lundi 6 juillet 2009

Inquiétude & Certitudes - lundi 6 juillet 2009

Lundi 6 Juillet 2009

Prier… [1] l’Eglise redonne le récit de l’autre dimanche, l’hémorroisse et la résurrection de la fille de Jaïre. Mise en scène de deux actes de foi. Le notable comme la malade ont cependant leur idée : Jésus devra imposer les mains à la mourante, toucher le vêtement de cet homme sera salvateur pour l’infirme. L’un et l’autre s’approchent. Jésus est disponible : il suit aussitôt le notable, il ne prend pas mal le geste fétichiste de l’hémorroïsse. Confiance, ma fille. Ta foi t’a sauvée. Et non pas : je te sauve ! ou, j’arrive pour la sauver. Jésus, silencieusement, se laisse faire, il cristallise notre foi, il la constate. Simplicité totale. L’évangile ne donne pas la réaction des miraculés, mais des témoins, c’est-à-dire la propagation de la foi (locution forcément abîmée puisqu’elle a intitulé ensuite des services du Vatican, mais des institutions sans nom ?). En revanche, dans l’Ancien Testament, avec les patriarches, puis par les prophètes, Dieu est prolixe (si l’on ose l’écrire ainsi). Le songe de Jacob (l’échelle que verra aussi Nathanaël dans le Nouveau Testament à l’invite du Christ). Jacob, héritier par supercherie et usurpation, a le sens du spirituel. Il sait lire ses rêves, il sait discerner ce qu’il lui arrive et où il se trouve, et cela en toute humilité : vraiment, le Seigneur est dans ce lieu ! Et moi je ne le savais pas. Jacob, ce que n’avaient fait ni Abraham ni Isaac, prend l’initiative, en réponse à ce songe qu’il a identifié comme parole de Dieu, d’un pacte avec Celui-ci. Si Dieu est avec moi, s’il me protège sur le chemin où je marche, s’il me donne du pain pour manger et des vêtements pour me couvrir, et si je reviens sain et sauf à la maison de mon père, le Seigneur sera mon Dieu. Cette pierre dont j’ai fait une stèle sera la maison de Dieu. La vie entière, l’existence d’un homme sont ainsi vouées dans leur détail et leur nécessité. Une vie spirituelle, une relation à Dieu commence. Le conditionnel n’est pas incrédulité ou forfanterie – il est, je crois, demande très sérieuse et adulte d’un homme à Dieu, d’un homme qui s’embarque en Dieu, c’est une vocation à la suite d’un signe et d’une proposition : voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai promis. Nos vies sont placées dès leur commencement sous le signe d’une promesse : accompagnement et accomplissement.

matin

Une déclaration-commentaire que je prends (France-Infos) en cours d’émission. Un dirigeant russe : Medvedev, Poutine, Lavroff, je ne sais, mais peu importe. Enfin, un dire réaliste et vrai sur les relations internationales aujourd’hui. Prochaine rencontre avec Obama se déplaçant à Moscou. Il y aura beaucoup de bonnes paroles, dit mon homme, mais peu de résultats concrets. Les Etats-Unis et la Russie ont des intérêts divergents sur presque tout. D’ailleurs, Obama garde et gardera l’essentiel des orientations de l’administration Bush. Peut-être quelque progrès sur un accord stratégique, auquel nous avons chacun intérêt. Même franchise, elle des Israëliens sur l’Etat palestinien, le statut de Jérusalem et le gel des colonies. Continuer de parler d’un processus de paix : lequel ? Ehud Barak avec un beau cynisme car il négocia à la dernière minute du mandat de Bill Clinton exactement le contraire de ce qu’il professe aujourd’hui. Au moins, les Russes sont-ils continus… comme l’étaient les Soviétiques. – En regard, l’avidité des Européens à entendre de bonnes paroles, la moindre miette : le salut par Sarkozy du discours de Bush à son dernier sommet atlantique, à Bucarest l’été de 2007. Avidité que ne paye pas de retour Obama. Et ce dernier a raison. Pour les dirigeants russes d’aujourd’hui, tels que je les ai pratiqués il y a une quinzaine d’années au moment de leur plus grande humiliation, il est évident qu’être raides avec les Etats-Unis, c’est avoir l’opinion publique (et nationale) avec soi. Tandis qu’en France, on émascule, médias aidant, l’opinion et le fin du fin, c’est d’être au mieux, photos. à l’appui, avec les Etats-Unis (et Israël).

