mardi 5 août 2008

Inquiétude & Certitudes - mardi 5 août 2008


Mardi 5 Août 2008

Prier enfin… après m’être tant dépoussiéré. [1] Il n’y a personne pour intervenir en ta faveur. Etat que je vis, que tant vivent, mais cause ? Pourquoi crier à cause de tes fractures, de ta grave maladie ? C’est pour tes fautes nombreuses, pour tes énormes péchés que je t’ai infligé cela. Nous ne sommes pas des jouets, mais des êtres libres et responsables, responsables de nous-mêmes, des autres et de ce qu’aujourd’hui on appelle l’environnement. On n’ose plus trop dire : solidarité, responsabilité. ce dernier mot employé couramment en politique surtout comme l’accaparement de la décision sans sanction ni contrôle, en économie d’entreprise, c’est la démission forcée avec un pactole et le contribuable renflouant ce qu’ont creusé des recels d’abus de biens sociaux et des erreurs stratégiques qui n’échappent généralement aux comités d’entreprise. L’Ecriture évoque des monstruosités analogues mais le peuple y est toujours solidaire, et tout se paye, mais aussi tout est racheté, les nouveaux départs – à zéro – sont toujours loisibles : je lui permettrai d’approcher et il aura accès ç moi. Qui donc, en effet, a jamais osé de lui-même, s’approcher de moi ? Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu. Notre Dieu… il se tournera vers la prière du spolié, il n’aura pas méprisé sa prière. C’est cette parole divine, exprimée par le psalmiste, qui devrait sourdre de l’enseignement de l’Eglise, quotidien, et du regard, de la bouche de tous ces responsables d’Eglise ou de notre société laïque (en quoi l’une et l’autre se ressemblent par des automatismes à l’inverse des frontispices). Et Jésus de conclure, comme toujours : ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur. Déverser, de confiance, en Dieu, faute des hommes mais chacun n’a-t-il pas vis-à-vis de son prochain, gravement manqué, au moins par omission, oubli, détournement du regard ? déverser toute notre peine. Que cela soit écrit pour l’âge à venir, et le peuple à nouveau créé chantera son Dieu.

La VIème République n'a pas de constitution écrite. Ainsi, la main-mise directe du président de la République sur les services dits spéciaux. – Nonobstant la non-révision des articles 20 et 21 de la Constitution, à propos notamment de la défense nationale, le renseignement et la "sécurité" sont bel et bien transférés à l'Elysée [2] - donc sans contrôle - et dans un esprit anti-terroriste, c'est-à-dire selon l'acception OTAN depuis 1998 motivant l'osmose de tous avec les Américains et sous leur autorité, bien entendu. Résultat : Afghanistan avec motivation compassionnelle, comme au lendemain du 11-Septembre. Sans textes, et le financement se faisant par la complaisance d'administrations centrales rétribuant leurs agents mise à disposition pratique de l'Elysée - une concentration supplémentaire du pouvoir se produit au lendemain d'un soi-disant encadrement des fonctions présidentielles et d'un accroissement des pouvoirs du Parlement. Toujours dans le sens du dessaisissement du Premier ministre et des ministres. – Thème en sus : étape de notre réintégration dans l'O.T.A.N.

Critère de la dictature : le cynisme.

[1] - Jérémie XX 1 à 22 ; psaume CII ; évangile selon saint Matthieu XV 1 à 14

[2] - France Info - 16:08 . 4 VIII 08
Bernard Bajolet, l’espion en chef de l’Elysée
A 59 ans, l’Ambassadeur de France en Algérie rentre à Paris pour coordonner, de l’Elysée, tous les services français de renseignement. Un poste nouvellement créé pour ce vieux routier de la diplomatie et expert du monde arabe…
Le renseignement était jusqu’à présent l’affaire de Matignon, à travers un Comité interministériel dépendant directement du Premier ministre. Mais le Livre blanc en a fait la nouvelle priorité stratégique de la politique de Défense nationale. Avec des moyens renforcés. La tête de pont ne pouvait donc qu’être rapatriée au plus près du chef de l’Etat, qui aura désormais la haute main sur les "services".
Et c’est à un homme rompu aux missions délicates qu’est confiée la charge ultra-sensible de coordonner l’action des différents services français du renseignement. Avec en ligne de mire, la menace terroriste qui n’a jamais été aussi élevée depuis dix ans. Charge ultra-sensible sur le fond comme sur la forme : les services de renseignement intérieur (DCRI), extérieur (DGSE) et militaire (DRM) qui dépendent de plusieurs ministères, se font plus souvent concurrence qu’ils ne font cause commune.
Bernard Bajolet, 59 ans, devra faire montre de cette diplomatie hors pair qu’on lui prête. Homme de dialogue, homme de patience, homme d’action aussi. L’Ambassadeur de France en Algérie depuis l’automne 2006 a fait l’école de la "diplomatie en gilet pare-balles". Ce grand spécialiste du monde arabe où il a fait l’essentiel de sa carrière, a eu à gérer à deux reprises, lorsqu’il était en poste en Irak, une crise provoquée par l’enlèvement de journalistes français (Christian Chesnot et Georges Malbrunot, puis Florence Aubenas).
Dans les deux cas, la prise d’otages a connu un dénouement heureux. Et c’est à travers ces faits d’armes de diplomate-espion que Bernard Bajolet a réussi à gagner la confiance des politiques et des services.
Gilles Halais

lundi 4 août 2008

au Comité Valmy - la haine pour les Etats-Unis ne changera pas le monde

A la suite d’un très bon article présentant la Russie selon Poutine – signé de Jean Géronimo – j’ai reçu du Comité Valmy un second papier – intéressant et factuel, mais donnant aussi une inclination stratégique

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article73

J’en remercie en ces termes :


Le papier que vous donnez sur l'organisation de coopération dite de Shangaï est stimulant et très intéressant. Je n'avais que des notions là-dessus à partir de ce que j'ai vêcu au Kazakhstan. Merci

Reste le point fondamental - au moins selon moi.

