mercredi 10 septembre 2008

Inquiétude & Certitudes - mercredi 10 septembre 2008

Mercredi 10 Septembre 2008

Match et les photos... le texte : nous sommes en guerre, ce n'est pas de l'humanitaire ou du compassionnel

Emmanuelle Béart et la jeunesse

Quand le Parlement contrôle...

La récession certaine et plus durable que publié, plus forte en Europe qu'aux Etats-Unis

Les successions gouvernementales ailleurs : principalement l'Asie

La Mauritanie, les militaires cherchent le camouflage


Prier…[1] Heureux êtes-vous… à cause du Fils de l’homme. Le bonheur est une relation, les malédictions sont intrinsèques. Textes archi-commentés. Point commun, les apparences, c’est-à-dire nos jugements sur autrui et sur nous-mêmes sont trompeurs, ils sont surtout courts. Retournements de situation toujours possibles ? non, réalité et vérité des êtres autre que ce dont nous avons l’habitude. Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer. Sans doute, pas autant que nous le voudrions, mais le monde c’est d’abord nous, il est d’abord en nous et selon nous, nous pouvons le modifier. Le temps est limité. Les conseils matrimoniaux de Paul comme les béatitudes et malédictions données par Jésus sont des constatations et pas des prescriptions. Art de vivre authentique qu’avait synthétisé Ignace de Loyola, user du monde comme n’en usant point, mais les formules et la dialectique sont de Paul : comme si… La suggestion quotidienne de l’Evangile au quotidien EAQ commentaire copié-collé qu'adresse chaque jour contact-fr@levangileauquotidien.org - c'est gratuit et c'est souvent bien … l’encyclique de Léon XIII. Il faut reconnaître que quel que soit le charisme des papes après lui, celui de Pie XII par allure propre et celui de Jean Paul II, sa geste internationale, il n’y a pas eu hors les encycliques de Jean XXIII des textes vraiment forts sur l’état des relations humaines en société et entre nations. Au contraire, l’ordre établi n’est pas vraiment dénoncé ni analysé en termes contemporains. L’Eglise confronte des doctrines et en cela va dans le sens du « libéralisme » opposant ses thèses pour défendre une réalité pratique toute différente, à ceux qui souffrent eux-mêmes ou pour les autres. Votre récompense est grande dans le ciel. Du dehors, ces promesses pour demain et pour ailleurs, n’ont pas de portée ; nos ricanements sur l’idée que nous croyons que se font les musulmans du Paradis (les vierges en surabondance à la disposition des martyrs…) ou ces spiritualités tantôt doloristes, tantôt échangistes avec Dieu. Plus on est dans la m…, plus on jouira ailleurs. Ce n’est évidemment pas cela. L’adresse de Jésus se fait dans le regard que le Christ porte sur ses disciples, un regard d’amour, il veut et fait leur bonheur : regardant alors ses disciples, Jésus dit… et proclame leur bonheur. Question de foi ou méthode Coué… dès que l’on entre dans la vie pratique, et que l’on prétend ou croit y entrer seul – sans le prochain, sans Dieu – on se perd. Le psaume fait au contraire cortège. Prier pour le bonheur de tous, que votre règne arrive, notre Père !

Suites…

Je ne regarde que maintenant le numéro 3094 (en kiosque du 4 au 11 Septembre) de Paris-Match. Alain Genestar et Edwy Pennel en ont débattu samedi, d’accord sur la publication des photos et du reportage sur les talibans, si peu après la mort en embuscade de dix de nos compatriotes. L’ensemble du numéro est édifiant : Pierre Palmade affirme « Mon corps restait électrisé par les mecs », pas une page, sauf celles d’Afghanistan, où il n’y ait une photo. de femme évidemment désidérable et montrée en tant que telle, sauf l’encart publicitaire sur « Mamma Mia » qui a déjà rapporté plus de 340 millions de dollars… et « la folie Abba ». Mélissa Theuriau, présentatrice à M6, est poussée – sans doute, pour faire pièce à Laurence Ferrari. On est loin de Léon Zitrone. Eric de Lavarène est connu de longue date et Véronique de Viguerie collectionne les prix. La tenue du taliban en premier plan pour l’ouverture du reportage paraît neuve… alors qu’elle est censée prise de guerre. Le titre est provocateur : « la parade des talibans avec leurs trophées français ». Le texte a des finesses, les talibans photographiés et prétendûment du groupe qui mena l’embuscade – pour nous, dramatique – ont été « retrouvés » dans la zone « sous commandement américain »… geste, la montre à rendre à la famille. Message : « Si les Français partent, tout ira bien. S’ils restent chez nous, nous les tuerons. Tous. ». Suite de l’avertissement : « nous nous en prenons à vos soldats, nous nous en prenons à vos organisations humanitaires ». Photos. de civils. Une femme et son enfant, hospitalisés. Fine et belle, pratiquement pas voilée. Où est le Moyen-Age dont il faut les arracher ? ou les préserver ? L’hebdomadaire n’écrit qui fasse la moindre allusion à l’expérience française des guerres coloniales (perdues).

La polémique n’a pas duré. Il est admis par un tel reportage, après que nous ayons subi dix morts, dont une à l’arme blanche, qu’il s’agit d’une guerre et non d’une opération humanitaire ou de sécurisation. Les commentaires d’état-majors à Paris parlent bien d’une guerre, mais pas le pouvoir politique qui – en Février, François Fillon, Premier ministre, et maintenant Nicolas Sarkozy, président de la République – restent dans le ton compassionnel. L’opinion publique connaît l’ennemi et surtout ses buts de guerre : bouter l’étranger dehors… nous devrions connaître cela pour l’avoir vêcu dans les deux situations, l’occupation allemande et notre résistance, les chocs de la décolonisation. Tandis que les Etats-Unis – version Bush junior pour encore quatre mois – organisent la rotation et l’augmentation en nombre de leurs troupes.
Le même numéro présente Sotchi sur la mer Noire : « dans les boîtes de nuit façon Ibiza, personne ne veut entendre la rumeur de la guerre ». Cette « perle de la riviera » russe est frontalière de l’Abkhazie.

Emmanuelle Béart, comment n’avoir pas été ému par sa danse, celle de Manon des sources, puis saisi pendant quatre heures par le film de Rivette, en voyeur défié comme Michel Piccoli, le peintre stérile ? s’offrant au baiser de Michaël Cohen, me fait revoir Edith Piaf avec Théo Sarapo. Je ne crois pas que pour les tiers ce soit beau. Hélas ! Ce qui rachète : « c’est son premier mariage », en l’occurrence, et – pour moi – son action depuis quinze ans que la question est posée aussi crûment, en faveur des sans-papiers, l’occupation de Saint-Bernard en Avril 1996.

Bernard Tapie devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Charles de Courson qui est membre de cette commission, a parlé en orfèvre à plusieurs reprises et offre son aide pour le montage de tout recours citoyen devant les tribunaux judiciaires : intérêt pour agir, être contribuable. J’attends quant à moi un élargissement par le Conseil d’Etat, des critères de recevabilité dans « l’affaire » Marina Petrella. Il est avéré que Bercy a accepté l’arbitrage, contrairement à tout le droit administratif interdisant à l’Etat le recours à cette procédure ou son acceptation, sur ordre de l’Elysée. Charles de Courson est de la majorité présidentielle… Bernard Accoyer a opiné défavorablement, lui aussi. La montée en puissance du seul personnage politique en France d’une durée de mandat égale à celle du président régnant – indéboulonnable sauf dissolution, ce qui n’est évidemment pas le cas pour cette législature… me ravit. L’opposition a donc deux voix, bien timbrées et placées. La rituelle, celle de Jean-Marc AYRAULT en tant que président du groupe socialiste au Palais-Bourbon, et en interne, le président de l’Assemblée nationale. Il est vrai que celuici a donné un gage considérable : participer au vote en Congrès du Parlement, ce qui ne s’était jamais fait sous la République de la part d’un président du Congrès…

Evénement de politique intérieure qui pourrait entraîner énormément de choses. Les pétionnaires et protestataires contre la privatisation de La Poste songent au referendum, selon la révision constitutionnelle de Juillet. Ils oublient certes que si le Parlement légifère dans l’année à la place du peuple, il n’y a pas de referendum, et en ce cas, l’affaire est cuite. La discipline de vote, le chantage aux investitures feront que la privatisation sera acquise aussitôt. Mais le pouvoir sera en mauvaise posture, il aura été démontré que la révision et l’extension des pouvoirs du peuple – cas d’espèce – est autant que celle des pouvoirs du Parlement, du pipeau. Le peuple dessaisi, l’évidence sera telle qu’elle ne confortera certainement pas Sarkozy ni le gouvernement. On sera vraiment dans la démocratie censément représentative (problème du mode de scrutin soulevé par le score présidentiel de François Bayrou) et dans le refus de la démocratie directe. Si l’on va au referendum, il est clair qu’il sera gagné par les pétitionnaires, que tout un engrenage sera bloqué à Bruxelles – aussi fortement que le non irlandais au traité de Lisbonne, il y aura le refus de l’ « idéologie dominante » et la manifestation d’attachement aux services publics. D’autant que Sarkozy s’est targué d’une avancée qu’il aurait personnellement obtenue à Lisbonne : la prise en compte des services publics…

Plus important encore, la récession désormais acquise avec un cycle d’ « effets pervers » qui n’est commenté qu’une fois patent, et n’a pas été prévu du tout. La tendance est donc aggravée par ce cycle.