Hénin-Beaumont. La coalition hétérogène au possible du Front républicain l’emporte de 250 voix ce qui fait 25 sièges et pour l’équipe Le Pen 8 seulement. Laurent Joffrin (Libération) : le FN, « ses valeurs, son programme, son comportement », impossible, danegreux, attentatoire, diabolique. Comment peut-on continuer de véhiculer cette dogmatique ? sinon pour camoufler grossièrement que ces « valeurs, programme, comportement » sont ceux pratiqués par Sarkozy et par l’U.M.P., crûment et simplement. Sylvie Pierre-Brossolette (Le Point), fait remarquer que ce Front républicain, c’est le triomphe de la tactique de Sarkozy, et que si Marine Le Pen était devenue maire de Hénin-Beaumont, tout changeait… effectivement, car elle a gagné sept points d’un tour à l’autre. Comment battre Sarkozy, par la gauche ? ou par la droite, en fait par une droite moins à droite et plus française que celle qu’il a médusée et qu’il incarne ?

La fascination pour la personnalité pathologique et le mode opératoire de Sarkozy dont, surtout les opposants, sont victimes, fait oublier une critique au petit point de la politique ou plutôt de l’absence économique et sociale du pouvoir actuel. Exemple, « le grand emprunt » : le voilà annoncé sans qu’on en ait le moins du monde délibéré l’objet ! il a été annoncé pour qu’il y ait quelque chose à annoncer. Chargé de consulter pour l’utilisation de l’argent qu’on récoltera : deux anciens Premiers ministres, Juppé et Rocard, et l’on revient à la critique habituelle – mais chaque fois pour un nouvel événement ou un nouvel aspect – du personnage que nous subissons nominalement à notre tête. Ce besoin de caution, ce besoin de s’attacher des adversaires, de les mettre à ses genoux, car ces deux anciens Premiers ministres n’ont aucune révérence pour lui. L’important est la démonstration que les idéologies et les convictions, voire même de grandes ambitions ne résistent pas à quelques miettes et à quelques caresses. Un des points décisifs de la personnalité du président régnant, c’est son mépris des personnes. Les prendre toujours par le bas, par le plus bas. Se prouver à soi-même sa puissance, à tous les sens du mot y compris le plus intime. Aveu aussi d’un manque de référence personnelle, d’un doute. De Gaulle ne prenait pas d’otage, n’avait pas besoin de caution..

L’affaire du SMS contre la loi Hadopi. Quelqu’un de TF1. Françoise de Panafieu, destinataire personnelle ou en nombre, cafarde : prix de beauté. Le ministère de la Culture intervient et obtient la sanction pour l’émetteur : le privé à la botte bien plus que le public, c’est le paradoxe, assez explicable au fond, du système français aujourd’hui. L’Etat résiste à son chef parce qu’il ne veut pas être démantelé et que chacun de ses agents a conscience qu’il s’agit d’un bien commun. Sarkozy – au bout d’un chemin que lui ont frayé Chirac, Balladur et Jospin – ne croit pas tant au privé (il peut y avoir des systèmes de concession et de cahiers des charges, voire la réinvention de compagnies à chartes) qu’appropriation par le privé.

[1] - Genèse XXVIII 10 à 22 ; psaume XCI ; évangile selon saint Matthieu IX 18 à 26


