vendredi 5 juin 2009

Inquiétude & Certitudes - vendredi 5 juin 2009

Vendredi 5 Juin 2009

Prier… [1] concentration, remise de soi, discernement, force, passage. Anne allait s’asseoir tous les jours au bord de la route, sur une hauteur d’où elle pouvait voir au loin. Comme elle guettait l’arrivée de son fils, elle l’aperçut au loin… c’est le père du prodigue… mais la mère court d’abord à son mari. Alors, le chien qui les avait accompagnés dans le voyage courut en avant ; il arriva comme un messager, et il remuait la queue en signe de joie. Rare épisode de l’Ecriture mettant en scène un chien et de façon positive (les petits chiens évoqués par la Cananéenne dans l’évangile – notre doyenne qui vit son dernier temps dans cette version-ci de la vie). Le père aveugle se leva et commença à courir en trébuchant. L’événement met tous en mouvement. Retrouvailles comme les fiançailles et la première nuit de Tobit avec Sara : ils se mirent à pleurer de joie. Lorsqu’ils eurent adoré Dieu et rendu grâce, ils allèrent s’asseoir. Guérison selon les prescriptions et la prophétie de l’ange, dénouement et lecture totalisante d’une vie : tu m’as sauvé et voici que moi, je vois mon fils Tobie. Les contemporains du Christ sont moins clairvoyants. L’énigme que leur pose Jésus ne les fait pas réagir, mais la foule qui était nombreuse, l’écoutait avec plaisir.

matin

Mauritanie.

Je reçois d’un ami : Dans l'ensemble, l'opinion publique a très bien réagi à l'accord de Dakar, hormis quelques faucons de l'entourage de Aziz. D'une part, la majorité des gens veulent éviter au pays le spectre des sanctions et de l'isolement. D'autre part, nous sommes tous persuadés que si l'élection se déroule avec un minimum de transparence, Aziz ne passera pas le premier, surtout que la candidature de son cousin va lui arracher une partie de son électorat. Et si jamais il passe au second tour, il ne bénéficiera d'aucun report de voix, si ce n'est celui de Kane ou de Sghair dont les scores seront ridicules.

Et d’un autre : Je suis votre raisonnement sur l’attitude que pourrait avoir le président Ould cheikh Abdallahi face au compromis de Dakar. Néanmoins il ne tiendra pas la posture que vous décrivez. Puis revenant vers moi, il ajoute : Il est probable que le vote prévu confirme le président Ould Abdel Aziz. Dans cas contraire (un élu issu ou promu au premier tour par l’opposition), la transition qui dure depuis quatre ans aurait matière à se prolonger : vous évoquez le jeu parlementariste de contestation entre autres éléments d’instabilité. Cette transition n’à que trop duré pour tout le monde. Le pouvoir devrait « se poser » dans ce pays. C’est un besoin des politiques locaux, pour qui, il y a besoin de toucher de façon stable l’objet de leur luttes et un besoin de la poignée d’Etats concernés par le pays : Les positions acquises ont à présent besoin de « mauritaniens qui retournent au travail », sans quoi la crise de pouvoir risque de se transformer en une crise politique pour coup ! Et puis « le monde » n’a pas que la Mauritanie comme objet de préoccupation.

Les médiateurs iraient - demain - à Lemden voir le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, mais en quelle qualité ? et pour quoi ? lui faire promettre quoi ? puisque celui-ci ne peut avoir d’interlocuteur constitutionnel que l’éventuel Premier ministre, que lui présenterait – selon l’accord de Dakar – le consensus des partis politiques mauritaniens.
La nomination de ce dernier est à la signature du président élu, l’article 40 de la Constitution ne la donnant pas à l’intérimaire.

ARTICLE 40: En cas de vacance ou d’empêchement déclaré définitif par le Conseil constitutionnel, le Président du Sénat assure l’intérim du Président de la République pour l’expédition des affaires courantes.
Le Premier Ministre et les membres du gouvernement, considérés comme démissionnaires assurent l’expédition des affaires courantes.
Le Président intérimaire ne peut mettre fin à leurs fonctions. Il ne peut saisir le peuple par voie de référendum, ni dissoudre l’Assemblée Nationale.
L’élection du nouveau Président de la République a lieu, sauf cas de force majeure constatée par le Conseil constitutionnel dans les trois (3) mois à partir de la constatation de la vacance ou de l’empêchement définitif. Pendant la période d’intérim, aucune modification constitutionnelle ne peut intervenir ni par voie référendaire, ni par voie parlementaire.

On est évidemment dans un tissu de contradictions, puisque le président du Sénat ne fait l’intérim qu’irrégulièrement, son assemblée n’ayant pas été renouvelée dans la proportion prévue par la Constitution : cela devait se faire en Avril, mais les putschsites pouvaient perdre leur intérimaire de choix, et censément du fait de la démission du général putschiste des fonctions qu’il a usurpées., et non du fait d'un empêchement constaté de l'élu du 25 Mars 2007 Et que faire signer quoi que ce soit au président légitime mais renversé, c’est reconnaître qu’il est encore légitime à la date de sa signature. Tandis que l’anticipation de l’élection présidentielle s’organise déjà sans qu’il ait encore signé sa démission.


après-midi

Je visite les sites mauritaniens. Taqadoumy et For.Mauritania. Le premier est plus intéressant encore par la publication de commentaires à ses articles et dépêches que par le contenu de ceux-ci. Mais – est-ce contre moi, ou s’agit-il de hasards répétés ? – le site s’évanouit quand je m’identifie pour les commentaires que je donne. J’ai dû prendre plusieurs « identités » pour faire remarquer les contradictions multiples tournant autour de la personne et de la fonction du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. La laudation de celui-ci par le président Wade : déplacée hier soir, à la cérémonie de signature à Nouakchott, de l’accord du 3 paraphé à Dakar. Wade a reçu une déclaration en sortant de table chez Sidi, le 15 Mai, il ne l’a pas revu depuis, je lui ai écrit hier matin à quelles conditions son homologue légitime a d’abord pensé pour que sa démission serve à quelque chose : désarmer les militaires, et j’ai exposé la logique d’un intérim précisément exercé par lui qui ne remettrait l’exercice de ses fonctions présidentielles recouvrées non pour quelques secondes mais pour quelques semaines, à l’élu du prochain scrutin. Respect du consensus sur la tenue de ce scrutin, mais relais des manifestations de ces dix mois pour que vraiment les armes principales soient enfin au musée des mauvais souvenirs. Wade sait donc, et pourquoi n’irait-il pas à Lemden lui-même. For-Mauritania enregistre les approbations de partout et m’apprend que l’ambassade de Paris a été occupée quelques heures.