La baisse de l’euro. car tout annonce que la récession sera plus forte et plus durable en Europe qu’aux Etats-Unis. On parie sur un rétablissement dans le courant de 2010, mais on ne démontre pas sur quels fondements. La baisse de la production pétrolière décidée par l’O.P.E.P. malgré les Etats-Unis pour répondre à la baisse des prix (on les prévoyait monter d’ici la fin de l’année à 150 ou 200 dollars le baril quand on avait atteint à la mi-Juillet plus de 147 dollars) et malgré aussi les assurances de la Libye (en train de recevoir Condoleeza Rice, première historique) : le baril à moins de 110 dollars. Nonobstant ces baises diverses et ces ajustements, les décisions stratégiques des grandes entreprises ne changent pas : leur lourdeur et le peu de talent prévisionniste (ou de porphétisme) de leurs dirigeants : Renault supprime des emplois, tout en s’enfonçant dans l’erreur évidente de tout mettre en termes d’avenir sur un seul modèle, et Airbus-EADS maintient ses projets de délocalisation, notamment au détriment du site de Saint-Nazaire. Sans doute, le Maghreb (la Tunisie) en bénéficierait ce qui est heureux – je crois au continuum méditerranéen – mais aussi Cjhine, Russie et Inde qui sont nos concurrents et pas forcément nos marchés. Le report des décisions pour les ravbitailleurs de l’armée de l’air américain montre le degré de corruption entourant Boeing, toute l’aéronautique, sans doute tous les marchés militaires aux Etats-Unis et donc dans la « reconstruction » de l’Irak, belle fleur du capitalisme.


L’immobilier qui semble l’origine de la crise financière et des précarités bancaires depuis un an maintenant, est en France dans son plus mauvais état : chute du nombre des permis de construire, contraction de 25% des achats dans l’ancien, combinaison en fait d’une hausse des prix depuis dix ans et de la baisse vérifiée du pouvoir d’achat des gens, qu’accentue la restriction pratique du crédit, les banques apeurées par le risque. Une croissance inférieure à 1% : c’est bien la récession. Pas de politique macro-économique, jonglerie avec les comptes publics : exonérations ici et mise au point de nouveaux impôts là, probable hostilité des parlementaires U M P. je ne sais comment « passent » en commission Woerth et en plénière Lagarde. Rien que l’appel à paiement de l’E D F est édifiant, la fourniture d’électricité ne représente que le tiers de la facture, le reste est de l’abonnement et de la fiscalité. Est-ce comptabilisé dans les « prélèvements obligatoires » ?

Calendrier de « rentrée sociale » pour le moment disparate. Sarkozy reçoit Thibault en tête-à-tête – avec un bonheur qu’il affiche seul, la photo. d’accueil, marches descendues côté cour à l’Elysée, ne prenant le patron de la C.G.T. que de dos. Auront-ils évoqué la voiture et son informatique forcées avant l’été ?

M’informer, me documenter puis suivre … succession gouvernementale au Japon, accident cérébral du dictateur junior en Corée du nord, état de santé du Dalaï-Lama et affaires tibétaines, Népal et maoïstes, nouveau cours au Pakistan très incertain et le veuf de Benazir contesté et contestable…

Mauritanie… notre ambassadeur, acceptant notre liaison courriel, a visité Sidi Ould Cheikh Abdallahi le 21 Août. Le scenario de sa semi-déposition se précise : constitution de la Cour de justice, mise en place de commission d’enquête sur sa période et surtout le « blocage des institutions » dont il serait le responsable. Le remplacement par un Premier ministre, camouflant les putschistes de maintenant, par Ely Ould Mohamed Vall semble une hyothèse : un site-bidon ou effectif (alors sans humour) a été ouvert le 8 Septembre. J’y suis allé, biographie factuelle mais sondage sur le souhait de le voir élu président de la République. Je ne comprends pas qu’il soit considéré comme présentable, puisqu’il n’a réglé en dix-huit mois de son principat aucun dossier de fond, que toute sa réputation s’est faite sur l’engagement des militaires de ne pas se présenter aux élections concluant la « transition démocratique », et que cet engagement il s’en est fallu de peu qu’il le tourne, soit en trouvant des astuces pour juger que les élections n’aboutissaient pas, soit en inspirant des candidatures « indépendantes », y compris celle de Sidi Ould Cheikh Abdallahi dont on a vu l’effet… homme de paille de Mohamed Ould Abdel Aziz ou celui-ci, fait au poteau parce qu’il n’avait pas mesuré la difficulté de se faire reconnaître internationalement ?


[1] - 1ère lettre aux Corinthiens VII 25 à 31 ; psaume XLV ; évangile selon saint Luc VI 20 à 36

mardi 9 septembre 2008

Inquiétude & Certitudes - mardi 9 septembre 2008



Mardi 9 Septembre 2008

Deux révélateurs : François Bayrou et EDVIGE

Pour Nicolas Sarkozy, les suffrages ne sont pas volatiles

EDVIGE, pas de collégialité au gouvernement

Mscou a obtenu la reconnaissance des séparatismes en Géorgie et la conditionnalité de son évacuation du terroire résiduel de l'ancienne République fédérée soviétique, patrie de Staline


Prier…[1] des phrases de Paul qui prises isolément ne correspondent pas à notre aujourd’hui, et choquent : ne savez-vous pas que le peuple saint jugera le monde ? … les dépravés et les pédérastes… ne recevront pas le royaume de Dieu. N’ignorons pas les préceptes ni les formules, rangeons-les dans ce qui trouvera sa force autrement que dans notre lecture immédiate et je lis alors : c’est déjà un échec pour vous d’avoir des litiges entre vous. Le devoir des relations fraternelles et en quoi celles-ci changent tout, y compris les mœurs et autres : voilà ce qu’étaient certains d’entre vous… vous êtes devenus justes. Peu importe le point de départ et les tribulations de route, l’aboutissement seul compte et décide. Je le vois bien pour ma vie accomplissant à peu près tout ce que j’ai ambitionné mais d’une façon si intense qu’elle ne peut être qu’intime, à ne pouvoir en partager la sensation qu’avec femme et enfant, et encore. Joie venant de Dieu et se vivant en Dieu mais que les heures et joies humaines font déborder et jubiler. Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. Redondance ? intention et mouvement de la prière, choix du moment, choix du lieu, choix de la solitude. Le texte l’indique, mais pas la concentration ou l’effort, une rencontre n’est pas une épreuve de force, d’ailleurs l’homme y gagne contre Dieu, selon le combat de Jacob… elle est une rencontre, un ressourcement, une évidence et le Christ pose, après cette nuit « blanche », un acte important, quasiment la fondation de son Eglise, l’appel des Douze, leur désignation : apôtres vient de lui. Foule, enseignement, guérisons. La prière introduit tout, fait tout, c’est cela un chant nouveau… En Israël, joie pour son créateur.

Deux révélateurs. D’importance.

François Bayrou. Révélateur de pratiquement l’ensemble de nos problèmes de politique intérieure.

