait été reportée il y a maintenant du temps, à quelques jours de la date prévue. Evénément, incident, lui demandais-je quand il m’apprit que le 8 Décembre prochain, l’abbé qui l’avait reçu et lui avait passé l’habit – le hasard ou la providence faisant que je me trouvais à l’abbaye et fus convié à assister à ce moment simple et intime – l’ordonnera prêtre, lui-même évêque depuis une dizaine d’années, Mende, puis Toulouse conférant le sacré pallium… autre forme du vêtement. Réponse de mon jeune frère religieux : l’Esprit Saint. C’est lui notre intérieur et notre extérieur, notre motion et notre recueillement.



Prier… puisque nous ne savons, vous ne savez ni le jour ni l’heure. Mais ce n’est pas de notre mort qu’il s’agit, tout au contraire : de la vie et de son commencement. Notre accomplissement est toujours commencement
[1]. Une lumière est semée pour le juste, et pour le cœur simple, une joie. Dialogue alors d’une inconnue, transportée d’intuition et de bonheur dans la foule des auditeurs de cet homme : Comme elle est heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles et qui t’a nourri de son lait ! – Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent. Moment analogue en réponse à sa mère et ses frères et sœurs dont il lui est dit qu’ils cherchent à le voir et en sont empêchés par la foule : Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? Prophéties diverses sur la fin du monde, le jour du jugement, notre imagination est moindre que ces inspirations, mais le bouquet d’images, de terreur et d’escathologie (le pressoir est rempli et les cuves débordent de tout le mal qu’ils ont fait !) se noue autour de l’essentiel, peu visible dans nos vies quotidiennes et l’histoire du monde, pas toujours visible. Le ciel et la terre sont ébranlés, mais le Seigneur est un refuge pour son peuple, une forteresse…




Notre fille m’annonce qu’elle ne nous accompagnera pas à Disney-Land, elle a lu les billets, le programme est nul, c’est pour les enfants, elle aura bientôt sept ans. Claire… aussi de cet âge, de ces réactions, qui est la proie de l’inconnu qu’est toute atteinte à notre chair, à nos fonctionnements d’esprit et de corps… pour le cœur simple, une joie. Chemin de cette petite fille… chemin de la nôtre… de moins en moins s’en dit et peut se deviner à mesure que tout s’enrichit. Deux libertés se font face et s’entrelacent, celle de l’enfant depuis l’utérus et celle de Dieu de toujours à toujours, parents, médecins, éducateurs sont témoins, au mieux des accompagnants. L’amour nous est totalement inconnus puisqu’il est l’agencement de deux libertés qui se choisissent mutuellement : comment ? pourquoi ? plus j’avance, plus je ne vois qu’une seule réponse, piste : la liberté. Et plus je me sens enserré (ma condition, les conséquences accumulées de la vie, généralement pas choisie factuellement), plus je regarde autrui et qui j’aime dont je sais aussi, par fraternité, qu’ils se vivent enserrés eux-mêmes, limités, pas même tâtonnants, plus le constat de ma liberté, de notre liberté, de leur liberté m’aveugle d’une chaleur et décisive lumière. Et nous avançons, j’en suis sûr parce que je le vis. Bien au-delà de tout projet et bien davantage que tout souhait dont les nostalgies sont l’ultime trainée, l’ultime expression balbutiant que notre vie et notre destinée finales les dépassent. Heureux ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! Suprême sollicitude de Dieu, nous n’entendons ni ne gardons, si distraits, si malheureux, si superficiels ou affairés-dispersés… et pourtant…