Il ne doit pas y avoir en relations internationales de haine pour quelque adversaire ou partenaire que ce soit. A peine de s'aveugler et donc de perdre les parties que précisément on veut mener.

La haine des Etats-Unis n'est pas un stimulant ni de l'imagination d'une alternative ni un quelconque ciment pour un consensus à quelque échelle que ce soit.

Il y a une politique américaine dangereuse depuis le début des années 1980. Il y a des lacunes et des continuités américaines depuis la fin de la guerre de Sécession qui ne produisent pas du bon pour les relations internationales ou les relations euro-américaines. Cela peut changer, rien n'est à diaboliser et la meilleure antidote aux politiques américaines, ce sont les Américains eux-mêmes, des élites, des parlementaires, des groupes de pression. La guerre du Vietnam a fini par la pression interne des Américains sur leurs gouvernants. Il faut donc soutenir et argumenter ces critiques internes, au moins les faire connaître hors des Etats-Unis et faire sentir aux dirigeants que nous connaissons ces critiques, et par conséquent que nous ne limitons pas notre représentation de l'Amérique aux seuls discours et à la seule politique de ses dirigeants. Et il y a des points précis à ne jamais lâcher : Guantanamo, le fait d'une enclave territoriale illégitime à Cuba autant que la prison hors droit - l'Irak - l'Afghanistan...

Deuxième point. Pas d'alliance contre les Etats-Unis, pas de coalition mondiale contre qui ce soit - Union soviétique naguère, Chine aujourd'hui et plus encore demain ou Etats-Unis de ces vingt-cinq ans. Donc, aucune collusion avec cette organisation de Shangaï, et évidemment pas d'alliance sino-européenne contre l'OTAN. Tout simplement parce que la Chine n'a pas nos valeurs, qu'elle est actuellement dirigée par des gens qui veulent s'imposer à nous pour tenir leur opinion intérieure, et parce qu'elle a en réalité le goût de l'alliance américaine pour encore longtemps. Je reste partisan du boycott des Jeux olympiques, et j'ai honte de nos excuses à répétition devant Pékin depuis que le peuple parisien a exprimé la vieille pensée française de toutes les époques.

Ce que je veux c'est l'indépendance de l'Europe à tous égards, et je crois que c'est la principale tâche de la France - quand elle reprendra conscience - que de donner aux Européens le goût de l'indépendance, au besoin par-dessus leurs dirigeants (referendum européen, élection du président au suffrage direct en circonscription unique par tous les citoyens européens).

Alors, il y aura une alternative à l'hégémonie américaine : un monde pluraliste. L'Europe quand elle ne vote pas la directive anti-immigrés, peut avoir une autorité morale qu'aucun autre groupe de peuples n'aura, avant longtemps, dans le monde.

Bien entendu, je considère la Russie comme européenne (ainsi que la Turquie). L'Union en tant que telle a sans doute à revoir complètement ses institutions. Dans l'état actuel de celles-ci, une adhésion de la Russie n'aurait pas de sens. En revanche, la "maison commune" de Gorbatchev est à travailler et à construire. La page est encore vierge.

Inquiétude & Certitudes - lundi 4 août 2008

Lundi 4 Août 2008


La querelle faite à Siné est une diversion
La lutte contre l'antisémitisme est-elle un communautarisme ?
La hantise du terrain, consigne estivale des gouvernements : recherche de popularité ou écoute ?
Une opinion sur la réforme constitutionnelle : autorisée s'il en est
Attentats en Chine, attendus et souhaités mais par qui ?
Les opprimés, s'ils ont un témoin, ne le seront plus
Après Staline, le cynisme fut de moins en moins à l'Est - cynisme, critère d'une dictature - la France, selon ce critère ?
Marina Petrella

Prier… [1] portrait de Jésus en comportement, inusuellement étendu. Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyés, il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. Occupations, solitude, calme de Dieu, vie de prière et d’action. Sensation de sérénité et de silence. Contraste avec le monde, les disciples aux rames et à la peine. Vers la fin de la nuit, Jésus vint à eux en marchant sur la mer. Il n’y a pas eu d’appel au secours, tout est naturel de part et d’autre, et évidemment l’effroi des disciples ainsi rejoints. Toujours, la mise en scène de Pierre. Son « primat » est plus profondément qu’une quelconque « chefferie » sur les autres, ses pairs dans le témoignage et dans la foi, une symbolisation du comportement de tout chrétien, contemporain du Christ, puis ensuite. C’est lui qui nous donne la typologie de nos élans, de nos doutes, de nos reniements, de nos enthousiasmes. Il est notre archétype. En un sens, un pape dubitatif et douloureux – comme le fut Paul VI – me touche davantage qu’un maître ou un charismatique que j’ai pourtant vraiment approché et rencontre, tel que Jean Paul II. Et de l’autre côté du lac, la foule à nouveau. La profession de foi n’a été qu’intime, elle est collective. Ils lui dirent ‘Vraiment, tu es le Fils de Dieu !’ Qu’est-ce que cela signifiait pour eux ? et pour nous, dire et penser (s’il est possible) : ‘Mon Seigneur et mon Dieu’ et Le recevoir, en réalité, dans les espèces du corps et du sang ? qu’est-ce que cela signifie ? guère que notre présennce de bonne volonté et de disponibilité à l’incommensurable que nous tentons, à longueur de vie d’accueillir… et que nous laissons ensuite, car nos facultés de conscience et de présence à quelque objet – ou personne – que ce soit, sont intermittentes, évanescentes, sauf exploits inutiles, surtout « aux yeux » de Dieu. Dieu nous sait hommes et femmes, et enfants, limités, humains, Il nous a faits et nous sommes à Lui. La seule chose dépendant et attendue de nous : accepter cet état. Créatures de Dieu. La suite du livre de Jérémie donne la concurrence de celui-ci par Ananie. Ne parle pas au nom de Dieu qui veut et la parole divine n’est pas forcément plaisante quand elle prend, simplement, acte de notre parcours. Ce qu’en conscience, nous savons reconnaître.