Je ne veux pas dire là les affaires qu’il caractérise et qui lui donnent, parce qu’il a une totale liberté d’esprit et d’expression, sans lastreinte d’une moindre précaution électortale ou de la moindre contrainte d’appareil de parti, un rôle d’imprécateur bienfaisant et qui va être de plus en plus écouté. Rôle qu’il va avoir tendance à institutionnaliser – de fait – parce qu’il exprimera une vigilance et des indignations partagées par beaucoup : dans les médias, Marianne et Le Canard seuls, semblent assurer cette veille en permance (les autres médias écrits sous forme seulement de scoop, donc aléatoirement), Jean-François Kahn par le commentaire et la mise en cohérence (à défaut d’une mise en page plus esthétique) et l’irremplaçable et décisif palmipède pour les faits (lui et Jacques Fauvet décidèrent de l’élection présidentielle et de la chute de Valéry Giscard d’Estaing, alors que rétrospectivement, et surtout avec Raymond Barre en Premier ministre, V.G.E. a été un bon président de la République). Révélateur du malaise – mal-être – français dans le système actuel. Sa percée inattendue dans les intentions de vote en Février 2007 tenait à ce que le choix Royal/Sarkozy ne plaisait pas à tous, elle s’est accentuée quand il a été perçu par un nombre croissant d’électeurs – dont moi – que l’élection d’un homme sans parti signifierait des renouvellements profonds dans le recrutement des élites politiques (l’équipe de hauts-fonctionnaires, notamment à Bercy qui le servit quelques semaines et que la caution de Peyrelevade convainquait), mais que ce renouvellement – un renouveau – impliquerait un changement du mode de scrutin. La Cinquième République, telle qu’héritée du général de Gaulle, et les mœurs parlementaires sont aujourd’hui tels que le péril n’est plus l’instabilité gouvernementale mais la rigidité des votes à l’Assemblée nationale rendant tous les débats d’une législature formels et sans sanction, donc exonérant le gouvernement de tout contrôle parlementaire sauf maladresse en séance plénière. Un Parlement qui contrôle et des gens vraiment d’un modèle nouveau – car au P S et à l’U M P l’affaire n’est pas question d’âge ou de président de la République ou du parti, puisque chaque génération d’ambitieux et d’aparatchik se reproduit à l’identique ert en bien pire dans la suivante. Quelle sensation de renaissance. Donc, une véritable alternative non pas du genre de celle vêcue depuis 1981 et qui n’est devenue qu’une alternance au pouvoir, ne modifiant presque plus d’une législature à l’autre la manière et les contenus des décisions gouvernementales, mais réellement une possibilité que les élus représentent durablement et personnellement les souhaits et les évolutions de l’opinion française.

Naturellement, cela supposait et suppose toujours un électorat. Les études – qui ne sont certainement pas toutes publiées et qui n’ont pas été systématisées en un ou plusieurs ouvrages centrés sur cette question d’un renouveau français par le changement du mode de scrutin et de recrutement des élites politiques – sont pour le moment encore assez floues. L’électorat de François Bayrou en 2007 semble un peu plus « à droite » qu’ « à gauche », mais si l’électorat de Nicolas Sarkozy est fortement caractérisé à droite, celui de Ségolène Royal est plus diversifié, et pour les deux candidats, il y a eu des effets de repoussoir, inhabituels. Je crois que François Bayrou n’a pas plus de problème d’électorat que le Parti socialiste en ce sens que la question pour lui comme pour le P S est à la fois de correspondre à un électorat potentiel (bien plus nombreux pour le P S que pou lui) mais surtout d’élargir considérablement cet électorat. Donc, être à la fois ductile et accueillant à l’hétéroclite, et en même rester fondamentalement soi-même pour garder son électorat originel. Pour le P S, l’enjeu est simple. S’il continue à chercher à correspondre à l’air du temps, il perdra les électeurs de conviction qui iront à Olivier Besancenot ou reviendront au Parti communiste – ce qu’il ne faut pas exclure. Il doit se défaire de cet article de foi que s’il a un programme de gauche il perd des voix. Son problème est tout simplement d’avoir un candidat ayant le charisme de convertir les électeurs, originellement ou actuellement peu enclins à voter à gauche, de le faire. De façon méritoire, ce parti postule – chez l’électeur – la conviction et l’ouverture à des propositions de programme. Sans le publier, il pense que l’opposition frontale et systématique à Nicolas Sarkozy n’a pas eu d’efficacité pendant la campagne de 2007 et n’en aura pas davantage aujourd’hui ou demain. François Bayrou est d’avis contraire, en bonne partie parce que l’Elysée l’y a poussé en l’empêchant de devenir le maire de Pau. Son diagnostic – électoral – est qu’il y a une majorité de Français, en tout cas bien plus que son propre électorat d’Avril 2007 (20% des votants) qui veulent le départ du président régnant au plus vite. Son raisonnement pèche en ce que la cote de popularité de Nicolas Sarkozy : 44% au mieux d’opinions favorables, correspond à des votes fermes, et sont donc en nombre suffisant pour au premier tour donner une telle avance au candidat sortant qu’il ne peut être battu au second tour, car l’opposition sera diverse et certains de ses éléments inconciliables (l’extrême gauche vis-à-vis du centre…). Certte coincidence entre une cote en sondage et des bulletins dans l’urne est nouvelle. Je l’explique par le fait que Nicolas Sarkozy – davanage que tous ses prédécesseurs – exprime exactement son électorat et donc le fidélise absolument. C’est pourquoi d’ailleurs, il opère des reculs sans la moindre gêne : le financement du revenu de solidarité active, le fichier EDVIGE. Tandis que ses prédécesseurs devaient tabler sur une perte relative d’intentions de vote du sondage à l’urne. En revanche, aussi bien les socialistes que François Bayrou savent que leur électorat est plus volatile. Pour le Parti socialiste beaucoup va dépendre – non du programme, satisfaction donnée aux militants et aux travaux de section – mais du candidat/de la candidate.

François Bayrou a compris que l’électorat de Nicolas Sarkozy ne bronchera qu’à la marge, tandis que sa propre démarche écartera de lui les quelques personnalités centristres – comme Jean Arthuis – qui savent ne pouvoir rester élus qu’avec l’appui de l’U M P et que leur opposition éventuelle à Nicolas Sarkozy ne leur apportera pas une voix de gauche, compensant leurs pertes dans leur électorat d’origine. Mais à l’échelle nationale, il en va tout autrement. Olivier Besancenot – sacré par Le Figaro pour qui l’extrême-gauche est la meilleure formule pour que la droite au pouvoir, surtout la plus dure, n’ait pas à s’inquiéter de son avenir électoral – fait son miel de la posture d’opposant radical qu’il a acquise. François Bayrou tente de l’acquérir à son tour, l’Elysée l’y aide en le ciblant. Diagnostics convergents de Jean-Pierre Raffarin et Pierre Mauroy : le Parti socialiste directement mis en cause par sa démarche, soit qu’il lui faille payer l’alliance avec le Modem en termes de programme et d’orientation idéologique, soit qu’il perde des électeurs par attraction personnelle du tiers-candidat. Révélateur des non-dits dans les souhaits des Français, François Bayrou l’est donc aussi de l’avenir du Parti socialiste, et de toute la gauche.

Personnellement, je souhaite à la fois
1° que soit abrégée l’expérience de Nicolas Sarkozy au pouvoir : je la juge désastreuse pour la remise en ordre de nos finances publiques, désastreuse pour la non-participation de chaque ensemble de Français concernés par des « réformes » dont la mise en perspective d’ensemble et la cohérence continuent de manquer, désastreuse pour le fonctionnement des institutions, désastreuse pour l’apport de la France aux imaginations et aux renouvellements si nécessaires à l’entreprise européenne que ne désembourbe en rien le timide et compliqué traité de Lisonnne, désastreuse pour l’image de notre pays dans le monde et l’image du pouvoir et de sa morale parmi nous…
2° qu’aboutisse consensuellement la réforme du mode de scrutin et de désignation, des députés en sorte que les procédures contraignantes de confiance parlementaire se justifient par la liberté de vote et la diversité des partis à l’Assemblée nationale, des sénateurs pour que vraiment les intérêts soient représentés légalement et non dans les couloirs.
3° que la gauche, tous partis, mouvements, extrêmes ou modérés réunis, invente et propose une réelle alternative aux idéologies dominantes, simplistes et controuvées. Le Japon et les Etats-Unis, la Grande-Bretagne dans une moindre mesure défendent leur substance nationale contre les tiers, et pratiquent la nationalisation et l’étatisation en cas de catastrophe tandis que nous créons les catastrophes en privatisant et en tolérant les délocalisations ou les rachats par l’étranger.

Le fichier EDVIGE… le débat s’inscrit dans l’une des tendances fortes du quinquennat en cours et selon les craintes que pouvait inspirer l’élection de Nicolas Sarkozy. Le fichage des écoliers en début d’année scolaire derrière avec mémorisation possible des incidents en maternelle pour les plaider aux assises cinquante ans après. Maintenant, les « personnalités » aussi bien que les délinquants… pour savoir… ou pour être sûr… qui doit savoir et doit être sûr ? et savoir quoi ? orientations sexuelles, opinions politiques et religieuses… déjà, les fichiers fiscaux et sociaux sont croisés.

Les libertés publiques. Les cas d’atteinte flagrante – connus – sont encore peu nombreux. La question de la protection des sources, ce journaliste inquiété depuis Avril 2007 et le projet de loi en gestation (modernisation, amélioration, voire..), l’affaire du SMS Nicolas-Cecilia ex-Sarkozy. Les fichiers sont d’une autre portée tout simplement parce qu’ils sont transmissibles, consultables et que les progrès de l’informatique sont tels que la défense du fichier actuel sous couvert de ce qui se mit en place en 1991, Edith Cresson étant Premier ministrre (les charters vers l’Afrique de l’Ouest sontr aussi de son époque), ne tient pas : les capacités informatiques nouvelles en ont changé sans doute toute la capacité. Plusieurs débats en un.