matin

Ma chère femme me raconte encore, ses amis, louant quelque chose rue Doudeauville, pour les quelques jours où ils sont à Paris. La prostitution de jeunes Noires africaines, de Chinoises aussi, elles sont par groupes de sept ou huit, et sans doute se prêtent pour quelques euros. La nuit bien tombée, les hommes parlent, assis dans la rue, des enfants dans les bras, interminablement. Un peu plus loin, elle avait, il y a vingt ans, pensé acheter un petit appartement. Quartier bourgeois. Aujourd’hui, totalement africain. Mon frère habite avenue Mozart, en face du commissariat de police : elle est passée devant avant-hier allant visiter notre cher et illustre ami. Les femmes, jeunes dans la rue, la plupart très à la mode et anticipant, bottes, etc... celle d’hiver. Manifestement, deux villes différentes. Je lui fais remarquer que notre expérience est d’échanges plus faciles et chaleureux à la Goutte d’or que derrière l’église de l’Assomption. Soin à la personne, notre ami : une Mauricienne la nuit, une Martiniquaise dans la journée. – Elle va à Jussieu, l’université totalement rénovée : splendide, la vue du treizième étage, une des plus belles qu’elle ait jamais vues de Paris, les couleurs surtout vers le Panthéon depuis le jardin des Plantes. Un pied-à-terre, quarante mètres carrés… six cent mille euros. Nous en avions le tnriple pour le même prix à la gare de l’Est il y a quatre ans.

Un des fondateurs de la psychologie cognitive chez nous, éclairée et pratiquée par les statistiques… et des contrats de formation entre entreprises (anticipation, non de l’entrée du privé dans les directions scientifiques et pédagogiques de l’Université, mais d’une relation de respect mutuel des métiers de chacun avec l’entreprise)… il a suivi les trois débats télévisés pour la prilaire socialiste. Et votera Hollande, qui a travaillé les questions fiscales et est le plus apte à battre Sarkozy. Je lui réponds : Je vote Royal au premier tour. Je crois Aubry la meilleure à l'Elysée et jouant équipe, tandis que Hollande jouera perso. et sera "accompagnateur" de la crise et pas du tout pour le changement des grands paramètres (nationalisation temporaire des banques, fédéralisme budgétaire européen, mutualisation de la dette souveraine). Mais dans le débat de l'entre-deux-tours il est le meilleur possible face à NS. Idéalement, il faudrait l'abdication de NS - il s'est ressaisi en quelques heures dans la nuit de dimanche à lundi et Juppé et Fillon sont aussitôt rentrés dans le rang, mais il est manifeste que l'un ou l'autre gagnerait une primaire contre NS dans l'électorat de droite.

En fait, Sarkozy cristallisait autant d’hostilité en 2006-2007 que maintenant. Dès son passage à Bercy… tout sauf Sarko… disait-on. Et il fut élu.

fin d’après-midi

Une amie parisienne, historienne de premier plan et de juste renom, m’annonce la fin de son travail ; le plus risqué de ses tomes parut il y a quarante ans quand de Gaulle allait partiret seds avocats craignaient la saisie immédiate, Couve de Murville alors Premier ministre lui adressa laconiquement sa carte : votre livre est magnifique et de Gaulle la félicita. Elle me dit cela en passant, ne votera pas pour Ségolène Royal qu’elle juge folle (less femmes veulent bien voter pour un « sac » qui ne leur porte pas d’ombre, ne leur rappelle pas la femme qu’elles pourraient être, mais pas pour une jolie qui aurait tout, beauté, élégance et pouvoir, donc lui enlever quelque chose, au moins le pouvoir – je schématise… dans ma campagne de Bretagne méridionale, le milieu rural disait pour Ségolène Royal, la poule… il n‘y a que les Grecs qui associaient intelligence et beauté, Socrate dialoguant avec Alcibiade démontant cependant que lui-même, selon le critère le beau, c’est l’utile, était bien plus beau que son interlocuteur) et nous sommes ensemble pour estimer que « normalement » Sarkozy est battu mais intuitivement nous prévoyons qu’il sera réélu. Début de réponse demain selon que la primaire sera « plébiscitée » ou boudée.