Au total, je crois surtout que rien n’est figé ni prévisible. Mes amis nouakchottois, dans cette ambiance, croient que le putschiste peut être battu, mais il compte sur un autre militaire, celui du putsch précédent. Foule de candidats qui effectivement vont forcer au second tour. Pas d’indice d’un raz-de-marée pour mon cher Ahmed Ould Daddah, pas non plus de mouvement d’admiration et de sympathie pour l’éminent ami – le président légitime mais renversé – que notre correspondance de ces derniers temps, m’a donné. L’imprévisible…

Fidèle à son nouveau visage et à ses nouvelles manières, la France… c’est notre ambassadeur à Dakar, pourtant en disgrâce au début de l’année puisque le président Wade demandait son rappel, et initialement créature de Kouchner, l’académicien Ruffin qui salue l’accord, assure que Nicolas Sarkozy a suivi chaque péripétie de la négociation, et qui se rend à Nouakchott, en tant que facilitateur. Bruguière, seul ambassadeur démissionnaire en Juin 1940 – il était à Budapest – re-démissionne en 1946 quand il apprend par la presse que le président du Gouvernement provisoire, ministre des Affaires étrangères, vient en visite à Bruxelles où il nous représente. Il donne sa démission alors que le mariage de sa fille devait se célébrer dans la semaine et évidemment à l’ambassade. Le nôtre à Nouakchott…

soir

France.

Un ami, journaliste de profession et très relationné dans nos milieux dirigeants de premier et de énbième rang, ce qui donne quelque profondeur de champ à l’instantané, a vêcu – comme moi – assez mal le débat télévisé d’hier soir. Il m’écrit drôlatiquement, car il pourrait être romancier.

J’ai trouvé Bayrou indigne de la hauteur qui devrait seoir à un homme de la nation, surtout face aux banderilles émoussées du trublion bonifié de Nanterre-68, pour lequel j’incline du coup à voter ce dimanche.
C’est aux abois que l’on découvre les qualités du chef de meute, et là nous avons trouvé le Béarnais rétrogradant au niveau des « barreurs de petit temps », jadis dénoncés par la Dume !
C’est assez dommage car le vivier des présidentiables est abonné aux basses eaux. J’y aperçois, tapi sous la roche tarpéienne, le banquier DSK, mais ses innombrables coups de braguette lui joueront des tours dans la campagne ; Juppé, s’il s’emploie à travailler ses réseaux. Et je n’imagine pas Hollande-Hardy ou Stan-Fabius, qui ont leurs qualités, réussir leur retour en grâce dans l’arène nationale. Villepin me paraît trop marginalisé parmi les siens et bien éloigné de l’affection des âmes simples qui composent le corps électoral. La valeureuse Martine Aubry pourra-t-elle se désembourber des guéguerres solfériniennes ? Ou, à Dieu ne plaise, reverra-ton s’affronter le lunatique sortant et l’incontrôlable poitevine ?
A la faveur de la capilotade économique et de la montée des fascismes mondiaux – voilés, enturbannés ou bottés - un (une) Bonaparte républicain (républicaine) est-il (elle) en embuscade !

Il semble bien que la passe d’armes entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit – crispée pour le premier et soudainement très haineuse et sous la ceinture pendant trop de secondes et minutes, rieuse et rigolarde mais perversement habile pour l’autre – pourait non seulement peser sur le rang de classement après-demain soir entre les deux listes, mais peut-être même sur l’avenir présidentiel de l’ « omni-opposant », mais le mot est si bon et sert tellement l’ « omni-président » dont les servants n’ont pas su trouver cette réplique, qu’à terme il confirme ce qui avait noué l’incident si révélateur de chacun des combattants : la domesticité proche ou lointaine, les complicités objectives que sécrète le système Sarkozy et le personnage lui-même (que celui-ci le veuille ou non – précaution que je ne dois pas prendre, le président régnant ne vit que dans la confrontation, ni dans le débat, ni dans la recherche du consensus : écraser est la meilleure manière de persuader, persuader n’est qu’un discours, tuer et ficeler, c’est gouverner). Le candidat à la présidentielle de 2007 puis de 2012 ou avant, a certainement eu le tort de considérer l’élection européenne comme une étape en positionnement intérieur, au lieu de s’en tenir à une technicité et à sa conviction européennes, a tout à perdre parce qu’il s’est situé ainsi, le faux pas est encore plus handicapant, tandis que « Dany le rouge » n’a qu’à gagner.