Manifestement, aucune concertation gouvernementale pour prendre le décret en cause. Il n’y a pas eu débat en Conseil des ministres, les choses se découvrent par les protestations de magistrats allant en Conseil d’Etat. Il n’y a aucune collégialité. Le Premier ministre est muet. Michèle Alliot-Marie se défend contre son collègue (et surtout son prédécesseur) à la Défense en disant que ce dernier aurait pu lui téléphoner … un tel débat par téléphone entre ministres !

L’intervention de Nicolas Sarkozy surprend. Sensibilité à l’opinion publique qu’il sent ou apprend de mieux. Les présentations habituelles de la communication publique aujourd’hui, à mon avis dégradante, comme si tout se réglait selon des apparences de comportement : « carte de l’apaisement », « calmer le jeu », ces façons furent celles du lendemain de Carcassonne en contre feu des propos présidentiels sur l’amateurisme de l’armée. Mais le décret et les dispositions qui ne datent pas de lui ne le gênaient pas avant que la question soit sur la place publique. Il a été ministre de l’Intérieur et deux fois. C’est à son profit qu’a été réorganisé l’ensemble des services de renseignements politiques et militaires, désormais gérés ou orientés directement à l’Elysée. La succession de Jacques Chirac s’est jouée entre deux maniaques du fichage des personnalités et du renseignements tous azimuts ; la solution à la guerre en Afghanistan est affaire de renseignement selon Nicolas Sarkozy, déquiller celui-ci pour Dominique de Villepin en 2006 était affaire de fichiers. Nicolas Sarkozy tient ses adversaires de droite soit par les « affaires » : les emplois fictifs, le compte japonais et autres pour l’ancien président de la République – Clearstream bien sûr et d’abord pour Dominique de Villepin, soit par leurs espérances de place : Brice Hortefeux voulant celle de Patrick Devedjian, celui-ci un portefeuille, Jean-Pierre Raffarin la présidence du Sénat, et ainsi de suite dans un « petit monde » où chacun est censé très bien connaître tous les autres. L’avantage du débat est qu’il permet au président régnant de paraître plus modéré qu’une ministre, qui fut un temps sa rivale pour la direction du parti chiraquien et l’investiture, et surtout plus modéré que ce parti. L’U M P réclame le maintien du fichier tel quel. La ministre de l’Intérieur fait des concessions de langage, n’engageant pas même à la révision du texte dénoncé.

Ce qui m’étonne, c’est que le Conseil d’Etat et la Commission Informatique et Libertés ( C N I L ) n’aient pas bronché jusqu’à présent. Que la garde des Sceaux, concernée par le mouvement des magistrats et par le fichage des délinqants avérés ou potentiels, garde le sience et sa chancellerie aussi. Sans être spécialiste de ces questions, EDVIGE me paraît pécher à trois points de vue.
1° la collecte des informations politiques est aléatoire. La manière dont fonctionnaient les Renseignements généraux, montre les aléas et la part de rumeur ou d’interrogation directe qui les fondaient, cela pour la « politique ». Pour la « dangerosité » potentielle, sur quoi se fonder. Des erreurs de gouvernement ne sont-elles pas pour la société et la collectivité nationale plus graves que des agissements individuels ? Quels critères pour la recevabilité des données, étant admis que les rubriques elles-mêmes ne soient pas attentatoires à la dignité humaine et à la vie privée.
2° le mélange des genres, en bonne partie, parce qu’on fusionne les différents services de renseignements jusques là sous des autorités différentes, de même que l’on a mis sous la même obédience gendarmerie et police nationale, est choquant. Un ancien Premier ministre a sa fiche au même titre que le « voleur de mobylette », cité souvent en exemple par Bernard Tapie. On ne peut pas mélanger et surtout pérenniser des informations sur des personnes « n’ayant rien fait » qu’une carrière les mettant en vue, sur des délinquants condamnés et sur des adolescents potentiellement dangereux (présomption d’innocence…). L’amalgame est en soi une provocation.
3° la suppression de tels fichiers a l’inconvénient grave qu’en réalité ils subsistent mais dans des pratiques secrètes et donc sans contrôle juridictionnel, et sans possibilité d’accès des personnes fichées aux données les concernant ou censées les décrire.

La tendance à la fois inquiétante et réconfortante. Inquiétante parce qu’aucune des enceintes chargées légalement d’examiner ou de contrôler l’organisation de ce fichage ne l’a discutée ou empêchée, que sa légalité n’est donc pas en cause et qu’en conséquence la voie est ouverte. Réconfortante parce que si l’opposition est impuissante au Parlement jusqu’à la prochaine législature, nonobstant la dernière révision constitutionnelle, ce qui crevait les yeux dès ses préparations et esquisses, et – jusqu’à présent – dans la rue, elle est capable d’intimider le pouvoir en le plaçant en face de l’opinion et même de son électorat, voire d’en diviser les titulaires. Une opposition entre le ministre de la Défense et la ministre de l’Intérieur.

Géorgie… décidément rien n’est mis en perspective, les récits sur la journée d’hier font du président français, un véritable héros de courage : quelle crédibilité quand il a « failli » claque la porte, à deux reprises, et un négociateur extraordinaire. Or, la Russie a obtenu :
1° un délai d’un mois supplémentaire ;
2° un lien qui va s’avérer dans un mois entre l’évacuation de la Géorgie et les négocioations « sur la sécurité dans la région » ;
3° la reconnaissance du fait accompli en Abkhazie et en Ossétie du sud, puisque les accords entendent la Géorgie sans « les provinces séparatistes ».

L’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne pouvait être une réplique – et un signe de solidarité – dans le contexte de la guerre de Géorgie. La chronologie, la veille et le lendemain, le permettait. Dick Cheney ne se gêne pas pour de tels enchaînements de Bakou à Kiev. Nous, si. Et l’accord n’interviendra que dans un an, c’est-à-dire après les prochaines élections présidentielles, et la probable victoire des pro-russes qui prendront sur ce sujet comme sur d’autres, leurs instructions à Moscou..


[1] - 1ère lettre de Paul aux Corinthiens VI 1 à 11 ; psaume CXLIX ; évangile selon saint Luc VI 12 à 19

journal - lundi 9 septembre 1968


C'est la dernière conférence de presse du général de Gaulle. Une demoiselle de Montalembert me donne en Juin une photo. portrait pris pendant cette conférence, que je n'ai jamais vue publiée, belle, grave, autre que sereine : lui, sait sans doute que c'est la dernière.




+ Lundi 9 Septembre 1968


17 h.

– Tchécoslovaquie
– participation dans l’entreprise
– changement de Premier Ministre
– Biafra
– transformation du Sénat
– droits de tirage spéciaux : refus immédiat de répondre
– organisation régionale
– réforme universitaire
– Turquie . « je m’en félicite vivement »
– crise de Mai . Juin
– Québec

« Nous dirons qqch du Biafra . c’est le moins qu’on puisse faire »


22 h 15

Conférence de presse du Général de Gaulle .
Séduction intellectuelle et force de persuasion très grande .
On ne s’ennuie pas une seconde .
Seul défaut cette fois : une toux qui a affaibli
le dernier tiers de la conférence

Conférence surtout de confirmation .
– participation
– delphinat pour Pompidou
– les blocs sont périmés « trop tard » en Europe
et conviction que l’idée nationale l’emportera à l’Est
– politique à Québec

a.s. du Biafra
Si la France n’a pas reconnu le nouvel Etat .
c’est pour ne pas forcer la main à l’Afrique .
mais rien n’est exclu .

Qqch qui était en filigrane dans la note aux ministres
publiée par
le Figaro à la fin d’Août :
faire que les syndicats ou bien se dépolitisent
ou bien n’aient plus le monopole qui devient un écran
à la représentation réelle des travailleurs .
Ceci est confirmé par l’analyse qu’il fait de la crise de Mai .
où il déplore la politisation des syndicats .

