dimanche 7 février 2010
samedi 6 février 2010
vendredi 5 février 2010
journal d'il y a quarante ans - mardi 3, mercredi 4, vendredi 6 février 1970
+ Mardi 3 Février 1970
17 h 10
Entretien avec Couve de Murville . une demi-heure
ce matin .
D’une certaine manière . entretien sans objet . en ce sens
que nous avons fait connaissance : moi . lui faisant part
de mes problèmes d’orientation . agrégation . nostalgie de la
diplomatie . goût de la politique . réflexion depuis Avril dernier .
et lui m’expliquant qu’on ne peut planifier une vie .
que la chance est l’adéquation entre une préparation personnelle
et des événements .
Le positif de l’entretien tient à ce qu’il m’a redit :
– j’écris bien et facilement .
mais essai peut-être pas comestible par l’éditeur
possibilité d’articles de journaux . et écrire .
– pas de dramatisation de la situation .
les Français ont voté non . parce qu’ils en avaient assez
et parce qu’ils sont conservateurs . malgré leur goût du changement .
Ils revoteraient sûrement dans le même sens aujourd’hui .
De Gaulle homme exceptionnel . mais d’une autre génération .
Il n’y a pas forcément un grand homme par génération .
Travail forcément d’équipe maintenant . Préférence pour « agir dans le
mouvement « . Ce qui signifie pour lui autant parti que sens dynamique
Se fixer sur l’avenir : pb. du lien entre développement économique
et relations sociales . et pol. ext.
( Un pays ne peut être au dehors que ce qu’il est au dedans ) .
Dans l’immédiat . ne compte pas se présenter dans le VIII° [1]
Pour l’instant . Erreur que les Yvelines . n’avait d’ailleurs pas à
rentrer immédiatement au Parlement .
C’est bien sûr l’idéal et la cohérence qui manquent au Gvt actuel .
Sur le plan financier . cela s’arrange . mais ont de la chance .
Dévaluation pas nécessaire . sinon éventuellement au terme du processus
Conseil immédiat : le travail
« Cette famille d’esprit ? l’avez-vous trouvée ? »
Pas de parti mais des mouvements .
Profondément sympathique . très joli sourire qui éclaire beaucoup
le visage .
Mais n’engage à rien .
Pour lui . incontestablement
– rien de dramatique
– de Gaulle ne reviendra pas .
Va essayer de faire quelque chose pour mon livre . mais ne connaît
guère la technique .
Accepte de rester en contact
Seul mouvement qu’il estime sympathique : l’ U J P
l’U D T . c’est une erreur et une impasse .
Je suis de plus en plus frappé par l’isolement de la personne au pouvoir
ou l’ayant exercé . Elle a le même problème de communication
que n’importe qui : et guère plus d’amis et de relations
personnelles que n’importe qui .
Ce n’est ce que l’on imagine couramment .
+ Mercredi 4 Février 1970
21 h 20
J’expérimente . avec passion – en écrivant ce
mémoire sur « Maurras et le socialisme »
1° une véritable cure de pensée : apprendre à
réfléchir . être logique . clair . et relier l’ensemble
d’une argumentation [2].
2° technique intellectuelle de l’ « analyse de contenu »
On aborde la matière avec une question . et on cherche
à y répondre par l’examen de la matière .
sans aucun principe d’organisation ni élan de réflexion
( ce qu’a contrario . j’ai vu quand je me contentais
de décrire ce que Maurras pensait de tel ou tel concept ) .
Refus notifié du Seuil .
Ce qui rejoint ce que me disait Couve de Murville .
Il me faut construire et m’appuyer sur des références .
davantage .
Il faudra que je le fasse .
Pris la décision d’adresser mon manuscrit à Debré
J’ai maintenant bien l’impression que je ne serai pas édité .
23 h 45
A « Panorama » : interview de Servan Schreiber .
agitation universitaire . Guichard .