Je lui réponds :
Oui FB a perdu pied devant CB. DSK sera le candidat officiel du PS et perdra pour complicité objective et tutoiement avec NS pendant cinq ans et dans le face à face du second tour. Mais Ségolène sera candidate quoi qu'il arrive.
Le fascisme d'aujourd'hui, bien plus dangereux qu'hier car il ne conduit qu'à l'écrasement du plus grand nombre dans chaque pays, sous le populisme ambiant et les médias adonnées à Roland Garros et au foot, et qu'il n'y a plus d'uniforme. Hier, il y avait la guerre et son dénouement. On n'en prenait que pour cinq ou dix ans, sauf en Italie où il ne fut, je crois, jamais très méchant. Aujourd'hui nous installe dans l'éternité.
Et m’aperçois n’avoir pas réitéré ma conviction. Le fascisme n’est pas pour demain, nous y sommes depuis deux ans et un mois. Concluant son livre – qu’il ne savait pas posthume et avait rédigé en vue de sa candidature présidentielle en 1969 – Georges Pompidou écrivit : Le fascisme n’est pas si improbable, il est même, je crois, plus près de nous que le totalitarisme communiste. [2]

La gouvernante africaine de la vieille amie chez qui je squatte quand je viens à Paris m’apprend deux choses, l’une anedotique et confirmative, l’autre de fond. Se rendant elle-même à Paris, transports en commun, elle a trouvé le sud de la capitale bouclé, les autobus ne circulant plus, les CRS en nombre impressionnant à ne savoir, dit-elle, d’où ils sortent. Le scenario de Strasbourg, de Nancy. Nous évoquons Obama, puisque c’est lui qu’accueille Nicolas Sarkozy : à Orly sans doute, nous n’en sommes pas loin. Un attentat au missile depuis nos fenêtres, les talibans. Mais non, ils ne feront rien, il a dit qu’il aime les Arabes, il en est donc un. Barak Obama à force d’être de toutes les origines, en a-t-il une ? et l’Afrique noire se reconnaît-elle en lui ? je dois donc croire que non… mais alors ? Les discours de Ryad et du Caire ont donc rendu perplexe.

En tout cas, demain, la photo. pour le scrutin européen. Mais Nicolas Sarkozy qui ne vit qu’au présent et n’écrit qu’au présent sans mémoire ni perspective, ce qui n’exclut pas au contraire le calcul pour un futur à déjà organiser – avoue par cela que le projet européen est bien tributaire de l’Amérique, et plus que jamais. Le débat si chaotique hier était, sur le fond, bien plus riche de substance et de convergence qu’en le suivant, on n’en avait la sensation : les élargissements qui sont une difficulté de l’Union depuis « la chute du mur » se sont opérés sur pression américaine, la Turquie évidemment, mais le bouclier anti-missile et anti-Russie a supposé que Pologne et Tchéquie soient amarrés de façon moins « provocante » que par l’OTAN ou au contraire a-t-on voulu, les Etats-Unis ont-ils voulu que ce soit à doubles amarrages.

Ce soir, Nicolas Sarkozy doit essayer d’intéresser l’Américain et ses services – voire de briller – selon l’entretien qu’il a eu avant-hier avec le ministre iranien des Affaires étrangères…



[1] - Tobie XI 5 à 17 ; psaume CXLVI ; évangile selon saint Marc XII 35 à 37
(2) Le nœud gordien – écrit avant le 27 Avril 1969 (paru posthume Mai 1974 . Plon . 205 pages)

jeudi 4 juin 2009

débat France 2 - Arlette Chabot - élections européennes - soir du jeudi 4 juin 2009

Je regarde rarissemement la télévision, ne le regrette que pour des émissions historiques ou quelques grands dossiers, comme l’ensemble sur Pierre Bérégovoy lequel m’est si cher. Tout simplement parce que nous ne l’avons pas où nous habitons. Mais je ne le regrette pas, ainsi ce soir. Le débat Français, à vous de juger ! sur France 2 . animé par Arlette Chabot, à partir de 20 heures 40.


Je cadre mes impressions et commentaires, avant de donner ci-dessous, des notes prises à mesure.

Le débat était impossible à organiser et à maintenir en clarté et en respect mutuel du seul fait du nombre de participants : quatre ou cinq devrait être le maximum sur le plateau. Mieux aurait valu faire défiler. L’enjeu étant de glaner des voix ou de ne pas en perdre, chacun a été longtemps véhément dès lors qu’il se sentait sur la défensive. Chacun n’a parlé à son avantage et pour la clarté des positions respectives ou du débat d’ensemble, ; que quand il a été libre pour une tirade, ou une conclusion.

Deux personnalités saillantes. Martine Aubry vers la fin, connaissant ses dossiers, éloquente, tenace. Je ne la connaissais pas sous un jour aussi favorable. Elle avait le rôle ingrat car le Parti socialiste n’a pas toujours été cohérent dans ses positions, et l’évolution de l’entreprise européenne a eu son tournant – de justesse – avec Maastricht : projet mitterrandien. Excellente sur la défense de la Turquie et sur l’attrait exercé oar l’Europe ou qu’elle devrait exercer. Olivier Besancenot, connaissant et citant avec à propos des exemples de terrain ou des éléments de notoriétés publiques, il est de surcroît parfaitement européen.

Des points d’accord quasi-unanimes sauf Xavier Bertrand – ce dernier pris à mentir aussi bien par Martine Aubry que par Besancenot, Cohn-Bendit et Bayrou, visage mou d’un cadre nazi moins l’uniforme. Empêcher l’investiture de Barroso. Le libéralisme et le mondialisme ne sont plus soutenables. Les nécessaires harmonisations fiscales et sociales, le salaire miniumum européen à terme.

François Bayrou vivement accroché avec Cohn-Bendit, montrant qu’en d’autres lieux ils se tutoient. La une du Monde évoquant que le second passe avant le premier pour la troisième place, ne pouvait qu’exacerber un probable paquet de linge sale entre eux depuis longtemps.