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lundi 8 septembre 2008

Inquiétude & Certitudes - lundi 8 septembre 2008

Lundi 8 Septembre 2008

La pratique américaine du libéralisme, comme le Japon il y a dix ans

La relation euro-russe toujours ni travaillée, ni concertée, ni négociée

Que la Russie et l'Union ne soit pas dans le même ensemble sécuritaire est belligène


Prier… nativité de la Vierge Marie. [1] Le cantique d’Anne dans le livre de Samuel, et celui d’Isaïe anticipent le Magnificat, une maternité implicitement ou explicitement célébrée devient un chant personnel puis universel de reconnaissance. Personnel pour la gloire et les bienfaits reçus, je ne me tairai pas … mon âme exulte à cause de mon Dieu, car il m’a vêtue des vêtements du salut… et universel en ce sens que la création, le vivant, les générations admirent en une personne humaine le chef d’oeuvre divin : ta justice…tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur… on te nommera d’un nom nouveau. La prière la plus pure qui est la plus joyeuse, totalement jubilante : un diadème royal entre les doigts de Dieu. Audace des images, ont-elles été tant peintes ? ou poétisées ? quelle vision ! Ceux qu’ils connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l ’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères. Double accomplissement de la Genèse : la ressemblance et l’image de Dieu-même, la descendance vraie d’Abraham, par lequel Matthieu commence sa généalogie du Christ. Le songe de Joseph est en réalité – pour nous – l’explicitation de l’Annonciation, en ce sens Marie est la première chrétienne et communiante au Christ, mais Joseph partage avec Abraham le bon rôle et le titre de premier des croyants. La révélation de l’Incarnation est faite à Joseph, le père adoptif. Quant à nous, nous sommes les frères d’adoption, les fils adoptifs, Fils et Père. Michée cité par les conseillers que consulte Hérode pour guider les rois mages et appelé à donner le cachet à tout par Matthieu. La réaction humaine de Joseph est belle, en soi, compte tenu de la société du temps, mais Dieu éclaire le problème tout autrement et la réponse de ce saint est adéquate. Tous les Emmanuels de la terre et de nos vies… prénom qui ne prête pas une destinée banale, quelle qu’elle soit : toujours le rayonnement et une beauté certaine.


La bourse de Paris, « tirée » par les valeurs financières, y compris Natexis qui était vendredi à l’encan… démarre ce matin en hausse de plus de 4%. Les bourses asiatiques, notamment celles du Japon, saluent « la mise sous tutelle » des deux principaux organismes (privés) de refinancement des prêts hypothécaitres : un risque devenu mondial de 5.000 milliards de dollars. Le Trésor américain « injecte » 200 milliards de dollars, c’est de l’ordre du budget français. Me mettre à jour de ces chiffres des comptes publics de notre pays, que je possédais en année préparatoire de Sciences-Po. Alors la débudgétisation était traquée par la Cinquième République à ses débuts, une brochure anuelle, pas épaisse ni grande, couleur ivoire, expliquait très clairement les dépenses, les recettes et les financements, c’était lumineux comme alors le ciel économique français. En fait, ces mouvements boursiers montrent – comme depuis une vingtaine d’années – la subordination des économies européennes à l’économie américaine, non plus pour des raisons commerciales mais pour des raisons financières et de crédibilités bancaires : chez nous, les banques n’ont plus comme stratégie de financer l’économie, elles tournent en circuit fermé puisqu’elles investissent elles-mêmes en valeurs boursières sinon en démarches spéculatives. Ils montrent aussi que les finances mondiales – comme naguère le système monétaire international – dépendent des déficits américains : entreprises et gouvernement fédéral (quid des finances et des budgets des principaux Etats fédérés, genre New-York ou Californie ?), et plus encore des bonnes ou mauvaises gestions de certains risques, les immobiliers depuis quinze mois, mais aussi les aléas climatiques, les évolutions de pérvisions énergétiques. Ainsi, la loi de l’offre et de la demande et les principaux dogmes du capitalisme sont-ils hors de toute application contemporaine. Le Japon et l’Amérique ont comme solutions passe-partout le renflouement par l’Etat, à une moindre échelle la Grande-Bretagne.

Présage de déclin à terme, faute de rester dans son strict métier ? ou bonne innovation pour que la concurrence sur le rail français reste en France ? Valéo et Air France s’unissent pour mettre au point un T G V.

Quoiqu’il soit enfin flanqué de Manuel Barroso (mais où est donc Javier Solana ?) et dûment mandaté par le Conseil européen – aveu qu’il ne l’était pas il y a trois semaines – mission impossible pour Nicolas Sarkozy à Moscou et à Tbilissi, parce que les prémisses ont été mal gérés depuis des années, et même depuis le début de la crise géorgienne. L’ambiguité est évidemment – désormais – dans ce que recouvre l’expression Géorgie : le territoire de l’ancienne République fédérée soviétique ? ou le territoire amputé aujourd’hui de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud . Avec comme pour la résolution 242 de 1967 un problème de traduction, l’anglais plus laxiste, la sécurité de l’Ossétie et de l’Abkhazie ou en Ossétie et en Abkhazie.Or, il est notoire que le président français n’a pas la moindre notion de l’anglais… Manifestement, les Russes – j’allais écrire : les Soviétiques sans que ce soit, pour moi, péjoratif, au contraire – se renforcent en Géorgie-même sur la façade maritime. Mon lapsus est fondé. Sous le régime soviétique, il était opérant de penser et concevoir « russe », ce que ne cessa de faire de Gaulle, tandis qu’aujourd’hui, la Russie tente de reprendre les cartes et atouts, prétentions en fait, de l’Union soviétique.

L’accord est singulier et – de la part des Européens – peu perspicace. Pour le président Medvedev, Saskatchvilli nest plus qu’un « cadavre politique », ce qui signifie que Tbilissi n’est pas respectable tant qu’un nouveau pouvoir n’y sera pas en place. Lequel ? sinon un pro-russe.

Il aurait fallu – à mon sens – procéder tout autrement. Au lieu de bâcler pour quelques lignes ou pages d’accord le nouvel état des relations entre l’Union et la Russie – ce qui vient de se faire en pas quatre heures – nous devions y consacrer des semaines… Concerter au préalable nos vues avec les Allemands. Prendre du temps avec les Russes et entamer avec eux la grande négociation de l’après-guerre froide pour vraiment en éradiquer les causes de résurgence. Ce qui suppose un examen des conditions de sécurité en Europe et dans son voisinage (intitulé d’une des politiques extérieures de l’Union). Identifier en cela les solidarités entre l’Union et la Russie. Accepter de regarder ensemble l’actualité ou pas de l’Alliance atlantique et conclure soit à l’obsolescence de celle-ci depuis la fin ou la dissolution du pacte de Varsovie, soit à son utilité pour la sécurité mondiale et non plus régionale (si l’on pose que la Russie n’est plus une menace et qu’elle est potentiellement partenaire indissoluble de l’Union européenne) auquel cas la Russie doit être admise dans l’Alliance atlantique. Ce qui est belligène, c’est que pour les questions de sécurité, l’Union européenne et la Russie ne soient pas dans le même ensemble.


[1] - Michée V 1 à 4 ; Paul aux Romains VIII 28 à 30 ; cantique Isaïe LXI 10.11 & LXII 1 à 3 ; évangile selon saint Matthieu I 1 à 16 & 18 à 23

dimanche 7 septembre 2008

Inquiétude & Certitudes - dimanche 7 septembre 2008



Dimanche 7 Septembre 2008
U.M.P. les remaniements ou la guerre idéologique : ce qui importe aux uns indiffère les autres
Edwige et les Buttes-Chaumont
Mauritanie : résolution du Parlement et essence des dictatures militaires


Prier… [1]. Si ton frère … considère-le comme un païen et un publicain. Les propos du Christ sur ces dialogues de remise dans le droit chemin de l’un par l’autre sont difficiles à entendre. Il faut certainement les assortir de ceux sur la paille et la poutre, et plus encore sur le pardon soixante-dix-sept fois sept fois. En fait, Jésus insiste sur l’aspect « collectif » de nos fautes, de nos comportements, sur la solidarité des comportements humains avec l'ensemble d’une communauté, avec tout le vivant, ce sont des éléments de la doctrine sur le pécéhé originel et sur notre rachat, notre rédemption qui sont là. On est au cœur de l’enseignement déduit de toute la révélation divine. La prière appelle la présence de Dieu, la prière ensemble. Toute prière est d’ailleurs, certes adressée à Dieu, mais en communion avec tous. Mentalement ou en présence mutuelle et effective. Nos morts sont là aussi, bien sûr. Le méchant mourra de son péché, mais à toi, demanderai compte de son sang. Jésus, dans le propos rapporté aujourd’hui, met aussi à jour celui d’Ezéchiel. Comment l’appliquer à la lettre ? certainement par la prière, la délicatesse, l’affection tendre manifestée ou pas. Nous ne sommes plus à une époque acceptant les manifestations. La course au sexe et au paraître, à ces formes de drogue pire que ce que l’on avale ou que l’on s’injecte parce qu’apparemment… nous rend réfractaire à toute caresse, à tout têtre-à-tête, à tout mot d’union et de profondeur. On a peur du cœur, on croit à quelque agression ou à une demande cachée, quand on ne croit pas au vice de l’autre… les mains et les visages à l’échange du signe de paix, pendant nos liturgies eucharistiques, que de visages refusés et de regards détournés, volontairement ou inconsciemment tandis que la main machinale est laissée à un jeu… l’Eglise a été judicieuse en proposant ce geste, il nous révèle. Tu les avertiras de ma part. Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel. Les trois phases de l’ « histoire sainte » concordent dans leur écrit, le prophète, l’apôtre, le Christ donnent les mêmes prescriptions. Jésus à la perfection, mais la Loi déjà : tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait rien de mal au prochain. Je fais ces temps-ci, un compte qui augmente chaque fois que j’exhume un souvenir précis ou même une lettre ancienne, un compte de mes manques à l’amitié et à la prévoyance de l’amitié nécessaire, de l’accompagnement mutuel. Visages et noms, baiser de paix, parfois post mortem, dialogue maintenant dans la prière qui baisse nos yeux à tous.