Siné… la dévation du regard et de l’attention. La question est-elle de condamner un commentaire ou ce qu’à juste titre relevait ce commentaire ? l’impunité du fils du président de la République, les débuts si précoces d’une carrière politique et un mariage qui n’est pas sans intérêt pour les deux parties, et qui confirme l’osmose – tendant à gouverner notre pays – entre intérêts, fortunes et mandataires élus du peuple ?

Les communautarismes. La lutte contre l’antisémitisme est-elle l’apanage ou l’orchestration de ceux que visent l’antisémitisme ou est-elle la lutte de tous, sans premier rang ni exclusive parmi les lutteurs ? Cet apanage n’est-il pas une forme de communautarisme ? les Français juifs, les Français chrétiens, les Français musulmans, les agnostiques, les franc-maçons ? chacun plus dans l’adjectif que dans sa nationalité et sa citoyenneté françaises ?

Deux ministres pour Valentin ou pour la montre ? La solidarité présidentielle dès hier soir, le silence du Premier ministre, autant dire jamais cité par les ministres.

Opinion d’un ancien ministre du général de Gaulle, sans doute le mieux placé pour juger des réformes constitutionnelles.

Je « pointe » les attentats en Chine… cela fait le deuxième, pour ce qui en est publié.

La mort de Soljenitsyne. Une personnalité dont on ne peut écrire qu’elle vient de disparaître. Ma mère me l’a mis en main, elle avait écrit à Bernard Pivot pour avoir la cassette de ses entretiens. Elle m’avait donné à lire à mon adolescence Robert Brasillach, Comme le temps passe… et les Poèmes de Fresnes. Elle lisait beaucoup et prenait partie. Heureux les peuples qui, à certaines de leurs époques décisives, ont un héros, s’incarnent en une figure. L’Afrique des apartheid et en somme des logiques ultimes de la colonisation a produit Nelson Mandela – ou bien Nelson Mandela a produit la fin de l’apartheid. Les héros, produits de leur époque et des circonstances auxquelles leur charisme, leur prophétisme mettront fin ? De Gaulle, le 18 Juin 1940, pour la France. Le mahatma Gandhi, évidemment et souverainement. Donc, Alexandre Soljenitsyne. Les porte-parole de ce qui est nié ou opprimé. – J’entends à France-Infos. deux commentaires que je trouve remarquables, celui de Pierre Daix, une des autorités de l’intelligence communiste française, autorité et rayonnement mérités, je le lisais à mes vingt ans, celui de Georges Nija (orthographe ?), historien de l’Union soviétique et de la Russie. Quand un pays revient à lui-même, quels que soient les bouleversements de régime et d’idéologie dominante. Personnage et popularité de Wladimir Poutine, quoi que je pense de ce qu’il inflige aux Tchétchènes, de son jeu en Géorgie, en Ukraine, en Biélorussie, en Moldavie. La France, en sécurité et en paix, au contraire s’éloigne d’elle-même.


A développer d’ici demain mardi 5 avant neuf heures


[1] - Jérémie XXVIII 1 à 17 ; psaume CXIX ; évangile selon saint Matthieu XIV 22 à 36

dimanche 3 août 2008

Inquiétude & Certitudes - dimanche 3 août 2008


Dimanche 3 Août 2008

Pékin de toutes les manières

Préparer Ségolène Royal à l'exercice du pouvoir
La lutte contre l'antisémitisme plus aisée que la dénonciation de l'hérédité à l'Elysée
Qui a été, dès sa signature, partisan des accords d'Oslo, parmi ceux qui ont succédé à Itshak Rabin ?
Prier… vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau. [1] Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. Gratuité qui renverse le monde… mais ce don de Dieu, apparemment matériel, est une invite plus profonde à assouvir ce dont nous avons besoin et que nous discernons si mal : prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Ecoutez, et vous vivrez ! Ce mot de mon père, vénérable, quand un soir, à lui et à Maman, je dis mon interrogation sur un état de vie religieux, sa réponse n’est pas làdessus mais sur notre relation : les parents sont des mendiants d’amour. Comment jamais l'oublier. Il était au cœur du sujet de la vie, de toute vie et de la révélation. Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? Nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. Jésus, vivant, incarné, partageant et vovant notre conditions existentielle, confirme : il fut saisi de pitié envers eux. Et c’est la multiplication des pains sans qu’il y ait étonnement devant le miracle, ni doute que le maître puisse l’accomplir. On ne s’étonne que de ses questions pousant cependant à l’expression de nos diagnostic, c’est-à-dire de notre dénuement. Les disciples conseillent, inventorient, font le service, tout paraît aussi naturel que l’invite d’Isaïe. Et ce sont pourtant les prémisses d’un monde nouveau. Autour du Christ à son époque, déjà les foules mythiques de la Résurrection et de l’Apocalypse. Les yeux sur toi, ils espèrent, tu leur donnes la nourriture e temps voulu, tu ouvres ta main, tu rassasies avec bonté tout ce qui vit. L’expérience des animaux familiers, le regard attentif à l’heure habituelle, mais il n’y a pas que la nourriture, il y a l’observation du maître, la notation de l’évangile : les yeux de la servante sur les mains de la maîtresse. Quand l’économie n’enlevait rien à l’affection. Pour moi, les rapports sociaux depuis des années sont les mille et une palinodies des possédants d’amadouer le grand nombre sur le dos de qui a été fait leur abondance, et d’embobiner de propagande sur le bien à venir, faute que rien se constate dans l’immédiat. La société divine est autre, elle n’est pas distance mais proximité, elle n’est pas hiérarchie, elle est vérité. Les hommes inventent règles et distances, supériorité et infaillibilité. Dieu, au contraire… proche de ceux qui l’invoquent. Mais ici-bas, supériorité du mendiant que les gens se sentent, par leur mauvais cœur, contraints d’éviter, éviter un regard, un toucher. Le vainqueur n’est pas celui qui détale parce qu’il refuse et en est gêné « quelque part », mais celui qui a fait les signes et a la posture de la demande. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourit pas, et vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?