J J S S passe incontestablement très bien .
Ce qui frappe . c’est que maintenant l’initiative . l’idée .
le changement . l’imagination . la présence changent de
camp .
Dans la majorité . au Gvt . à l’Elysée .
– faute d’un chef . faute d’une responsabilité réclamée
et exercée . faute d’imagination et de vraie intelligence
à la tête – il n’y a plus ni présence . ni mouvement .
ni plan d’ensemble . Pas de dessein d’une société
nouvelle à présenter [3]. pas de vision du monde .
Et aucune force d’attraction . ni de personnalisation .
C’est le vide technique . C’est la gestion .
Le gvt est mûr pour perdre les élections législatives .
à moins qu’il ne perde auparavant le pouvoir dans les Universités .
_
Projet de faire un article dans « Notre République »
– « Programme d’action »
. au-delà de retour du Général
et d’excessive minorité que l’on est actuellement
dans la fidélité
. justesse de notre analyse des vices de force
et de constitution . et du système .
et absence de vision –> expérience ne peut durer
. élections législatives : majorité peut se perdre
car a perdu imagination . mouvement .
simple gestion
. de Gaulle . même s’il ne revient pas .
est devenu – même silencieux – la grande
référence de pensée : un peu à la manière d’un Lénine .
approfondir son exemple
d’où ? – pas de découragement . au contraire
– contacts à l’intérieur de la majorité
pour faire valoir les 2 points suivants
– diffusion personne gaulliste
– se structurer pour les élections .
_
Conclusion à mon mémoire sur Maurras
– droite et gauche : 2 chaises vides vis-à-vis des pbs sociaux
et Maurras trahi par droite .
– utiliser Maurras « = » Marx . comme instrument critique
on manque d’un Lénine . est-ce de Gaulle ?
– notion d’égalité et d’inégalité chez Maurras
la scruter : inégalité = différence . diversité
égalité = égalité de chances . de valeurs
( du fait même des différences )
Faire un enseignement de questions sociales ou d’analyse sociale
qui enseignerait des systèmes de pesnée et d’analyse .
et apprendrait à s’en servir .[4]
Quelque espoir à nouveau d’être édité –
[4] - c’est l’Ecole des hautes études en sciences sociales, fondée par Raymond Aron – que j’ignore à l’époque – et que j’ai fréquentée en auditeur libre en 1998-1999 pour suivre les séminaires de Jacques Julliard et de Dominique Schnapper : passionnants et remarquables
17 h 10
Entretien avec Couve de Murville . une demi-heure
ce matin .
D’une certaine manière . entretien sans objet . en ce sens
que nous avons fait connaissance : moi . lui faisant part
de mes problèmes d’orientation . agrégation . nostalgie de la
diplomatie . goût de la politique . réflexion depuis Avril dernier .
et lui m’expliquant qu’on ne peut planifier une vie .
que la chance est l’adéquation entre une préparation personnelle
et des événements .
Le positif de l’entretien tient à ce qu’il m’a redit :
– j’écris bien et facilement .
mais essai peut-être pas comestible par l’éditeur
possibilité d’articles de journaux . et écrire .
– pas de dramatisation de la situation .
les Français ont voté non . parce qu’ils en avaient assez
et parce qu’ils sont conservateurs . malgré leur goût du changement .
Ils revoteraient sûrement dans le même sens aujourd’hui .
De Gaulle homme exceptionnel . mais d’une autre génération .
Il n’y a pas forcément un grand homme par génération .
Travail forcément d’équipe maintenant . Préférence pour « agir dans le
mouvement « . Ce qui signifie pour lui autant parti que sens dynamique
Se fixer sur l’avenir : pb. du lien entre développement économique
et relations sociales . et pol. ext.
( Un pays ne peut être au dehors que ce qu’il est au dedans ) .