Institutions. Personne n’ose mettre au programme un président élu au suffrage direct de tous les citoyens européens, pouvant convoquer le referendum européen (même question, même jour, partout) dans les matières déléguées par les Etats au sens de la Constitution ou des traités. Perfsonne n’a évoqué la probabilité que le prochain Parlement européen soit constituant si le traité de Lisbonne n’entre pas en vigueur. Pour Xavier Bertrand la question est traitée par deux faux-semblants : la présidence française au dernier semestre est l’exemple de ce qu’il faut faire et être. J’ai X fois démontré qu’elle n’avait été qu’agendas et images, que la Géorgie avait été dépecée et qu’aucun projet d’ensemble européen n’avait finalement été adopté en aucun domaine ni alors ni depuis. Et le second mensonge c’est l’entente franco-allemande. Les deux chefs ne s’aiment pas, c’est certains et Sarkozy irrite par sa prétention.

Prestations déplorables : Marine Le Pen, Philippe de Villiers. Très inégale, celle de Jean-Luc Mélenchon.


20 heures 54 + Je prends en route l’émission d’Arlette CHABOT : Français à vous de juger. L’élection européenne. 54% des Français la jugent comme une occasion de manifester leur mécontentement au gouvernement.

Duel Xavier BERTRAND c. Martine AUBRY. Le slogan quand l’Europe veut, elle peut. Bien entendu, elle a voulu, cf. la présidence française.

COHN-BENDIT remarque que l’on ne convie que les chefs de parti en France, alors qu’en Allemagne, en « Hollande » on prend des candidats en tant que tels, connaître les députés.

BAYROU, attendu à la compétition entre le Modem et la liste Ecologie de COHN-BENDIT-Eva JOLY, sera-t-iol troisième ou pas. Ce matin Ecologie le devançait. Il estime que la vie des Français n’est pas en tranches, et que les électeurs ne distinguent pas les élections ; la crise est absente de la campagne. Consensus aussi pour ne pas faire entrer Nicolas SARKOZY dans la campagne. COHN-BENDIT tente le tutoiement. BAYROU : je ne veux pas être dans la connivence (avec SARKOZY). Majorité des Français veulent un vote efficace. Vous voulez épargner le pouvoir actuel en France. COHN-BENDIT : continuez, MARCHAIS, je roule pour de GAULLE depuis cinquante ans. Tu peux parler. Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas parler de NS ni de la crise, mais j’ai dit que l’Europe est le moyen de résoudre la crise. Le débat, c’est de discuter les mesures, il y a une Europe libérale, et il y a une Europe Dire que Il y a l’omni-président l’omni-opposant. Arrêtons ce petit jeu. – Discours trop long – 16 Décembre 2008, NS à la tribune du Parlement européen. COHN-BENDIT l’interpelle. NS dit : moi je vous connais depuis longtemps, on se téléphone souvent, vous êtes venu trois fois déjeuner… COHN BENDIT, mon pote tu es minable, c’est une ignominie, tu ne seras jamais président. – BAYROU je trouve ignoble que tu aies – certes une fois vous êtes arrivé en retard. Climat de connivence que pour ma part, je n’accepte pas. Des gens en bas. Quel est le seuil de pauvreté ? Vous le savez. Vous n’avez pas le monopole du cœur. – Les deux s’empoignent avec haine, et donnent l’impression certaines qu’ils se connaissent depuis longtemps. – COHN-BENDIT, l’omni-opposant. Donner une réponse ensemble à BARROSO. Ils se Les gens qui souffrent ont besoin de toi, de moi, de Martine. – BAYROU : prenons l’engagement de ne pas voter BARROSO. – AUBRY : ZAPATERO, si la majorité de droite ne change pas, je soutiendrai BARROSO par solidarité ibérique pour éviter l’homme de BERLUSCONI. Mais si c’est la gauche, il votera quelqu’un d’autre. – BAYROU, le Polonais que j’ai défendu, un aparatchik scialiste a été préféré. – AUBRY

BESANCENOT et MELANCHON. MELANCHON, une honte : seul débat. J’ai été chassé du plateau dans le sud, au motif qu’on ne reçoit que les partis sortants. Je refuse ce cadre. BESANCENOT n’est pas mon adversaire. Mon adversaire est BERTRAND et j’ai une dispute avec Mme AUBRY : avec les socialistes, j’ai partagé trente ans de ma vie. La logique du traité de Lisbonne. – Pourquoi choisir MELANCHON ? pour sanctionner le PS : Arlette CHABOT. – MELANCHON seules différences ave BESANCENOT : rassembler cette autre gauche, pour changer la gauche et passer devant vous le socialistes. – BESANCENOT : on pense qu’il y a un espace, celui de l’anticapitalisme. Il y a quatre-cinq mois, NS parlait de la crise du siècle, aujourd’hui plus rien. On trouve de l’argent poour les soéculateurs, mais quand on tape au carreau pour les hopitaux, le service public. Les Caterpillar 3,5 milliards de bénéfice alors que licencient. Les 800 revenus plus aisés ont reçu un chèque de 360.000 euros chacun. PSA et Renault, 3 milliards chacun tandis que les sous-traitants meurent : on est passé du chômage technique aux licenciements. Usine nouvelle, on ne s’occupe pas des canards boîteux.

Xavier BERTRAND : le plan automobile au niveau européen. Il y a les grands discours et il y a l’action. Monsieur BESANCENOT, la crise touche tous les pays du monde, vous le savez bien. – AUBRY, vous avez donné de l’argent sans contrepartie, automobiles et banques.