vendredi 3 juillet 2009

Inquiétude & Certitudes - samedi 4 juillet 2009

Samedi 4 Juillet 2009

Prier ainsi… Jacob béni par son père selon le subterfuge de sa mère Rébecca. [1] L’histoire, très conte, est archi-connue. A la relire, autrement qu’en récit mais en prenant le mot à mot, quelle que soit la traduction, des gemmes : tu vois, je suis devenu vieux mais je ne sais pas le jour de ma mort. Isaac dans cette incertitude prépare ce qui est en son pouvoir, le repas qu’il préfère et la bénédiction testamentaire pour son fils. Esaü, son fils aîné. Le dialogue ensuite entre le père et le cadet sort d’un livre de Perrault : comme tu as trouvé vite, mon fils ! – C’est que le Seigneur, ton Dieu, a favorisé ma chasse. Salomon fils d’un adultère, Jacob notre ancêtre et celui du Christ, par usurpation, il est vrai que nous sommes appelés à la participation divine du fin fond de nos péchés. Isaac est méfiant au possible, intuition humaine mais plan-dessein de Dieu. Le Seigneur, ton Dieu… pour tout charger, Jacob ne paraît guère croyant. Isaac a foi en son cadet qu’il prend pour l’aîné non par l’ouïe qui l’inclinerait à la défiance, non par la vue qu’il n’a plus guère mais par le toucher, abusé, et par l’odeur. Les sens obscurs du spirituel, le tâton de la foi et manifestement le contraire de nos plans propres. Bénédiction appelée de Dieu, primauté sur les autres. Les adages du Christ, personne ne coud une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement… on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres… et ce qui est neuf dans la vie des disciples et dans la nôtre, c’est l’Epoux, c’est-à-dire l’intime, un autrui donné et proche, celui qui fait joie et bonheur par sa seule présence. Revenir ou aller à cette réalité, la réalité, tandis que de toutes parts… la société et les moeurs déréglées, écoûte aux portes, usurpation, Rebecca et Jacob et leur laide complicité, notre monde actuel, noirceurs de chaque génération, notre époque carabinée, Isaac dont on abuse parce qu'il est vieux et se sait vieux.

La lâcheté… non seulement peu d’apport à l’intellect national, mais la manière de faire troupeau. Point zéro du Modem, imprudemment appelé par les organisateurs (pas par les commentateurs), re-fondation. Lettre ouverte de deux cent quadres du mouvement à François Bayrou : pourquoi ouverte ? réorientation et surtout changement de mode de gouvernement, et pourquoi pas de chef. Si aux élections européennes, François Bayrou et les listes qu’il a patronnées avaient été seconds ou troisièmes, il n’y aurait pas eu cette lettre. Le trésorier du mouvement, ministre depuis la semaine dernière. Argument de Nicolas Sarkzoy pour le « grand emprunt national » : prendre au mot, croit-il, les socialistes qui proposent un emprunt européen. Or, c’est tout différent.

Daniel Cohn Bendit : réunion environs de Paris d’Ecologie-Europe. Les régionales comme le Modem, Mars 2010, et l’on sera aussitôt à deux ans de l’élection présidentielle, et dès celle-ci, on sera à la suivante puisque censément le président sortant ne pourra se représenter (révision constitutionnelle en ce sens, entre autres, en Juillet dernier). Le métier partout … les élections tout le temps à préparer, faire vivre aux militants et aux électeurs, à commenter ensuite… les ministres-maires… l’abolition du mécanisme décisif de séparation, non des pouvoirs, mais des fonctions : un membre du gouvernement ne retrouve son siège que devant les électeurs, jamais automatiquement.

Nicolas Sarkozy n’était pas à Marseille. Défilé de trente mille personnes contre les « avions-poubelles ». Comoriens ? ou Marseillais solidaires ?

Ma femme, retour de Paris : les mannequins dans les boutiques de fringues aux alentours des Grands Magasins, boulevard Haussmann, sosies d’un unique modèle, Carla…

Entretien Olivier de Lagarde avec Christian Loison, président de Mikko-France. Depuis l’année préparatoire de Sciences-Po. (l’A.P.) Septembre 1960, j’ai compris que –France, voulait dire contrôlé par l’étranger et simple filiale; Mikko c’est Unilever. Une politique économique devrait avoir deux soucis, et pas trois : les travailleurs (en fait, moyens de vivre et dignité de la personne par l’utilité sociale et le regard mutuel des hommes et des femmes les uns sur les autres = travail, garanti par la déclaration universelle de 1948 – d’inspiration française, René Cassin, Henri Laugier, article 23), le patrimoine. Aujourd’hui, faire notre inventaire : le démantèlement de la protection sociale et du droit de la participation de tous à l’économie comme producteur et pas seulement comme consommateur obligé – et le patrimoine, que reste-t-il en France de direction ou de propriété majoritairement nationale ?Accessoirement, l’entretien montre que le meilleur gisement d’études de psychosociologie d’un pays, des Français en particulier, c’est le marchéage.