Dans l’immédiat . ne compte pas se présenter dans le VIII° [1]
Pour l’instant . Erreur que les Yvelines . n’avait d’ailleurs pas à
rentrer immédiatement au Parlement .
C’est bien sûr l’idéal et la cohérence qui manquent au Gvt actuel .
Sur le plan financier . cela s’arrange . mais ont de la chance .
Dévaluation pas nécessaire . sinon éventuellement au terme du processus
Conseil immédiat : le travail
« Cette famille d’esprit ? l’avez-vous trouvée ? »
Pas de parti mais des mouvements .
Profondément sympathique . très joli sourire qui éclaire beaucoup
le visage .
Mais n’engage à rien .
Pour lui . incontestablement
– rien de dramatique
– de Gaulle ne reviendra pas .
Va essayer de faire quelque chose pour mon livre . mais ne connaît
guère la technique .
Accepte de rester en contact
Seul mouvement qu’il estime sympathique : l’ U J P
l’U D T . c’est une erreur et une impasse .
Je suis de plus en plus frappé par l’isolement de la personne au pouvoir
ou l’ayant exercé . Elle a le même problème de communication
que n’importe qui : et guère plus d’amis et de relations
personnelles que n’importe qui .
Ce n’est ce que l’on imagine couramment .
+ Mercredi 4 Février 1970
21 h 20
J’expérimente . avec passion – en écrivant ce
mémoire sur « Maurras et le socialisme »
1° une véritable cure de pensée : apprendre à
réfléchir . être logique . clair . et relier l’ensemble
d’une argumentation [2].
2° technique intellectuelle de l’ « analyse de contenu »
On aborde la matière avec une question . et on cherche
à y répondre par l’examen de la matière .
sans aucun principe d’organisation ni élan de réflexion
( ce qu’a contrario . j’ai vu quand je me contentais
de décrire ce que Maurras pensait de tel ou tel concept ) .
Refus notifié du Seuil .
Ce qui rejoint ce que me disait Couve de Murville .
Il me faut construire et m’appuyer sur des références .
davantage .
Il faudra que je le fasse .
Pris la décision d’adresser mon manuscrit à Debré
J’ai maintenant bien l’impression que je ne serai pas édité .
23 h 45
A « Panorama » : interview de Servan Schreiber .
agitation universitaire . Guichard .
J J S S passe incontestablement très bien .
Ce qui frappe . c’est que maintenant l’initiative . l’idée .
le changement . l’imagination . la présence changent de
camp .
Dans la majorité . au Gvt . à l’Elysée .
– faute d’un chef . faute d’une responsabilité réclamée
et exercée . faute d’imagination et de vraie intelligence
à la tête – il n’y a plus ni présence . ni mouvement .
ni plan d’ensemble . Pas de dessein d’une société
nouvelle à présenter [3]. pas de vision du monde .
Et aucune force d’attraction . ni de personnalisation .
C’est le vide technique . C’est la gestion .
Le gvt est mûr pour perdre les élections législatives .
à moins qu’il ne perde auparavant le pouvoir dans les Universités .
_
Projet de faire un article dans « Notre République »
– « Programme d’action »
. au-delà de retour du Général
et d’excessive minorité que l’on est actuellement
dans la fidélité
. justesse de notre analyse des vices de force
et de constitution . et du système .
et absence de vision –> expérience ne peut durer
. élections législatives : majorité peut se perdre
car a perdu imagination . mouvement .
simple gestion
. de Gaulle . même s’il ne revient pas .
est devenu – même silencieux – la grande
référence de pensée : un peu à la manière d’un Lénine .
approfondir son exemple
d’où ? – pas de découragement . au contraire
– contacts à l’intérieur de la majorité
pour faire valoir les 2 points suivants
– diffusion personne gaulliste
– se structurer pour les élections .
_
Conclusion à mon mémoire sur Maurras
– droite et gauche : 2 chaises vides vis-à-vis des pbs sociaux
et Maurras trahi par droite .