[1] - Joël IV 12 à 21 ; psaume XCVII ; évangile selon saint Luc XI 27.28






vendredi 7 octobre 2011

Inquiétude & Certitudes - vendredi 7 octobre 2011

Vendredi 7 Octbre 2011

Prier … [1] fête du Rosaire, traditionnellement attachée à une bataille (navale) de la chrétienté avec l’Islam, Lépante… c’est aujourd’hui une référence dépassée, quoique Constantin et Clovis fondent la relation de leur Etat et de leur pouvoir politique sur une invocation de même portée. In hoc signo, vinces. Dieu de Clotilde… soit. Pour une fois, mon livret (Prions en Eglise…) note juste : la récitation du Rosaire, centrée sur les mystères de Jésus et de Marie, met la contemplation à la portée du peuple chrétien. De fait, le Je vous salue, Marie ! est la prière la plus prisée de notre fille, Marie, une Maman, une femme, une jolie femme, son Fils par celle-ci, d’évidence. Faites tout ce qu’il vous dira. Notre souhait d’un second enfant, car rien n’est impossible à Dieu. En l’espèce disposer les cœurs, moi à sereinement renoncer et ma chère femme à consentir. – Souvenir de Jean Paul II attaché à cette dévotion [2] et d’Amédée, moine de Bricquebec, qui y consacra ses derniers efforts : son ultime écrit est sur le Rosaire [3] qu’il continuait de travailler à sa mort, et m’avait demandé par téléphone d’en rédiger une introduction, ce qui – mais pas de mon fait – ne se réalisa finalement pas. Sans qu’ils aient communiqué autrement que selon « la communion des saints », le pontife polonais et le trappiste normand « découvrirent » ensemble l’ajout des nouveaux mystères : quatre sur cinq, Amédée ayant introduit l’épreuve au désert au lieu des noces de Cana préférées par Jean Paul II. Tous deux marquent leur enseignement et leur prière de ce terme fort : moment. Pour Amédée, Jésus s’est humanisé de plus en plus par l’histoire qu’il a vécue. Sur ses sentiers de terre, il a cheminé à coups de préférences de sa liberté…Marie est l’être humain le plus proche de Jésus et lui seul peut nous initier au mystère si unique de la maternité de Dieu. Ce moine exceptionnel que j’ai eu le bonheur exceptionnel de rencontrer à loisir, parfois des journées durant, encadrées par l’office divin, bonheur reçu de ma femme qui fréquentait son monastère pour des raisons professionnelles devenues d’amitié, justifie la forme de cette méditation : fait religieux significatif parce que massif. Sur toute la planète, des milliards d’être humains, chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, pratiquent sur leurs chapelets la forme répétitive d’invocations. Cette expérience est révélatrice de vérité humaine et de mystique. Eclair génial de Jean Guitton : ’’La répétition convient à l’insondable’’. Justifiant les illustrations de son petit livre, il conclut : Mon choix est subjectif, reflet de l’expérience vécue. Depuis de longues années (25 Mars 1913 + 6 Novembre 2002), ardente en moi est la charge affective créée par ces images contemplées et priées des milliers de fois.
Le naturel du dialogue avec l’ange Gabriel me saisit. Salutation. Interrogation. Annonce. Interrogation. Explication. Conclusion de chacun : rien n’est impossible à Dieu – Que tout se passe selon ta parole. Alors que la question était de taille : Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? Fin de vie pour la jeune fille devenue point focal des Apôtres, après l’Ascension : Luc le suggère sans l’écrire explicitement, sa version est celle de Marie, forcément humble. Extraordinairement humble, ce qui la situe tout entière à notre sommet : d’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. La liturgie chrétienne, la prière de tout homme religieux de siècle en siècle, quel que soit le contenu littéral de sa foi : celle-ci est d’abord et finalement élévation, communion, attente, certitude d’espérance. Il disperse les superbes, il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles, il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides… Son règne n’aura pas de fin. – L’expérience cardinale de mon vieillissement (la vieillesse) est que ce sont les morts, ceux que j’ai connus et aimés, que j’aime, qui m’apprennent le mieux la vie. Nous continuons de communier, de mieux en mieux, je les devine et scrute, les comprends, ils m’appellent, me soutiennent, me garantissent. Je les aimés, je les aime. Ils savent qui j’aime à présent, depuis eux et je peux tout leur confier. Sois, sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. … Alors, l’ange la quitta.