Pékin, la pollution au point qu’il faudra stopper plusieurs centrales électriques pendant les Jeux et réduire dix fois la circulation automobile, je ne sais plus si c’est 300.000 ou 30.000 guides volontaires pour « aider » les journalistes et les sportifs, les eaux polluées elles aussi au point que les voiliers ne pourraient concourir, tout cela su d’avance, mais on passa outre… les manifestations anti-françaises et nos excuses présentées par le président du Sénat et un ancien Premier ministre, les Parisiens trop libertaires et la récidive par le conseil municipal accordant la citoyenneté d’honneur au Dalaï-Lama… le président de la République allant à la séance d’ouverture mais la rumeur que les investissements français seront gelés pour les prochains mois en Chine…

Et puis, mélange des deux genres qui finit par tout faire capoter, cf. la révision constitutionnelle à l’arrachée pour le pouvoir grâce à Jack Lang… Jean-Paul Huchon se rend à Pékin, aux frais du contribuable francilien pour soutenir les sportifs du grand-Paris. Traître à Michel Rocard ou au moins sans lui manifester beaucoup de reconnaissance pour le tremplin que constitue d’ordinaire la direction du cabinet à Matignon. Se distinguant maintenant de son parti et prenant sans doute l’avion présidentiel aller et retour.

Je ne comprends pas pourquoi à gauche – c’est-à-dire dans l’opposition – on ne va pas à la simplicité et à ce qui parlera aux Français et aux électeurs. Ne pas discuter la candidature à la présidence de la République, la laisser à Ségolène Royal. Ne pas se concentrer pendant des mois sur la course à la candidature, puis celle-ci acquise sur la manière de l’encadrer, de la faire valoir et en fait de lui nuire, au contraire se préparer et préparer Ségolène Royal à exercer le pouvoir. Pas tant la formation qui serait anticipée du gouvernement, mais l’articulation entre le Parti socialiste, l’Elysée et Matignon dans la future configuration, celle de la victoire. Organiser enfin les flancs ou les désistements, la relation avec tous les centres, et spécialement avec François Bayrou, et tout autant la relation avec Olivier Besancenot. Se répartir ces tâches, à la rue de Solférino de discuter avec la place du Colonel Fabien, l’intérêt de la gauche est qu’il existe un fort parti communiste, un 10% pris sur l’effondrement à venir du Front national, sur les souverainistes, et la considération que le nerf idéologique vient de Lutte ouvrier, de la Ligue communiste révolutionnaire, du Nouveau parti anticapitaliste. Tandis que Ségolène Royal travaillera avec les personnes. Tout cela me semble de bon sens. La lutte pour la candidature, les appétits de Manuel Valls et de Benoît Hamon, intéressent peu.

Siné et Charlie-Hebdo., tout s‘entremêle. A l’évidence, lutre contre l’antisémistisme est aussi facile et bienséant qu’il était dans les années 1930, au contraire, courant et ambiant d’être antisémite. La pollution du sujet par la politique israëlienne envers les Palestiniens, n’est pas nouvelle. Dénoncer chez nous le racisme anti-arabe est déjà plus complexe, tantôt c’est adéquat et courageux, tantôt c’est prendre la priorité à qui doit la conserver de droit, l’antisémitisme. En l’occurrence, cela permet d’éluder ce par quoi tout arrivait, l’hérédité en République, la présidence d’un groupe politique donnée au fils du président de la République pour augmenter d’importance son simple siège de conseiller général. Et accessoirement la carrière ruinée d’un personnage il est vrai assez imbu de lui-même, notre actuel consul général à Los Angeles – je crois – uniquement parce qu’il avait été placé à l’Elysée par l’épouse précédente de Nicolas Sarkozy. Donc les affaires de Jean Sarkozy et de David Martinon, et pas vraiment celle de Siné et du symathique hebdomadaire satirique.