– utiliser Maurras « = » Marx . comme instrument critique
on manque d’un Lénine . est-ce de Gaulle ?
– notion d’égalité et d’inégalité chez Maurras
la scruter : inégalité = différence . diversité
égalité = égalité de chances . de valeurs
( du fait même des différences )
Faire un enseignement de questions sociales ou d’analyse sociale
qui enseignerait des systèmes de pesnée et d’analyse .
et apprendrait à s’en servir .[4]
Quelque espoir à nouveau d’être édité –
[1] - je suis inscrit sur les listes électorales de cet arrondissement qui ne forme pas encore circonscription unique avec le VIIème. De l’automne 1964 à l’automne 1979, ma mère y habite : splendide appartement donnant sur la rue de Courcelle avec un regard en angle sur les grilles du Parc Monceau… entrée principale : 2 avenue Hoche, au 3ème étage (au 5ème, est le cabinet de M° Dupuy, tellement lié à Georges Pompidou qu’il meurt d’un arrêt cardiaque en apprenant par téléphone son décès ; il a deux associés, l’un à droite, M° Varaut et je croise Jean-François Deniau pour la garde de ses enfants depuis ses divorce et remariage ; je le connais depuis mon service national en Mauritanie où il était ambassadeur – et l’autre à gauche, Roland Dumas, que je ne rencontrerai qu’au voyage officiel de François Mitterrand au Brésil, l’automne de 1985, où je suis le conseiller économique et commercial de notre ambassade – le cabinet est à droite en sortant de l’ascenseur mais à gauche en venant par l’escalier). – Battu dans le VIIème en Mars 1967, le futur dernier Premier ministre du général de Gaulle a été aisément élu dans le VIIIème en Juin 1968. – Je reste domicilié chez ma mère, même quand je « découche » puis suis affecté à l’étranger : Lisbonne d’abord, Munich ensuite.
[2] - une telle sensation, je la rééprouverai dès l’été en tentant de systématiser ce que je comprends du système de parti unique en Mauritanie – mais en cours de scolarité à l’Ecole nationale d’administration, je ne l’ai jamais ressentie, démonstration, peut-être seulement personnelle car je ne sais ce qu’ont vêcu mes camarades de promotion à ce propos, que ce passage rue des Saints-Pères (on n’était encore ni rue de l’Université ni à Strasbourg, mais on passait simplement par le beau jardin à grands arbres séculaires de la rue Saint-Guillaume à celle des éditeurs Grasset et Fayard – je crois que Bernard Tapie y a eu ensuite son hôtel particulier) ce passage donc n’était qu’une longue et pénible épreuve de classement, mais nullement un apprentissage. Celui-ci, dans la haute fonction publique ne se fait que par hérédité, cooptation ou sur le tas. Je suis de la troisième catégorie, la denière pour les carrières, mais peut-être la seule qui donne quelque sens critique pour le bien commun.