Front national - Marine LE PEN, on arrive seulement. Tous ceux que l’on a entendu ont voté pour Maastricht, qui ont été d’accord pour Schengen et pour le referendum sur la Constitution, ont voté le traité de Lisbonne. Les dirigeants ont été pour, et les Français contre. – Philippe de VILLIERS. Ce n’est pas un latch mais la vie des Français qui souffrent. – Arlette CHABOT : les journalistes peuvent-ils poser une question ? – VILLIERS m’exprimer, deux enjeux : le périmètre de l’Europe, le projet européen. Dernière occasion pour voter contre l’entrée de la Turquie, puis NS a retiré la disposition de JC sur le referendum à ce sujet. L’Europe qui protège ou pas. Le traité de Lisbonne démantèle les dernières protections. Ou bien l’on revient à l’union douanière et au protectionnisme européen contre les pays à bas coput soxcialiste. Une Europe qui fait ce qu’on lui demande. V. extrêmement clair : le premier. – Marine LE PEN : l’Union européenne est une vaste arnaque, la France en friche industrielle. Le parti irlandais Je ne suis que le bon sens populaire, les listes Libertas sont en fait libre-échangiste. – VILLIERS : sous-entendu odieux, je serais financé par Libertas. Libertas, nous, les conservateurs anglais, nous serons un groupe important mais avec plein de différences, point commun : non au traité de Lisbonne. Fin de l’indépendance diplomatique, ajout de cinquante , le monopole de l’initiative laissé à la Commission. COHN-BENDIT tutoie V. : les conservateurs britanniques sont pour l’adhésion turque. – Une chose qui ne m’arriverait jamais sur un plateau, puisque je refuse systématiquement.

BAYROU : aucun problème qui nous touche ne peut être résolu sans l’Europe, sinon il n’y aura que les Etats-Unis et la Chine, face à face. La maison européenne… VILLIERS, l’Europe qui a assuré laprospérité c’est celle du traité de Rome. Le traité de Maastricht a tout fait basculer.
AC – le temps de parole est surveillé. Question, l’Europe dans la crise a-t-elle protégé ou pas ? Les Français sont partagés : 36% oui – 27% l’Europe aggrave la crise – un tiers les deux. Moins de 40% des Français estiment que l’Europe protège et la majorité que l’Europe ne répond pas à la mondialisation. Scepticisme sur la capacité de l’Europe.

BERTRAND. Il faut une direction politique très forte en Europe, retrouver l’esprit de la présidence française, le couple franco-allemand seule autorité politique réelle, la crise que nous avons eue. D’une voix papelarde, il récite ce que les gens veulent entendre mais le gouvernement ne l’a pas fait. – AUBRY. Le double discours, BARNIER a voté la fin des quotas laitiers. On n’a pas besoin de dire : « franchement » quand on ne dit pas la vérité. La dérégulaton, vg. SNCF. Vous avez voté l’amendement sur un salaire minimum par pays. A terme, le salaire minimum européen, mais par étape. Plan de relance par la consommation. – BERTRAND entraine AUBRY sur un salaire minimum européen immédiat réduisant le salaire français à 80%. – L’art de l’UMP comme NS est la mauvaise foi et le cynisme. – AUBRY : créer d’abord un salaire minimum par pays.

Personne ne dit l’évidence : le protectionnisme non pas inter se mais vis-à-vis de l’extérieur de l’Union européenne. Ce sont les produits asiatiques qui nous menacent. Le dumping de masse n’est pas en Europe de l’Est.

BERTRAND : que l’Europe n’abîme le modèle social français. – BESANCENOIT, harmoniser par le haut. Salaire minimum selon les pays les plus riches. Pas de critères de convergence sociaux. La Banque centrale européenne manie trois cent fois le budget national. MELANCHON, zone par zone quand le revenu est comparable. Il secourt AUBRY et conforte BESANCENOT. Excellent et calme. Lisbonne interdit les mesures d’harmonisation sociale. Vg. Merlin-Gérin, mort sociale des travailleuses en France et surexploitation des Bulgares. Seul site fabriquant de l’acide acétylène en France et en Europe. Les traités interdisent une politique industrielle. – BAYROU, pas vrai que l’harmonisation sociale ou la politique industrielle soient interdites. La question, y aura-t-il une volonté ? et une majorité ? Cette élection a-t-elle un enjeu ? Dès le lendemain de l’élection, la décision sera la nomination de la Commission. Personne n’en parle pas. On ne discute pas des gouvernants au moment d’élire les députés. Je défends le traité avec réserve parce que plus mal écrit que cela ! – LE PEN : horlogerie, textile, chaussures, etc. n’existent pas. – COHN-BENDIT : d’accord sur salaire minimum européen, mais harmonie fiscale. – BESANCENOT, la fiscalité est un domaine d’unanimité. – COHN-BENDIT : l’effondrement de l’Irlande par la fiscalité. Qu’on ferme ou qu’on ouvre la France, débloquer le sujet. Directive chimique : régulation du marché international. UMP a soutenu la directive sur le temps de travail. C’est un instrument de dérégulation : en Angleterre, les travailleurs sont cassés, que ce ne soit pas le cas en France, le dire n’est pas européen. – BERTRAND : directive ne changeait pas si durée inférieure à 65 heures. Et c’est mieux que les 90 heures ailleurs. Vous avez bloqué une avancée pour en faire un cheval de bataille pour les élections. – AUBRY : pas possible de mentir à ce point. – COHN-BENDIT, dire qu’il n’y a qu’en France qu’on sauvera quelque chose, c’est faux. – VILLIERS, salaire minimum ? qu’au moins, chacun ait du travail. Désarmement douanier avec la Corée du sud, pour que Renault n’ait plus un droit de 700 euros par voiture au retour. Ce sont les pauvres des pays riches qui subventionnent

Chacun a quelque chose d’intéressant à dire. Le menteur est Xavier BERTRAND et entre les autres beaucoup de points communs. – BERTRAND s’engager tous : une taxe carbone. Soutenu par NS er Angela MERKEL

Le débat a l’avantage de montrer la tactique et la stratégie du pouvoir en place, c’est le seul clair ressortant de ce débat. La présidence française comme modèle. La volonté politique. Le pouvoir franco-allemand. Sophismes. La présidence française n’a été que d’image et d’agendas de conférences, sans aucune réalisation, sans aucune unification européenne. Il n’y a pas de couple franco-allemand sauf en image-photo. : NS et MERKEL ne s’aiment pas.