fin de matinée

Je pense… et d’abord, je suis spectateur, impuissant comme la quasi-totalité des Français, sauf l’effet statistique du bulletin de vote les deux dimanches à venir puis au printemps prochain.
Comment entre-t-on dans la classe politique ? par parrainage depuis des décennies. Cela ne l’est pas arrivé, j’ai connu et vécu de près ou personnellement le processus électoral, ce « face à face avec les Français », cette « rencontre » dont se targuent les candidats à l’Elysée. Sans chaise à porteur, seul, connaître les gens un à un, en séduire quelques-uns, le passionnant d’apprendre un pays autant que les gens, des dialectiques locales faisnat ou défaisant le développement, les anecdotes donnant des portraits, l’histoire des personnages locaux ; je l’ai fait, le Haut-Doubs, Pontarluer, la succession d’Edgar Faure passant au Sénat (d’ailleurs de justesse, scrutin très difficile que celui ne mobilisant dans un département qu’un millier ou deux de votants, des « grands électeurs »). Puis des consultations, dans ce haut et magnifique pays, une dizaine d’années pour reconnaître l’impasse en frisant l’investiture d’un grand parti. La propositiond ‘une circonscription par l’appareil d’un autre – celui de l’autre bord, me faisant aller contre mes analyses et convictions, me faisant rompre avec le chef de l’opposition du moment. Toute une histoire et finalement ni carrière aboutie selon mes concours et débuts professionnels, ni parcours politique. Je ne regrette rien, car à chaque étape j’ai fait ce que je pouvais et je n’ai pas accepté ce qui m’était – rarement, très rarement – proposé. Que de notoriétés, de véritables valeurs, éprouvées – ainsi mon éminent ami, Michel Jobert – n’ont ainsi pu peser sur les événements que les quelques mois d’un passage au gouvernement qui n’avait pas d’origine élective, c’est-à-dire ne devait rien à un parti et tout à une valeur remarquée et admirée par le président du moment. En valeur personnelle et en appréciation par un très bien placé, je n’ai jamais approché cette situation. Ce que je regrette, c’est l’expérience que donne une grande responsabilité, et quand je regarde à l’écran ceux qui en ont déjà une et en briguent une plus haute encore, je me dis que je ferai autrement et mieux qu’eux, mais je dois bien admirer qu’ils soient parvenus où ils sont, je n’y suis jamais arrivé, je n’ai jamais pu inspirer quelque personnage ou quelque machine que ce soit. J’imagine – mais sans doute ai-je tort – qu’il faut paraître longtemps tout autre que ce que l’on sera si l’on arrivait au pouvoir.

N’être pas au pouvoir mais en être écouté, contribuer à la réflexion gouvernementale. Je l’ai expérimenté une vingtaine d’années, c’est gratifiant, mais j’ai continué sans oreille ni accusé de réception. Je le faisais donc par pur civisme, en fait par passion d’une « certaine idée de la France » et de la politique. Je crois n’avoir jamais changé d’analyse ni d’orientation, sans aucun mérite d’ailleurs car d’année en année j’ai été renforcé par les événements dans mes convictions et certitudes initiales et pourtant j’ai paru arriviste et opportuniste. Me voici revenu, tel que je suis maintenu depuis des décennies, à la case – électeur citoyen. Un temps ambassadeur, longtemps conseiller économique et commercial dans nos ambassades, je n’ai eu d’influence que sur mes relations à l’étranger, dans le pays où j’étais affecté mais j’ai été lu d’un président de la République, de quelques ministres. Encore n’était-ce pas moi, nu, qui fus lu ou reçu mais celui que Jacques Fauvet, directeur du Monde de 1969 à 1982, avait quelques années publié. On n’est donc reconnu et cultivé, accueilli et porté (plus rarement) que selon des accessoires. Du moins est-ce mon expérience. On ne choisit pas d’être libre, ce ne fut jamais une alternative, cela ne me fit pas une carrière. D’autres parviennent à cumuler liberté personnelle et participation à quelques reprises au pouvoir. Je ne sais pas les règles qui régissent ce monde de la politique. Y en a-t-il ? Il me semble que l’on vote – depuis dix ou vingt ans – pour des prête-noms, mais de qui ?

début d’après-midi

L’épouse de notre ancien maire, j’ai été – sans être de sa liste, mais en « papillon » comme l’on dit ici – du second des mandats de celui-ci, tous deux « sensibilité de gauche »… elle est perplexe sur son choix de dimanche, en prendrait bien un bout de chaque… elle dit surtout que ces débats, mais les a-t-elle regardés, suivis, l’ont lassée, la lassent. Comme elle et son époux m’ont gentîment trompé quand j’ai tenté de me présenter à la mairie, moi-même, j’ai tendance à croire qu’ils ne se déplaceront pas… d’autant que cela se passe au chef-lieu de canton, donc déjà un peu plus loin que notre clocher. La mairie ne sait ni l’endroit exact ni les heures – j’aurais certes pu retenir ou noter le site – et se déclare non concernée puisque c’est à Theix et non à Surzur.