[1] - Genèse XXVII 1 à 29 ; psaume CXXXV ; évangile selon saint Matthieu IX 14 à 17

Inquiétude & Certitudes - vendredi 3 juillet 2009

journal d'il y a quarante ans - jeudi 3 juillet 1969

+ Jeudi 3 Juillet 1969


minuit vingt



Sourire de Bourvil.
Instant de grâce : Papa . Maman et moi devant la TV

_

Pompidou : enlever toute aspérité à la politique du Général
supprimer ce qui fait mal (uébec . Moyen-Orient . Viet Nam . UK)
Priorité à l’intendance . Faire plaisir . L’opinion publique d’abord .
Structures mises en place / sorte de super Premier ministre .
Pv personnel accentué . mais sans recul de vue . de
réflexion .

Sentiment profond . que la place de de Gaulle est à la tête
de l’Etat . Seul à être légitime .

Les Français au fond avaient l’impression que de Gaulle
les faisaient vivre au-dessus de leurs moyens .
Espèce de rage masochiste à rentrer dans le rang .
à faire comme tout le monde .
Le bon sens . . . le réalisme . . . le sens du possible .
L’armistice sur toute la ligne . Ne plus faire parler de soi .
Ne pas être en avant . Etre bien élevé .

On ne cesse de parler de continuité dans le changement !
de faire du gaullisme sans de Gaulle .
la politique d’Edgar Faure ou de Malraux . sans Faure ni Malraux, etc.
C’est vraiment le mensonge à l’état pur .

Concert de louange dans la presse : « la magie du verbe »
titre
Le Figaro . . .
En fait . l’ouverture politique est minuscule :
Giscard c’est une réconciliation momentanée . pas une ouverture .
Duhamel et Pleven n’ont aucun caractère . et ne représentent rien .
Alors qu’en 58 . de Gaulle avait fait entrer au Gvt : Mollet . et Pinay .
c’était autre chose !

Le programme ?
Des plus nébuleux . Quant aux relatives précisions .
elles sont de bon sens . ou consistent en analyses mille fois
faites depuis un an . par le Gvt Couve de Murville .

Refus très net . de donner un tour de vis .
et porte ouverte au laisser-aller .
On sacrifierait
Concorde . mais on ne touchera pas aux salaires
et on ne fera pas d’austérité .
Et reprise du « dialogue » avec les syndicats . au lieu
de leur faire perdre l’habitude de l’Etat seul responsable et
centre de décision .

En plus . légèreté et désinvolture qui ne pourront être
supportées longtemps : – le nombre de secrétaires d’Etat
dont . à y regarder de près . on ne voit pas à quoi ils servent .
– le style Chaban-Delmas . En petit marquis .

Et sur le plan essentiel . Pompidou prisonnier de l’opinion publique .
qui a renvoyé de Gaulle sur un caprice . qui a eu le
vertige de tout ce qui n’allait pas . . . a tout remis en cause
d’un bloc – plus de politique extérieure trop en vue
(restes du prestige . mais en même temps la tarte à la crème
de l’Europe . il paraît que c’est l’avenir . et puis plus de
coups de gueule : Québec . Moyen-Orient . Angleterre)
– plus d’O R T F
– du dialogue . du dialogue . . .