La querelle de succession à Ehoud Olmert. Les biographies des récents Premiers ministres israëliens, y compris le sortant, et tous ses éventuels suivants, ont en point commun qu’ils ont tous désapprouvé les accords d’Oslo. Ce n’est qu’au pouvoir et après avoir expérimenté la force le plus radicalement possible pendant le plus clair de leur mandat, que les chefs de gouvernement en Israël, se rallient à ce qu’on ose encore appeler « le » processus de paix. Alors qu’on repart chaque fois à zéro. Et qu’entretemps seize ans ont passé et que selon ce qui avait été convenu, l’Etat palestinien devrait avoir dix ou douze ans d’âge. Nous revenons à Benjamin Nettanyaou. Je dis : nous, parce que presque toutes les questions atlantiques sont dominées par le part-pris à Washington en faveur d’Israël, nous, parce que les politiques européennes de voisinage (le partenariat euro-méidterranéen, le processus dit de Barcelone, l’Union pour la Méditerranée) sont tributaires de l’ambiance israëlo-arabe. Et par contagion, en bonne partie, la question nucléaire iranienne et le prix du pétrole. On peut être, sinon une puissance mondiale, du moins un élément décisif des relations internatuionales en n’ayant pas dix millions d’habitants et en n’ayant comme territoire que l’équivalent de deux ou trois départements français. Proportions qui font mesurer l’inanité européenne : près de quatre cent millions de personnes, une production et un revenu par tête au second rang mondial, une diversité asez convenablement gérée et respectée en sorte d’être potentiellement le modèle des nécessaires tolérances et promotions culturelles dans le monde. L’Union africaine et la Communauté des Etats indépendants (capitale de fait : Moscou) s’inspirent de nous. Et nous persistons à ne rien peser. Les accords au sein de l’Organisation mondiale du commerce devaient être notre affaire, ce fut notre champ de bataille intestine. La candidature turque peut nous donner un poids immédiat, et non plus putatif, au Proche-Orient pour la sécurité et la place de chacun. Nous la refusons, au mieux, nous nous divisons à son sujet.

[1] - Isaïe LV 1 à 3 ; psaume CXLV ; Paul aux Romains VIII 35 à 39 ; évangile selon saint Matthieu XIV 13 à 21

samedi 2 août 2008

libération de Nathalie Ménigon - en Novembre 2005, correspondances pour elle

J'écris à quelques anciens ministres...

21 Novembre 2005

. . . un sujet me tient à cœur depuis longtemps mais qui a repris de l’actualité, et pour lequel les années ne passent vite que pour nous.

Il s’agit des condamnés d’Action directe et singulièrement de Nathalie MENIGON, maintenue en prison malgré un état de santé devenu très précaire, une nouvelle décision à son encontre en Septembre dernier. Le maintien, la durée et les conditions de cette incarcération me paraissent excéder la justice humaine. J’ai d’ailleurs cru comprendre que la famille du président BESSE (j’ai connu ce dernier, quelques mois avant son assassinat, à ol’occasion d’un voyage qu’il effectua en Grèce, alors que j’y étais en poste diplomatique) n’exigeait pas le maintien en détention. Tout cela m’émeut beaucoup. Je ne le vis pas par esthétique de la révolte, de l’engagement ou du nihilisme, ni par nostalgie de certaines conditions intellectuelles et politiques qui dans les années 1970 avaient pu mobiliser certains esprits – heureusement rares – chez nous et en Allemagne. Je le vis parce qu’il me semble que la société ne doit pas être plus cruelle ou aussi cruelle que ceux qu’elle a condamnés précisément pour leur cruauté. Elle doit même être capable de magnanimité et d’un certain pardon, qui peuvent faire la grandeur d’une génération et d’une collectivité. Se montrer meilleur que… C’est comme cela que nous avons compris qu’il nous fallait abolir la peine de mort.

J’ajoute d’ailleurs que la disparité de traitement avec Maurice PAPON est choquante.

Quelle est votre propre opinion ? que je garderai naturellement pour moi et surtout quel est le point de droit, à propos de quoi je n’ai ni votre compétence ni votre très grande pratique. Avez-vous approché le dossier, quand vous étiez . . . ? le président François Mitterrand était-il enclin à ce que la société soit magnanime envers cette femme encore jeune dans les années 1990 ?



réponses

23 Novembre 2005 – un avocat, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien président du Conseil constitutionnel

. . . Vous m’interrogez au sujet de Nathalie Ménigon. Je n’hésite pas à dire qu’une mesure de clémence s’impose et ceci pour toutes les raisons que vous évoquez et aussi toutes les autres.


23 Novembre 2005 – un avocat, ancien ministre délégué à la Justice, puis délégué aux Affaires étrangères

Je tiens à vous dire que je suis de votre avis sur les deux situation que vous évoquez.
Dans l’état de santé qui est le sien, nathalie ménigon devrait être libérée, quelles que soient les déclarations qu’elle continue de faire.
Concernant Maurice Papon, l’indulgence « médicale » à son égard est évidemment tout aussi scandaleuse et il serait temps de constater à quel point son état ne présente pour lui aucun danger.
Quoi qu’il en soit, l’indignation n’est plus guère efficace de nos jours.
Il est néammoins satisfaisant de savoir que certaines personnes amies continuent à penser comme vous.


28 Novembre 2005 – un avocat, ancien Garde des Sceaux, ancien président du Conseil constitutionnel

S’agissant du sort de Nathalie Ménigon, on ne peut invoquer, à son sujet l’incompatbilité de principe entre la prison et le grand âge qui valait, à mes yeux, pour Papon.
Reste la mise en œuvre à son profit de la loi Kouchner. Si son état de santé est jugé incompatible avec sa détention, alors elle doit bénéficier des dispositions prévues par la loi. Nathalie Ménigon dispose du concours d’avocats dévoués et d’amis fidèles. Ceux-ci ne manqueront pas de faire valoir tous les moyens et tous les arguments possibles en sa faveur.

suite

Août 2007
- libération partielle sous contrôle judiciaire avec retour pour chaque nuit en prison

Août 2008
- libération conditionnelle : sortie de prison

Inquiétude & Certitudes - samedi 2 août 2008


Samedi 2 Août 2008

Belgique, seuls les autres ont une identité

Le droit à la terre... au territoire... à l'identité...