[3] - c’était pourtant le thème du discours de présentation de Jacques Chaban-Delmas à l’Assemblée nationale, le – discours travaillé par Simon Nora et Jacques Delors
[3] - c’était pourtant le thème du discours de présentation de Jacques Chaban-Delmas à l’Assemblée nationale, le – discours travaillé par Simon Nora et Jacques Delors
mercredi 3 février 2010
Inquiétude & Certitudes - jeudi 4 février 2010
Jeudi 4 Février 2010
[1] Je m’en vais par le chemin de tout le monde. Les testaments dans la Bible, en pleine connaissance de soi, du monde et de ce qu’il y a à faire, c’est-à-dire à continuer et à transmettre : Jacob, David et le Christ. Les recommandations de David ouvrent une quantité de genres littéraires, la plupart des livres de l’Ancien Testament sont en germe dans sa vie et dans ses propos, un géant spirituel, poétique et politique, un affectif et… un assassin. Salomon sera son digne fils à peu près en tout cela. Ansi tu réussiras dans tout ce que tu feras et entreprendras. Le texte vaut surtout pour l’exemple donné d’une promesse divine qui se réalise. C’est ce qu’annoncent les disciples, envoyés par le Christ, un peu « dans le vague » : ils partirent et proclamèrent qu’il fallait se convertir. … Tu gardera les observances du Seigneur ton Dieu, en suivant ses chemins … quel père de famille, moi ! pourrait ainsi assurer ses enfants de la « recette » du bonheur, transmettre la confiance qu’il avait et ce qu’il vêcput ainsi par là. L’examen de ma vie qui resterait dans l’esprit de notre fille, y verrait-elle comme clé de tout, mon orientation vers Dieu et son Fils, telle qu’elle me fût donnée. Je ne peux que prier pour qu’il en soit ainsi. Mystère de chacun, une fois mort et donc dans nos mains. Qui est chacun ? ma mère, plus que d’autre, en avait conscience pour moi. Nous sommes chacun nous-mêmes, et sans doute de bonne volonté et de belle transparence devant Dieu et dans certaines circonstances de nos amours, mais en même temps et surtout, pour la société et les tiers, fabriqués d’une telle sorte que les résultats de cette construction de nous-mêmes ne sont pas fameux ou guère lisibles. Il faut Dieu pour nous lire. Ce que les textes appellent le jugement, ce que notre instinct et notre espérance appellent sa miséricorde. Le testament verbal de David à Salomon emploie le mot chemin aussi bien pour passer à la vie éternelle – visiblement – que pour tenir notre vie selon notre Créateur et notre unique recours. Chemin, aussi bien une direction qu’un multiple emprunt du même itinéraire.
Pluie froide. Ce matin, une camionette et deux personnages qu’il y a un siècle on eût appelé des cantonniers. Sans doute parce que la voirie était essentiellement cantonnale ? Ils auscultent les poteaux mais j’avais pensé qu’ils relevaient mon compteur d’électricité qui en jouxte un. Ce sont les Télécommunications, ou plutôt une nouvelle sous-traitance que j’apprends pour France-Télécom. Les deux concluent que dans cette société, tout le monde est désormais dans les bureaux, à cause de la sécurité. Il y avait donc des accidents mortels en quantité mais dont on n’a pas parlé comme depuis quelque temps on parle des suicides. Les télécommunications engendrant une société de silence ! Quant à revenir au service public, les deux opinent que cela a mis tellement de temps à aller vers la privatisation, qu’on ne reviendra plus en arrière. Etant dans des entreprises sous-traitantes, ils ‘ny ont évidemment pas intérêt. On voit bien la logique de Trotsky et d’Arlette Laguillier – pour laquelle j’ai systématiquement voté au premier tour… la révolution si elle laisse une poche intacte, une moindre zone, échouera comme se dégonfle un ballon s’il y a la moindre fuite. Est-ce à dire que le communisme ne devint totalitaire et méprisant de l‘homme que parce qu’il a toujours été en état de siège économique ou militaire ou idéologique ? je ne sais pas et la question n’est plus que théorique ou passéiste. En revanche, deux certitudes. Ceux qui savent le mieux ce qu’est l’entreprise, ce que sont ses possibilités et ses lacunes, ce sont les travailleurs à la base, pas les dirigeants selon le modèle d’aujourd’hui. Ma femme me dit que pas un des hiérarchies bancaires ne saurait dépouiller un ordre de bourses. Les mieux placés pour les stratégies de rechange aux licenciements et aux délocalisations, ce sont les travailleurs et les divers abus et détournements, encore eux. Les délier du secret professionnel… pour savoir et démonter le fonctionnement frauduleux diu « capitalisme » puisque les dirigeants, eux, partent avec les carnets d’adresses et par conséquent ce secret. Evidence aussi : les meilleurs dirigeants pour remplacer les cooptés et les parachutés à l’arrivée et au départ, sont ceux des rangs à peine en-dessous. Il n’y a pas de problème de compétences à trouver pour diriger les grandes entreprises : elles sont dans chacune de celles-ci.