En fait, la participation à cette primaire est décisive. Elle peut encore augmenter l’impact de la campagne télévisée puisqu’elle représentera la réponse du « peuple », et pas forcément ni seulement de celui de gauche, mais d’opposition… comme elle peut relativiser l’effort d’imagination démocratique, et donc le rendre facultatif pour la droite, malgré le constat de François Fillon.

Dépêches AFP. Manuel Valls en est à composer la majorité pas seulement présidentielle, mais gouvernementale et à y compter François Bayrou. Martine Aubry devient championne de la promotion féminine, la moitié des électeurs, sinon plus, serait enfin à promouvoir par sa propre élection, une femme à l’Elysée, en titre.


fin d’après-midi

Ma femme rentrant de Paris me raconte la gouvernante de notre vieille amie, Camerounaise dont je suis parvenu à faire régulariser la situation. Le médecin atteste par ailleurs qu’il n’a jamais vu en vieillard grabataire aussi bien soigné et maintenu en état. Une première matinée de queue pour le renouvellement annuel, comme dans le sketch de Fernaud Raynaud, elle atteint le guichet quand celui-ci ferme. Réouverture chaque matin à neuf heures. On fait la queue à partir de six heures, certains couchent devant les grilles, on a des remplaçants. Trois cent mètres de queue dès six heures du matin à Bobigny. A-t-on vu un candidat à l’élection présidentielle, à six heures matin, à cette queue ? A la télévision, on a parlé immigration, mais pas le calvaire physique et l’humiliation, on n’a pas parlé de la pratique.

Un de mes cousins par alliance me raconte – au téléphone – sa carrière municipale, à partir de 1983, petite ville normande, un peu plus de 30.000 habitants, finalement adjoint de 2001 à 2008, et dans l’opposition maintenant. Le maire convenable mais peu présent et eu accessible, le Sénat un moment et désintéressé ces jours-ci par Gérard Larcher lui offrant l’inspection générale de l’Education nationale. Le pouvoir local perdu par un adjoint gestionnaire de métier qui se met à dos aussitôt le personnel municipal et donc quantité de familles dans la ville. Il devrait être reconquis par un « conseiller technique » de Bruno Lemaire, vingt-quatre ans, profil des RPR des années 1980.


[1] - Actes des Apôtres I 12 à 14 ; cantique de la Vierge Marie : Magnificat, Luc I 46 à 55 passim ; évangile selon saint Luc I 26 à 38

[2] - lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae . 16 Octobre 2002
« Parmi tous les mystères de la vie du Christ, le Rosaire, tel qu’il s’est forgé dans la pratique la plus courante approuvée par l’autorité ecclésiale, n’en retient que quelques-uns. Ce choix s’est imposé à cause de la trame originaire de cette prière qui s’organisa à partir du nombre 150, correspondant à celui des Psaumes… Pour que l’on puisse dire de manière complète que le Rosaire est un résumé de l’Evangile, il convient donc que… la méditation se tourne aussi vers quelques moments particulièrement significatifs de la vie publique (mystères lumineux). Cet ajout de nouveaux mystères…
1 . au moment de son Baptême au Jourdain,
2 . dans son auto-révélation aux noces de Cana,
3 . dans l’annonce du Royaume de Dieu avec l’invitation à la conversion,
4 . dans sa Transfiguration,
5 . et enfin dans l’institution de l’Eucharistie, expression sacramentelle du mystère pascal.
Chacun de ces mytsères est une révélation du Royaume désormais présent dans la personne de Jésus… »