La libération de Nathalie Ménigon

Nicolas Sarkozy, une impopularité qui diminue ? ou une habitude qui s'est prise ?

Prier… ceux qui me demandent de ne plus recevoir ce moment, qu’ils vivent par eux-mêmes ou autrement, puissè-je absent rester dans leur vœu de communion, et réciproquement. Méditation que je ferai sur communiquer et recevoir. Gêner et embarrasser les autres par une présence non voulue, qui empêche d’être à soi-même ? L’admettre et surtout le comprendre. Une promiscuité d’âme peut être plus difficilement supportable encore que de chair ou de voix ou de rire (j’ai souvenir de quelqu’un de tout à fait normal ou banal ou sympathique dont le rire éloignait autant qu’une mauvaise odeur…). Donne-moi, ici, sur un plat, la tête de Jean Baptiste, la Bible est pleine d’assassinat pour toutes sortes de motifs, le plus généralement l’envie et la jalousie, la gêne qu’existe l’autre [1]. D’Abel au Baptiste, Nahan aussi. Matthieu – vérifier s’il y a des récits synoptiques – rapporte le fait, rapporte les raisons de la mise à mort, donne le contexte psychologique lamentable dans lequel le roi se laisse prendre et dominer mais, par sa sobriété, présente mère et fille, chacune implacable. La résolution de tout péché, des faiblesses, des entêtements, de la haine, le mélange est détonnant en spirituel et en politique. Hérode a peur de tout, de son énième épouse, du peuple, sans doute de l’occupant et d’un éventuel concurrent, certainement. Il a désiré la femme de son frère, il désire probablement sa belle-fille mais il aime entendre le prophète [2]. Hérodiade exhibe sa fille et séduit son beau-frère. Ambiance, un conte de Flaubert saisissant sur l’emprisonnement, le rayonnement et la mort du cousin de Jésus. Seigneur, tire-moi de la boue, que les flots ne me submergent pas, que le gouffre ne m’avale, que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi. Jérémie dans d’aussi mauvais draps que l’ultime prophète, son procès, le précédent de Michée. L’expression populaire : prophète de malheur. L’enjeu final : écoutez l’appel du Seigneur votre Dieu ; alors il renoncera au malheur qu’il a décrété contre vous… est-ce qu’ils n’ont pas craint le Seigneur, est-ce qu’ils ne l’ont pas supplié si bien que le Seigneur a renoncé au malheur dont il les avait menacés ? Mais Jésus sera mis à mort selon de semblables dialectiques : et nous, nous irions nous charger d’un si grand crime ? Oui…


La Belgique… les Belges ? les Wallons ? qui a une identité, sinon les autres ? Depuis un an calendaire qu’il n’y a plus de gouvernement (on ne dit donc pas national, mais fédéral) et que se discutent les prétentions – sécessionnistes de fait – des Flamands, on voit de notre côté de la frontière qui est peu linguistique, beaucoup plus clair. Les Français – j’en ai été étonné, mais heureux – ne trouveraient pas extraordinaire que la Wallonie revienne dans l’ensemble français, en revanche les Wallons ne le voudraient pas : le rattachisme fait recette moins que jamais. Il est vrai que nous n’avions rien fait pour l’encourager. J’entends par là, pas du tout de la propagande ou des constitutions de réseaux ou la culture d’influences, mais simplement des investissements créateurs d’emplois et de solidarité avec nous, et aussi une politique chez nous qui à tous égards fasse envier de vivre comme nous et avec nous. La Wallonie et le Québec : une plus grande France, pas loin par ces additions, d’équilibrer en population la République fédérale d’Allemagne et une union extrêmement avantageuse pour les trois parties. Nous trouver sur deux continents, disposer de l’espace terrestre et aérien du Canada du nord-est et de réserves de matières premières considérables, la route du pôle alors que nous avons déjà des points d’appui dans les Antilles, dans l’Océan Indien et dans l’Océan Pacifique. Etre partie prenante au sort culturel et pratique de la capitale de fait de l’Union européenne, Bruxelles devenant sans doute ville libre ou district fédéral européen, mais francophone de fait. Avancer nos réseaux fluvieux vers Anvers. D’ailleurs, l’osmose d’entreprises décisives comme celles d’Albert Frère, Suez et maintenant Gaz de France anticipe cette forme de rattachement. Mais nous n’y avons pas travaillé, nous ne sommes pas en meilleure forme que nos frères wallons. Les performants sont au Québec. Dans l’immédiat, la discussion se passe à nos frontières mais sans la moindre pensée de nous y inviter, au moins économiquement et culturellement.