Lecture du Canard enchaîné. Il est confirmé que l’Elysée a piloté minute par minute les journées de jeudi et de vendredi – celles du verdict dans l’affaire Clearstream et de l’appel. Confirmé que la confusion permanente entre décider et communiquer, en sus de la volonté de tout décider, font que c’est Sarkozy lui-même qui A voulu « brûler » Jean-Claude Marin en se donnant les gants de soi-disant ne pas faire appel, Sarkozy lui-même qui avait « soufflé » à Brice Hortefeux la réaction au double meurtre du Val-d’Oise, réaction juridiquement maladroite et ayant irrité la garde des Sceaux. Il est certain qu’une bonne partie du gouvernement désapprouve l’appel. Certain enfin que François Fillon ne veut pas entrer dans cette histoire mais que Nicolas Sarkozy fera tout pour l’y mouiller, afin que si lui-même devait mourir, son Premier ministre y passe aussi. Que de haine il doit y avoir entre les deux hommes et quelle ambiance entre les entourages. Confirmation enfin que l’U.M.P. n’est qu’une émanaction de l’Elysée : les listes régionales, nom par nom ou presque, sont vérifiées ou arbitrées chez Claude Guéant. Je suis bien placé pour savoir que sous François Mitterrand, par exemple, Jean-Louis Bianco pouvait au mieux dire un mot de recommandation en faveur d’un tel – moi par exemple – à Charzat, mais de là à composer des listes…
Assommé par la laideur ou la nuisance de ce qui est montré sur « le petit écran ». Je zappe pour retrouver une émission de dessins animés, et ne trouve pas, mais la chasse à la baleine avec des images hideuses, des commentaires sur la passion française pour le porno sur internet et même les séquences de Superman ne peuvent être vues par un enfant, ambiances « glauques » de boîtes avec des répliques de Laure Manaudou hideuses de muscles pour jouer les amazones ou les videuses, et ainsi de suite, cela autour de vingt heures…
Georges Frèche – involontairement – a un mérite. Il démontre ce que devient la politique quand elle n’est que rétention des places et courses aux places.On s’aperçoit que – comme Gaston Flosse, et peu importe l’étiquette d’origine – un cas particulier a des effets généraux, en effet Peillon ou DSK le ménagent parce qu’il est un appoint déjà vérifié au dernier congrès quand les majorités sont douteuses. Quant au fonctionnement de la fédération socialiste locale, j’ai vêcu dix-huit mois celui d’une bien petite dans le Morbihan, mais qui n’était pas particulièrement malhonnête, pour apprécier que là-bas, c’est le gang et le cumul. Probabilité que – comme dans le Vème arrondissement de Paris,avec Tiberi – le sortant soit inexpugnable et que le PS perde cette région. Entre camarades de la section de Montpellier, on anticipe déjà la déculottée de la maire. Scenario déjà vêcu à Strasbourg où Catherine Trautman n’a pu vraiment retrouver sa place.