[3] - Père Amédée Hallier, moine cistercien . Le Rosaire, c’est vivre Jésus-Christ avec Marie (Novembre 2003 . Abbaye Notre Dame de Grâce de Bricquebec . 85 pages) – du même auteur, Un éducateur mystique, Aelred de Rielvaux (thèse de doctorat en théologie – Gabalda, 1959 . épuisé) & Le moine et le psychiâtre, entretiens sur le bonheur avec le Dr. Dominique Megglé (Bayard . 1995)


jeudi 6 octobre 2011

Inquiétude & Certitudes - jeudi 6 octobre 2011

Jeudi 6 Octobre 2011

Prier… densité des ambiances qui nous sont parfois données, libération que constitue la vieillesse et abandon du bilan à Qui seul peut le faire, et ne le fera sans doute qu’à notre avantage, ou plutôt qu’en connaissance de tout. Prière si aisée dans les travaux ménagers que je m’applique en l’absence de ma chère femme, la vaisselle, la cuisine, préparer et rapproprier pour autrui, notre petite fille… fait sourdre la chanson d’amour et la paix. Dans notre pays saccagé en chacune de ses grandes institutions, laissé en déshérence de conscience de soi, empoisonné insidieusement par le culte d’un volontarisme de paroles et une lassante auto-proclamation d’un bilan quotidien donné en langage d’une rue qui si souvent – je le vis – parle bien mieux que le chef prétendu de tout, comment n’être pas fier de cette compétition pour la candidature d’opposition, compétition qui fait ressentir certes des analyses et des structures personnelles, des inimitiés pas seulement intellectuelle, mais qui fait ressentir bien davantage la tolérance d’un esprit d’équipe, et qui a pour résultat aussi de ces trois moments à six voix, de deux heures chaque fois, un constat de ce qui se fait et se vit chez nous. Ce me paraît une avancée décisive pour la démocratie et pour nous rendre envie de participer à notre devenir… prier pour les politiques, la persévérance de ceux-là, la conversion de ceux-ci et pour nous tous poussant à la roue pour qu’ensemble et avec nos frères européens, nous sortions ce monde-ci des ornières où l’ont enlisé et bloqué la langue de bois (devenant une vraie pensée) des uns et l’avidité des autres. Si le sel s’affadit, avec quoi le salera-t-on ? si les dirigeants ne sont plus l’élite, comment en susciter d’autres, comment en former par milliers, par millions. Oui, tous au pouvoir. Lecture légitime je crois de la Bible, la co-création par la co-rédemption.
[1] Mais ce n’est pas jeu d’intelligence ou compréhension déduite, c’est relation entre Créateur et créature, relation d’amour et de sollicitude intense. Ils seront mon domaine particulier pour le jour que je prépare. Je serai indulgent envers eux, comme un homme est indulgent envers le fils qui le sert fidèlement. Réponse du Seigneur de l’univers, à la protestation si humaine : nous en venons à déclarer heureux les arrogants ; même ceux qui font le mal sont prospères ; même s’ils mettent Dieu à l’épreuve, ils s’en tirent ! Sans doute, le crible entre « bons » et « méchants », bien politique, peut-il consoler… mais le psalmiste et le Christ invitent au réalisme plutôt que de nous repaître d’une assurance de justice rétributive : le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra. Voilà pour le bonheur et le parcours. Supposons que l’un de vous ait un ami et aille le trouver en pleine nuit pour… je vous l’affirme : même s’il ne se lève pas par mitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Habileté et réalisme… de la prière ! demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte. … Si donc vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. L’économie du don… plus encore que sa psychologie.