Le droit à la terre… le droit à l’identité… le droit au teritoire. Il semble que les Lapons Sami sont traités de la même manière par des pionniers suédois que les Zoulous par les Boers, et ceux-ci par les Anglais. Et ce n’est pas que comportement des autres, nos frères québécois dénient aux Inouïtes des droits de propriété fondamentaux. Ces droits sont délicats à mettre en œuvre, les antériorités ne sont pas forcément celles qui sont prétendues, mais deux choses s’observent facilement : ces populations à qui l’on veut arracher le peu qu’elles ont, n’ont pas de rechange, sont vraiment le dos au mur et ne disposent pas non plus de la force ni même des ressources culturelles, dialectiques et juridiques de ceux qui veulent les déposséder. Elles vivent sous la loi d’Etats qui ne sont pas les leurs, si même elles conçoivent l’Etat comme leurs contestataires. En fait, il s’agit d’un droit à l’altérité, à la différence. De Gaulle, depuis son discours de Lille sur la décentralisation régionale, peu avant les « événements de Mai », a entre autres permis de penser librement les gestions territoriales, la décentralisation ne menace pas l’unité nationale. Mais les identités culturelles ? La fusillade d’Aleria posa la question corse il y a maintenant trente-deux ans. Les Français ont droit à la différence, mais comment ? ce fut la hardiesse de Jean-Pierre Raffarin de faire dispoer que la République est décentralisée. L’homme du 18 Juin et l’auteur de la loi Defferre avaient pratiqué la chose sans la constitutionnaliser, l’un paradoxalement battu là-dessus, l’autre très pratique. Ne pas tous fonctionner sur le même modèle (jacobin) et ne pas forcément avoir partout en France les mêmes compétences. Au Pays basque et à la Corse, par exemple, bien davantage pour le transfrontalier, ce qui serait logique pour la Franche-Comté et l’Alsace en économie avec la Suisse et le Bade-Wurtemberg, et en revanche des capacités en Ile-de-France ou en Rhône-Alpes pas du tout les mêmes. Les Occitans, les Catalans, les Basques, les Flamands traversés chez eux par la frontière nationale. Cela peut s’organiser autrement. Pour ne pas l’avoir compris, nous avons manqué l’intégration franco-algérienne qui eût pu changer le monde. Mais évidemment la France changeait d’identité en bonne partie. La discrimination positive, l’arrivée au gouvernement d’immigrés à la deuxième génération ne sont pas de cet ordre. Pour les Inouïtes, les Sina, les Basques, les Corses il s’agit d’être soi chez soi. Et les Belges – au temps où les francophones exprimaient toute la Belgique – n’ont pas su donner aux Flamands l’espace culturel et mental les dispensant de revendications plus radicales avant qu’ils soient en force de les imposer. Ces questions ont aussi, comme point commun, que le temps travaille depuis longtemps contre leur solution amiable. La chance, pour ceux qui ne la méritent pourtant pas, est que dans chacune de ces affaires, les pétitionnaire n’ont ps de hro charimtique. Que vivrions-nous s‘il y avait des héros basque ou corse. Et en revanche, l’Alsace et la Bretagne ont enfanté peu de personnalités d’envergure nationale qui le fassent valoir, dans le circuit de la décision nationale. Pierre Pflimlin ne put faire équiper Strasbourg en sorte que Bruxelles ne l’emporte pas sur elle au point de lui prendre le plus pratique du Parlement européen. Et René Pleven, que tous ses débuts politiques désignaient pour être une des têtes du gaullisme en Bretagne, a tout joué sous la Quatrième République avec l’intégration européenne et les guerres coloniales. Aristide Briand était nantais.

La libération de Nathalie Ménigon. Celle d’un redoutable et avéré exécutant du mouvement séparatiste basque en Espagne. Je me réjouis pour la première et j’avais milité pour elle à l’automne de 2005. Dans le cas du second, j’admire l’habileté politiquede la gauche espagnole : la droite se perdit à vouloir attirbuer les attentats d’Atocha aux basques, mais au total l’habileté et le civisme espagnols, toutes insitutions et formations confondues. Car imaginons la France avec ses deux principales zones industrielles, ses deux principaux ports qui seraient politiquement agitées depuis un siècle par le séparatisme. Serions-nous restés en démocratie comme l’est l’Espagne depuis l’avènement de Juan Carlos ? nous ne subissons que les attentats nationalistes en Corse et cela a produit l’assassinat du représentant de l’Etat et la mise à l’ombre de son successeur.

Tout cela argumente aussi pour la libération de Marina Petrella. Son extradition sera en contradiction de toutes les décisions d’aujourd’hui.


La remontée dans les sondages… Nicolas Sarkozy, selon CSA, reviendrait à 40% de satisfaits au lieu des 37 ou 38% des mois précédents. On en est à se réjouir (où ?) des tendances, puisque les valeurs absolues restent déplorables. Sens ? une mithridatisation. Les Français s’habituent à ne pas aimer leur président et à redouter ce qu’exécutent de ses idées, volontés ou obsessions des gouvernants sur lesquels n’ont pas prise les élus. Ils s’habituent aussi au rythme, aux cascades et à cette discontinuité dans la présence médiatique du président. Ils s’habituent à être déconcertés et croient avoir maintenant tout vu, ils soufflent. Car leurs soucis augmentent. Prochain sondage : une « heureuse attente » à l’Elysée ? un chahut humiliant à Pékin pour le représentant de la France ?


[1] - Jérémie XXVI 11 à 19 ; psaume LXIX ; évangile selon saint Matthieu XIV 1 à 12

[2] - Marc VI 17 à 20 puis jusqu’à 26

vendredi 1 août 2008

Inquiétude & Certitudes - vendredi 1er août 2008


Vendredi 1er Août 2008

Propositions pour désembourber l'Europe : le prochain Parlement constituant, son texte donné au referendum européen