BESANCENOT : l’Europe soi-disant plus protectrice que les Etats-Unis et la France plus forte que les autres parce qu’elle a NS. On a les moyens politiques pour agir sur quelque chose. On peut légiférer sur les licenciements. Les étudiants ont leurs comptes bloqués quand ils squattent des logements, mais le juge ne le fait pas pour les flux d’argents et de subvention avec des engagements non tenus. – AUBRY à BERTRAND : Vous n’avez pas le courage d’assumer ce que vous faites et ce que vous avez voté. – COHN-BENDIT : les délocalisations fonctio assi des preix du transport et de l’énergie. – MELANCHON : donner au comité d »entreperie européen du pouvoir. – COHN-BENDIT, la taxe carbone n’a de sens qu’à l’intérieur de l’Europe. Elle a été proposée pendant dix ans, le PPE dont l’UMP a voté contre. Et cette taxe n’était pas même sur la table du Grenelle de l’environnement. – BAYROU : le Grenelle de l’envcironnement, rien n’a suivi, sauf une belle vitrine. Vingt ans que l’on croit que le libre-échange et la baisse des prix étaient la solution et l’objectif, tout le monde l’a cru. C’est sur le point de changer. Personne ne pourra résister. Si l’on veut que cela évolue, il faut un acteur politique fort : l’Europe. La Chine prend des marchés parce sa monnaie est sous-évaluée de 4 ou 5 fois. Si l’on veut revenir à quelque chose, une référence qui ne soit pas le dollar. On est à ce point de basculement. Le Parlement européen n’a pas tous les pouvoirs, mais il peut être une des clés de la décision.. Mettre sur la table l’idéologie dominante. – COHN-BENDIT : l’entrée de la Chine dans l’OMC est conditionné par la liberté syndicale.

VILLIERS a des thèses mais ce n’est pas un orateur ni même un débatteur. Le plan automobile français a été retoqué par la Commission parce que NS le conditionnait à l’abandon des sites tchèques. – BESANCENOT, les licenciements ne sont pas décidés par les Arabes mais par les Français : vg. une subvention régionale dans la Creuse de 300.000 euros et l’entreprise donne un bonus de 200.000 euros à huit dirigeants.

COHN-BENDIT : le traité de Lisbonne n’est pas ratifié. La politique agricole commune est du ressort des gouvernements. – AUBRY : BARNIER a voté le 27 Janvier la directive sur le rosé. … elle et MELENCHON défendent le vin, on sait qyue chacun a un faible pour la bouteille. – BERTRAND : je ne suis pas le porte-parole du gouvernement, le rosé est une proposition de telle commissaire européenne. – BAYROU : rvenir à l’origine, la construction européenne a été faite pour la paix, l’influence de l’Europe dans le monde, pas pour le rosé ou les book-makers. Si la France dit non, il n’y aura pas le rosé. Le savoir n’est pas une marchandise. – LE PEN lit sa phrase.

La Turquie… les négociations ont augmenté en Octobre 2005. Explication ou exposé d’une journaliste turque plus francophone qu’un Français. – Xavier BERTRAND, regardez la carte, la Turquie n’est pas en Europe. Comment ce dossier revienne dans la campagne ? NS a aussitôt dit non à OBAMA au sommet de l’OTAN et c’était déjà son opposition à JC. – AUBRY la seule à connaître le dossier : il est sorti dans la campagne, pour masquer la faillite économique. Quand on est européen, on doit être fier que d’autres venant de loin cherchent à nous rejoindre. Je ne veux pas revenir à l’Empire ottoman, mais c’est lui qui accueillait nos réfugiés et nos exilés, les plus vieilles églises catholiques se trouvent sur son sol. La peine de mort a été supprimée en 2002. Si dans dix ans elle est prête elle sera avec nous. La paix ne s’arrête pas à nos frontières. Comme OBAMA, l’alliance des civilisations : si ces pays nous rejoignent très bien. Nous aiderons la Turquie à avancer. – COHN-BENDIT : tous ceux qui se battent en Turquie, ont besoin de la perspective de l’adhésion européenne. Proposer aux Palestiniens et à Israël partenariat. Nécessité Constitution pour . – BAYROU, pas une question musulmane, Mayotte est devenu département d’outre-mer : or, 99% musulman. Accord avec MELENCHON et BESANCENOT. Une Europe homogène. Anecdote KISSINGER pendant : si j’étais européen, je serai contre mais je suis américain, je suis pour.

L’illusion donnée par ce débat est que Xavier BERTRAND est minoritaire, du fait qu’il y a beaucoup de monde sur le plateau. Or l’UMP a dix points d’avance sur son suivant, près d’un tiers des intentions de vote et pas très loin de celles pour Nicolas SARKOZY pendant la campagne du premier tour de 2007. Et surtout l’UMP est au pouvoir. Les autres sont bien plus petits électoralement et n’ont aucune puissance sur les dossiers et questions à traiter.

La Chine ? les droits de l’homme.

De très bons moments d’AUBRY, éloquente, connaissant bien ses dossiers. On n’a parlé ni du service public Vous n’avez pas le courage de défendre le programme du PPE. Vous cassez le sevice public, parce que vous n’avez plus d’argent. – BERTRAND a les arguments de trente ans, la caricature du socialisme. COHN-BENDIT, nous avons proposé tel dissident pour le prix Sakharov, socialistes et communistes ont refusé. – BAYROU, les droits de l’homme et quelques précautions juridiques ne sont pas les seules limites de l’Europe. Arriver à exister mondialement. Il est bon qu’elle se fixe un périmètre à l’intérieur duquel elle forgera quelque chose à dire au reste du monde. – BERTRAND, l’Union européenne en flèche au moment de Tien An Men. – BESANCENOT : la Chine le pire du capitalisme, le pire du stalinisme. Les droits de l’homme : régulariser les sans-papiers, la Méditerranée est un cimetière. La directive (sous la présidence slovène) sur les retours. – MELENCHON : mou devant la Chine, que l’Europe donne la meilleure idée d’elle-même. Proposer la laïcité aux autres pays européens. – COHN-BENDIT, le nationalisme, c’est l’autre est un ennemi. L’Europe, c’est l’autre est un ami. L’Europe est une extraordinaire histoire de réconciliation. – VILLIERS invective COHN-BENDIT « compte tenu de ce qu’il est ».