Inquiétude & Certitudes - mercredi 3 février 2010
Mercredi 3 Février 2010
La mort sous ses deux aspects, une séparation conjugale en donne une image, mes aimées, ces amours pour un enfant, l’amour pour notre « moitié », notre séparabilité et notre habitation mutuelle, plus que des habitudes et les éléments de l’équilibre à tout instant, l’indicible, plus que de l’attachement, l’autre pour lui-même. La vie éternelle, si elle n’est pas retrouvaille et accomplissement de ces unions, de cette union ? Les textes, le Christ, l’Eglise n’en disent rien. Je suis venu leur apporter la vie, et la vie pour qu’ils l’aient en abondance. De réponse précise que dans la confiance, la prière, l’espérance car évidemment une vie éternelle qui seraient les divans, les étreintes, les fruits, les jets d’eau et jardin du Coran ou les foules, dans des stalles, à chanter tandis qu’au milieu du chœur des vieillards pirouettent et se prosternent selon l’Apocalypse, cette vie éternelle-là ne nous correspond en rien. Mais nous ne savons (heureusement) pas imaginer ce que nous espérons. L’autre aspect, la mort soudaine, la mienne, une douleur ici, ou bien quelque chose qui se révèle là : que deviendront mes aimées sans moi, sans ressources, sans… la mort qui nous confère l’impuissance, apparemment et selon tant des modalités sociales de chaque époque. La Providence comme débrouille ? car le reste de ce que je bâtissais, bâtis, quelle importance, notamment « mon œuvre », l’essentiel je l’ai dit et écrit en quarante ans, il n’y a qu’à rassembler ce qui se fera selon l’inspiration de tel ou tel ou des envies qui ne dépendent pas de moi et sont aussi imprévisibles que le lectorat des manuscrits que j’élabore maintenant. Le temps d’écrire et communiquer davantage ce que je crois être seul à pouvoir composer ? aucune importance, Dieu dispose la semence et la fait croître ou se gaspiller sans que j’y puisse rien, mais mes péchés précis sur cinquante ans de vie où j’ai été responsable de mes manques et de mes actes, c’est cela qui compte, non vis-à-vis de Dieu qui pardonne mais de ceux – animaux compris – à qui j’ai nui ou manqué, je le sais, ils le savent, je le vis encore, peut-être m’ont-ils pardonné, j’aimerai ne l’avoir jamais fait et qu’au contraire dans leur vie, j’ai planté du bonheur et donné raison à leur attente, leur espérance, nos espérances. La mort quand l’âge nous fait avancer vers elle, ou quand seulement quelques centièmes de secondes nous séparent seulement du choc mortel. Puissè-je avoir ce regard, semi-vivant de ce moine qui m’a aimé et qui s’éveilla ainsi pour le dernier soupir, que je recevais d’abord sans le savoir, attendant l’inspiration suivante… qui ne vint pas. Il était dans sa mort, j’étais sur la rive qu’il venait de quitter. [1]
Jésus est un homme qui mourra : N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de jacques, de José, de Jude et de Simon. Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? Mines de suppositions et de contestations, sur la famille de sang de Jésus, sur la virginité de la Vierge, fils unique ou pas, les textes disent : premier-né, et l’Eglise originelle affirme : toujours vierge. Des homonymies de frères avec le nom des disciples. Je retiens ce que j’apprends maintenant : Joseph, le père adoptif, nourricier n’est pas nommé par les compatriotes du village. Jésus était devenu donc le successeur complet de Joseph, il n’est pas tant le fils du charpentier, que le charpentier lui-même. Lui qui mourra sur une œuvre de charpentier, lui qui dans aucune partabole n’évoquera le travail du bois, la charpenterie… et que fait Jésus, avant sa mort et sans souci apparent de ses attachements humains ? il parcourait les villages d’alentour en enseignant. Mission, confiance, sérénité. Réponse et souhait de Dieu comme du psalmiste que je reçois comme un gage : heureux l’homme dont la faute est enlevée et le péché remis ! Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense, dont l’esprit est sans fraude. Sans fraude puisque pardonné, oubliés les raisonnements dont je croyais qu’il m’exonèrerait de la culpabilité et du soyuvenir de ma faute. Tu es un refuge pour moi, mon abri dans la détresse, celle de ma mort quand j’espère que tu me donneras de me remettre à toi. – Mémoire de Jean-Yves Calvez, prêtre, chercheur, marxologue et prédicateur hors de pair, âme d’intuition et de solidité, le grand Jésuite, il sut m’accueillir, nous pûmes parler à plusieurs reprises et évidemment son accueil dans les pages d’Etudes, son visage et ses mains, son être rassemblé, si humble de maintien dans une concélébration quelconque pour une chapelle bleue de vitraux, celle de Manrèse ajux environs de Paris, sur fond des dires et prières d’Ignace, son maître. – Je suis dans une grande angoisse… je préfère tomber entre les mains du Seigneur, car sa tendresse est inépuisable, mais surtout que je ne tombe pas entre les mains des hommes. Définitif choix de David qui conjure la peste en s’offrant : C’est moi qui ai péché, c’est moi le coupable, mais ceux-ci, le troupeau, qu’ont-ils fait ? Tourne donc ta main contre moi et ma famille ! Les textes n’évoquent aucun regret d’Eve ni d’Adam, chacun s’est refilé la responsabilité.