D’où un Gvt et une politique qui auraient pu être
ceux de Poher !
_

mercredi 1 juillet 2009

Inquiétude & Certitudes - mercredi 1er juillet 2009

Mercredi 1er Juillet 2009

Prier… [1] artifice, convention et acharnement de nos vies, ces chemins que nous croyons nôtres, des obstinations. – Ma femme, à Paris, me téléphone. Le métro, les transports en commun vers la gare de Lyon. La pauvreté, la misère, cela donne froid dans le dos, quoique la ville soit insupportable de chaleur, de température dès le matin. Les chefs d’entreprises, les politiques n’en ont aucune idée, les élus non plus, tous satisfaits que ces gens vivent ailleurs, en banlieue. Elle arrive de Barbès, le marché sous le « métro aérien », tous ces Arabes, ils vivent presque joyeusement, en tout cas ils survivent avec le sourire, les mauvais garçons qui trainent, rendent quelques services en coltinant et se faisant un peu payer. – La réalité française est là, les débats sur la burkha, hier sur le foulard, nos communautarisations. En fait, il y a des ghettos, nos banlieues, il y a des camps de rétention, des espaces mentaux et physiques de non-droit. La politique-parole, les médias-spectacles-people et autres bling-bling sont complètement hors sujet pour le grand nombre. – Ici, les meules de foin édifiées à la fourche antan sont aujourd’hui ces énormes rouleaux, en deux semaines, la campagne a jauni. Evidence du couple dès la Genèse. – Jésus arrivait sur l’autre rive du lac, deux possédés sortirent du cimetière à sa rencontre… et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus, et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur région. … l’affaire des possédés. Les ghettos d’alors… je ne devinais pas que cette lecture enchainerait ainsi sur l’appel de ma chère femme. L’exclusion non seulement des malheureux mais de Celui seul qui pourrait remédier à nos dérangements. Un prix tout de même : le troupeau de porcs, du bien sont perdus. La société ne le veut pas. L’enfance d’Ismaël. Dieu fut avec lui, il grandit et demeura au désert et il devint tireur à l’arc. Il demeura au désert de Parane, et sa mère lui choisit une femme du pays d’Egypte. La mère célibataire, un métier, un mariage, une société. Abraham dominé par Sara, celle-ci raciste : le fils de cette esclave ne doit pas partager l’héritage de mon fils Isaac. Douceur, mansuétude de Dieu, confident d’Abraham, entre « hommes », la question se règle au mieux : ne t’irrite pas… accorde à Sara … mais je ferai aussi une nation du fils de l’esclave, car lui aussi est né de toi. Sérénité de l’Ancien Testament et tohu bohu du Nouveau : Jésus dérange, Yahvé arrangeait. La nouvelle société… des riches ont tout perdu, ils ont faim ; qui cherche le Seigneur ne manquera d’aucun bien. … Notre Père, que votre règne arrive.


matin

Ma femme, à Paris, me téléphone. Le métro, les transports en commun vers la gare de Lyon. La pauvreté, la misère, cela donne froid dans le dos, quoique la ville soit insupportable de chaleur, de température dès le matin. Les chefs d’entreprises, les politiques n’en ont aucune idée, les élus non plus, tous satisfaits que ces gens vivent ailleurs, en banlieue. Elle arrive de Barbès, le marché sous le « métro aérien », tous ces Arabes, ils vivent presque joyeusement, en tout cas ils survivent avec le sourire, les mauvais garçons qui trainent, rendent quelques services en coltinant et se faisant un peu payer. – La réalité française est là, les débats sur la burkha, hier sur le foulard, nos communautarisations. En fait, il y a des ghettos, nos banlieues, il y a des camps de rétention, des espaces mentaux et physiques de non-droit. La politique-parole, les médias-spectacles-people et autres bling-bling sont complètement hors sujet pour le grand nombre. – Ici, les meules de foin édifiées à la fourche antan sont aujourd’hui ces énormes rouleaux, en deux semaines, la campagne a jauni.

après-midi

La misère du monde… tandis que j’essaie de rédiger quelque chose pour savoir ce que je comprends moi-même de ce pays qui m’est cher : la Mauritanie, en énième comédie électorale… une correspondante m’envoie ceci. J’en écris aussitôt au chef de cabinet du Premier ministre - lui-même, préfet, avec copie au directeur du cabinet du président de la République, lui aussi préfet.