Arlette CHABOT n’a pas tort : le débat ne donne pas envie de voter.

BAYROU : pas tout à fat d’accord avec COHN-BENDIT, c’est un combat unique en son genre pour défendre un modèle dans la mondialisation alors que d’autres veulent imposer autre chose. Ce n’est pas seulement l’amour. Le tout marché et le tout Etat sont les deux cibles à identifier, et à combattre.

Objectifs … BERTRAND le plus de députés possible, l’Europe marche, Ariane, la qualité de l’eau. Notre rôle à nous de politique… changer l’Europe, renforcer la France en Europe… je crois aux politiques. – MELENCHON… il faut aller voter et qu’il y ait plus de voix à gauche qu’à droite. Que les socialistes ne dominent plus. – LE PEN… il y aura des élus du Front national (AC y aura-t-il des élus FN ?). dbat d’opérette, compromis PS-UMP. – BESANCENOT qu’il y ait au moins un élu, les eurogrèves, prévenir les Français et les Européens de ce qu’il se prépare, une coordination anticapitaliste dans tous les Etats-membres. – VILLIERS coalition de listes, une Europe des libertés, défendre la France des terroirs. NS écoutera le message dimanche soir. Arrêter la négociation avec la Turquie. – BAYROU (AC Le Monde Cohn-Bendit devant Bayrou ?). Mission de service public et vous terminez par ce sondage et cette question : constater un mouvement pour le faire naître. Sondage est une arme. Si on voit dans les urnes… parler des sondages. – COHN-BENDIT : le pb. n’est pas d’être devant ou derrière, que le groupe des Verts européens soient importants, faire plus de 10%, avoir 8 députés européens. Faire une coalition ensuite avec PS, MELENCHON, BAYROU pour empêcher l’investiture de BARROSO.

Institut de sondages

BAYROU en 2007, un institut de sondage la veille du scrutin a annoncé que LE PEN serait devant moi.
Procès des instituts de sondage. Le parleur… Brice T. empêché de répondre. Arlette CHABOT : c’est insupportable. – Mesure pendant campagne présidentielle des montées 60% des Français peuvent changer d’avis. BAYROU se tasse à 11%, et COHN-BENDIT remonte. Nous ne disons pas : derrière. Nous sommes en situation de volatilité. – VILLIERS : sondage entièrement financé par le service public. – LE PEN : collusion entre service public et NS.

Arlette CHABOT, idée de l’émission était d’inciter les Français à voter.

Inquiétude & Certitudes - jeudi 4 juin 2009

mercredi 3 juin 2009

Inquiétude & Certitudes - mercredi 3 juin 2009


Mercredi 3 Juin 2009


Prier… un pays qui meurt une nouvelle fois, puisque sa « classe politiqsue » censée opposée au putsch du 6 Août 2008 l’entérine finalement et fait le jeu d’un général à la mexicaine marchant au plébiscite… ma chère Mauritanie. Le juste est toujours seul, sans doute y a-t-il « ah ! c’est la mer », le 25 Août 1944, mais avant … et ensuite ? Et comme à Munich, toute la « communauté internationale » a pressé les victimes et non le bourreau. Dégoût et tristesse. J’avais vu les résultats matériels et psychologiques du premier putsch dans ce pays (10 Juillet 1978) : honte des Mauritaniens et dictature corrompante quand je revins accompagnant le président-fondateur, en prison puis en exil jusqu’un 17 Juillet 2001. Et cela recommence. La France a joué un rôle décisif en étant compréhensive pour les putschistes, et mon principal ami, acteur politique décisif, avait, quant à lui, manifesté de la compréhension pour le putsch en lui-même. J’ai le privilège de souffrir de deux pays. Ma fratrie me donne aussi la parabole que l’intimité naturelle ne produit pas forcément l’union cordiale et spirituelle, même le vocabulaire appris ensemble de la même source éducative et parentale n’est plus une communication. L’humanité ne sait-elle que le silence ou l’invective, si rarement la parole ?


Prier… car vous ne savez ni le jour ni l’heure. . . . Tobie se mit à génir et à prier en pleurant : ‘ Tu es juste, Seigneur, tous tes jugements sont justes, et tous tes chemins sont miséricorde, vérité, jugement.’ Le saint récapitule les raisons qu’il peut prêter au Seigneur, puis – dépression à la Job – choisit la mort et la demande donc : pour moi, mieux vaut mourir que vivre. Mise en scène très littéraire, indication du dénouement dès le premier acte et pourtant le suspense durera tout le livre. Parabole de notre liberté. En ce temps-là, les prières de l’un et de l’autre furent agréées devant le Dieu Très-Haut dans sa gloire, et le saint Ange du Seigneur, Raphaël, fut envoyé pour les guérir l’un et l’autre, car leurs prières avaient été présentées en même temps devant le Seigneur. Solidarité dialectique de toute prière avec celle de tous autres, connus ou inconnus, proches, contemporains ? tout est contemporain pour Dieu. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. L’évangile en regard est de multiples et lapidaires enseignements, sur la résurrection et l’état de vie éternelle, mais je ne retiens que le rappel de cette présentation de Dieu par Lui-même à Moïse (le buisson ardent). Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes complètement dans l’erreur. [1]