Le « campus » de l’U.M.P. censément exemplaire d’unité et donc d’efficacité politique par son contrepoint avec l’ « université d’été » du Parti socialiste aboutit surtout à cristalliser le flou à la tête du « mouvement » : Hortefeux qui abandonnerait son ministère en affichant un bilan glorieux (les quotas et les accords franco-africains, le modèle pour l’Union européenne qui y verrait comment appliquer sa directive slovène) pour « prendre » la tête, tandis que Jean-Pierre Raffarin ne visant que la présidence du Sénat abandonnerait tout rôle. Mais Michèle Alliot-Marie n’a pas dit son dernier mot, ce qui fait admettre que ses jours place Beauvau sont comptés. Mais – je n’ai pas encore lu – le discours du Premier ministre à Royan, rien d’extraordinaire en débat sur le fond. On colle à fond à Nicolas Sarkozy.

Polémique bien allumée par François Bayrou – une par semaine ? – à propos du fichier Edwige de fichage de tout individu condamné, soit ! mais susceptible d’actes répéréhensibles et dangereux. Hervé Morin, même origine U D F…, lui emboîte le pas et se montre rétivcent. Bien entendu ! son portefeuille a été amputé de la gendarmerie et de tous les organes de sécurité et de renseignement… L’origine du fichier remonterait à Edith Cresson en 1991, donc la faute aux socialistes, bien sûr ! Pour mieux identifier ce personnage X intéressant, on donne les inclinations sexuelles, les militances et appartenances politiques et syndicales. En fait, c’est le probable aveu et l’exploitation informatique de tout le savoir des anciens R.G. qui sont maintenant groupés à l’Elysée avec le contre-espionnage : une mine de chantages possibles, mais certainement pas un outil meilleur de prévention. A preuve, à deux mois d’intervalle, nouveaux incidents hier après-midi aux Buttes-Chaumont. Trois kippas agressées. Réponse du maire du XIXème qui n’est plus Cambadélis : du civisme à l’école, ce qui est court. Tout est dans la densité de telle population quand elle devient excessive, quartiers juifs dans le nord-est parisien, immigrés maghrébins dans la couronne spetentrionale pour Paris, etc… Question aussi, sur la voie publique, des signes extérieurs d’appartenance. L’identité appelle la contestation ou la haine… a-t-on le droit d’afficher ? de s’afficher ? pour le papier collé, la loi prévoit emplacements et parfois époques. Pour les personnes ?

Mauritanie … enquête faite à la source, la résolution du Parlement eropéen me paraît satisfaisante, mais je n’ai pas encore la réaction de mes correspondants, acteurs civils principaux. Sans doute, y manque-t-il des prescriptions nettes de calendrier, et aussi l’observation – décisive – qu’une candidature militaire serait un manque évident à la neutralité électorale demandée aux putschistes. – Je reçois impromptu du fils d’un des deux colonels morts bravement pour tentative de renversement le 16 mars 1981 d’une des dictatures militaires mauritaniennes (celle de Khouna Ould Haïdalla qui finalement passa plus de temps en taule qu’au sommet de l’Etat), un courriel puis des documents qui me bouleversent. Ahmed Ould Sidi, vice-président du Comité militaire du 10 Juillet 1978, n’avait pas pourtant participé au pustch. Fils du dernier émir « officiel » du Trarza, il avait été le négociateur d’une reconnaissance du nouveau régime chez Giscard d’Estaing : au fond, une caution qu’il retira après avoir, nouvelle caution, négocié l’accord d’abandon du Sahara, en Août 1979. Il co-fonda ensuite le mouvement d’opposition à l’étranger aux militaires : le coup de main très audacieux qu’il tenta avec le colonel Ould Bah Ould Abdel Kader, tête remarquablement bien faite selon ce qu’il m’est donné de lire de lui, ne manqua, à mon sens, que par trahison inopinée de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, régnant ensuite de 1984 à 2005. – Ces dictatures militaires qui ne finissent que par d’autres militaires, sont peu économes de vie et de sang. Ce pays qui m’est cher entre-t-il, après quinze mois seulement de semi-respiration, vers un nouveau cycle. Je me bats contre, autant que je me suis battu contre la révision constitutionnelle signée Nicolas Sarkozy. Je n’aime pas les dictatures parce qu’elles sont simplistes, incultes, cyniques et méprisent l’homme.


[1] - Ezéchiel XXXIII 7 à 9 ; psaume XCV ; Paul aux Romains XIII 8 à 10 ; évangile selon saint Matthieu XVIII 15 à 20

samedi 6 septembre 2008

Inquiétude & Certitudes - samedi 6 septembre 2008


Samedi 6 Septembre 2008

Mauritanie : position du Palement européen sur le putsch du 6 Août

Droite et gauche, plus de différences que de convergences, soutenir est plus facile que s'opposer

Etudiants, problèmes qui ne sont pas d'études mais de subsistance quotidienne




Prier ... Jésus leur dit encore : Le Fils de l’homme est maître du sabbat. Ce qui est certainement la plus dangereuse des prétentions : maître du rite, supérieur au rite, dans une théocratie, arbitrée par l’étranger. Fauteur de troubles possible, Jésus s’en garde et respecte, souvent spectaculairement, l’ordre (romain) établi : l’impôt, l’admiration pour la foi du centurion. Mais il mine par le spirituel et en prenant ses adversaires au pied de leur lettre, le pouvoir que ceux-ci se sont arrogés pour le malheur de leurs ouailles. Jésus répond toujours dans le registre de ses contempteurs : N’avez-vous pas lu ?... mais ce que l’évangile montre rugueux et difficile quand nous ne sommes qu’en posture de discuter, l’Apôtre le montre affecueux et valeureux : vous auriez beau avoir dix mille surveillants pour vous mener au Christ, vous n’avez pas plusieurs pères… et de revendiquer avec douceur et vérité, sa paternité spirituelle. Les maîtres de l’époque que sont les hiérarchies socio-religieuses juives et les maîtres véritables, à l’image de Paul le phraisien retourné sur le chemin de Damas, dans le mépris… livrés en spectacle au monde entier, aux anges et aux hommes. Et ma prière là-dedans… être mené avec douceur par les maîtres que dans ma vie j’ai rencontré, par ces lectures quotidiennes, par Dieu-même : il répond au désir de ceux qui le craignent ; il écoute leur cri : il les sauve. Quarante ans, j’ai crié… et tout avait commencé par ma faim autant que par ma tentative de suivre le Christ, croyant être appelé plus spécialement, je l’étais mais différemment : ses diciples arrachaient et mangeaient des épis après les avoir froissés dans leurs mains. Deux singularités : Jésus est en dehors de cette glâne, lui en offre-t-on un peu ? en tout cas, il n’y procède pas lui-même. Ce sont ses disciples qu’il doit justifier, pas Lui. La glâne n’est pas critiquée, mais le moment où elle est faite. On n’aborde pas la question de front, mais de biais, quand on cherche à mettre Dieu en difficulté, ou plutôt l’idée qu’on s’en fait, car notre foi – et les contemporains du Christ – hésitent sur la question d’identité. Personnage décisif ou accessoire ? un passant ou la vérité, l’éternité, la réalité. [1]

Mauritanie, chronique de la résolution au Parlement européen à propos de la reconnaissance des putschistes. Le cabinet que j’ai interrrogé au Quai, me répond qu’au contraire « nous » résistons, « nous » aussi aux militaires. Mais alors il faut le faire savoir.

Les exercices d’été des principaux partis – après le PS, la LCR (nouveau Parti anticapitaliste) et le mouvement de mon cher Jacques Nikonoff samedi et dimanche derniers – reprennent : MODEM, UMP, Nouveau centre. La gauche se caractérise mon sens par une moindre haine pour ses adversaires que la droite envers elle. Elle se caractérise aussi par son pluralisme, le nombre de mouvements vraiment d’origines idélogiques différentes sinon conflictuelles et exclusives. Et enfin par ses fonctionnements démocratiques, au Parti socialiste principalement. Tous ces traits sont autant de causes que la gauche ne sait pas s’articuler pour une bonne distruibution des rôles d’opposition ; syndicats, associations, clubs et autres, partis évidemment, chacun est dans sa ligne et selon une spécialité. Or, le rapport de forces – ce sont les syndicats qui depuis une quinzaine d’années, en fait depuis François Mitterrand, savent parler et combiner stratégie – ne se mettra en place et de façon favorable que si tout ce faisceau parvient à se lier sur des objectifs et à des dates vraiment discernables par l’ensemble des Français. Reprendre la maîtrise du calendrier, alors que – mais ce n’est pas assez commenté, sauf par Marianne – la maîtrise des thèmes est dans l’opposition : pouvoir d’achat, fait du prince, fichiers et répression.