Un Mauritanien en situation irrégulière a été interpellé au début du mois de juin sur son lieu de travail, le commissariat de police d'Orléans (Loiret) dont il lavait les vitres depuis six ans, a-t-on appris auprès du tribunal de grande instance de la ville.
Alassane Tall, 46 ans, a néanmoins été remis en liberté le lendemain car le juge des libertés et de la détention a annulé la procédure d'interpellation pour, explique-t-il dans son ordonnance, "absence de base légale".
Depuis six ans, Alassane Tall se rendait une fois par mois au commissariat d'Orléans pour y nettoyer les vitres. Les fonctionnaires le connaissaient et le laissaient entrer avec son matériel. Mais le 10 juin, un policier lui a demandé ses papiers. Le Mauritanien a alors reconnu qu'il n'en avait pas. Après quelques recherches approfondies, la situation irrégulière du laveur de vitres est apparue au grand jour. Il a aussitôt été interpellé et placé en rétention administrative.
Le JLD du tribunal de grande instance d'Orléans, saisi par la préfecture d'une demande de prolongation de la période de rétention, a annulé la procédure. Il a notamment estimé que "le fait de venir laver les vitres d'un commissariat n'est pas une raison plausible de soupçonner que le laveur de vitres a commis ou tenté de commettre une infraction". Le parquet n'a pas fait appel.
Alassane Tall est arrivé en France en 2002. Il a trouvé du travail dans une société de nettoyage de l'agglomération d'Orléans. En octobre 2008, il avait même défilé au côté d'un collectif de travailleurs sans-papiers et était intervenu à la télévision pour demander des titres de séjour.
Un collectif, animé notamment par le syndicat CGT, tente de convaincre la préfecture de réexaminer la situation d'Alassane Tall. Selon sa porte-parole Estelle Cazalda, "il est dans une position inextricable. D'origine peul, il n'est pas reconnu dans son pays, la Mauritanie, qu'il a dû fuir suite à des tortures subies en raison de ses origines. Il paye des impôts et des cotisations en France, il serait juste que notre pays le reconnaisse", dit-elle.
La préfecture du Loiret n'a pour l'instant pas souhaité communiquer sur cette affaire. AP


Comment n’être pas fatigué ? je le suis. J’entends un Comorien, qui a notre nationalité – son archipel est-il viable ? ne sommes-nous pas dans le texte-même du général de Gaulle faisant le tour de notre outre-mer l’été de 1958 pour l’incliner à voter oui à une Communauté de fait et d’avenir entre ces gens que nous connaissons et qui nous connaissent, et la France, notre grande chose ensemble ? l’époque demande des ensembles – et ce pauvre homme, adjoint au maire d’un arrondissement de Marseille communique excellemment tandis que Dominique Bussereau maintenu, sans sens de sa dignité personnelle, se maintient à son strapontin. Il est ignoble que nos compagnies aériennes nationales se défaussent par transit sur des misérables parfaitement identifiés et qu’Hergé – dans Coke en stock – nous a décrits. Honte à nous. Crésus, à qui – enfin – ses vainqueurs (éphémères) firent boire de l’or en fusion puisqu’il en aimait tant les espèces… cet après-midi, on crie victoire comme si nous étions des haltérophiles de la reprise économique : les immatriculations de voiture ont augmenté de 7% ce mois-ci ou ce trimestre-ci par rapport au précédent ou par rapport à la même époque, l’an passé.

Détermination … un des maîtres-mots de la culture RPR – les leçons de présence sur le terrain – telle que je l’ai subie en tentative électorale à l’automne de 1980 dans le Haut-Doubs. Ce mot, et plus encore : franchise, clarté. Celles des pots de peinture sur les pare-brises de voiture pour illustrer un candidat gaulliste bénéficiant du soutien du « parti » mais ignorant ce que pouvait signifier le dixième anniversaire du 9 Novembre… un sénateur dans l’Isère, soupçonné de pédophilie, la fille de six à onze ans d’une de ses maîtresses… le secrétaire général de l’UMP. Une cirulaire adressée aux restaurateurs le 5 Mai dernier : promesse électorale (en fait, celle de Jacques de Chirac) tenue par Nicolas Sarkozy (Bruxelles, bien bonne…), la TVA à 5,5% moyennant 40.000 emplois créés et une baisse des montants de l’addition présentée en fin de repas (à voir naturellement). La circulaire expose la promesse et en quoi elle a été tenue, et donne les modalités d’adhésion au parti présidentiel. Un restaurateur refile cela aux médias, qui le sorte aujourd’hui : deux mois après, un sur cent vingt mille puisque c’est le chiffre avoué de la diffusion, et s’interroge, si Martine Aubry, après les 35 heures, avait… etc… que n’eût-on entendu ? Xavier Bertrand ne s’émeut pas, aucun clientélisme ce faisant mais joie au contraire : quatre cent nouveaux adhérents (sur 120.000 destinataires, qui a payé le publipostage ?) enfin introduits dans la vie politique, à plein. Sa détermination redouble…


[1] - Genèse XXI 3 à 21 ; psaume XXXIV ; évangile selon saint Matthieu VIII 28 à 34