Mauritanie, j’y passe mentalement la journée. L’accord de Dakar entre ce qui est appelé – curieusement si l’on vit en Afrique – des « pôles » de la vie politique mauritanienne a donc été paraphé hier soir. J’en ai eu une version approchée mais pas encore définitive peut-être par mes correspondants à Bruxelles. Il n’a pas varié de logique ni d’écriture depuis le début de ces négociations. Manifestement, c’est un papier qui ne vient pas des parties mauritaniennes, mais d’en dehors et peut-être même hors d’Afrique : les orthographes et présentations des personnaliés. Je ne comprends pas que les deux camps d’opposants au putschiste l’aient signé. Le FNDD me semble changer complètement de cap puisqu’accepter l’anticipation de l’élection présidentielle sans consentement du président élu le 25 Mars 2007 c’est reconnaître les effets du putsch et donc le putsch lui-même – le camp des légalistes rejoint celui des opportunistes (cet adjectif n’est pas ici péjoratif, c’est celui dont se sont enorgueillis les Républicains de fondation en France faisant une démocratie parlementaire très différente de la pure et dure qu’ils envisageaient sous l’Empire en forme de régime d’assemblée – saisir l’occasion). Quant au RFD, « opportuniste », je ne vois pas qu’Ahmed Ould Daddah gagne la moindre chance de l’emporter dans les six semaines sur le général-candidat.


Le putschiste ne concède que deux choses, très secondaires et qui ne sont pas le fond. 1° un décalage de six semaiens dans le scrutin présidentiel, mais l’important était que le scrutin ait lieu, et 2° la participation d’ex-opposants au gouvernement, mais n’avait-il pas sollicité en Septembre dernier le RFD déjà ? Il garde la nomination du nouveau Premier ministre si ce doit en être un pour le gouvernement d’union nationale, il ne libère pas le Premier ministre de Sidi, il fait confirmer la préalable démission de l’élu du 25 Mars 2007.

Toute la soirée d’hier j’avais douté d’une telle capitulation des opposants, elle m’est confirmée par le texte que je reçois ce matin. Quelle tristesse ! la Mauritanie repart sans recours pour un cycle dont elle avait cru sortir.

Mais cet après-midi j’apprends que Sidi Ould Cheikh Abdallahi – qui a été, comme son Premier ministre emprisonné, et comme Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale, complètement tenu à l’écart, non seulement de la négociation, ce qui est digne puisqu’on met son sort à l’encan et qu’on dispose carrément de lui et de sa propre élection acquise à l’époque sans contestation ouverte, mais des papiers mis en circulation – conditionne son abdication. Et ces cinq conditions que mon éminent correspondant me fait connaître, me paraissent de nature à relayer les opposants au putsch et à désarmer, si elles sont acceptées, le général-candidat. Si elles ne le sont pas, son refus de toute signature, à commencer par celle avalisant la formation du gouvernement d’union nationale, sera fortement motivé pour les Mauritaniens. En somme, si le travail politique a été fait à Dakar, il reste le travail du droit et de la démocratie reste à faire : que ce soit le président renversé qui s’en charge comme il le peut et avec abnégation puisqu’il a accepté depuis Janvier l’anticipation de toutes les élections, est une nouvelle légitimitation. Personnalité au total mal connue et perçue par ses compatriotes et par l’étranger.

Reste à connaître comment va être accepté « par la base » l’accord de Dakar entre politiques, comment vont se formaliser les signatures à Nouakchott et comment Sidi Ould Cheikh Abdallahi sera prié de participer à la mise en œuvre – et par qui ?



[1] - Tobie III 1 à 25 passim ; psaume XXV ; évangile selon saint Marc XII 18 à 27



lundi 1 juin 2009

Inquiétude & Certitudes - lundi de Pentecôte . 1er juin 2009

journal d'il y a quarante ans - dimanche 1er juin 1969

+ Dimanche 1° Juin 1969


Pompidou 44 %
Poher
[1] 23 %
PC
[2] 21 %
Defferre
[3] 5 %
Rocard
[4] 3,6 %
Ducatel
[5] 1,2 %

Malgré ces résultats . – la surprise étant le faible
score de Poher – les déclarations gaullistes souhaitent
le retrait de Poher .
Deux fautes à mon sens
– on crie trop victoire pour Pompidou
– on monte trop en épingle Poher en demandant son retrait

sur 22 Mons . votants . sur 28 Mons d’inscrits (minuit vingt)
78 % Pompidou . 44,2 %
Poher 23,4 %
Duclos 21,3 %
Defferre 5 %

Tactiquement . un duel Duclos . Pompidou serait
meilleur pour les gaullistes . et gagnant
mais Pompidou serait le candidat de la droite
ce qu’il est déjà trop .
Un duel avec Poher serait hasardeux .
mais la figure de Pompidou serait plus gaullienne :
plus progressiste . et plus constructif .


[1] - élu président du Sénat après le renouvellement triennal de la Haute Assemblée, en Septembre 1968, pour se substituer à Gaston Monnerville afin de mieux « plaider » la cause du Sénat dans le projet de réforme constitutionnelle – il fait, selon la Constitution, l’intérim du président de la République à partir du 28 Avril

[2] - Jacques Duclos . vétéran du congrès socialiste de Tours qui vit la scission entre tenants de la IIème internationale (la S.F.I.O.) et ceux de la IIIème fondée par Lénine à Moscou . une campagne excellente . un orateur dont les derniers éclats furent de dénoncer en 1972 au Sénat « Château-Chirac » : les conditions dans lesquelles Jacques Chirac, président du Conseil général de Corrèze, put acquérir sa propriété de Blity

[3] - malgré l’accompagnement de toute sa campagne par Pierre Mendès France, d’avance désigné comme Premier ministre

[4] - brillante campagne au nom du Parti socialiste unifié : P S U . mais ce qui le lancera, sera sa victoire dans les Yvelines, contre Maurice Couve de Murville

[5] - industriel fortuné inconnu en politique ; à l’époque, cent parrainages suffisent pour se porter candidat et ils ne sont pas publiés par le Conseil constitutionnel