Des journées sans radio… et la télévision, accaparée par notrre fille : les dessins animés. Hier, un instant les Guignols de l’info. qui furent mon spectacle quotidien quand nous étions parisiens, la formule reste la même… est-elle prudente aujourd’hui ? A l’instant, cherchant les Simpson… Martine Aubry, s’expliquant sur Vincent Peillon, le Front national, etc… elle coupe court, la question du front national est sans doute de fond, mais les Français, leur pouvoir d’achat, etc… pourquoi ne parle-t-on plus de salaires ? pourquoi les lignes de front ne sont pas dites, alors que la négociation (et les grèves générales) de cette année 2010 vont porter sur l’allongement de l’âge de la retraite. On s’y sera pris à X fois depuis 2003, on avait reculé pendant le quinquennat de Lionel Jospin. Sarkozy sait qu’il ne peut se permettre d’avoir cette question pendante encore, trop près en calendrier de l’élection présidentielle. Ce n’est pas le texte que je perçois chez Martine Aubry pendant ce court instant – et je crois bien être, là, le Français moyen, cherchant peut-être comme moi les Simpson, qui, quant à eux, démontrent que la caricature sociale américaine est parfaitement exportable alors que les Guignols de l’info. caricature des personnes demandent constamment un décodage et d’avoir tout suivi dans la journée ou dans la semaine, à Clochermerle. Martine tout simplement « fait » solide avec ses bajoues, son calme olympien et en même temps cette référence à la fois d’idées et de parti. Elle donne la sensation d’être plus à la direction d’un mouvement politique qu’elle sert et incarne qu’en parcours personnel cherchant idées et adhérents. Angela Merkel à la française, sachant où elle va et en donnant cette sensation donc à ceux qui la voient, ne serait-ce que quelques instants. C’est bon. Evidemment…
On ne parle (déjà) plus de l’appel interjeté par le parquet dans l’affaire Clearstream. Je pense à la campagne présidentielle (celle de 2007 !) où il semblait, me semblait que Sarkozy, certes en possession d’état, multipliait les fautes les plus grossières devant lui aliéner peuple et élite. Et pourtant il gagna, et nettement, bien mieux que Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et que François Mitterrand en 1981. Vendredi dernier, il semblait avoir commis une faute, à peine camouflée, par cet appel dont l’inspiration était peut-être factuellement discutable mais qui certainement n’avait pas été empêché. Donc, la popularité allait à son adversaire. Quelques jours de recul montre que c’est bien joué de sa part. Toute la campagne de Dominique de Villepin, s’il la commence vraiment, va pâtir pas du tout du suspense pour la suite du procès et pour le prochain verdict (il serait trop gros de décider en appel une peine d’inéligibilité à quelques mois de l’élection présidentielle), mais de ce que – pour les gens, et c’est cela qui compte – l’on croira que le candidat ne s’agite pas pour gagner l’Elysée, mais seulement pour ne pas aller en prison. Ce qui évidemment fera écoûter d’une oreille distraite ses programmes et ses propositions. C.Q.F.D.
Inscription à :
Articles (Atom)