La droite fait semblant – et ceux qui l’y inclinent, sont très crédibles et applaudis dans leur enceinte – d’être minoritaire depuis des décennies par rapport aux idéologies de gauche. La bataille idéologique aurait donc été engagée – les tabous (mais sont-ils de gauche, ou s’agit-il pour la majorité actuelle de se couper encore davantage du legs du général de Gaulle, ce que je crois, parce qu’il est la seule limite mentale opposable à Sarkozy, chez certains « responsables » politiques de sa mouvance). Devedjian et le nouveau chef des jeunes U M P : « les jeunes populaires »… titrent cette bataille, aller partout, les thèmes et les « réservoirs » potentiels, l’Université et semble-t-il aussi les lycées. C’est l’idée majeure de Sarkozy depuis quinze ans, n’avoir pas de complexe à s’afficher de droite. Quant à la gauche ou à l’opposition « ringardes », il faut reconnaître que ce slogan facile date du Général lui-même : des politiciens au rancart..

Reste que l’humain est fait d’hommes et de femmes que l’U.M.P. va devoir « encaisser » une redistribution des rôles au gouvernement et dans le parti, à la suite des sénatoriales dont curieusement personne ne parle sauf en page 2 du Canard et certainement au moment du congrès de Versailles. De même, le « redécoupage » des cireconscriptions : une dizaine seraient supprimées, notamment dans le nord et à Paris (gagnées par la gauche jusqu’à maintenant ?). Et les éliminés seront forcément des opposants potentiels.

Parfois de bonnes idées : des cités universitaires dans les casernes libres ou se libérant. Ce qui résout un des problèmes majeurs de la vie étudiante. Mauvaise idée : le prêt étudiant à taux zéro. Le fond est l’emploi des jeunes diplômés, il est acquis de plus en plus tardivement. Etudiants salariés au risque de scolarité moins performantes. Je l’ai expérimenté ces années-ci.


[1] - 1ère lettre de Paul aux Corinthiens ; psaume CXLV ; évangile selon saint Luc VI 1 à 3

vendredi 5 septembre 2008

Inquiétude & Certitudes - vendredi 5 septembre 2008

Vendredi 5 Septembre 2008

Rachida Dati et l'ancien chef du gouvernement espagnol

Pour Sarkozy, qui est à détruire ? fait du prince et séduction exercée sur les sujets

L'anti-américanisme et l'électorat de Sarkozy

Saint-Nazaire

La tournée de Dick Cheney plombant les prochaines victimes de la revanche russe

Le Brésil, de Luila à Vargas

Mauritanie : la France à l'appui des putschistes devant le Parlement européen ?

Comment fonctionne l'information en France ?

La notation des ministres



Prier… [1] il faut que l’on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l’on demande aux intendants, c’est en somme de mériter confiance. La vie consacrée aujourd’hui, au sens de l’Eglise et dans l’Eglise, est de plus en plus difficile sans doute pour beaucoup de raisons pratiques et sociales, quoiqu’être à l’abri du chômage et en bonne partie des soucis d’argent même si c’est pour vivre petitement et être soumis à des hiérarchies et à des obéissances pas toujours éclairées, et souvent archaïques, est une sécurité qui devient rare… difficile, elle doit l’être – je n’en sais que les apparences extérieures et de loin en loin quelques confidences du mauvais temps ou de la houle – mais surtout pour des raisons psychologiques. L’esprit du temps atteint tout le monde, il est destructeur et tentateur, peu constructif, j’en ai vêcu à plein et le sais. Mais l’évangile redouble la difficulté, il est un permanent appel à l’autocritique des clercs : pharisiens, scribes et chefs des prêtres… Paul en rajoute aujourd’hui pour cependant dégager une attitude d’âme, toute logique avec l’attachement au Christ : pour ma part, je me soucie fort peu de votre jugement sur moi… je ne me juge même pas moi-même… celui qui me juge, c’est le Seigneur. La conclusion n’est pas une défausse, mais une attente. Attente du vin nouveau, le mélange est impossible pour le contenant et pour le contenu L’attachement au Christ fonde toute logique, celle de la fête, celle de l’attente, celle de la retenue : ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur.

People… qui a commencé ? Couramment, les medias sont accusés. Vendre du papier par des photos volées. Mais quand nous en sommes au point où un ancien chef du gouvernement espagnol doit faire démentir qu’il peut être le père de l’enfant que porte, en ce moment, très visiblement et avec dépêches de preesse à l’appui, la garde française des Sceaux, il faut bien admettre que les acteurs ont cherché leur public. L’affichage en campagne présidentielle puis en tenue de la chandelle, l’été de 2007, pendant les vacances américaines du premier couple Sarkozy (premier pour la période présidentielle, puisqu’il y en avait eu un aux origines de carrière, et qu’il y a eu la passade Laurence Ferrari) avait été tel que l’on avait pu se demander avec qui « était » réellement le nouvel arrivé à l’Elysée. Et nous sommes tenus au courant du désir d’enfant qu’éprouverait Carla Bruni-Sarkozy – quelle source ? et dans quelle perspective ?

Le fait du prince. Le mot de François Bayrou a fait balle. A l’université d’été du MODEM, la position est nette : faire du mouvement qui n’a guère d’élus notamment au Parlement mais qui a démontré que le clivage droite-gauche et l’alternance sétrile au pouvoir était rejeté potentiellement par un cinquième au moins des électeurs, faire de ce mouvement la force de refus opposée à Nicolas sarkozy. Dans le passé, un président de la République, son Premier ministre auraient pu empêcher la « résistible ascension » [2]…La chronique Laurent Joffrin . Sylvie Pierre-Brossolette sur les ondes de France Infos. place encore Dominique de Villepin en embuscade, copinage affiché : le déjeuner ou le petit déjeuner au Bristol en Mai, selon Le Canard enchainé, avec la proposition de rêve faite par le président à l’ancien ministre des Affaires étrangères de le redevenir… ce me paraît impossible. Dominique de Villepin n’a pensé qu’à l’Elysée, en 2002 c’est Beauvau qu’il voulait et qu’il n’eût qu’ensuite. A Matignon, il n’a pas du tout valorisé l’image du Conseil de sécurité harangué par un « gardien du temple ». Un essai de sa biographie – très complaisant [3] car la pétition de principe est qu’avec un tel physique face à un adversaire aussi disgrâcié au moins de taille, l’électeur ou plutôt le téléspectateur serait immanquablement enveloppé – raconte la relation de couple et surtout le rôle de réconciliateur joué par le secrétaire général de l’Elysée à partir de 1997 entre le président de la République, trahi par « l’ami de trente ans » et donc ses lieutenants, et le chef de la campagne d’Edouard Balladur. Mais il expose surtout les éphémérides de la haine. Pour les deux journalistes, il y a pourtant – là – un avenir, tandis que François Bayrou est l’homme à abattre. De fait, l’empêcher d’être élu maire de Pau est inoubliable de part et d’autre. Mais les Français … peut-être si le Parti socialiste persévère à être si loin de l’opposition frontale au cours actuel. Les manifestations sectorielles puis généralistes qui se programment le verront-elles en tpete des cortèges comme François Mitterrand, Pierre Mendès France et Waldeck Rochet savaient l’être en Mai 1967… ?

Le fait du prince : en continuant de polémiquer depuis Damas, le président de la République confirme qu’il a bien décidé – et lui seul – d’accéder aux demandes de son ami Clavier. Version alarmiste des faits, selon celui-ci. Démonstration d’une très bonne gestion, selon les professionnels et les amicales ou associations de hauts fonctionnaires de nos polices.

Un vieux bloc idéologique : l’anti-américanisme en France. Les annexions à droite de Nicolas Sarkozy pendant la campagne de 2007 et dans les urnes n’ont porté que sur la politique intérieure, et encore. Turquie et immigration, car cette extrême-droite est autant anti-sémite qu’anti-arabe, en quoi d’ailleurs elle se distingue radicalement de Vichy : qui mieux que l’ancien secrétaire d’Etat aux relations franco-allemandes (Jacques Benoist-Méchin) a su introduire en France au point d’être noirement lu par le général de Gaulle et par Raymond Barre, une compréhension de la nation arabe dans ses dialectiques contemporaines ? Mais il y a la politique extérieure. Jean-Marie Le Pen fustige l’alignement sur les Etats-Unis et Philippe de Villiers condamne à juste titre notree politique vis-à-vis de la Russie.