matin

Le débat d’hier soir : les primaires socialistes. Classement, selon moi : Ségolène Royal garde ma préférence, mais elle a peu de chances. Arnaud Montebourg ira loin, mais pas encore cette fois-ci. Le débat est donc entre Aubry, femme à principes et ayant à son actif une grande gestion comme ministre des Affaires sociales (y compris la participation aux lois Auroux de 1983), et Hollande, homme de compris certainement. Naturellement, je voterai Hollande au second tour, mais je préfèrerai Aubry ou Royal. Royal a des ennemis farouches, dans tous les camps, à commencer dans le sien, et notamment son ex-mari (Hollande). Aubry est et sera terne, mais elle a fait ses preuves comme faiseuse d’équipe et de consensus. Ce seraient deux présidences assez différentes, aussi bien en ton qu’en contenu. Malheureusement, ni Aubry ni Hollande n’ont véritablement de charme et de charisme : cela sera un appel à la maturité des Français, quant à l’international, ce ne sera que du sérieux. En revanche, Ségolène sera très originale, très référendaire et retour au peuple (la possible mise en cause des élus en cours de mandat) et à l’international incarnera Marianne et Chanel… pas mauvais après le grand guignol… On peut prendre Jean-Michel Baylet pour un c… ou un demeuré… mais il a de la dignité, du bon sens, ce peut être un homme dans les seconds rôles qui rappellera ce qu’est l’équilibre. Manuel Valls fera sécession. Donc Aubry et Royal ex aequo, sans redonner une préférence esthétique et affective, déjà dite. Hollande, troisième car en débat de l’entre-deux-tours, il sera excellent tout simplement parce qu’il a de la répartie et qu’il a une bonne mémoire de ce qu’il travaille. Montebourg, quatrième, l’homme du futur si le Parti socialiste devient plus dur.

Présence d’esprit – très opportune pour l’esprit démocratique en France – du Premier ministre ayant salué l’exercice du P.S. et le souhaitant à l’U.M.P. pour… 2017. Je l’en ai félicité.

----- Original Message -----
From:
Bertrand Fessard de Foucault
To:
Franck Robine - Matignon
Sent: Thursday, October 06, 2011 11:56 AM
Subject:
féliciter le Premier ministre pour son salut objectif des procédures en cours au Parti socialiste... et évoquer la suite

Quoique de simple bon sens, le salut qu'adresse le Premier ministre à l'exercice en cours dans le Parti socialiste pour en fait désigner le chef de l'opposition, est très bien venu. Utile pour le pays, et pas inutile pour l'avenir de François Fillon.

Un livre démarquant celui-ci de la psychologie sinon de l'action de Nicolas Sarkozy depuis 2007 - qui a été co-signée par le Premier ministre - sera également nécessaire quelle que soit la décision des Français dans sept mois. François Fillon aura été partenaire, décisif, de Nicolas Sarkozy mais il ne peut avoir été son clone et ne doit pas passer pour son successeur ou héritier en tant que tel.

Le débat du printemps prochain est effectivement de retrouver à l'Elysée quelqu'un de normal et d'autre part de retrouver la collégialité autant que le respect des compétences. Sans préjudice des politiques à mener, mais rien ne peut se faire - dans l'état où nous nous trouvons et où (selon moi et beaucoup de Français) "on" nous a mis - que par consensus. Donc exemple de collégialité et de recherche de l'esprit commun au plus haut de l'Etat.

Sarkozy nous a habitués à tant de coups tordus, qu’on ne sait plus lire les éphémérides. Neyret est-il ripou ? selon toute apparence, oui ! avec lui « tombent » des collègues à Lyon et le patron de Grenoble. C’est Claude Guéant qui guillotine, belle pose… changeant des anathèmes à la F.N., mais… le patron suprême, au plan national, de Neyret, prend sa défense, un cinéaste non négligeable aussi. Alors ? Takhiedinne, l’homme de Karachi et des vedettes saoudiennes a une nouvelle version, très opportune pour Sarkozy : tout cela a été ourdi par Villepin … ce dernier aurait donc oassé son temps de 1995 à 2007 à faire la peau de Sarkozy. Cela ne plaide pas pour lui, non à raison de sa malfaisance ou e sa malhonnêteté, mais à raison des résultats : tant d’acharnement, tant d’énormes constructions pour cependant avoir complètement perdu devant sa cible. Mais aussi… pourquoi s’acharner contre Villepin qui n’a pas la moindre chance de peser même au sein de l’U.M.P. contre le président sortant ? parce qu’il a été relaxé dans l’affaire Clearstream (contre toute évidence) ?