Rencontre de plage : Brown et Cameron

Prier… sauve-moi, mon Dieu, les eaux montent jusqu’à ma gorge ! Pour tant comme pour nous, il en est ainsi. Et il en était ainsi pour Jérémie. Mais lui comme les martyrs et tout prophète inspié, c’était pour la « bonne cause », celle du Seigneur, moi misérablement ce n’est que ma manière d’exister qui m’attire inimitié et me fait manquer des voies, du moins est-ce ce que la société me fait comprendre ? Les contemporains de Jérémie ne sont pas les habitants de Ninive à qui Jonas bien malgré lui est appelé à apporter la parole. Les conditions sont les mêmes, une civilisation va être détruite sauf changement radical, conversion. Jésus alla dans son pays. Comme Jonas et Jérémie, il est porteur d’un message d’alternance : ils étaient profondément choqués à cause de lui. Rien ne prend ; le mélange de Dieu et des hommes, et en chacun de nous, de vie et de mort. Apparemment d’énergie enthousiaste et de dépression, de déséquilibre, de vertige, de paresse, de dégoût. Et moi, je te prie, Seigneur : c’est l’heure de ta grâce ; dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi, par ta vérité sauve-moi. Moi et tous, ainsi soit-il ! Journée sous Ta protection, dans Ton mouvement, dans Ta vie. [1]

Europe, présidence française, problèmes communs, problèmes de chacun. Fonctionnement de chacun. Mais peu ou pas de propositions et d’idées de chacun pour notre avenir solidaire et pour que nous ayons réellement – nous les Européens – un vrai et positif rayonnement dans le monde et pour le monde actuel.

Les institutions autant que les politiques suivies font problème. Pour que l’Union fonctionne proche des citoyens, il faut la démocratie directe – avec évidemment ses risques extrêmistes : au referendum, la peine de mort, le massacre des anciens terroristes auraient probablement une majorité, et les pays de l’Est sont anti-sémites comme ceux de l’Ouest sont anti-immigrés. Mais la proposition-phare d’une élection directe du président de l’Union par l’ensemble des citoyens, votant en circonscription unique, nous sortirait de presque toutes les ornières et nous donnerait une expression valable à la face du monde. La saisine du referendum – dans les matières des traités – serait une de ses prérogatives. J’ai suggéré ces deux propositions à François Bayrou et à Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle de l’an dernier, et à Nicolas Sarkozy quand il s’est installé à l’Elysée… n’est pas Jean Monnet qui veut, et selon ses seules idées. Il faut du réseau et une position. Que font ceux qui ont l’un et l’autre ?

Le plus praticable serait l’entente entre les Etats-membres – aveu s’il en est – que le système des conférences inter-gouvernementales, c’est-à-dire les rédactions selon les dirigeants, n’aboutissent pas. Le traité de Nice et le traité de Lisbonne sont de bons exemples, et chacun illustre le savoir-faire français : pauvre en rédaction et n’oeuvrant pour un consensus que quand le contenu est médiocre. Quand le sujet est difficile – conclusion du cyle de Doah, à l’O.M.C. – nous sommes au contraire ceux qui poussent à la division. Je remarque d’ailleurs que ce fut la faiblesse de notre attitude à propos de l’initiative américaine pour l’Irak. Aussi important que de marquer d’illégalité l’agression, l’unité des Européens. Or, nous avons très vite quitté la logique de l’illégalité et nous n’avons pas fait pour autant l’unité européenne : Jacques Chirac initia la série des gaffes françaises où son successeur excelle aujourd’hui. Ceux qui feraient mieux de se taire… quand de Gaulle était spontané : vive le Québec libre ! (avec d’ailleurs un très long silence entre vive le Québec… et : libre !), c’était ruminé (depuis des siècles, aurait-il commenté…).

Donc une entente des Etats-membres pour que le prochain Parlement européen soit constituant et que le résultat de ses travaux soit soumis à referendum européen. Que le texte se substitue à tous ceux qui l’ont précédé depuis la « déclaration Schuman » et que ceux des Etats-membres qui continuent de réclamer des traitements spéciaux, c’est-à-dire le beurre et l’argent du beurre, s’en aillent, on fera des « arrangements » avec eux. Clarté, démocratie, charte ou constitution.

A la plage, rencontre par notre fille d’un couple – dont nous avions de loin il y a quelques jours repéré le fils, blond quasiment albinos, splendides visage et silhouette (Mort à Venise…) toujours en semi-pantalon, jouant avec une chienne d’une rapidité extraordinaire. Ce sont des Anglais, leur chienne est d’une race de courses à paris. Ils ont une fillette. Tandis que Marguerite joue avec ses aînés, enchantée de lutter avec eux contre le flot pour protéger et fortifier un château de sable à tours crénelées, nous bavardons. Sans l’avoir pressenti, je tombe sur un écrivain prolifique, dans le genre « fantaisie », connu : une page dans Le Monde naguère, et traduit en français. La politique… on en apprend plus ainsi que selon beaucoup d’articles de presse. Les livres construisent mais la touche de l’instantané manque. Gordon Brown n’a pas de chance, la conjoncture économique. Tony Blair que mes deux vis-à-vis – entourés de matelas pneumatiques en pare-vent et de housses que je prenais pour des sacs à clubs de golf et qui enveloppent des sièges de plage – n’aiment pas du tout, est un menteur et sa participation à l’affaire d’Irak détestable. Mais il avait les medias pour lui, ce que Brown n’a pas, se situant plus à gauche. Cameron aura donc le pouvoir, il n’a aucun charisme, il bénéficiera seulement du goût répandu maintenant de changer après une décennie et plus des travaillistes. Ils habitent Leicester, dans les faubourgs, une maison, un jardin, et semblent équilibrés et heureux, mais je ne les fais pas démarrer sur l’Europe, la solidarité, l’unité, les rétropédalages de ces dernières années.


[1] - Jérémie XXVI 1 à 9 ; psaume LXIX ; évangile selon saint Matthieu XIII 54 à 58