Saint-Nazaire, le président de la République y confirme ses dires de l’automne, la prise de participation publique, le couplage des sièges français au conseil d’administration pour y détenir la minorité de blocage, le maintien dans l’ « hexagone » du savoir-faire et des emplois allant censément avec. Décisif Témoignage, le livre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy : deux de ses hauts-faits quand il est à Bercy, le repêchage d’Alsthom et la baisse des prix en grande surface par chantage à un débat télévisé sur le sujet avec les patrons de chaînes commerciales. Dans cette continuité d’attitude, je vois surtout que Nicolas Sarkozy ne sait pas apprendre ni se renouveler. L’outil, Alsthom (je persiste à écrire avec un h – car je n’ai pas encore compris pourquoi ce changement de nom, suffisant déjà pour compliquer la recherche informatique, ce qui était peut-être le but, d’autres ont fait Vivendi, LCL et Suez a tous les noms plus le sien) qui est aussi un gisement de places secondaires pour des protégés à recaser et que l’Elysée a tenté d’imposer à l’Areva d’Anne Lauvergeon, reste le même. Prospérité aidée sinon subventionnée aujourd’hui, fragilité que je crois persistante et qui fragilise les montages pas assez diversifiés. La manière reste la même, toujours s’exposer au public, répondre soi-même de soi-même au lieu de mettre en valeur les ministres ou secrétaires d’Etat, déléguer, inspirer et orienter plutôt que décider. C’est faire oublier que rien n’a été fait finalement pour la sidérurgie de Gandrenge abandonnée par Mittal : cela devait être résolu en Avril dernier… et pour gratifier la Lorraine, il y a eu la carte militaire, rien n’a été publié de la rencontre à l’Elysée des élus locaux, dont la plupart sont U.M.P. C’est faire oublier que les éventuelles garanties à l’emploi français dépendront du bon vouloir ou de la bonne attitude des actionnaires français… on a vu Pinault précisément dans l’absorption d’Arcelor par Mittal, on voit l’Etat, sous la férule de Nicolas Sarkozy, privatiser les services publics, alors dans cinq ans, si les idéologies se maintiennent et si la démagogie est moins vitale pour le pouvoir en place… il n’y aurait plus que des aides à la personne mise au chômage. La participation publique n’est plus une garantie de l’emploi.

La tournée de Dick Cheney est aussi maladroite – en réponse aux annexions russes dans le Caucase – que l’aveu de division et d’impuissance des Etats membres de l’Union européenne. Commencer par l’Azerbaïdjan et y discourir sur « la région » est doublement dangereux.. d’une part, c’est avouer – encore un aveu – que le point en Géorgie ce sont les gazoducs et oléoducs partant des gisements de Bakou (déjà convoités par Hitler au prix de Stalingrad), et d’autre part c’est reconnaître que les Etats-Unis malgré leurs bases en Ouzbékistan et à Douchambé, leur influence en Kirghizie, ne parviennent pas à vraiment peser en Asie centrale et au Kazakhstan en particulier. Qu’ils le tentent et le casus belli avec Moscou est encore plus dangereux que celui de Tbilissi, qu’ils restent timides, malgré beaucoup d’avancées depuis 1992 – j’en ai été témoin comme premier ambassadeur de France là-bas – et ils admettent l’ancien empire soviétique. Un voyage de trop. Plus encore en Ukraine au moment où le conflit entre Timochenko et Youchtchenko est au plus vif, et le discours est pis : appeler à l’union de tous contre les Russes. Comme si ceux-ci n’étaient à quasi-égalité ethniquement et électoralement dans ce qui fut la seconde des Républiques soviétiques en poids politique et économique. Staline le géorgien mais Khrouchtchev l’ukrainien. – Le drame européen se joue sans que l’Union ait la moindre capacité de jouer elle-même. S’enchaînant chaque semestre davantage aux Etats-Unis dans l’Alliance atlantique, payant avec usure son consentement au bouclier anti-missile qui a été la cause de tout avec Moscou, elle paiera – par sa proximité géographique et sa dépendance énergétique – les erreurs américaines : les Etats-Unis sont loin, leurs approvisionnements énergétiques ne sont pas en Europe de l’Est ni en Asie centrale, et s’ils n’avaient l’obsession de réserves stratégiques dans leur sous-sol à ne pas entamer au cas d’une guerre seuls contre tous, ils sont auto-suffisants. C’est d’ailleurs un des débats de l’actuelle campagne présidentielle : la prospection et l’exploitation pétrolière non loin des côtes sur le Pacifique.

Brésil. Je prends au sérieux l’affaire d’écoûtes téléphoniques dont les dépêches d’AFP assurent qu’elles ébranlent et visent le sommet de l’Etat. Quand j’étais en poste là-bas (1984-1986) et que les militaires passaient la main après viongt ans de dictature et dans l’impunité, un autre précédent était présent dans les esprits, la liquidation de Getulio Vargas par les campagnes de preesse de Carlos Lacerda : l’ancien homme fort des années 1930, déchu par l’armée à la défaite de l’Allemagne – son admiration – en 1945 était revenu au pouvoir par les urnes et reste encore très populaire : le « gétulisme », l’indépendance économique vis-à-vis des Etats-Unis, déjà la question pétrolière et les bio-carburants : les années 1950 furent souvent précurseurs. Avec la Géorgie, nous pouvons les revivre et Guantanamo – vis-à-vis des droits de l’homme – fait très belle figure avec le mac-carthysme et le procès inique des époux Rosemberg.

Mauritanie – un ami, l’un des acteurs civils essentiels de la crise ouverte par le putsch du 6 Août , m’assure qu’au Parlement européen, la présidence française exerce de trés fortes pressions pour que la résolution en cours de discussion verse exactement dans les desideratas des militaires (Mohamed Ould Abdel Aziz, l’homme fort autoproclamé chef de l’Etat et Ely Ould Mohamed Vall qui aurait été sa doublure en 2005-2007 et pourrait le redevenir). Ainsi, au stade actuel, il a été enlevé du projet de texte le mot « électoral » (« neutralité électorale » : seul le mot « neutralité » a été maintenu), et surtout les mots "délai de la transition" et "un gouvernement de large coalition en concertation avec les principales forces politiques". Ainsi, les militaires peuvent se présenter, peuvent gérer seuls la transition et arrêter la durée de celle ci à leur guise, ce qui pourrait les conduire tranquillement à la fin du mandat de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, soit trois ans et huit mois. Cet engagement en premiére ligne de la présidence française auprés des militaires, laisse supposer – conclut moncorrespondant – que l'information que j’avais eu d’un montage combiné à l’Elysée en fin de l’autre semaine par un émissaire des militaires, n’est pas une information fausse …

Débats sur deux affaires : le ramadan faisant reporter toute instance à laquelle serait partie un musulman pratiquant en France (décision de la cour d’appel à Rennes) – le reportage et les photos. publiées par Paris Match à la suite de l’embuscade mortelle du 18 Août en Afghanistan. Ces débats ont un point commun, qui m’importe davantage que leur fond. Comment fonctionne l’information en France ? Pour la première affaire, on apprend successivement que la décision donne droit à une demande de la défense fondée sur l’état de santé précaire du prévenu, puis que cet élément de la demande n’est pas ce qui a fait décider un report de l’instance par la cour, enfin que cet élément apporté de la défense n’en est qu’un parmi d’autres aussi. Ainsi a-t-on rouvert pour la énième fois dans l’année le débat sur la laïcité, alors que la décision de la cour ne contrevenait nullement au principe. Incidemment à rappeler la lettre de la Constitution, l’ambiguité apparaît, la neutralité de l’Etat n’est-elle pas compliquée par le respect des croyances. Initialement, il s’agit bien de respecter les diversités et de les mettre sur un pied d’égalité, mais ces croyances entraînent des comportements publics … naguère les processions, aujourd’hui le particularisme vestimentaire sur la voie publique. Dans la seconde, c’est la protection des sources qui est en question une fois de plus, tandis que se concocte un projet de loi censée en « améliorer » (pour ne pas écrire : « moderniser ») la protection.

Le gouvernement, le conseil des ministres ne sont pas collégiaux mais hiérarchiques. Le Premier ministre, collaborateur du président de la République, reçoit les membres du gouvernement pour les noter ou leur indiquer leur note. Il avait même été question, à l’automne dernier, d’un recours à des sociétés d’audit ? Quant aux lettres de mission qui devraient servir de référence, elles ne sont pas évoquées : affiches du temps passé ? Et qui note le président de la République ? les sondages.

[1] - - 1ère lettre de Paul aux Corinthiens IV 1 à 5 ; psaume XXXVII ; évangile selon saint Luc V 33 à 39

[2] - la pièce de Bertold Brecht, montée au palais de Chaillot par Jean Vilar et Georges Wilson à la fin des années 1950 : « la résistible ascension d’Arturo Ui »

[3] - Yves Derai & Aymeric Mantoux – L’homme qui s’aimait trop (l’Archipel . Octobre 2005 . 185 pages)