International… tout se dévoile. Les Etats-Unis collent à Israël inconditionnellement : prétendre au processus de paix sans en honorer la clause d’Oslo la plus voyante, l’Etat palestinien, et lire les votes aux Nations Unies comme flous… (Hilary Clinton), c’est de la mauvaise foi, c’est-à-dire de l’embarras. Chine et Russie comme aux beaux temps des années 50, totalement alliés : la Syrie, ou plutôt son régime, ne tient plus que par elles. La Libye n’a pas été un précédent, elle est un coup de pot… probablement à mettre à l’actif d’Alain Juppé qui a joué la carte dans l’instant et à tous risques, en solo.

D’un ami franco-tunisien, que j’interrogeais sur les prochaines élections, je reçois ceci, qui ne m’étonne pas.

Je rentre de Tunisie ou pus exactement de Tunis, La Marsa, Sidi Bou Saïd où vivent une partie de ma famille et mes amis proches. La banlieue nord de Tunis est insouciante et inconsciente de luxe, de richesses et d'arrogance. Pour cette "principauté" prospère, la révolution est du passé. Je crois pour ma part qu'elle est à venir.
Le pays réel souffre d'injustice, d'enfermement, de pauvreté extrème. La maffia benaliste est toujours présente et impose sa loi dans les régions déshéritées et frondeuses (Djebéniana, Gafsa, Kasserine, le Kef, Steïtla...) où elle organise des confrontations violentes imposant le couvre-feu périodique des autorités. Mais même l'armée est maitenant prise à partie.
Les prochaines élections ajouteront sans doute à la confusion. Les élections de la constituante au scrutin proportionnel à plus fort reste est un mode complexe et équitable mais qui ne dégagera pas de majorité pour gouverner. S'en suivra sans doute un gouvernement sans cohésion ni expérience, un Président sans charisme. L'alternative viendra des partis musulmans que l'occident qualifiera d'islamistes et qui couvrent tout l'éventail des sensibilités depuis les radicaux intolérants jusqu'aux modérés. L'aile droite musulmane sera tentée de faire alliance avec les anciens benalistes, l'aile gauche de se rapprocher des démocrates partisans d'un Etat séculier.
Mais ce bouillonnement démocratique risque d'être contrecarré par la réalité économique. Croissance négative, effondrement de l'emploi en Tunisie et en Libye, du tourisme...Hostilité de l'Algérie et des pays arabes. Hostilité de la France, dont le régime protège le clan Ben Ali et encourage la réaction. Les liens personnels et financiers entre le pouvoir français et tunisien se sont accomodés de la révolution, ils perdurent et oeuvrent à la restauration. C'est ainsi que Tunis n'a toujours pas nommé d'ambassadeur à Paris (9 mois de vacance, du jamais vu ) La chancellerie reste tenue par les fonctionnaires (dont plus d'une centaine d'officiers de police tunisiens sous protection diplomatique) de l'ancien régime; corrompus et corrupteurs..
En résumé l'avenir de la Tunisie est plein d'incertitude et réserve encore des surprises que j'espère non dramatiques.


après-midi

De nouvelles lignes se dessinent. L’entretien Jean-Pierre Bel, le nouveau président socialiste du Sénat, avec François Fillon : geler la réforme territoriale, ce semble raisonnable, de même que le Premier ministre saluant la procédure de la primaire socialiste est, lui aussi, raisonnable tout en marginalisant pour l’avenir Jean-François Copé.

Ces candidats qui vont à la rencontre des Français… expression qui sonne faux. Ils sont français parmi d’autres, ce ne sont pas des indigènes qu’explorent des missionnaires ou des experts de quoi que ce soit.



nuit

Réfléchissant sur la poésie – à lire, à mémoriser ou à composer (trois gestes très différents et distincts) – je regarde Valéry (les deux Pléiades qui ne me quittent pas depuis mes vingt ans), et tombe, plus attachant que la jeune Parque ou quelques définitions et conseils pour mon sujet, sur le discours de réception du maréchal Pétain : portrait du chef, et en fait du chef d’Etat. J’ai cherché l’éloge de Foch par Pétain le même après-midi de 1931. J’avais déjà le projet d’évoquer le Maréchal à propos de de Gaulle dans mes portraits des présidents de la Cinquième. Ce devient évident et nécessaire. Clemenceau et Pierre Mendès France n’inspirent pas cette définition présidentielle.

[1] - Malachie III 13 à 20 ; psaume I ; évangile selon saint Luc XI 5 à 13